Cet article est tiré de l'ouvrage
La photo de nu
de Jean Turco
paru aux éditions Pearson France.

La première séance de prise de vue

Voir la Table des matière complète.

- Pour réussir la première séance
- Planches contact


Photo de nu

Souvent imaginée, la première de vos séances de prises de vue est d’une importance capitale. De son résultat – moyen, catastrophique ou prometteur – dépendra souvent votre avenir dans la photographie de nu. Il importe que ce premier contact avec la réalité vous permette de réaliser au moins deux ou trois images que vous signerez avec plaisir et montrerez avec fierté.

Pourquoi si peu d’images ? Tout simplement parce que si vous partez avec l’idée de remplir un album en une séance, vous ferez vraisemblablement quinze, vingt, voire trente images, dont le seul intérêt sera de réaliser un inventaire plus ou moins complet des caractéristiques anatomiques de votre modèle. Une sorte de constat de police ou d’huissier, constitué de clichés anthropométriques dont la précision des détails pourrait sans aucun doute vous servir de « book » si vous envisagiez de poursuivre votre activité dans un service d’identité judiciaire.

Vous avez déjà fait cette première séance et obtenu le résultat que je viens d’évoquer ? Pas de panique et surtout pas de complexe ! Dites-vous bien que 98 % des photographes de nu, même les plus réputés, ont fait des images telles que les vôtres lors de leur première séance ! Et personnellement je ne faisais pas partie des 2 % qui représentent la fameuse exception confirmant la règle.

Photo de nu

« Pose pendant le stage » Enzo, modèle @rtis, photographiée par les plus grands photographes de nu.
Jean-François Jonvelle, photogaphe de mode, m’avait assuré l’avoir trouvée d’une gentillesse et d’un professionnalisme rare,
Enzo est un des modèles emblématiques de l’association, qui lui doit une part de son succès grâce, en particulier,
à sa prestation exceptionnelle dans le concours organisé avec Chasseur d’Images, « 1 modèle 50 regards ».
Avec un tel modèle, comme avec d’autres dont les images illustrent ce guide, vous n’aurez aucun mal à faire
vos première images afin d’illustrer votre press-book.



Des revues intéressantes ?

On me demande souvent quelles revues francophones semblent les plus intéressantes pour, d’une part, glaner des informations techniques sur les prises de vue et les tendances en matière de photographie à vocation artistique et, d’autre part, être informé de l’évolution du matériel.
Pour ce qui est des tendances, il y a sur les étagères des libraires un grand nombre de titres qui traitent de l’image avec sérieux et en montrent d’excellents exemples : Images, les numéros de Connaissance des arts, dédiés à la photographie, etc.
Pour ce qui est de la technique et de la nouveauté, je citerai sans hésiter Chasseur d’Images où, depuis… toujours, Guy Michel Cogné publie des tests et des informations pointues sur cet argument. Vous trouverez facilement dans les archives de cette revue, outre des portfolios sur tous les thèmes, les tests sur les optiques qui s’exposent chez les marchands de matériel d’occasion, vous font envie et vous interpellent.
Une autre excellente revue est Réponse Photo, dont le rédacteur en chef, Sylvie Hugue, est une talentueuse photographe exposant au Festival européen de la photographie de nu, qui se tient chaque année en mai à Arles et aux Baux-de-Provence. Dans sa revue, Sylvie traite avec bonheur et récurrence non seulement de la photographie de nu et du noir et blanc mais aussi du matériel et cela clairement et efficacement.
Ces revues constituent une base idéale à laquelle j’ajouterai les grandes revues de mode où je découvre souvent, sous des signatures parfois prestigieuses, des images merveilleusement composées et éclairées. Images qui peuvent vous inspirer et servir de départ à de nouveaux projets photographiques.




Ce guide a pour principal objet de vous éviter ces déconvenues, comme le fait de ne pouvoir montrer à votre premier modèle qu’un ensemble de photographies que je vous laisse qualifier car l’adjectif que j’utilise lors de stages est un peu trop cru pour être écrit. Et je ne parle même pas de ces images où mauvaise pose et vilaine lumière transforment rapidement et facilement une ambiance charmante en une image d’une vulgarité remarquable. Je vous laisse imaginer l’impact sur le modèle, surtout s’il n’est pas professionnel et qu’il s’agisse de votre compagne, de votre épouse ou d’une amie rêvant d’apparaître s’étendre par exemple dans Vogue, Cosmopolitan ou Harpers Bazar !

Notez cependant que, si vous avez rémunéré votre modèle, la gravité sera atténuée car vous n’aurez pas à lui montrer vos images et à supporter son regard, à moins que cette rémunération n’ait pris la forme du PCT.


PCT
Abréviation qui n’a absolument rien à voir avec la Procalcitonine, le Parti communiste tchécoslovaque ou le Pennsylvania College of Technology, et qui désigne simplement la pratique « pose contre tirage », qui est parfois acceptée par des modèles, souvent ceux qui débutent, en recherche d’images pour constituer leur book.



Pour résumer, ne gâchez pas votre plaisir et vos futures prises de vue en montrant « l’immontrable » et efforcez-vous d’être rigoureux et objectif lorsque vous regarderez le résultat de cette première séance. Ce conseil sera d’ailleurs appliqué à toutes les séances qui suivront si vous voulez progresser. Soyez toujours conscient que réussir deux ou trois belles images par séance n’est pas vraiment facile et, personnellement, je signerais immédiatement un contrat me garantissant un tel résultat.

Mentez pour ne pas décevoir. Lors de l’examen et de la sélection de vos images, essayez d’oublier que vous en êtes l’auteur et, si les clichés réalisés sont comparables à ceux qui illustrent certains sites colorés en rose…, n’hésitez pas une seconde, voire un millième de seconde puisque nous parlons de pose, et jetez le tout. Puis, prenant un air vivement contrarié et terriblement déçu, affirmez sans sourciller au modèle qui attend vos clichés que le PC sur lequel vous avez travaillé les images « a planté » en détruisant vos fichiers.

« Mais c’est un mensonge ! » vous exclamez-vous…

Assurément ! Mais, d’une part, il ne me semble pas d’une gravité exceptionnelle et, d’autre part, son importance est minime si on la compare à la déception que la présentation d’images « imprésentables » est en mesure de générer auprès de celles qui croyaient en votre talent.


Photo de nu

Je n’ai rien contre les baskets ou les chaussures plates, et il en existe de fort belles, mais en matière de pose,
je préfère la chaussure à talons, hauts de préférence. Ainsi chaussé et perché, le modèle adopte une position
de corps totalement différente que je trouve personnellement plus élégante.

Afin de ne pas avoir à user de ce stratagème, que certains puristes ou puritains condamneront probablement, et sachant que nous reviendrons dans un autre chapitre sur la façon d’estimer la valeur vos images, je vous invite à comparer votre première séance de prises de vue à un examen important auquel il conviendra d’obtenir, au minimum, une moyenne confortable et, si possible, un accessit.

Si vous ne voulez pas que sa première coopération soit aussi la dernière, ne la décevez pas !

Comment réussir cette première séance ou, au moins, en limiter les dégâts ? Rien de réellement compliqué et il suffit d’avoir un minimum de méthode.

Pour réussir la première séance

Dans un premier temps, feuilletez les livres et les revues où se trouvent des images qui correspondent à votre goût et choisissez-en deux ou trois, pas plus. Trouvez, si possible, une similitude physique avec le modèle et les lieux où auront lieu les prises de vue puis étudiez la pose et surtout la lumière afin de déterminer si vous disposez du matériel nécessaire pour la reproduire ou l’approcher.

Équipement

Vérifiez que vous disposez de l’équipement de prise de vue adéquat. Les points importants à contrôler sont la focale de l’objectif, généralement assez courte, le système de fixation sur pied et la possibilité d’utiliser le mode Manuel. Toutes ces informations se trouvent sur le mode d’emploi de l’appareil, que vous avez trouvé dans la boîte de l’appareil et probablement parcouru à la vitesse de la lumière le soir de votre achat pendant que se chargeait la batterie de l’objet qui allait changer votre façon de photographier.

Ayez à l’esprit qu’une lecture ou relecture du manuel d’utilisation n’est jamais superflue. J’ai toujours dans mes sacs les modes d’emploi d’appareils dont je me sers pourtant quotidiennement car certaines fonctions, rarement mises en œuvre, peuvent parfois être utiles. Ne pas savoir les programmer (ou avoir oublié comment faire) contrarie, énerve et fait perdre un temps souvent précieux lors des prises de vue.

La veille, pensez à recharger les accus ou à vous procurer des batteries neuves et de secours pour l’ensemble du matériel qui sera utilisé au cours de la séance : appareils mais aussi déclencheurs à distance, flashmètres, ordinateur ou déchargeur de cartes mémoire, etc.

Check-list

Personnellement, j’ai établi des check-lists pour tous mes types de prises de vue, studio, extérieur, argentiques ou numérique, de petit ou moyen format ou à la chambre 20 × 25 et, bien souvent, ces listes vérifiées au moment de rejoindre les lieux de prises de vue m’ont sauvé la mise et fait gagner du temps car j’avais oublié un détail pouvant devenir indispensable. Un fusible de générateur, un câble synchro ou une simple pile 9 V pour remplacer celle du flashmètre qui s’est épuisée peuvent facilement gâcher une séance en faisant perdre des heures de préparation et de concentration.

Le jour venu, soyez le premier sur les lieux et vérifiez que tout est en place pour réaliser les deux ou trois images sélectionnées. Lorsque le modèle arrivera, vous serez ainsi libre de ne penser qu’à lui et aux images que vous allez créer ensemble. Je dis bien « ensemble » car une coopération est indispensable même si vous devrez vous montrer très directif lors des prises de vue.

Bien évidemment, vous aurez préalablement réglé le problème des autorisations de publier et indiqué clairement au modèle la destination prévue des images réalisées lors de la séance.

Arrivé à ce stade, il n’est pas aisé de généraliser. Le mode opératoire variera un peu selon que vous serez en studio, en extérieur, en appartement ou en d’autres lieux publics ou privés, même si rien ne sera vraiment différent et s’il est possible d’accommoder ce qui suit à de nombreuses sauces, dont la vôtre assurément.

Conseil …
Lors d’une séance de prises de vue, arrivez en avance sur les lieux, une bonne heure avant, si possible, vérifiez le matériel de prise de vue et le fonctionnement des flashs et de leur système de déclenchement. Organisez ensuite la première des lumières que vous comptez utiliser et, comme le ferait un sportif avant une épreuve, placez-vous là où vous « shooterez » et, face au plateau, concentrez-vous de manière à parfaitement visualiser les images que vous comptez faire.

En studio

Ne louez pas trop court au niveau de l’horaire et, à moins que vous ne connaissiez parfaitement les lieux et le matériel dont vous disposerez sur place, arrivez au moins une heure avant les prises de vue et l’arrivée de votre modèle.


Photo de nu

Marie, modèle free-lance. Mélange de traitements alternatifs pour cette image saisie au vol lors d’une séance
et qui comporte deux défauts, faciles à corriger, que je désirais illustrer et que je vous laisse le soin de trouver.

Phase de préparation

Lorsque j’arrive dans un nouveau studio, je m’assois sur un tabouret à la place d’où j’opérerai puis je prends tranquillement « la mesure des lieux » en imaginant le modèle sur place et les lumières que je veux créer. Ensuite, je fais l’inventaire du matériel dont je pourrais disposer pour vérifier qu’il convient à mon projet et surtout qu’il fonctionne parfaitement : lampes pilotes proportionnelles ou non, cellules de synchronisation, puissance disponible, façonneurs adaptables.

Si je dois utiliser un fond noir, ce qui demandera beaucoup de puissance pour l’éclairer et le travailler, je sélectionne le flash le plus puissant et je l’équipe des façonneurs que je pense utiliser pour en contrôler l’efficacité, projecteurs de gobos ou simples bols munis de coupe-flux et nids-d’abeilles. Je procède ensuite aux mesures qui me permettront de caler le reste des sources sachant que, si je désire dessiner des motifs gris ou blancs sur le fond noir, il faudra que je l’éclaire entre deux et quatre diaphragmes de plus que mon sujet principal. Puis je crée mon premier éclairage avec un assistant qui joue le rôle de « doublure lumière » et j’augmente la puissance des radiateurs afin que le studio soit agréablement chauffé pour le modèle qui devra y évoluer.

Cette phase de préparation est pour moi un moment important car, bien souvent, hors le cas de commandes où un casting préalable a été organisé, je découvre le modèle lors de la séance et je n’ai vu de lui qu’une poignée d’images transmises par Internet ou sur son book virtuel.

Tout étant prêt pour une première série de prises de vue, je peux donc, affranchi des soucis de l’éclairage, me consacrer pleinement à l’étude de son physique et à la façon d’en tirer le meilleur parti.

Une fois cette mise en place réalisée, j’imagine les poses et je prends un café en attendant tranquillement le modèle.

Arrivée du modèle

À l’arrivée du modèle, je refais tranquillement avec elle le point sur le style des images qui seront réalisées et sur leur destination prévue ou envisagée : exposition, illustration d’écrits, posters, banque d’images, etc. J’insiste sur la signature obligatoire de l’autorisation d’utiliser les images et nous relisons ensemble le formulaire pour qu’il n’y ait aucune confusion sur les modalités d’utilisation.

Puis je l’installe dans la cabine de maquillage où elle se prépare à son aise, seule ou avec maquilleuse et coiffeuse si les prises de vue le nécessitent. Sur ce point, disons que pour des images en pied un maquillage est agréable mais pas vraiment primordial.

J’attache une grande importance à ce que la cabine de maquillage, ou l’espace consacré au modèle, soit protégée afin de préserver son intimité en dehors des prises de vue. Lorsque la séance de photos est terminée, le modèle redevient une femme comme toutes les autres, et la nudité prend une signification différente.

Prise de vue

Le modèle étant prêt, je l’invite à nous rejoindre sur le plateau et j’organise la pose. Si les pieds ou les jambes n’entrent pas dans la composition de l’image, j’aime que le modèle soit chaussé de chaussures à talons qui donneront une cambrure différente aux mollets et modifieront l’ensemble des muscles du corps. Faites l’essai pour vous en convaincre, pieds nus posés à plat ou même baskets et pieds chaussés de talons plus ou moins hauts sans aller jusqu’au maximum en la matière qui serait une pose sur pointe en chaussons de danse.

La pose étant esquissée, la lumière ajustée avec précision, je procède alors à l’examen de l’image à travers le viseur de l’appareil. Ce point est important car regarder le modèle sans l’appareil fausse l’idée qu’on se fait de l’image. C’est dû non seulement aux limites du cadrage mais aussi au simple fait que, lorsque nous regardons sans l’appareil nous avons une version stéréoscopique où le relief modifie l’effet de certaines perspectives. Cet effet n’existe plus quand on regarde dans l’appareil et l’image se retrouve en deux dimensions comme elle le sera sur le tirage papier final.

Photo de nu

Marie, modèle free-lance. Avant de déclencher, on vérifiera la pose à travers le viseur de l’appareil et, en partant du bas,
car c’est la zone qui restera le plus facilement statique, on contrôlera tour à tour : les jambes, qui doivent prendre la lumière
toutes deux puis, ne s’agissant pas d’une photographie anthropométrique on laissera le sexe dans l’ombre en orientant
le bassin vers nous ; les seins, que l'on éclairera avec parcimonie pour ne pas enlever les ombres qui les modèlent ;
le visage, qui devra, avec cette lumière, être tourné vers elle ; enfin, la position des bras et des mains
qui seront moins présentes si leur paume n’est pas tournée vers l’appareil.

Je contrôle alors tous les points de la pose auxquels j’attache de l’importance, en commençant par le bas du corps pour finir aux yeux. Je commence par contrôler les lumières sur les cuisses et le sexe en positionnant les ombres. Pour cela, je ne touche plus aux lumières mais je demande au modèle de tourner légèrement le bassin vers la droite ou la gauche.

Ce point étant calé, je remonte au ventre qui, lui aussi, doit recevoir une quantité mesurée de lumière pour que les ombres s’y dessinent. Je passe ensuite à la poitrine en demandant au modèle d’agir cette fois sur le torse ou la ligne des épaules. Une fois ces points réglés, je m’occupe de la position des mains et surtout des doigts pour éviter les effets de râteau qui sont rarement gracieux.

J’en viens alors au visage : je le place de façon que la lumière en souligne certains éléments, utiles dans l’image, puis je fixe le regard. En général, je choisis une direction peu naturelle, dont le seul avantage sera de ne pas montrer un œil à la pupille trop décentrée et dont le blanc prendrait une importance exagérée. (À moins, bien évidemment, que cet effet ne soit recherché.)

Lorsque la pose correspond à mon attente, je prends plusieurs séries de photos, que je double par habitude (même si l’utilité de la chose a disparu en même temps que l’argentique), en changeant le point de vue tout en vérifiant en permanence le bon positionnement du corps par rapport à la lumière. Je termine généralement la série en demandant au modèle d’évoluer comme bon lui semble tout en restant plus ou moins dans la même lumière.

Cette abondance de clichés sur une même pose, courante en 24 × 36 ou même en moyen format, est facilitée par le numérique mais lorsque j’opère à la chambre 4 × 5 ou 20 × 25, je ne fais pour une pose du même type qu’un ou deux clichés, doublés par sécurité.

Lorsque je pense avoir épuisé les poses qui correspondaient à l’éclairage, je le modifie ou le rectifie. Ce changement peut être peu important, je joue alors sur l’une ou l’autre des sources lumineuses et, dans ce cas, je le fais avec le modèle. Il peut être également radical, avec intervention sur l’ensemble des sources et, dans ce cas, j’invite le modèle à faire une pause-café, cigarette ou téléphone.

Planche contact no 1 : Olga sur le lit


Photo de nu

Cette image, qui me semblait la plus équilibrée de la série, a été recadrée dans un format plus allongé avant d’être travaillée en noir et blanc. En retouche, un fil électrique qui descendait le long du mur à hauteur du centre du lit a été gommé et la lampe de chevet, inclinée, a été redressée. Le mur en haut à droite a été assombri, puis le contraste général de l’image a été modifié. Un filtre maison, reprenant l’idée des « Softar » d’Hasselblad, est ensuite appliqué sur l’image.

Photo de nu

Planche contact no 3 Natacha – Buste dans l’ombre, seins soulignés par la lumière

Photo de nu

La ligne formée par le bras dans l’ombre me plaisait, et je désirais souligner les contours du sein qui cassait cette ligne. À la prise de vue, j’ai placé un peu de lumière sur le sein gauche du modèle, à droite sur l’image. Quant à l’autre sein, il entrait sans la lumière plus forte éclairant l’épaule et le visage dont je comptais couper la partie haute pour ne pas faire entrer le regard dans le cadre. La présence d'un visage dans une image attire l’œil, et la composition, s’il ne s’agit bien évidement pas d’un portrait, en souffre. C’est pour cette raison que je coupe sans état d’âme une grande partie de mes images à hauteur de la lèvre supérieure. Je ne suis pas le seul à agir de la sorte et cette « technique » est employée par exemple pour les images de la lingerie Aubade. J’ai ensuite recadré de façon à inclure dans l’image son bord supérieur et j’ai également appliqué un dégradé, le tout pour forcer le regard à aller dans la zone du sein.

Photo de nu

Planche contact no 4 Marie – Pause thé dans sa cuisine

Photo de nu

Fin de séance pour Marie, un peu fatiguée, la tête encore dans les poésies de Cendrars. Son expression me plaisait plus que la pose et j’ai éliminé du décor tout ce qui pouvait attirer le regard par un cadrage serré. Les contrastes ont été modifiés et j'ai retouché la peau avant d’en adoucir le rendu. La couleur a été modifiée par un passage en bichromie.


Photo de nu

Planche contact no 10 Marie – pause Thé no 1

Photo de nu

L’utilisation du grand angle a permis la création des perspectives exagérées de cette image dans laquelle le corps de Marie est particulièrement mis en valeur par la torsion du buste. Réalisée en noir et blanc, la série a été reprise en densité et contrastes, elle a ensuite été adoucie et transformée en bichromie pour obtenir les couleurs finales, un noir chaud formé d’un mélange de noir et de marron.

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Cet article est tiré de l'ouvrage
La photo de nu
de jean Tirco paru aux éditions Pearson France.

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Jean Turco
 
Sociétaire des Artistes Français, Jean Turco est un photographe professionnel, spécialisé dans le portrait, le nu et la nature morte. Outre ses travaux pour la publicité il réalise de nombreuses recherches personnelles pour les galeries et les expositions (plus de 70 ces dernières années : Art en Capital au Grand Palais, Paris-Photo au Carrousel du Louvre, etc.)
Maître de stage, il dirige ou organise en Italie et en Europe francophone des ateliers et workshops, voire des événements comme l'Happening « Portraits nus » au Festival Européen de la Photographie de Nu en Arles.

Photo de nu

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