Red Scarlet-X test review
La Scarlet-X avec un viseur.

Note : Nous avons pu tester la Scarlet-X grâce à la société de location Cine-Loc située en région parisienne qui nous a prêté la caméra. Nous les remercions pour leur accueil chaleureux et leur compétence.

Prise en mains

Le design et l'ergonomie de la Scarlet-X se démarquent totalement des caméscopes traditionnels ou même des caméras de cinéma numériques comme la Sony F3 ou la Canon EOS C300. Le boîtier en aluminium est un bloc dont le design et la finition rappellent plutôt les appareils photo des années 50. Avec un corps aussi volumineux et lourd (2,7 kilos sans monture ni optique), la Scarlet-X est assurément une caméra de pied et non de poing.

L'alimentation est assurée par une batterie elle-même imposante dont l'installation rappelle le jeu de mécano puisqu'il faut dévisser une trappe pour ouvrir son logement. La Scarlet-X fonctionne un peu comme une unité centrale d'ordinateur. Son allumage requiert une dizaine de secondes pour lancer le système électronique qui chauffe énormément. Du coup, la caméra enclenche un ventilateur permanent assez tapageur qui s'interrompt heureusement dès l'enregistrement. Les commandes sont assez grossières avec 3 boutons rouges d'enregistrements : deux à l'avant, l'autre à l'arrière.

Red Scarlet-X test review détail Red Scarlet-X test review détail
La molette-fléchée permet de naviguer dans le menu en l'absence d'écran tactile. Les prises à l'arrière comprennent les sorties HDMI, HD-SDI, Sync et Control, et casque.

Pour contrôler l'image, la Scarlet-X requiert un viseur ou un écran LCD tactile qui sont vendus en option par RED et qui se câblent sur le boîtier. Le fabricant propose :
- un viseur OLED 1280x1024 pixels (3900 $),
- un viseur LCD 1280x784 pixels (3200 $),
- un écran tactile LCD 22 cm (3450 $),
- un écran tactile LCD 12,7 cm (1600 $).

Pour ce test, nous avons utilisé l'écran tactile de 12,7 cm. La réactivité au toucher est un peu capricieuse et il faut parfois insister pour enclencher une commande. Nous sommes d'ailleurs surpris que l'écran tactile centralise à ce point les réglages de la caméra. Ce genre d'ergonomie issue des caméscopes grand public est généralement assez mal vu par les professionnels qui préfèrent des gros boutons et des interrupteurs directement accessibles sur le boîtier. Le fait d'utiliser la Scarlet comme un iPhone risque donc d'en agacer plus d'un...
La Scarlet-X avec l'écran LCD tactile 12,7 cm.

Hormis les bagues de l'objectif, tous les réglages de la prise de vues passent par l'écran tactile sachant qu'un bouton-flèches est présent sur le boîtier si vous utilisez un viseur. Le menu est un peu l'usine à gaz de la Scarlet-X dans lequel il faut apprendre à naviguer : température de couleur, obturateur, nombre de frames/sec, format d'enregistrement sont tous présents dans des onglets situés en haut de l'interface. Ces réglages sont manuels et déterminent la couleur et la luminosité de chaque plan. Il faut donc vérifier ces réglages à chaque changement de position de la caméra.

Concernant les optiques, nous avons utilisé pour ce test une monture PL avec un objectif Carl Zeiss Planar T f/1,4 de 50 mm.
Red Scarlet-X test review Zeiss
La Scarlet-X avec un objectif Carl Zeiss Planar T f/1,4 de 50mm.


Qualité d'image

Les utilisateurs de la EPIC avaient beaucoup apprécié la fonction HDRx qui permet de capter simultanément deux flux d'information avec une exposition différente pour créer une plage dynamique beaucoup plus élevée. Hélas, la Scarlet-X est dépourvue de HDRx en 4k et n'en bénéficie qu'en 3k et seulement pour le 24p et le 25p. C'est là sa principale faiblesse face à l'EPIC.

La caméra  peut également shooter en 5K grâce au capteur APS-H de 14 mégapixels Malheureusement, il est limité à un  taux de rafraîchissement de 12 im/sec ce qui ne permet pas des vidéos très fluides. C'est donc bien le 4k qui est la principale résolution pour cette caméra et son résultat est exceptionnel.

La Scarlet-X peut aussi filmer à 60 im/sec en 2k (HD 1080p) autorisant par la même occasion des ralentis. Mais la définition est alors équivalente à la moitié du 4k et pour être honnête il n'y a aucun intérêt à filmer dans ce format avec une Scarlet car l'écart de qualité avec le 4K est considérable.

Le 3K, lui, est un bon compromis. Il autorise du 48 images/sec (mais sans HDRx qui n'est disponible qu'en 25/24p) avec une image assez bonne et faire un peu de ralentis.

Enfin, la Scarlet peut shooter jusqu'à 120 images/sec, mais en 1k soit une définition deux fois inférieure au Full-HD.

En clair, le HDRx et le ralenti sont les deux pertes dont souffriront le plus les habitués de la EPIC.

  5K 4K 3K 2K 1K
Fichier REDCODE RAW (R3D) - 16-bit
taux de compression 18:1 à 3:1
Définition 5120 x 2700 4090 x 2160  3072 x 1620 2048 x 1080 1024 x 540
Ratio 1.90
Images/sec 1 - 12 im/sec 1 - 30 im/sec 1 - 48 im/sec 1 - 60 im/sec 1 - 120 im/sec
HDRx maxi 6 12 25 30 60

Sensibilité

La gamme de la sensibilité de la Scarlet-X va de 250 à 12800 ISO. La valeur est réglable par incréments d'1/3. Lorsque la valeur ISO est réglée, l'appareil enregistre le changement dans la métadonnées et le moniteur réagit en conséquence. Des valeurs ISO élevées conduisent à des images plus lumineuses, et vice versa. La valeur de l'ISO peut être modifié en relecture sur le moniteur LCD.


La sensibilité n'est pas le point fort de la Scarlet-X. Les résultats de nos tests en labo avec un objectif Zeiss ouvert à f/1,4 montre une image très sombre sous un éclairement de 3 lux, là où la Canon C300 perçoit sans problème le sujet avec la même ouverture et avec un ISO inférieur.

Tests sous un éclairement de 3 lux

Red Scarlet-X test review sensibilité
Scarlet-X avec optique Zeiss 50mm à f/1,4 à ISO 800. L'image est très sombre, voire invisible. Canon C300 avec optique Canon 50mm à f/1,4 à ISO 320.
On ne constate quasiment aucun bruit.

Rendu des couleurs

La colorimétrie dépend des réglages accessibles sur l'écran tactile de la Scarlet avec les températures de couleurs.
RED Scarlet-X test review
Le menu tactile de la Scarlet-X gère l'ensemble des réglages "image" de la caméra affichés en haut. Ici notre scène est filmée en 4K, ISO 800, 24p, RC 6:1 en température 5431k. Un histogramme en bas affiche le spectre RVB (Rouge, Vert, Bleu).
RED Scarlet-X test review mire
Le résultat en image. On relève des tons très nuancés très proche d'une texture très "cinéma 35 mm".
RED Scarlet-X test review

Piqué d'image

La définition 4k surpasse évidemment toutes les caméras Full-HD et ce piqué d'image se remarque énormément. Les lignes de notre mire de référence s'affichent pleinement, sans moiré ni aliasing.

RED Scarlet-X test review piqué
Scarlet-X : la qualité 4K restitue un piqué exceptionnel. Canon C300 : un Full-HD sans aucun moiré et des lignes bien nuancées.

Scarlet-X : le capteur APS-H de 14 mégapixels affiche chaque détail. Sony FS100EK avec capteur Super 35mm et objectif 18-200 mm (f/3,5).

La mire intégrale filmée en 4090x2160 pixels en 24p avec l'objectif Zeiss 50mm f/1,4.
(Téléchargeable en qualité native par clic-droit)

Audio

La Scarlet n'est fournie avec aucun micro ni même de prises XLR. Cela ne devrait pas gêner les chefs opérateurs qui sont habitués à déléguer l'audio à un ingénieur-son avec une mixette séparée. On peut toutefois raccorder un micro sur l'une des deux entrées mini-jack histoire d'avoir un son témoin. Le son sera alors enregistré en stéréo PCM 24 bit, 48KHz.

Post-production

La Scarlet génère des fichiers 4K au format RED Raw nommés R3D. Ces fichiers R3D sont enregistrés sur le disque RED et se présentent sous la forme d'un dossier .RDM qui contient une série de dossiers .RDC (Red Digital Clip). Il y a un dossier .RDC pour chaque clip enregistré, donc si vous avez filmé 50 clips vous aurez 50 dossiers. Le dossier .RDM est également accompagné d'autres fichiers, .log et .profile qui contiennent des données de la caméra, qui, bien qu'elles ne soient pas toujours utilisées par les flux de production, doivent être conservées. Lorsque vous archivez les données RED, vous devez toujours copier l'intégralité de la structure de dossiers/fichiers de chaque volume sur lequel ont été enregistrées des données.

Le fichier .R3D est un fichier de données brutes haute qualité REDcode. Étant donné qu'il existe une limitation de taille de 2 Go pour les fichiers, les clips plus volumineux sont fractionnés en plusieurs fichiers R3D. Dans ce cas, chaque fichier doit être présent pour que le clip soit lisible. Les noms de fichiers R3D avec des suffixes de chiffres (comme _001) ne doivent en aucun cas être modifiés, car cela les rendrait tout simplement illisibles par la fenêtre Lister et transférer de Final Cut Pro.
Les clips en 4K de la Scarlet-X dans Vegas Pro 11.

Le format RED Raw permet des corrections d'images très poussées au montage, bien plus étendues qu'avec le format MPEG-2 Long GOP de la Canon C300. En outre, Premiere Pro d'Adobe gère les rushes 4K en natif ainsi que Vegas Pro 11 de Sony que nous avons utilisé sur ce test. Il est ainsi possible de corriger la température de couleur, le gain (ISO), la luminosité, le contraste et le DRx de chaque rush comme on le ferait en tournage. Sur Vegas Pro, les rushes sont importables en natif sans reconversion et un simple clic-droit de la souris sur un clip dans "Propriétés du décodeur R3D" ouvre la fenêtre des corrections.

Il est bien sûr recommandé de travailler sur une station de montage musclée pour éditer en 4K. La nôtre était un PC HP sous Vista 64 bits avec un QuadCoeur  (4 x 2 GHz) et 6 Go de RAM et il y avait des latences en manipulant ou en corrigeant les clips avec plusieurs couches. La configuration informatique est donc bien plus gourmande qu'en Full-HD, et nécessite surtout beaucoup plus d'espace de stockage. Pour info, un clip RED Raw en 4K de 30 secondes pèse 1,4 Go !

L'autre problème se pose à l'exportation. Que souhaitez-vous faire de vos montages 4 K ? Cette question devrait même se poser avant l'achat de la Scarlet-X. Car les logiciels de montage peuvent évidemment masteriser votre montage en 4K mais pour le diffuser où et comment ? Hormis, certains vidéo-projecteurs professionnels et une poignée de téléviseurs 4K au prix exorbitant, la diffusion 4K reste l'apanage de certaines salles de cinéma numérique. La plupart des utilisateurs en seront donc réduits à convertir leur montage 4K en Full-HD pour les diffuser sur blu-ray, écran de projection ou même sur Internet. La qualité native 4K même convertie en Full-HD reste toutefois de meilleure qualité qu'un film tourné en HD.

Cette vidéo a été captée par une Scarlet-X en 4K avec des optiques Leica (50mm Summicron M / 90mm Elmarit M / 135mm Tele-Elmar M) en 320 ISO, 25p, RC6:1. Les clips on ensuite été convertis en RG2RC2 sur Premiere Pro 5.5. et le montage exporté en 1920x1080 sur Youtube. Le résultat est excellent (il n'y a pas de son).

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