Cet article est tiré de l'ouvrage
La couleur en photographie
de Thierry Dehesdin
paru aux éditions Pearson France.

Chapitre 8 : Le grand soleil

Voir la Table des matière complète.

- Faire exploser les couleurs
- La couleur en fonction de l'heure
- Le contre jour, l'ombre et la couleur

- Le filtre polarisant

- Les couleurs du matin et du soir

La couleur en photographie

Faire exploser les couleurs

Si votre sujet n'est pas dans l'ombre ou à contre-jour, c'est avec la lumière du soleil que la fidélité, l'éclat, la saturation et la luminosité des couleurs seront à leur apogée.

Opposer les couleurs

Si elles sont pures et intenses, elles vont donner l'impression de s'entrechoquer. Un grand soleil, c'est le temps idéal pour les photographes qui aiment les couleurs denses et saturées. Au cadrage, on pourra les utiliser pour en faire le sujet de la photographie. On cherchera alors à simplifier la représentation visuelle et à jouer sur leur opposition pour exploiter au mieux leur contraste et leur saturation. C'est leur confrontation qui va devenir le sujet de l'image, plus que les volumes ou les matières. Les enseignes commerciales et leurs couleurs claquantes sont souvent un excellent sujet pour ce type d'image. En argentique, la pellicule qui régnait de façon incontestée sur ce type d'image était la Kodachrome 25 aux couleurs chaudes et saturées et au grain extrêmement fin mettant en valeur les aplats de couleur.

La couleur en photographie
USA – Washington – 2007 – Nikon D200 –55 mm – 100 ISO – ƒ/10 – 1/350 s

Avec cette lumière, vous pouvez vous fier à la cellule de votre appareil même si, dans l'expérience sensible, les surfaces blanches qui réfléchissent fortement la lumière sont éblouissantes. L'exposition en mode automatique, influencée par la luminosité des surfaces les plus claires, va naturellement sous-exposer légèrement les couleurs renforçant encore un peu plus leur saturation et leur densité. La seule chose qu'il convient d'éviter, en vous déplaçant jusqu'à ce que le phénomène disparaisse, c'est la réflexion directe du soleil, par un effet miroir, sur une vitre ou une surface métallique.

Utiliser le bleu du ciel pour composer une image

Avec le soleil situé dans le dos ou de trois quarts par rapport au photographe, le rendu de la reproduction photographique est très proche de l'expérience sensible. Avec un grand soleil, le ciel est généralement d'un bleu profond et ne demande qu'à devenir un des éléments-clés de l'image. On peut l'exploiter pour :

• faire éclater la couleur pour donner de la vigueur à une image ;

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France – La Défense – 2006 – Nikon D2x – 55 mm – 200 ISO – ƒ/6.3 – 1/1250 s

• créer une opposition de couleurs avec le sujet de la photographie pour le mettre en valeur ;

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France – Issy-les-Moulineaux – Diapositive 24 × 36 (argentique)

La couleur en fonction de l'heure

Lorsqu'on bénéficie d'un grand soleil, l'élément le plus important de la prise de vue, c'est l'orientation du soleil par rapport au sujet et donc l'instant de la prise de vue. Le soleil se lève et se couche chaque jour à une heure différente et son trajet dans le ciel se modifie. Si l'on voulait être puriste, et à supposer que les conditions météo soient identiques, on ne pourrait réaliser la même image les jours de grand soleil que deux fois par an.

Les couleurs manquent de nuances et de subtilités, le soleil est au zénith

Lorsque le soleil est à la verticale, le photographe est souvent à la peine. Les couleurs sont rendues fidèlement car la lumière est blanche, mais elles manquent de nuances et de profondeur. Dans le langage populaire, on va parler d'un soleil de plomb et c'est effectivement l'atmosphère que l'on retrouve sur les photos. Les ombres très denses sont trop courtes pour donner du relief à la scène photographiée. Le rendu manque de subtilité. Si le sujet est monochrome, on ne sait pas où porter le regard. C'est comme s'il n'y avait rien à découvrir dans l'image.

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Grèce – Athènes – 02/06/2003 – 13 h 30 – Nikon D70 – 300 mm – 200 ISO – ƒ/8 – 1/1000 s

Et même lorsqu'il y a des couleurs, l'image est sans atmosphère et sans âme. Les ombres portées courtes et denses ne lui donnent pas de relief et ne mettent pas en valeur les couleurs.

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Singapour – 2003 – 12 h 15 – Nikon D70 – 70 mm – 200 ISO – ƒ/9 – 1/350 s

Il existe cependant des stratégies qui permettent d'exploiter au mieux cette lumière blanche et dure. Le ciel, s'il est d'un bleu soutenu, et lorsque c'est possible la mer, peuvent être utilisés pour organiser graphiquement votre image autour de grands aplats de couleur. Cependant la couleur la plus intéressante à utiliser est bien souvent le blanc, paradoxalement. Lorsque la luminosité est forte, naturellement, le regard tend à s'écarter des surfaces blanches qui éblouissent douloureusement. Or, lorsqu'on réalise des photographies avec une lumière zénithale, on aura au contraire intérêt à rechercher et à intégrer ces zones très lumineuses dans notre composition. Sur une photo, le blanc va attirer l’œil, orienter la lecture de l'image et faire ressortir les autres couleurs.

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Grèce – Tinos – Diapositive 24 × 36 (argentique)

Formellement, le blanc et le noir ne sont pas considérés comme des couleurs. Le noir parce que c'est l'absence de couleur et le blanc parce que c'est l'addition de toutes les couleurs. Avec une lumière zénithale, le noir fonctionne comme les autres couleurs en ce sens qu'il n'apporte pas de contraste à l'image. Il ne crée pas de contraste en s'opposant aux autres couleurs.

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Grèce – Tinos – Diapositive 24 × 36 (argentique)
On pourrait croire que ce petit âne a été placé exprès à proximité du vieux moulin par l'office du tourisme de l'île de Tinos !
Malheureusement, cette photographie est une médiocre carte postale, car la lumière verticale ne fait pas vivre les couleurs.

Déboucher les ombres
L'original de cette photo est une diapositive 24 × 36 qui ne montrait aucun détail dans la robe de ce petit âne. Elle était « bouchée », c’est-à-dire qu'en raison du contraste de la lumière, elle ne laissait apparaître aucun détail dans les noirs. Lorsque je l'ai scannée pour ce livre, j'ai utilisé Photoshop pour aller chercher un peu de gris dans les poils de l'âne. Ce n'est pas suffisant pour donner à cette image le relief et le contraste dont elle manque désespérément, mais en débouchant les noirs, j'ai pu faire apparaître des dégradés et donc du relief et des détails dans le poil de ce petit âne écrasé de chaleur.

À l'inverse, le blanc va créer ce contraste avec les couleurs qui nous est refusé par la lumière zénithale : il va mettre en valeur les couleurs.

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Grèce – Tinos – Diapositive 24 × 36 (argentique)

Il est difficile de donner des règles en la matière car chaque sujet, chaque situation est différente, mais avec une lumière zénithale, vous aurez souvent intérêt à resserrer le cadre, à privilégier le détail au plan large dans la photographie de paysage.

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Grèce – Tinos – Diapositive 24 × 36 (argentique)

Lorsque l'architecture s'y prête, l'alternance de l'ombre et du soleil permet de retrouver de la subtilité dans les couleurs malgré la lumière zénithale. Le numérique offre plus de souplesse que l'argentique sur ce type de lumière en nous permettant de déboucher, si nécessaire, les noirs au post-traitement.

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Grèce – Tinos – 03/06/2003 – 12 heures – Nikon D70 – 60 mm – 200 ISO – ƒ/9 – 1/350 s

Sous nos latitudes, le soleil n'est quasiment jamais à la verticale. En particulier en hiver, le soleil est encore relativement bas sur l'horizon même en milieu de journée. Les couleurs conservent de la subtilité et du relief.

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France – Rueil-Malmaison – 18/11/2005 – 12 h 42 – Nikon D2x – 27 mm – 100 ISO – ƒ/7 – 1/800 s

C'est pourquoi l'hiver est la saison préférée par la plupart des photographes paysagistes. C'est celle où la douceur de la lumière s'associe à toute heure au modelé des couleurs lorsque le ciel est dégagé.

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France – Mont-Saint-Michel – 19/11/2005 – 11 h 39 – Nikon D2x – 100 ISO – ƒ/7.6 – 1/250 s

Si vous souhaitez réaliser des portraits, les modèles seront grimaçants en raison de la forte luminosité et il faudra impérativement les photographier à l'ombre. Nous reviendrons plus loin sur l'ombre et la couleur mais, avec le soleil au zénith, la luminosité de l'environnement est tellement forte que parfois même des sujets protégés du soleil seront dans l'obligation de plisser les yeux.

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Grèce – Andros – 24/05/2008 – 11 h 45 – Nikon D300 – 200 ISO – ƒ/8 – 1/250 s

Les couleurs et les matières sont riches et subtiles, la lumière est rasante

Le matin et le soir, lorsque le soleil est bas sur l'horizon, sa lumière rasante permet de sublimer la richesse et la subtilité des teintes, des formes et des matières. Des lieux apparemment ordinaires qui d'habitude ne retiennent pas notre attention deviennent de superbes sujets photographiques. Les images monochromes sont d'une étonnante complexité.

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France – Issy-les-Moulineaux – Diapositive 24 × 36 (argentique)

Les façades prennent des couleurs et du relief. La température de couleur, plus basse le matin et le soir, va réchauffer les couleurs. Et même le gris du béton le plus banal peut révéler un univers de teintes subtiles. La moindre aspérité dans la matière crée des ombres et de subtiles nuances colorées.

Les couleurs sont vives et révèlent un univers de nuances et de détails, invisibles en l'absence de soleil, lorsqu'il est de face ou à son zénith.

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France – Issy-les-Moulineaux – 08/06/2004 – 19 h 58 – Nikon D70 – 69 mm – 200 ISO – ƒ/4.8 – 1/90 s

Les couleurs du matin et du soir

Nous avons vu précédemment que, par beau temps, la lumière blanche à midi se réchauffait le matin et le soir lorsque le soleil était proche de l'horizon et que sa lumière était davantage filtrée par l'atmosphère. Ce phénomène naturel qui va teinter les couleurs d'une dominante jaune orangée sera accentué en présence de pollution. L'expérience sensible nous fait associer des teintes chaudes aux lumières du matin et du soir, mais en argentique, parce qu'on utilise des films équilibrés pour la lumière du jour (5 000 ou 5 500 K), les derniers rayons du soleil couchant donnent parfois aux photographies des teintes rougeoyantes, quasi surnaturelles, éloignées de l'expérience sensible qui neutralise en partie cette dominante.

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France – Paris – Diapositive 24 × 36 (argentique)

Selon que le film a été conçu pour saturer les couleurs ou non, ce phénomène est plus ou moins accentué et échappe, pour l'essentiel, au contrôle du photographe qui travaille en argentique. L'utilisation d'un film négatif couleur permet, au tirage, de corriger partiellement cette dominante, mais cette intervention après la prise de vue est très limitée parce que pour diminuer le rouge, on doit ajouter sa couleur complémentaire, le vert, et que du coup on se retrouve avec une dominante verte dans les autres couleurs qui est encore plus éloignée de l'expérience sensible. De plus, dans la mesure où les tirages ne sont généralement pas réalisés par le photographe mais par un laboratoire, c'est une intervention qui échappe à son contrôle.

Le numérique a révolutionné la reproduction des couleurs en permettant au photographe de neutraliser tout ou partie de cette dominante qui est la conséquence de la position du soleil dans le ciel. Mais cela suppose que le photographe réalise un choix à la prise de vue et/ou au post-traitement de l'image. Supprimer complètement cette atmosphère qui réchauffe les couleurs donnera un résultat plus fidèle en matière de reproduction des couleurs, mais faussera la perception de l'image. La photographie semblera avoir été prise en milieu de journée, en l'absence de cette atmosphère colorée caractéristique des petits matins et des grands soirs.

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Italie – Venise – 26/10/2006 – 16 h 05 – Nikon D70 – 180 mm – 250 ISO – ƒ/5.6 – 1/125 s
Une prise de vue réalisée avec la balance des blancs réglée en mode Automatique.

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La même image en réglant la balance des blancs en mode Lumière du jour dans le logiciel Adobe Camera Raw.
La reproduction des couleurs simule le rendu d'un film argentique.

Dans ce cas précis, la photographie réalisée en mode Lumière du jour sera sans doute préférée par une majorité de personnes, même si l'intensité de la dominante jaune orangée est associée à la reproduction photographique. Elle est plus accentuée que celle que nous percevons dans l'expérience sensible. Mais nous avons eu l'occasion de voir beaucoup de photographies argentiques réalisées le soir ou au petit matin, et cette dominante jaune orangée n'est pas choquante parce qu'elle s'inscrit dans notre culture visuelle. Nous l'identifions comme représentative de l'heure de la prise de vue et non comme une couleur « anormale ». La dominante colorée nous permet d'associer un moment de la journée à cette photo. Si on regarde les photos et les films publicitaires destinés à assurer la promotion de produits pour le petit-déjeuner, on peut d'ailleurs constater que leurs auteurs qui travaillent en studio avec des lumières normalisées vont volontairement réchauffer les couleurs de leur éclairage pour que leurs produits baignent dans cette atmosphère colorée que nous associons au lever du jour.

Attention cependant que si en argentique, le rendu colorimétrique pouvait sensiblement varier d'un film à l'autre, et ce particulièrement lorsque la lumière s'écartait de la plage des 5 000 K-6 000 K, pour un même film, quelque soit l’appareil, le rendu des couleurs était identique. En numérique le mode Balance des blancs automatique pourra donner des résultats très différents d'un appareil à l'autre, parce que l’algorithme qu’il met en œuvre est propre à chaque modèle.

Plus la température de couleur sera basse, et moins le mode automatique sera performant en ce sens qu'il ne corrigera que partiellement la dominante. Cela peut être gênant quand on travaille à la seule lueur des lampes électriques (comme nous le verrons un peu plus loin), mais lorsqu'on travaille avec la lumière du jour, c'est généralement plutôt bien accepté par les utilisateurs, parce que le rendu colorimétrique de l'image, à mi-chemin entre le rendu d'un film argentique équilibré pour la lumière du jour et celui d'une correction parfaite des dominantes, se rapproche d'une expérience sensible, dont il ne nous reste qu'un souvenir.

 
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France – Deauville – 30/08/2008 –19 h 46 – Nikon D300 – 165 mm – 200 ISO – ƒ/8 – 1/200 s
Une prise de vue réalisée avec la balance des blancs réglée en mode Automatique.

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Une prise de vue réalisée avec la balance des blancs réglée en mode Lumière du jour.
Le capteur numérique simule le rendu d'un film argentique.

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France – Issy-les-Moulineaux – Diapositive 24 × 36 (argentique)
Lorsque le soleil passe derrière l'horizon, mais qu'il continue à illuminer le ciel,
l'image devient monochrome pendant un court instant.

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Grèce – Andros – 20/05/2008 – 19 heures – Nikon D300 – 200 ISO – ƒ/6.3 – 1/160 s
Lorsque les derniers rayons du soleil disparaissent, la température de couleur chute très vite.
On bascule rapidement du jaune orangé au bleu.


La même image, reprise en mode balance des blancs Automatique dans Photoshop
pour éliminer la dominante bleue et retrouver des couleurs.

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France – Banlieue parisienne – Prise de vue sur film 4 × 5'' inversible (argentique)
Au moment où le soleil disparaît derrière l'horizon et où le ciel est encore illuminé par ses derniers rayons,
on bénéficie pendant quelques instants de couleurs très spectaculaires. À l'endroit où le soleil a disparu,
le ciel est encore rougeoyant pour quelques instants, avant de basculer dans le bleu.

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Luxembourg – 27/10/2009 – 19 heures – Nikon D300 – 1 250 ISO – ƒ/3.5 – 1/5 s
Le reste du ciel est généralement d'un bleu intense, très spectaculaire, plus visible sur la photographie
qu'à l'expérience sensible car le capteur numérique de votre appareil (tout comme le film argentique)
a une plus grande sensibilité dans l'ultraviolet que la vision humaine.

L'instant de la prise de vue est décisif pour réussir ce genre d'image. J'ai réalisé la dernière prise de vue de cette section à Venise, au moment où une exposition correcte des façades, éclairées par les seuls lampadaires de la ville, me permettait d'obtenir ce bleu soutenu dans le ciel. Si la photo avait été réalisée quelques minutes plus tôt avec la même exposition, le bleu du ciel aurait été beaucoup moins saturé et, quelques minutes plus tard, il aurait été noir. J'aurais sans doute pu retrouver cette densité en jouant sur l'exposition, mais dans ce cas c'est celle des façades qui n'aurait plus été satisfaisante.

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Italie – Venise – 27/10/2010 – 18 h 50 – Nikon D300 – 27 mm – 200 ISO – ƒ/8 – 5 s

Le contre-jour, l'ombre et la couleur

Un grand soleil suppose des ombres profondes et éventuellement que le sujet que l'on souhaite photographier soit à contre-jour. La difficulté technique est double. D'une part, il y a une limite à l'écart que le film ou le capteur sont capables de reproduire entre les valeurs les plus claires et les valeurs les plus sombres de la scène que l'on souhaite photographier, et d'autre part lorsque le soleil est face à l'objectif ou que la luminosité générale de la scène est très élevée, les couleurs sont désaturées à l’extrême et les contrastes disparaissent.

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Italie – Venise – 29/10/2006 – 10 h 45 – Nikon D70 – 180 mm – 200 ISO – ƒ/5.6 – 1/500 s

Pour que votre appareil photo puisse reproduire convenablement l'intégralité de ces valeurs, il faut que la dynamique de son capteur (celle que son capteur est capable d'enregistrer) soit au moins égale à celle de la scène photographiée. Si ce n'est pas le cas, vous devrez faire un choix et supprimer des informations dans les hautes ou dans les basses lumières en privilégiant à l'exposition les zones les plus claires ou les zones les plus sombres de la scène.

L'ombre et la couleur


Comme nous venons de le mentionner, les jours de grand soleil, une scène qui présente simultanément des zones frappées directement par la lumière solaire et des zones ombragées a une dynamique supérieure à ce que le film ou le capteur numérique sont capables de reproduire. Il faut donc faire un choix : exposer pour les ombres ou pour les hautes lumières. Si vous exposez pour les ombres, les couleurs et les détails vont disparaître dans les hautes lumières ; si vous exposez pour les plages plus lumineuses, les couleurs et les détails vont disparaître dans les ombres.

Exposer pour les hautes lumières, c'est faire disparaître les couleurs dans les ombres
En raison de la dynamique très forte des lumières les jours de grand soleil, selon que l'on expose pour les hautes lumières ou pour les ombres, on va donc faire apparaître ou disparaître des couleurs. Si on expose pour les hautes lumières, on va faire disparaître les couleurs dans les ombres. Le rendu photographique se rapproche de l’expérience sensible. Lorsque nous observons une scène très lumineuse, la pupille de notre œil se contracte pour lutter contre l’éblouissement et laisser passer moins de lumière. Nos cellules photo réceptrices en forme de cônes perdent leur sensibilité aux couleurs dans les ombres parce que ces dernières ne sont plus assez lumineuses.

L’œil est attiré par les zones les plus claires de l'image. Si votre image se compose de deux blocs compacts où l'ombre et la lumière s'opposent, vous prêterez moins d'attention aux informations qui sont dans l'ombre. À moins que ce ne soit un effet que l'on souhaite obtenir, il vaut mieux avoir un cadrage qui fragmente les hautes lumières.

La couleur en photographie
USA – New York – 12/10/2008 – 17 h 55 – Nikon D300 – 27 mm – 200 ISO – ƒ/5.6 – 1/125 s
Dans cette photo d'un jardin public de New York, l'ombre très dense met en valeur les taches
de couleur de la végétation qui répondent aux taches de lumière sur le sol.

La couleur en photographie
USA – New York – 12/10/2008 – 19 h 07 –Nikon D300 – 145 mm – 200 ISO – ƒ/9 – 1/320 s
J'aime cette autre photo de New York bien que le sol, en pleine lumière et d'un intérêt limité, soit très présent.
Elle reflète bien à mes yeux l'atmosphère de cette ville caractérisée par un contraste très violent entre l'ombre projetée
par les tours et la luminosité des jours de grand soleil. Les ombres ne sont pas « tuées » parce que la fumée éclairée à contre-jour,
l'enseigne lumineuse et la découpe par le soleil des personnages facilitent la transition visuelle entre l'ombre et la lumière.

Exposer pour les basses lumières, c'est faire apparaître les couleurs dans les ombres
Dans ce cas, contrairement à votre œil, votre appareil photo sera capable d’enregistrer des informations colorées dans les ombres, Mais comme pour ce faire, vous allez devoir surexposer les hautes lumières, vous perdrez les détails et les couleurs des zones les plus claires de votre image. Tous les sujets ne se prêtent pas à cet exercice. En règle générale, il faut penser votre cadrage de façon à ce que les surfaces à l'ombre dominent largement les surfaces au soleil.

La couleur en photographie
Italie – Venise – 26/10/2006 – 14 h 13 – Nikon D70 – 55 mm – 200 ISO – ƒ/5.6 – 1/500 s
On ne peut se fier à la cellule pour obtenir une exposition conforme à ce rendu. J'ai surexposé cette image
de 2 diaphragmes à la prise de vue parce que la cellule était éblouie par les réflexions sur l'eau
et j'ai remonté les noirs dans Adobe Camera Raw parce que mon image était très désaturée.

Pour obtenir un résultat satisfaisant esthétiquement et éviter de « piéger » la cellule, il faut cadrer de façon à ce que, si le sujet est dans l'ombre, l'arrière-plan le soit également.

La couleur en photographie
France – Issy-les-Moulineaux – 11/03/2007 – 12 h 35 – Nikon D200 – 300 mm – 200 ISO –ƒ/5.6 – 1/40 s
Pour ce prologue du Paris-Nice qui s'est déroulé en 2007 à Issy-les-Moulineaux, j'avais cherché, avant
que la course ne débute, un emplacement qui me permettrait de photographier les cyclistes dans un virage.
Je savais qu'ils seraient dans l'ombre, mais en choisissant pour arrière-plan un immeuble qui était également
situé dans l'ombre, je savais que je pourrais réaliser une image mettant en valeur les couleurs de leurs tenues.

Comme un grand nombre de photographes, j’apprécie tout particulièrement ces fins de journée ensoleillées où la température de couleur réchauffe les ombres. La situation n’est plus qu’un prétexte, c’est la couleur de la lumière et l’atmosphère qu’elle crée qui deviennent le sujet de la photographie.

Utiliser l'ombre pour réaliser des portraits

Réaliser des portraits les jours de grand soleil suppose que l'on se soucie du confort de ses modèles. Certaines images nous font ressentir presque physiquement la douleur éprouvée par des personnes photographiées face au soleil. Il faudra donc ne pas considérer uniquement la lumière qui baigne le modèle et l'arrière-plan, mais aussi ce qui lui fait face. Même lorsque votre modèle est dans l'ombre, s'il fait face à un mur blanc situé en plein soleil, la luminosité le fera grimacer. Inversement, s'il n'est pas face au soleil, le contre-jour n'est pas une obligation, pourvu qu'il ne soit pas ébloui. On peut alors utiliser la lumière directe pour saturer les couleurs. L'enfant de la photographie suivante, réalisée le matin, fait face à des cabines de bain et à une petite colline qui sont encore dans l'ombre.

La couleur en photographie
France – Trégastel – Diapositive 24 × 36 (argentique)

Lorsque la luminosité est très forte, il est préférable de se réfugier dans l'ombre. Cependant, la température de couleur de la lumière est plus froide, plus bleue, dans les ombres, alors que l'on associe traditionnellement les portraits à des lumières chaudes. Cette dominante caractéristique de la photographie dans les ombres en argentique

La couleur en photographie
USA – New York – 12/10/2008 – 13 h 49 – Nikon D300 – 300 mm – 200 ISO – ƒ/5.6 – 1/50 s

Lorsqu'on place ses modèles à contre-jour, le fond est parfois très sombre. L'utilisation de la lumière du contre-jour sur des personnages permet de découper leurs silhouettes pour les détacher du fond et les mettre en valeur.

La couleur en photographie
France – Boulogne Billancourt – Diapositive 24 × 36 (argentique)

Exploiter le contre-jour

Lorsqu'on est à contre-jour, les couleurs des sujets situés dans les ombres disparaissent. On réalise en quelque sorte des images en noir & blanc (même si on est en couleur). Dans ce cas, comme lorsque l’on travaille en noir & blanc, il ne faut pas hésiter à aller chercher des compositions très graphiques.

La couleur en photographie
France – Paris – 26/01/2007 – 10 h 10 – Nikon D300 – 110 mm – 200 ISO – ƒ/10 – 1/400 s

Pour conserver des couleurs, on peut jouer sur les transparences et les réflexions indirectes de la lumière. Cela suppose une attention particulière au moment du cadrage, car la vision directe est éblouie par la lumière. Ce n'est qu'au travers du viseur de l'appareil, en réalisant son cadre, et grâce au pare-soleil monté sur l'objectif, que l'on pourra identifier ces endroits qui gardent leurs couleurs.

La couleur en photographie
France – Paris – 26/01/2007 – 10 h 30 – Nikon D300 – 35 mm – 200 ISO – ƒ/10 – 1/400 s

Lorsque l'image s'y prête, il ne faut pas hésiter à jouer des contre-jours les plus violents. La dynamique réduite de l'appareil devient alors un outil créatif.

La couleur en photographie
France – Rueil-Malmaison – 03/09/2005 – 19 h 40 – Nikon D70 – 35 mm – 200 ISO – ƒ/6.7 – 1/180 s
Les noirs très denses qui dominent dans cette image font vibrer le feuillage et découpent la silhouette du pêcheur.
Si j'avais modifié l'exposition pour avoir plus de détails dans les zones les plus sombres, mon image serait devenue molle et fade.
Si j'avais débouché les ombres au post-traitement de mon fichier Raw, elle aurait perdu tout son « jus ».

La photographie directe du soleil est à éviter. Ce n'est que lorsqu'il se lève et qu'il se couche, en raison de l'épaisseur de la couche atmosphérique qui va alors filtrer ses rayons, que la dynamique de la prise de vue sera compatible avec les performances de votre appareil. On va donc souvent cadrer de façon à le dissimuler derrière un bâtiment ou un élément végétal pour retrouver quelques couleurs.

La couleur en photographie
Italie – Venise – 26/10/2006 – 16 h 21 – Nikon D70 – 55 mm – 200 ISO – ƒ/6.7 – 1/180 s

Le format Raw est, à mes yeux, incontournable pour ce type d'image. L'exposition est un compromis entre les hautes et les basses lumières. Le post-traitement, devant un écran, permet d'affiner la densité et l'amplitude des noirs qui fera le mieux ressortir les couleurs.

La couleur en photographie
USA – Washington – 19/10/2008 – 17 h 37 – Nikon D300 – 120 mm – 400 ISO – ƒ/7.1 – 1/200 s

La couleur en photographie
Luxembourg – 27/10/2009 – 17 h 45 – Nikon D300 – 300 mm – 400 ISO – ƒ/8 – 1/250 s
En utilisant simultanément le contre-jour, les lumières chaudes de la fin de journée et la lumière rasante,
on peut transfigurer des espaces a priori peu photogéniques.

Le contre-jour subi

Lorsque le contre-jour n'est pas choisi mais subi, le meilleur conseil que je puisse vous donner, c'est de revenir lorsque l'orientation du soleil sera favorable...

La couleur en photographie
USA – New York – 16/05/2010 – 16 h 26 – Nikon D300 – 15 mm – 200 ISO – ƒ/9 – 1/320 s

À la fin du printemps ou au début de l'été, la course du soleil est très étendue et même les façades orientées vers le nord bénéficient souvent en tout début ou en toute fin de journée d'une bonne exposition. Malheureusement, on ne choisit pas toujours la saison de ses prises de vue. Lorsque le site que l'on souhaite photographier est toujours à contre-jour, il faut réaliser ses photos au lever ou au coucher du soleil, pendant les quelques minutes où il est suffisamment haut sur l'horizon pour que le ciel éclaire le sujet, et suffisamment bas pour ne pas désaturer les couleurs de l'ombre. C'est le moment où le ciel est suffisamment lumineux pour éclairer la façade, et suffisamment sombre pour que la dynamique de la prise de vue reste compatible avec les propriétés du capteur.

La couleur en photographie
France – Issy-les-Moulineaux – Diapositive 24 × 36 (argentique)
Cette photographie a été prise presque trop tard. Le soleil est déjà un peu trop haut, si l'on considère l'image suivante.
Le contraste général est de ce fait beaucoup plus faible et les couleurs sont désaturées. Mais c'est aussi ce qui en fait le charme.
Elle restitue l’atmosphère des petits matins des belles journées en donnant une grande douceur à ce paysage industriel.

Cet instant n'est pas forcément facile à identifier avec précision lorsqu'on manque de pratique. Dans l'expérience sensible, on a du mal à évaluer la luminosité du ciel. Les premières fois, pour éduquer votre regard, il sera préférable de poser votre appareil sur un pied et de réaliser des images jusqu'à la tombée de la nuit ou jusqu’au lever du jour. En l'absence de nuages, l'instant où l'on va passer d'un équilibre parfait entre la luminosité du ciel et l'éclairage du sujet, et tomber dans l'ambiance caractéristique d'une photo de nuit, est très bref. C'est d'ailleurs aussi une affaire de choix esthétique. On peut vouloir révéler les couleurs, tout en respectant l’atmosphère du contre-jour comme dans la photographie précédente, ou au contraire réaliser une image lorsque le soleil est plus bas, comme dans la photographie suivante, dans une approche plus fidèle de la réalité des couleurs.

La couleur en photographie
France – Issy-les-Moulineaux – 20/09/2010 – 20 heures – Nikon D300 – 21 mm – 200 ISO – ƒ/11 – 0,3 sec
Il est très difficile de faire le blanc à la prise de vue sur ce genre d'image. Le paysage est éclairé par le ciel, et la teinte
du ciel n'est pas uniforme au lever et au coucher du soleil. En faisant le blanc sur le bâtiment dans mon logiciel,
la chaussée est montée en magenta. Aucun algorithme ne peut deviner si, ce qui est important pour moi en matière
de fidélité des couleurs dans cette photographie, c'est la route ou bien le bâtiment.

Parce que le paysage est éclairé par le ciel et non plus par le soleil, les ombres disparaissent. Ce n'est donc pas uniquement une astuce pour photographier un bâtiment exposé au nord, mais également une lumière qui donne une grande lisibilité aux éléments architecturaux, quelle que soit leur orientation par rapport au soleil.

Le grand soleil, les caprices de la météo et la photographie en couleur


Parfois, à la fin d'une journée pluvieuse, pendant un instant fugitif, le soleil réussit à percer la couche des nuages. C'est souvent en début ou en fin de journée, lorsque le soleil est en dessous de la couche des nuages. L'éclat des couleurs chaudes et vives est rehaussé par l'obscurcissement du ciel dans une atmosphère de fin du monde.

La couleur en photographie
France – Deauville – 31/08/2008 – 19 h 13 – Nikon D300 – 120 mm – 200 ISO – ƒ/7.1 – 1/200 s

Point n'est besoin d'avoir une sensibilité développée aux couleurs pour assister au spectacle que la nature nous offre à cet instant. Mais c'est le moment où, généralement, on se fait le reproche de ne pas toujours avoir son appareil photographique avec soi...

En dehors de ces moments exceptionnels, l'association du soleil à un ciel sombre justifie amplement de longues heures d'attente. La densité du ciel donne une présence particulière aux couleurs. Cela n'a rien à voir avec la technique, mais tout avec la chance et surtout la patience. La lecture du bulletin météo est toujours insuffisante. La mention « ciel couvert avec de brèves éclaircies » ne nous dit jamais si ces éclaircies laisseront passer les rayons du soleil, ou bien s'il s'agira simplement de quelques trouées de ciel bleu.

La couleur en photographie
France – Issy-les-Moulineaux – 17/09/2005 –16 h 30 – Nikon D2x – 70 mm – 200 ISO – ƒ/10 – 1/400 s

Le filtre polarisant

La plupart des filtres que l'on utilisait en argentique n'ont plus guère d'utilité en numérique. En particulier, tous ceux qui nous permettaient d'intervenir sur la balance des couleurs sont avantageusement remplacés par un traitement numérique. Seuls les filtres gris neutre (destinés à réduire la quantité de lumière qui pénètre dans l'appareil pour pouvoir augmenter l'exposition ou sélectionner un diaphragme plus ouvert) et les filtres polarisants nous permettent de réaliser à la prise de vue des effets que l'on ne peut maîtriser numériquement.

On utilise un filtre polarisant pour assombrir les ciels bleus des jours de grand soleil et éliminer des reflets lumineux sur des surfaces non métalliques. Son action ne modifie pas la température de couleur de la lumière.

La lumière est un phénomène vibratoire. Les vibrations ont lieu dans un plan perpendiculaire à son axe de propagation. Cette vibration se fait dans tous les sens. Dans certaines conditions, lorsqu'elle est réfléchie par exemple par une surface brillante, elle ne vibre plus que dans un seul sens. Elle est polarisée. Un filtre polarisant est constitué de cristaux microscopiques qui vont polariser la lumière en ne la laissant vibrer que dans un seul sens. Si l'axe de polarisation de notre filtre est à 90° par rapport à l'axe de vibration d'une lumière qui a déjà été polarisée et qui donc ne vibre plus que dans un seul sens, il va couper son rayonnement lumineux. Le reflet disparait.

Si la lumière n'est pas polarisée, son effet visuel sera nul quelle que soit son orientation.

L'expérience sensible ne permet pas de distinguer une lumière polarisée d'une lumière non polarisée.

Assombrir le ciel bleu des jours de grand soleil

Lorsque le soleil n'est pas dissimulé par des nuages, les molécules en suspension dans l’atmosphère (qui sont aussi responsables de la couleur bleue du ciel) polarisent partiellement la lumière du ciel. Il s'agit en fait d'une bande de ciel bleu situé à 90° par rapport à l'emplacement du photographe d'une part, et du soleil de l'autre. L'effet du filtre dépend donc du temps (si le soleil est voilé, le ciel n'est pas polarisé et le filtre est sans effet) et de l'emplacement du sujet et du photographe par rapport au soleil. On ne laisse généralement pas le filtre polarisant monté à demeure sur un objectif, parce qu'il absorbe de 1,5 à 2 diaphragmes de luminosité. Le plus simple, c'est de faire des essais en présentant le filtre devant votre œil, lorsque la scène que vous souhaitez photographier semble se prêter à l'exercice.

La couleur en photographie
Grèce – Tinos – 2011 – Nikon D300 – 70 mm – 200 ISO – ƒ/9 – 1/320 s
Ces deux photographies ont été réalisées en laissant le filtre monté sur l'objectif. L'effet est plus ou moins prononcé
selon l'orientation du filtre. Je l'ai tourné de façon à ce que la polarisation de la lumière soit à son minimum
dans un cas et à son maximum dans l'autre. Seul le ciel est transformé par l’action de mon filtre, parce
que la lumière réfléchie par le clocher de cette petite chapelle, n’est pas polarisée.

Cette densité que l'on donne au ciel, poussée à l’extrême comme dans l'image ci-dessus, peut sembler peu naturelle. L'effet sera plus ou moins prononcé selon l'orientation que l'on donnera au filtre en le faisant tourner.

La couleur en photographie
Grèce – Tinos – 2011 – Nikon D300 – 80 mm – 200 ISO – ƒ/8 – 1/250 s
Le filtre polarisant a été tourné de façon à ce que son effet soit nul sur le ciel. Cette photo a été réalisée à 12 h 25 avec
une lumière zénithale qui ne laisse apparaître aucun relief. Le blanc du pont supérieur du bateau ne donne aucun contraste à mon
image parce qu'il se confond avec le ciel qui est très lumineux.

La couleur en photographie
Grèce – Tinos – 2011 – Nikon D300 – 80 mm – 200 ISO – ƒ/8 – 1/250 s
Dans cette image, au contraire, j'ai polarisé simultanément le ciel et la mer. La mer est devenue verte parce que la polarisation a éliminé en partie la réflexion bleutée du ciel. Le ciel et la mer ne sont pas dans le même axe de polarisation.
C’est-à-dire que, pour que l'effet soit à son maximum, le filtre ne doit pas être tourné tout à fait dans le même angle.
J'ai privilégié la polarisation du ciel pour détacher le bateau. J’aurais pu obtenir une mer encore plus verte,
mais au détriment de la densité du bleu du ciel. Les nuages et le bateau ne sont pas affectés par l’action
de mon polarisant parce que la lumière qu’ils réfléchissent n’est pas polarisée.

Supprimer les reflets qui désaturent les couleurs


Le filtre polarisant permet d'éliminer en partie les reflets pour saturer les couleurs. L'effet sera à son maximum si l'appareil est à 30-35° par rapport à la surface que l'on souhaite polariser. Les surfaces métalliques ne polarisent pas la lumière.

La couleur en photographie
Grèce – Tinos – 2011 – Nikon D300 – 33 mm – 200 ISO – ƒ/5.6 – 1/125 s

La couleur en photographie
Grèce – Tinos – 2011 – Nikon D300 – 33 mm – 200 ISO – ƒ/5.6 – 1/125 s
Les reflets sur les vitres n'ont bénéficié que partiellement de l'action du polarisant parce qu'ils ne sont pas
dans le même axe de polarisation que la carrosserie.

En éliminant la réflexion blanche, le filtre polarisant a saturé le rouge selon le principe de la photo où il avait rendu sa couleur verte à la mer en supprimant le reflet bleu du ciel. Mais ce que l'on voit dans le viseur au travers de ce filtre n'est pas ce que l'on perçoit dans l'expérience sensible. La mer est-elle verte ou bleue ? J'utilise assez peu ce filtre, mais plus pour des raisons pratiques que pour des raisons esthétiques. Si on l'utilise avec un objectif peu lumineux, son effet est très difficile à apprécier dans le viseur qu'il assombrit considérablement. Pour apprécier ses effets, faites-le tourner devant votre œil, avant de le monter sur votre objectif.
Mes lunettes de soleil

Pour protéger ma vue, j'utilise des lunettes de soleil à verres polarisants non teintés (pour éviter de modifier ma perception des couleurs). L'utilité d'un filtre polarisant étant limitée par l'orientation du soleil, du sujet et de l'observateur, j'utilise mes lunettes en les faisant tourner devant mon œil pour me rendre compte de son éventuel intérêt.


Cet article est tiré de l'ouvrage
La couleur en photographie de Thierry Dehesdin  paru aux éditions Pearson France.

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Thierry Dehesdin
 
Thierry Dehesdin est photographe indépendant depuis 1981. Photographe publicitaire et industriel, il travaille pour des entreprises et des agences de publicité, en reportage comme en studio. Son travail a été exposé à plusieurs reprises, notamment au Musée Français de la Carte à Jouer.
Docteur en sociologie, il a également enseigné aux Gobelins et il enseigne aujourd'hui la photographie à l'Ecole de journalisme de Science Po.
Sur son site, www.dehesdin.com, il présente principalement son travail personnel. Sur son blog consacré à la photographie, blog.dehesdin.com, il met en ligne un support de cours destiné à ses étudiants, mais accessible à tous les internautes. Il collabore régulièrement avec le site www.photographie.com.
 
La couleur en photographie

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