Cet article est tiré de l'ouvrage
Pratique du flash en photographie
de Bryan Peterson
paru aux éditions Pearson France.

Chapitre 4 : Le flash créatif

Voir la Table des matière complète.

- La synchronisation flash à grande vitesse
- Le flash sans fil
- Gélatines, diffuseurs et snoots



Pratique du flash en photographie

La synchro flash à grande vitesse

Quand vous maîtriserez le flash, vous pourrez faire preuve de créativité. La synchronisation du flash à grande vitesse (SFGV) est une fonctionnalité qui va justement dans ce sens. Supposons que vous ayez prévu une sortie en famille dans un parc où des tapis de fleurs annoncent que le printemps est arrivé. Vous aimeriez bien réaliser des portraits de votre conjoint et des enfants avec un arrière-plan de tonalités et de couleurs floues. Comme c'est souvent le cas, tout le monde n'apprécie pas de se lever aux aurores pour la seule raison que la lumière est meilleure, et c'est donc souvent en début d'après-midi, quand la lumière est intense, que vous arrivez dans le parc. Tous les membres de la famille ont hâte d'en finir avec les formalités photographiques afin de pouvoir enfin se détendre et s'amuser.

Votre petite famille n'a hélas aucune notion de ce qu'est la lumière en photographie, et leur expliquer les inconvénients du soleil au zénith serait peine perdue. Ils veulent simplement en finir au plus vite avec les photos. Vous allez donc faire vos prises de vue malgré la dureté de la lumière. Vous n'imaginez quand même pas qu'un photographe de mariage pourrait se désister sous prétexte que la lumière de midi est trop intense ?
C'est là que la synchronisation du flash à grande vitesse entre en jeu. Vous savez d'ores et déjà qu'il faut régler le flash à 1/1 pour que sa puissance soit maximale, et choisir une vitesse d'obturation n'excédant pas la vitesse de synchronisation maximale. La synchronisation à grande vitesse permet d'outrepasser cette limitation. Depuis que cette fonctionnalité existe, les photographes de mariage et de portrait s'en servent pour photographier les mariés dans des massifs de fleurs.

Il est donc midi et vous prenez des portraits des enfants qui se trouvent à environ 10 m de vous, posant devant de somptueuses compositions florales. Après avoir ouvert à ƒ/4 pour que l'arrière-plan coloré soit flou, le posemètre indique une vitesse d'obturation de 1/5000 s à cause de l'intense luminosité ambiante. Et bien sûr, la lumière tombant à la verticale creuse des ombres denses sur les visages. Mais ce n'est pas un problème puisque vous allez recourir au flash de remplissage. Vous réalisez un beau cadrage au 105 mm. Vous activez la synchronisation à grande vitesse et vous réglez manuellement le zoom du flash afin que son angle d'illumination corresponde également à cette focale 105 mm. À 200 ISO, ƒ/4 et 1/5000 s, la distance flash-sujet doit être de 2,1 m. Vous vous placez à cette distance et hop ! C'est dans la boîte, vous venez de prendre de magnifiques portraits en plein midi. Vous êtes vraiment futé !

Mais comment diable est-il possible d'utiliser le flash à une vitesse d'obturation beaucoup plus élevée que la vitesse de synchronisation maximale ? Tout simplement en exploitant une particularité propre au flash électronique. Alors qu'à l'une des vitesses de synchronisation normale, il n'émet qu'un seul éclair, le flash peut devenir momentanément un flash stroboscopique à grande vitesse émettant de multiples éclairs (des centaines par seconde) lorsqu'une vitesse d'obturation élevée est sélectionnée. À ces temps de pose très brefs, lorsque le premier rideau commence sa translation, le second démarre à son tour presque immédiatement. Tandis que l'étroite fente formée par les deux rideaux qui se suivent balaye le capteur ou le film, le flash illumine la scène à répétition, comme un stroboscope. Grâce à cet éclairage pulsant, le sujet est exposé malgré l'étroitesse de la fente entre les deux rideaux.

ACTIVER LA SFGV

La synchronisation du flash à grande vitesse s'appelle Flash FP (Focal Plane, « plan focal ») sur le flash Canon 580EX II et Mode synchro flash ultra-rapide, Auto FP, sur le flash Nikon SB-900. Sur le flash Canon Speedlite 580EX II, vous appuyez sur un bouton pour l'activer (consultez le mode d'emploi pour le localiser). Sur du matériel Nikon, il faut activer la fonction sur le menu de l'appareil photo en choisissant Menu réglages perso. > Prise/vue /Affich. > Vitesse synchro. flash > 1/250 s (Auto FP). Testez la synchronisation à grande vitesse : à 1/320 s ou plus, la mention FP apparaît sur l'écran du flash.

Sur les appareils photo Nikon et Canon, la synchronisation du flash à grande vitesse peut rester active en permanence afin d'être disponible chaque fois que vous utilisez le flash. Vous pouvez ainsi sélectionner n'importe quelle vitesse d'obturation sans vous soucier de la vitesse de synchronisation maximale. Ceci est vrai en théorie, mais je ne vous recommande pas de procéder ainsi en pratique car, comme l'explique l'encadré « Les inconvénients de la synchro à grande vitesse », la synchronisation à grande vitesse divise le nombre-guide du flash par deux. Ceci provoque une perte de puissance considérable, surtout si la synchronisation du flash à grande vitesse ne s'impose pas. Supposons que vous passiez par inadvertance de 1/250 s – où le nombre-guide est 48 – à une vitesse d'obturation de 1/1000 s. Le nombre-guide tombe alors à seulement 13. La portée du flash n'est plus que de 1,5 m. Si le sujet se trouve à 4 ou 5 m, la puissance du flash sera insuffisante pour l'illuminer. Comme vous le voyez, la synchronisation du flash à grande vitesse est certes commode, mais elle peut vous jouer des tours. Ne l'utilisez qu'en cas de nécessité ; sinon, désactivez-la.

Si vous gardez à l'esprit le fait que beaucoup de ce qui peut être réalisé avec un flash implique l'exploitation de la lumière ambiante, vous en arriverez rapidement à la même conclusion que moi il y a quelque temps : chaque minute du jour ou de la nuit offre une occasion d'utiliser le flash. Jusqu'à une époque récente, je m'abstenais de photographier sous le soleil de midi, préférant bronzer à la piscine, mais j'ai découvert depuis qu'il est possible de travailler au flash même aux heures les moins favorables, notamment grâce à la synchronisation à grande vitesse.

LES INCONVÉNIENTS DE LA SYNCHRO À GRANDE VITESSE

La synchronisation du flash à grande vitesse (SFGV) présente-t-elle des inconvénients ? À vrai dire, un seul, concernant la puissance de sortie du flash. Comme la synchronisation à grande vitesse repose sur l'émission d'une rafale stroboscopique à une cadence extrêmement élevée, l'émission de chacun des éclairs de cette rafale s'effectue à puissance réduite. C'est cette moindre puissance qui permet d'atteindre 1/8000 s, voire des durées encore plus brèves. La puissance du flash est alors de l'ordre de 1/2 à 1/4 de sa pleine puissance (1/1). Cela signifie que chaque fois que le temps de pose est quatre fois plus bref, le nombre-guide est divisé de moitié, ainsi que le montre ce tableau :

VITESSE OUVERTURE  MODE FLASH  RAPPORT PORTÉE MODE FLASH NB-GUIDE
1/250 s ƒ/16 Manuel 1/1 3,0 m Normal  48
1/250 s  ƒ/16 Manuel 1/1 3,0 m SFGV 24
1/500 s  ƒ/11 Manuel 1/1 2,1 m SFGV 18
1/1000 s ƒ/8 Manuel 1/1 1,5 m SFGV 12
1/2000 s  ƒ/5.6 Manuel 1/1 1,2 m SFGV 9

Êtes-vous vraiment obligé de procéder à tous ces calculs arides ? Pas du tout. L'échelle sur l'écran de contrôle du flash vous dira tout. À cause de la moindre puissance qu'impose la synchronisation à grande vitesse, vous devrez vous rapprocher du sujet pour obtenir le même éclairement qu'à pleine puissance. Plus la vitesse d'obturation est élevée, plus la distance flash-sujet est réduite. Il suffit pour s'en convaincre de monter le flash sur la griffe porte-accessoire de l'appareil photo et d'activer la synchronisation à grande vitesse. Ouvrez le diaphragme à ƒ/8 et actionnez la molette des vitesses sur l'appareil photo. Observez la diminution progressive de la distance dès que vous dépassez la vitesse de synchronisation maximale normale de 1/250 s.


AU COURS D'UN ATELIER RÉCENT
à Tampa (Floride), les stagiaires se sont initiés à la synchronisation à grande vitesse. Notre modèle Deana devait faire des bonds de la droite vers la gauche ; une vitesse d'obturation rapide était nécessaire pour figer son mouvement. J'avais recommandé 1/4000 s, mais plusieurs stagiaires se sont demandé comment ils pourraient y parvenir avec une vitesse de synchronisation maximale de 1/200 s. Ce jour -là, tous étaient équipés du flash Canon Speedlite 580EX II, mais ils ignoraient qu'il était capable de synchroniser à grande vitesse.

L'obturateur réglé à 1/4000 s, j'ai demandé aux stagiaires de mesurer la lumière sur le ciel très clair de ce contre-jour. Le posemètre indiquait ƒ/5.6. Je leur ai demandé ensuite de lire la distance préconisée par le flash. Pour 200 ISO, elle était d'environ 1,20 m. Puis, les appareils photo placés au ras du sol, avec le flash monté sur la griffe porte-accessoire, j'ai tracé une marque dans le sable à 1,20 m. C'était le point de départ du saut de Deana (page opposée, en haut). La photo en bas, sur la page opposée, a été prise en lumière naturelle, sans flash. La photo ci-dessus montre les avantages de la synchronisation du flash à grande vitesse.

Pratique du flash en photographie

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Ci-dessus : Nikon D300S, zoom 12-24 mm à 16 mm, 200 ISO, ƒ/5.6 à 1/4000 s, flash Speedlight SB-900.


NE SERAIT-IL PAS GÉNIAL de pouvoir photographier un sujet à contre-jour, en extérieur, tout en préservant ses couleurs vives ? Comme nous venons de le voir, c'est possible grâce à la synchronisation à grande vitesse, mais certains flashes ne possèdent pas cette fonctionnalité. Il existe cependant une autre solution pour ces expositions en lumière ambiante qui se situent hors de la gamme des vitesses de synchronisation, y compris la plus rapide : le filtre gris neutre.

L'appareil photo posé sur le sol et équipé d'un grand-angulaire, j'ai cadré ces tulipes à contre-jour sur le soleil levant. À 200 ISO, l'exposition était de ƒ/11 à 1/2000 s. Ces valeurs n'avaient rien d'étonnant car l'arrière-plan intensément lumineux avait faussé la mesure de la lumière. Elles ont produit une belle photo du ciel, mais les fleurs sont sombres (ci-dessus à gauche). Et poser pour les tulipes, toujours à ƒ/11 mais à seulement 1/60 s, a complètement surexposé le ciel (ci-dessus à droite).

Comme je voulais exposer correctement les fleurs et le ciel, et que je tenais à obtenir une profondeur de champ étendue pour cette photo narrative, je n'avais d'autre choix que de recourir au flash pour que les fleurs et le ciel soient exposés de la même manière. Or, le flash n'était pas utilisable à cause de la vitesse d'obturation de 1/2000 s à ƒ/11. Pour beaucoup d'appareils photo, ce temps de pose est très supérieur à la vitesse de synchronisation maximale, à moins de recourir à la synchronisation à grande vitesse ou au filtre gris neutre. J'ai opté pour ce dernier.

Après avoir vissé sur l'objectif un filtre absorbant 3 IL, le couple ouverture/vitesse n'était plus que de ƒ/11 à 1/250 s pour le ciel. La vitesse était cette fois comprise dans la gamme des vitesses de synchronisation. Après avoir réduit la puissance du flash à 1/32e et reporté ƒ/11 sur le flash, la distance requise était d'environ 0,6 m. Elle me convenait car j'utilisais l'objectif fish-eye plein cadre – hypergone diagonal – et je voulais que l'appareil photo soit assez proche des tulipes richement colorées afin de les cadrer serré. Le cadrage étant en hauteur, j'ai tenu le flash relié par un cordon un peu au-dessus des fleurs, à 60 cm. Il était ainsi possible d'exposer les fleurs au premier plan avec les mêmes réglages que pour le ciel, tout cela grâce au filtre gris neutre.

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Toutes les photos : Nikon D300, fish-eye de 14 mm, 200 ISO. Ci-dessus à gauche : ƒ/11 à 1/2000 s. Ci-dessus à droite : ƒ/11 à 1/60 s. Ci-contre : Filtre gris de –3 IL, ƒ/11 à 1/250 s, flash Speedlight SB-900.

LE FILTRE GRIS NEUTRE

Le filtre gris neutre est une alternative économique et viable à la synchronisation à grande vitesse. Il absorbe en effet une grande partie de la lumière, à la manière des lunettes de soleil, permettant ainsi de réduire la vitesse d'obturation. Un filtre gris neutre d'un coefficient de 8× fait perdre 3 IL. Le plus souvent, ce filtre est plus que suffisant pour ramener le temps de pose à une vitesse d'obturation synchronisée avec le flash.

Le flash sans fil

Comme vous l'avez sans doute conjecturé jusqu'à présent, déporter le flash est assurément le meilleur moyen de l'utiliser. Imaginez les possibilités lorsque vous disposez de plusieurs flashes que vous pouvez répartir où vous voulez dans la scène et les utiliser pour simuler n'importe quelle sorte de lumière. Cette possibilité de recourir à des flashes multiples, télédéclenchés sans fil, augmente considérablement vos capacités créatives. Le flash sans fil offre des possibilités illimitées.

Un flash qui n'est pas relié à l'appareil photo par un cordon de synchronisation doit être déclenché par une liaison sans fil. Il existe différents modèles de télédéclencheurs permettant de déclencher un flash déporté, comme les cordons de synchronisation propres à une marque ou un modèle, des systèmes d'asservissement optiques qui « voient » les autres flashes et les déclenchent, les télécommandes radio, etc. Les flashes récents sont dotés de fonctionnalités « sans fil » intégrées. Un flash peut en déclencher d'autres à condition qu'ils soient compatibles.

Les avantages des flashes sans fil dédiés sont : (1) l'absence de filasse entre le ou les flashes et l'appareil photo, (2) la possibilité de placer le ou les flashes à grande distance de l'appareil photo et (3) des fonctionnalités TTL permettant de régler la puissance de chacun des flashes directement depuis l'appareil photo. En ce qui concerne la fonction TTL, il faut définir un flash maître qui déclenche les flashes asservis. Chez Canon et chez Nikon, le flash maître doit être inséré dans la griffe porte-accessoire et son commutateur mis en mode Maître. Il déclenchera les autres flashes en mode Esclave. Sur les nouveaux appareils photo, le flash intégré déployable peut être utilisé comme flash maître commandant les flashes asservis, une fonction parfois appelée Mode Contrôleur.

Chaque unité asservie reçoit un identificateur permettant aussi de régler la puissance de chaque flash directement depuis l'appareil photo, quel que soit l'endroit où ils se trouvent. Si un flash est fixé sur la griffe porte-accessoire, ou si le flash intégré est utilisé comme maître, il peut être configuré pour déclencher les autres flashes, mais sans que lui-même n'émette un éclair.



LE PARC PUBLIC DE CHRISTCHURCH, en Nouvelle-Zélande, héberge des personnages hauts en couleur. Mais c'est le cas dans toutes les grandes villes. Ce personnage avait attiré mon attention alors qu'il passait sur son monocycle – un vélo à une seule roue – en jonglant avec trois balles rouges. Nous avons engagé la conversation, puis je lui ai demandé s'il me serait possible de le photographier. Il a volontiers accepté.

Avec ses longs cheveux et son impressionnante barbe fournie, je l'imaginais très bien photographié à contre-jour sur fond de coucher de soleil sur une plage hawaïenne, avec un effet d'auréole. Ce genre de photo peut parfaitement être simulé avec le flash, même à des centaines de kilomètres d'une plage. Voyons comment procéder. À gauche, le cadrage est serré, l'appareil photo tenu à la main. L'ouverture étant à ƒ/8, j'ai ensuite réglé la vitesse jusqu'à ce que 1/125 s corresponde à l'exposition exacte pour le visage.

Pour la seconde photo, j'ai eu recours au flash avec la même exposition. Remarquez toutefois l'effet d'auréole provoqué par le contre-jour. Pour l'obtenir, j'ai d'abord reporté l'ouverture de ƒ/8 sur le flash. Utilisé à pleine puissance, il indiquait une distance flash-sujet de 3,5 m pour une exposition correcte. Or, il se trouve que je ne recherchais pas une exposition correcte, mais une surexposition au flash qui ferait croire que le soleil couchant se trouvait à l'arrière-plan et illuminait les cheveux par derrière. En plaçant le flash à 1 m environ derrière le sujet, pointant vers lui, la surexposition serait très forte. Le récepteur d'un télédéclencheur PocketWizard fixé au flash et l'émetteur sur la griffe porte-accessoire, j'ai télécommandé le déclenchement du flash tenu par l'un de mes stagiaires à 1 mètre derrière le sujet. C'est ainsi que j'ai obtenu ce portrait à contre-jour.

Pratique du flash en photographie

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Les deux photos : Zoom 70-300 mm, ƒ/8 à 1/125 s, 200 ISO. Ci-contre : Avec le flash Speedlight SB-900.


Si vous n'avez pas l'intention d'acquérir un onéreux flash uniquement dans le but d'en faire un télédéclencheur maître, et si votre appareil photo ne possède pas de fonction Contrôleur, vous pouvez utiliser un déclencheur à infrarouge. Canon et Nikon proposent tous deux un accessoire qui se fixe à la griffe et télécommande le ou les flashes déportés. Mais n'oubliez pas qu'il est superflu si le flash intégré a une fonction de flash maître. L'accessoire à infrarouge n'est qu'une alternative permettant de déporter le coûteux flash externe et de l'utiliser ainsi de manière créative.

Les déclencheurs à infrarouge présentent quelques inconvénients, notamment un manque de fiabilité en plein soleil. De plus, en extérieur, les flashes asservis doivent se trouver en vue directe du télédéclencheur. Cette contrainte empêche de placer un flash à contre-jour, derrière le sujet. En intérieur, ce problème ne se pose pas car le faisceau infrarouge peut rebondir contre les murs pour atteindre le ou les flashes asservis. De plus, la portée des télédéclencheurs à infrarouge est limitée. Renseignez-vous soigneusement avant d'investir dans ce genre de matériel. Beaucoup de professionnels préfèrent la télécommande par radio, dont les signaux ne peuvent être occultés et portent plus loin.

Il existe de nombreux fabricants de télédéclencheurs, dont PocketWizard, Quantum, RadioPopper et MicroSync. Renseignez-vous à fond car les caractéristiques sont variées et spécifiques. Certains modèles ne peuvent synchroniser assez vite pour une synchronisation à grande vitesse : l'obturateur se ferme avant que la série d'éclairs soit terminée.

Le flash sans fil compte de plus en plus d'adeptes. Pour les photos en extérieur, bon nombre de professionnels bien établis abandonnent leurs lourds éclairages de studio en faveur de kits de flashes sans fil autrement plus mobiles. Par exemple, des flashes portables peuvent aussi bien servir pour l'éclairage principal que pour le remplissage. Tous ensemble, ils sont parfaits pour des portraits en extérieur. Le flash principal est placé un peu de côté afin qu'il enveloppe et sculpte le sujet par des jeux d'ombre et de lumière, tandis qu'un flash d'appoint réduira le contraste et débouchera les ombres. Si vous avez plusieurs flashes, vous en réserverez pour l'éclairage auréole, ou rasant, ou pour éclairer l'arrière-plan et faire ressortir le sujet.



VOICI UN AUTRE EXEMPLE D'EFFET AURÉOLE. La photo ci-dessus montre comment l'éclairage a été réglé. Dans un garage couvert, le posemètre indiquait ƒ/8 à 1/125 s pour la mesure effectuée sur le visage du modèle, en lumière ambiante. Mon grand ami et photographe Robert LaFollette a accepté d'être mon SAV (« Support d'éclairage Activé par la Voix », un jeu de mots inventé par Joe McNally, remarquable photographe et grand maître du flash). Robert s'est placé à un peu moins de 1 m derrière le sujet, tenant à la main un flash recouvert d'une gélatine ambre afin de simuler la chaude lumière d'un coucher de soleil.

L'appareil photo et le flash en mode Manuel, réglé à la 1/2 puissance, la distance flash-sujet imposait de fermer le diaphragme à ƒ/16. Mais ici, ce n'est pas ƒ/16 que j'ai utilisé finalement, mais ƒ/8, c'est-à-dire une surexposition de 2 IL parfaitement justifiée. Voici pourquoi.

Il fallait d'abord déterminer l'exposition correcte pour le visage du modèle. Le diaphragme à ƒ/8, j'ai cadré le visage serré et réglé la vitesse jusqu'à ce que 1/125 s corresponde à l'exposition requise. Bien évidemment, l'éclair du flash placé derrière le modèle filtrerait à travers les cheveux, mais sans fausser le rendu du visage, qui resterait éclairé par la seule lumière ambiante. Les extrémités des cheveux seraient ainsi fortement surexposées comme voulu, afin de créer l'impression de photographie prise sur fond de soleil couchant. Si la photo avait réellement été prise contre le soleil, ses rayons auraient provoqué une surexposition identique dans les mèches de cheveux (pour une mesure de la lumière sur le visage). Cet effet spectaculaire et séduisant est très facile à réaliser.

Pratique du flash en photographie

Zoom 70-300 mm, ƒ/8 à 1/125 s, flash Speedlight SB-900.




AVEZ-VOUS BESOIN D'UN FLASH SPÉCIAL pour éclairer un ami parmi des arbres un soir au bord du lac Michigan à Chicago ? Pas du tout, vous pourrez facilement faire ce genre de photo avec un flash externe. Même si j'étais placé à 50 m du sujet, ce n'était pas le cas du flash. En réalité, le flash Speedlight SB-900 était tenu par le sujet lui-même, pointé vers son visage, et relié à un petit récepteur PocketWizard qu'il tenait aussi. L'émetteur était monté sur la griffe porte-accessoire de l'appareil photo. La liaison entre ces deux modules étant établie, il me suffisait de déclencher.

N'oubliez pas que l'exposition au flash dépend entièrement de l'ouverture requise, et que cette ouverture est toujours déterminée par la distance flash-sujet. La distance séparant l'appareil photo du sujet n'a aucune importance (même si le flash est monté sur la griffe porte-accessoire, ce n'est pas moins la distance flash-sujet qui prime). J'avais estimé à 60 cm la distance entre le flash tenu par mon ami et son visage, et décidé de préserver la lumière ambiante, c'est-à-dire le ciel bleu sur lequel se découpent les arbres. La profondeur de champ n'était pas un souci car mon ami et la rangée d'arbres étaient tous sur le même plan de mise au point. J'ai donc opté pour une ouverture de type « Peu importe » à ƒ/8. Cette valeur reportée sur le flash, l'échelle du flash indiqua qu'il fallait opérer à 1/64e de la puissance pour illuminer un sujet à 60 cm.

Mon ami est allé se mettre en place à 50 m, emportant le flash et le récepteur PockedWizard. De mon côté, l'émetteur se trouvait sur l'appareil photo fixé sur le trépied. J'ai mesuré la lumière sur le bleu du ciel au-dessus des arbres, à ƒ/8, et réglé la vitesse d'obturation jusqu'à ce que 1/2 s corresponde au temps de pose requis.

Pratique du flash en photographie

Nikon D300S, zoom 12-24 mm, ƒ/8 à 1/2 s, flash Speedlight SB-900.



LORS D'UNE RANDONNÉE AVEC MON AMI
Charlie Borland, nous avons décidé de prendre une photo du campement avec le flash sans fil. Le flash a été placé à l'intérieur de la tente, avec le zoom réglé manuellement à un angle de couverture très large. Il était de plus équipé d'un diffuseur grand-angulaire afin de répartir la lumière tout autour de la tente. Pour que l'éclair soit constant d'une prise de vue à une autre, le flash a été mis en mode Manuel, à 1/4 de sa puissance, ce qui a permis de diaphragmer à ƒ/8. Mon idée était de prendre toutes les vues à cette ouverture, mais chaque fois à une vitesse d'obturation différente. Les montagnes, les personnages et le feu de camp seraient ainsi plus ou moins sombres tandis que la tente serait toujours illuminée de la même manière par le flash. Photo par Charlie Borland.

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Canon 20D, zoom 70-200 mm à 200 mm, 200 ISO, ƒ/8 à 1/4 s, flash Canon 580EX II.



PENDANT DES ANNÉES, J'AI ADORÉ PHOTOGRAPHIER avec deux flashes de studio White Lightning Ultra 1200 placés l'un au fond d'une boîte à lumière, orienté vers le haut, l'autre fixé sur un support d'éclairage pointé vers le bas. Entre eux se trouvait une plaque de Plexiglas laiteuse carrée de 1,20 m de côté et 3 mm d'épaisseur sur laquelle je disposais de nombreux objets, comme des fleurs ou des tranches de fruit et de légume (voir photo ci-dessus). Mais une telle installation est à la fois encombrante et onéreuse.

Un jour, j'ai eu une révélation. J'ai couvert l'intérieur d'une boîte en carton de taille moyenne avec du papier à dessin blanc, bricolant ainsi une boîte à lumière. J'ai placé un flash portable au fond, pointé vers le haut. Sur le dessus, j'ai déposé la plaque de Plexiglas et placé un autre flash fixé sur un support d'éclairage, à environ 60 cm au-dessus du sujet (page opposée, en haut à gauche). J'ai obtenu ainsi une version plus compacte de l'ancienne installation à base de flashes de studio et de la grande plaque. Une télécommande sans fil est ici indispensable pour que les flashes se déclenchent simultanément. Comme celui qui est situé dans la boîte à lumière est occulté, une liaison par radio comme le PocketWizard est indispensable.

Pour commencer, réglez les deux flashes à la même puissance, au maximum. Assurez-vous aussi que pour la distance, chacun des flashes indique la même ouverture ; ƒ/8 est parfait comme valeur de départ. N'oubliez pas que le flash dans la boîte illumine le sujet à travers la plaque de Plexiglas laiteuse de 3 mm d'épaisseur. C'est pourquoi, ne placez pas de diffuseur sur le flash car la plaque en tient lieu. Choisissez ensuite une vitesse de synchronisation de 1/125 s, ou 1/200 s ou 1/250 s, placez une fleur ou un petit objet sur la plaque et prenez la photo.

Vérifiez le résultat. Le but est d'obtenir une image sans ombre, bien exposée par-devant et par-derrière, sur fond blanc comme si les objets étaient en suspension. Beaucoup de sujets sembleront luire à cause de l'intensité du contre-jour. Vous devrez peut-être réduire la puissance de l'un des flashes pour mieux travailler la lumière. Il est plus facile de la changer sur le flash extérieur.

Pour la photo ci-contre, j'ai effeuillé des fleurs, disposé les fleurs et les pétales sur le Plexiglas et fermé à ƒ/11. Les éléments semblent léviter. Les deux éclairages produisent un excellent contraste. Pour les trois tulipes (page opposée, en haut à droite), j'ai utilisé les mêmes réglages. Comme vous le constatez, les deux installations produisent les mêmes résultats.
Pratique du flash en photographie
Pratique du flash en photographie
Pratique du flash en photographie

Pratique du flash en photographie

Toutes les photos : Objectif 105 mm, 200 ISO, ƒ/11 à 1/125 s.

Gélatines, diffuseurs et snoots



UNE GÉLATINE POURPRE
fut suffisante pour transformer un premier plan quelque peu gênant en premier plan fort. Près du Marina Hotel et du casino, à Singapour, une passerelle pour piétons franchit la baie. Sa structure métallique chromée peut être exploitée pour cadrer de manière originale le panorama urbain qui s'étend au loin, mais à la nuit tombante (page opposée) ces parties du pont sont souvent gâchées par quelques traînées lumineuses éparses formées par la réflexion des feux des véhicules. Des reflets sont généralement ternes, peu colorés et pauvres en contraste. L'illumination de la structure de la passerelle avec un flash recouvert d'une gélatine pourpre rehausse son intérêt et fait contraster ses masses avec les lignes du paysage urbain.

La pratique du flash en photographie

La pratique du flash en photographie

Les deux photos : Zoom 16-35 mm, 200 ISO, ƒ/11 à 3 secondes. Ci-dessus : Avec le flash Speedlight SB-900 recouvert d'une gélatine pourpre.


Dans ce livre, vous avez déjà vu plusieurs photos dans lesquelles la lumière blanche de l'éclair a été réchauffée pour simuler la lumière oblique du soleil levant ou couchant. Une feuille de gélatine de couleur ambre placée directement contre la fenêtre du flash produit une lumière beaucoup plus chaude. L'effet est le même qu'utiliser un filtre de correction de la couleur en lumière ambiante : il modifie la température de couleur de la lumière transmise par l'objectif, en absorbant ou en ajoutant certains rayonnements.

La gélatine ambre sert à corriger la lumière en intérieur lorsque l'éclairage est à incandescence ou halogène. Conventionnellement, elle devrait être utilisée avec la balance des blancs réglée sur Incandescence ou Tungstène. La température de couleur de l'éclair est ainsi identique à celle de la lumière qui règne dans la pièce et, grâce à la correction de la balance des blancs, les photos ne présentent aucune dominante de couleur.

De même, quand vous placez sur le flash la gélatine vert clair livrée avec le Nikon Speedlight SB-900 et que vous sélectionnez la balance des blancs Fluorescent, vous préservez la fidélité des couleurs dans un environnement éclairé par des tubes fluorescents, comme les bureaux. Grâce au filtre vert clair, la température de couleur de l'éclair du flash est la même que celle des tubes, et en choisissant la balance des blancs Fluorescent, vous éliminez l'horrible dominante de couleur verte sur les photos.

Les gélatines colorées autorisent des effets intéressants à condition de ne pas en abuser. Certes, j'utilise fréquemment la gélatine ambre, mais rarement les autres, et ce n'est pas faute d'en avoir. Elles existent en effet en plus de 250 couleurs, dans les nuances les plus subtiles. C'est plus qu'il n'en faut.

Vous trouverez ces filtres en gélatine dans les boutiques de photo professionnelles. Ils sont vendus par feuilles de différentes tailles. Le site www.gelatine-photo.com propose un kit de 55 gélatines différentes au format 4 × 8 cm, qui couvrent la fenêtre de la plupart des flashes. Vous pouvez aussi vous limiter à l'achat des seuls filtres qui vous intéressent, une solution peu onéreuse. Une autre option consiste à acheter des feuilles en grand format (25 × 25 cm par exemple) – elles sont principalement destinées aux flashes de studio à grand réflecteur en forme de bol – et les découper aux mesures de votre flash.

Une gélatine peut être fixée avec du ruban adhésif. Assurez-vous cependant que de la lumière ne filtre pas entre la tête du flash et la gélatine. Veillez aussi à ce que le ruban ne recouvre pas, par inadvertance, un capteur ou un détecteur, ce qui pourrait fausser le fonctionnement du flash.

Une gélatine se décolore au fil du temps et lorsqu'elle est souvent utilisée, et donc exposée fréquemment à l'intense lumière du flash, vous devrez la changer de temps en temps.

Si vous deviez n'acheter qu'une seule gélatine, ce serait la gélatine ambre. Elle est très appréciée parce qu'elle produit une belle coloration chaude de la peau, très flatteuse. Elle donne de belles teintes et renforce un bronzage. Les photographes de mode et de charme s'en servent volontiers.

Il existe bien d'autres modificateurs de lumière susceptibles de filtrer l'éclair et d'améliorer le modelé du sujet. Les diffuseurs sont bien connus et adoucissent efficacement la lumière. Ce sont souvent de simples capuchons translucides. Clippés sur la tête du flash, ils dispersent la lumière en la tamisant, rendant les ombres portées moins dures. À l'instar des gélatines, les diffuseurs provoquent une perte de lumière, de l'ordre de 1 IL pour un flash comme le mien.

Contrairement au diffuseur qui adoucit et disperse la lumière, le snoot est une sorte de coupe-flux qui concentre l'éclair. Il se présente sous la forme d'un cylindre ou d'un cône attaché à la tête du flash. La lumière forme une tache lumineuse ronde ou rectangulaire très intense.


QUAND NOUS NOUS SOMMES ARRÊTÉS
dans un parking près de la plage, à Tampa Bay, j'ai proposé à l'un des stagiaires de revenir à la nuit tombée pour photographier l'un des nombreux parcmètres au flash. D'après son expression, il était clair qu'il ne comprenait pas l'intérêt de ce projet. En quoi un vieux parcmètre rouillé pouvait-il être intéressant de nuit ?

Je lui promis simplement qu'il en jugerait par lui-même après avoir pris la photo. De retour au parking, j'ai fixé un snoot à un flash destiné à éclairer le premier plan, qui fut pointé vers le parcmètre. J'aurais pu zoomer avec le flash afin que le faisceau de l'éclair soit aussi étroit que possible et n'éclairer qu'une partie du parcmètre. À l'arrière-plan, mon assistant tenait un autre flash à bout de bras, orienté vers notre modèle allongé dans l'herbe. Selon la distance flash-sujet, l'ouverture de ce flash devait être à ƒ/8. J'ai ensuite réduit la puissance du flash de premier plan afin que l'ouverture requise soit la même que celle du flash pour l'arrière-plan, soit ƒ/8.

Ce n'était pas compliqué. Il ne restait plus qu'à fixer l'appareil photo sur le trépied – afin que la stabilité, le cadrage et la mise au point soient rigoureux – et diaphragmer à ƒ/8. Comme il n'y avait pas d'éclairage ambiant à préserver, la vitesse d'obturation n'avait aucune importance.

Partique du flash en photographie

Partique du flash en photographie

Nikon D300, zoom 35-70 mm à 35 mm, 200 ISO, ƒ/8 à 1/125 s, flash Speedlight SB-900.



TRANSFORMER LE JOUR EN NUIT
est possible et facile grâce à un judicieux dosage du flash et de la lumière ambiante. Je voulais ainsi créer une composition suggérant la peur. Or, qu'est-ce qui peut susciter le plus ce sentiment chez une jeune femme que l'impression d'être suivie tard dans la nuit en quittant un bar ? Dans sa course pour échapper à son poursuivant, elle trébuche et son sac à main se déverse sur le trottoir. Mais comment réaliser cette scène inquiétante en plein jour ? Réponse : avec un flash, une gélatine bleue et une forte sous-exposition.

Cette mise en scène a été faite à 15 heures, contre un mur orienté vers l'est afin que le soleil se trouve de l'autre côté de l'immeuble et soit donc invisible. Le modèle s'est mis à quatre pattes sur le trottoir avec le contenu de son sac à main (à droite) éparpillé autour d'elle. Deux flashes furent utilisés, reliés chacun sans fil à un télédéclencheur PocketWizard. L'un recouvert d'une gélatine bleue était tenu au-dessus de la tête du modèle. Il simulait la lueur bleutée de l'enseigne d'une boîte de nuit. Le second flash, dépourvu de gélatine, était tenu à l'arrière d'un modèle masculin ayant pris une posture agressive, à droite ci-dessous.

Comme les flashes étaient à des distances différentes de leurs sujets respectifs, il fallait réduire la puissance du flash à proximité de la jeune femme afin d'égaliser son éclairement avec celui du flash pour l'homme, un peu plus distant. Les deux flashes étaient réglés pour une bonne exposition à ƒ/16. À cette ouverture, l'exposition pour la lumière ambiante était de 1/15 s. Mais pour obtenir l'effet nocturne, j'ai choisi 1/250 s, c'est-à-dire une sous-exposition de 4 IL. L'atmosphère devient très sombre (page opposée) ; le jour est devenu la nuit.

Partique du flash en photographie

Partique du flash en photographie

Partique du flash en photographie

Page opposée : Nikon D300S, zoom 12-24 mm à 20 mm, 200 ISO, ƒ/16 à 1/250 s, deux flashes Speedlight SB-900.



APRÈS AVOIR COMMENCÉ TRÈS TÔT les prises de vue et avoir passé plusieurs heures dans les champs de lavande en Provence, mes stagiaires et moi, nous avons fait une pause-café à Puimoisson. Tout le monde s'était installé au comptoir, impatient de se faire servir le « petit noir » matinal. Accoudé à une extrémité du comptoir, je remarquai l'extrême contraste entre l'intérieur assez sombre du café où se trouvait Dennis, l'un des stagiaires, et la rue inondée de lumière de l'autre côté de la devanture. J'expliquai alors à plusieurs stagiaires combien il était facile de mêler la lumière de l'extérieur avec celle du « soleil portable ».

Comme je voulais du détail dans la rue, au-delà de Dennis, j'ai diaphragmé à ƒ/16. Le flash ne devait éclairer que Dennis, de face. J'ai décidé de le déclencher à travers un petit diffuseur qui répartirait la lumière (ci-dessus). Le flash réglé à ƒ/16, la distance requise était de 2,75 m. Mais l'expérience m'avait appris que le diffuseur absorberait environ 1 IL. Pour compenser cette perte, j'ai rapproché le flash de Dennis de la moitié de la distance, à 1,5 m environ.

L'objectif fermé à ƒ/16, j'ai mesuré la lumière à l'extérieur en pointant simplement l'appareil photo dans cette direction, à travers la grande devanture du bar. Le posemètre indiqua 1/160 s. Mais sans le flash, Dennis aurait été réduit à une silhouette. En revanche, avec le flash, le diaphragme à ƒ/16 et la vitesse d'obturation restée à 1/60 s, j'ai obtenu un plaisant portrait de Dennis apparemment ravi de déguster son « petit noir ».

Pratique du flash en photographie

Pratique du flash en photographie

Zoom 70-300 mm, ƒ/16 à 1/160 s, flash Speedlight SB-900.



POUR LA VUE DE CETTE MOSQUÉE, l'un de mes stagiaires a eu l'excellente idée de la cadrer avec quelques fleurs au premier plan, en utilisant le super grand-angulaire pour donner de la profondeur et de la perspective. Il estimait qu'il suffisait d'attendre quelques minutes que le soleil soit un peu plus haut dans le ciel, derrière lui, afin qu'il éclaire à la fois la mosquée et le massif de fleurs. C'était une idée séduisante, mais je lui ai fait remarquer qu'à ce moment, sa propre ombre serait projetée dans le champ de visée. Je lui ai donc plutôt suggéré d'utiliser le flash, et cela bien avant que le soleil soit monté trop haut.

La photo ci-dessus montre la scène prise sans le flash, avant que le soleil n'éclaire les fleurs. Mais grâce à notre petit soleil miniature (le flash), la vision du stagiaire a été immédiatement réalisable. Le diaphragme a été fermé à ƒ/22 afin d'obtenir une profondeur de champ maximale et, à cette ouverture, le flash indiqua une distance flash-sujet de 1,6 m. Mais ce réglage supposait que le flash serait utilisé « nu », sans gélatine ni diffuseur. Or, nous avions prévu d'utiliser un petit diffuseur pour adoucir la lumière. Comme il fait perdre 1 IL, il fallait rapprocher le flash presque à mi-distance du sujet, c'est-à-dire à environ 80 cm.

Dans le viseur, la vitesse d'obturation était de 1/60 s à ƒ/22, pour la lumière du matin renvoyée par la mosquée. Donc, tant que le flash serait à 80 cm des fleurs, le restant de l'image éclairé par la lumière naturelle serait correctement exposé. La photo fut prise, le flash tenu en hauteur et incliné à 45°. Le soleil miniature fit bien son travail, sans aucun problème d'ombre. Deux minutes plus tard, le soleil – le vrai – aurait projeté nos propres ombres sur les fleurs.

Pratique du flash en photographie

Pratique du flash en photographie

Les deux photos : Nikon D300, zoom 12-24 mm à 12 mm, 200 ISO, ƒ/22 à 1/60 s. À droite : Avec le flash Speedlight SB-900.



J'AVAIS DEMANDÉ À MON MODÈLE, Tyler, de se placer contre un mur orienté vers le sud, à Tampa. Mon assistant Dave m'a aidé à le transformer en sombre et mystérieux personnage à l'aide d'un flash et d'un snoot. À 6 m de Tyler et avec le zoom 70-300 mm utilisé à main levée, j'ai cadré son visage très serré. Comme vous le voyez à gauche, Dave est tout près de Tyler, tenant le flash et le snoot recouvert d'une gélatine ambre à environ 20 cm de son visage. À cause de cette proximité, la puissance du flash fut considérablement réduite. À 1/64e de sa puissance, il était possible de photographier à ƒ/11 à 30 cm du visage. Le flash était plus près, mais comme il était recouvert d'une gélatine ambre qui absorberait 1 IL, j'ai conservé le flash à 1/64e.

Il ne restait plus qu'à régler l'exposition pour la lumière ambiante. L'objectif fermé à ƒ/11, je me suis contenté de régler la vitesse jusqu'à ce que 1/60 s corresponde à une sous-exposition de 1 IL du visage de Tyler. Pourquoi cette sous-exposition ? Parce que la lumière concentrée par le snoot devait être prise en compte, et que la sous-exposition de 1 IL allait dans ce sens.

Pratique du flash en photographie

Pratique du flash en photographie

Pratique du flash en photographie

Page opposée : Zoom 70-300 mm à 300 mm, ƒ/11 à 1/60 s, flash Speedlight SB-900.



PETER KASTNER, LE MAÎTRE AUTRICHIEN de la basse (à droite), commença sa carrière de rocker à l'âge de 16 ans. L'Autriche lui parut rapidement trop étriquée et il est allé tenter sa chance aux États-Unis. Peter est véritablement un amoureux de la musique, surtout de la guitare basse. Après avoir repéré une ruelle près de Venice Beach, j'ai remarqué un mur rouge avec un personnage de gargouille qui était susceptible de former un arrière-plan parfait pour un portrait de Peter. Pendant qu'il est allé chercher sa guitare dans sa voiture, j'ai demandé à Ray Mitchell, qui fut entre autres le guitariste de Donna Summer, de prendre la place de Peter, le temps de régler les éclairages et de prendre quelques photos de test (ci-dessus).

Deux flashes ont été utilisés. Celui de gauche, fixé sur un support, éclaire le mur et la gargouille. L'éclairage principal, déporté à droite, est directement pointé vers le sujet. Des diffuseurs ont été placés sur les deux flashes ainsi que des gélatines ambre. Comme je voulais que le fond soit un peu « enveloppé » tandis que Peter serait net, j'ai diaphragmé à ƒ/5.6 et reporté cette valeur sur le flash proche. Il indiqua que pour la distance flash-sujet de 1,2 m, il fallait réduire la puissance à 1/32e. Pour le flash d'arrière-plan à 1,50 m du sujet, la puissance devait être de 1/16e. J'ai mesuré la lumière ambiante qui, à ƒ/5.6, exigeait un temps de pose de 1/15 s. Pour renforcer l'atmosphère de la scène, j'ai sous-exposé de 1,3 IL (soit ƒ/5.6 à 1/40 s). Comme vous le voyez, la partie du mur qui n'est pas éclairée par le flash donne une certaine atmosphère à l'ensemble de la vue.

Partique du flash en photographie

Partique du flash en photographie

ƒ/5.6 à 1/40 s, deux flashes Speedlight SB-900.


Cet article est tiré de l'ouvrage
Pratique du flash en photographie
de Bryan Peterson paru aux éditions Pearson France.

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Bryan Peterson
 
Bryan Peterson est un photographe professionnel et un formateur internationalement reconnu qui partage son temps entre les États-Unis et la France. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la photographie numérique.

 
Pratique du flash en photographie

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Understanding flash photography
First published in 2011 by Amphoto Books, an imprint of the Crown Publishing Group, a division of Random House, Inc.,
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ISBN : 978-0-8174-3956-9

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