Prise en main

J'ai testé le JVC HM100 à l'occasion d'un reportage au ministère des Finances. Le caméscope s'est révélé idéal pour ce type de production où il faut être mobile et discret. Tourner dans une salle de 600 personnes face à des intervenants oblige le caméraman à filmer à genoux et en contre-plongée pour ne pas gêner le public et les caméras officielles. Dans ce contexte, on apprécie de n'avoir à porter qu'une caméra de 1,4 kilos.

La poignée supérieure est d'un grand recours. Elle permet de porter la caméra, mais aussi de la stabiliser sur son genou tout en contrôlant l'image avec l'écran qui est assez large (7 cm). Le viseur est particulièrement volumineux. Rétractable et orientable, son oeilleton isole totalement des lumières ambiantes. En revanche sa qualité d'affichage est moyenne et pose quelques difficultés pour la mise au point ce qui est gênant en HD. Ce défaut est heureusement compensé par la fonction d'aide à la mise au point qui bascule l'image en monochrome et affiche un contour coloré sur tous les objets ou visages nets. Son activation s'effectue directement sur le boîtier grâce à un bouton situé à l'arrière. Ce procédé est déjà déployé sur les caméscopes Sony XDCAM EX, mais à un prix nettement plus élevé...

Le focus manuel, lui, s'active via un interrupteur sur le flanc de la caméra et s'effectue par une bague à l'infini non graduée.

Face du GY-HM100

La finition du boîtier est en plastique et magnésium. L'ensemble inspire la robustesse grâce à un revêtement satiné de bonne facture.

La batterie fournie (BN-VF823U) permet de filmer environ deux heures ce qui est pas mal. Son autonomie peut être vérifiée avec le caméscope d'une simple pression d'un bouton. La batterie se loge à l'arrière de l'appareil.

Dos du GY-HM100

Qualité d'image

Le GY-HM100 est basé sur une architecture triCCD de seulement 1/4 de pouce. Avec une si petite taille de capteur (6 mm) il ne faut pas s'attendre à des miracles en faible lumière. Toutefois, le HM100 ne s'en sort pas si mal grâce à un gain débrayable sur 7 paliers jusqu'à 18 dB, chacun pouvant être assigné au bouton L/M/H (faible, moyen, élevé) présent sur le flanc. À côté, le commutateur de la balance des blancs active également trois niveaux de température : 1 personnelle + 2 prédéfinies. Le HM100 dispose aussi d'une fonction Zebra pouGrand-angle GL-V0746Ur hachurer les zones "cramées" de l'image et d'un filtre à densité neutre pour atténuer les scènes surexposées.

L'objectif Fujinon dispose d'une focale grand-angle de seulement 39 mm en équivalent 24x36 ce qui est étroit. JVC propose néanmoins un complément optique grand-angle 0,7x en option (Réf : GL-V0746U) vendu 249 euros. Idem pour le zoom 10x dont le rapport peut être augmenté avec un téléobjectif 1,8x (Réf : GL-V1846U). 

La force du HM100 est la variété des paramètres d'enregistrement :
- Définitions : 1920x1080, 1440x1080, 1280x720 pixels
- Standard TV : Pal ou NTSC
- Balayage (en Pal) : 50i, 25p, 50p (uniquement en 720p)
- Formats d'encapsulage : MP4 ou MOV.
- Débits : HQ 35 Mbits en 1920x1080, SP 25 Mbits en 1440x1080 et 19 Mbits en 1280x720.

Le choix du format MP4 ou MOV est très important, car il ouvre le HM100 à la post-production sur PC et Mac. Les monteurs sur Premiere, Edius ou Vegas choisiront par exemple le MP4 et les utilisateurs de Final Cut tourneront en MOV (le format de QuickTime).

Dans le menu, le choix du format d'enregistrement (à gauche) et le choix de la définition.
Menu format GY-HM100 Menu définitions GY-HM100


Ici, nul besoin de préconvertir ses rushes comme on le ferait avec le Panasonic AG-HMC71 qui filme en AVCHD (format difficilement géré au montage). Ici, les fichiers MP4/MOV du HM100 sont "prêts à monter" grâce à un encodage en MPeg-2 Long GOP très souple à manipuler sur une timeline. De plus, la vidéo bénéficie d'un remarquable débit de 35 MBps qui garantit un excellent piqué d'image en FullHD.

Ce débit important implique toutefois d'utiliser des cartes SDHC de classe 6 minimum. Le HM100 possède d'ailleurs deux lecteurs SD situés sur la tranche inférieure, protégés par un clapet. Une diode s'allume lorsqu'une carte est à l'intérieur. Dès que la carte du slot A est pleine, l'enregistrement bascule automatiquement sur le slot B sans perte d'images. Sur ce point, le JVC GY-HM100 offre une bien meilleure souplesse que le Panasonic AG-HMC41 qui ne possède qu'un seul slot SD. De plus, contrairement aux cartes SxS des caméscopes Sony XDCAM EX, la SDHC est plus répandue, peu coûteuse, compacte et facilement lisible sur un PC. A prendre en compte lors de l'achat.

Voici un tableau dressant l'autonomie d'enregistrement selon la carte SDHC et la définition choisies :

Durées d'enregistrement selon la capacité de la carte SDHC.

Vous pouvez bien sûr visionner instantanément les clips pendant le tournage sans risquer de rompre le timecode puisque l'enregistrement n'est pas linéaire comme sur une cassette. Chaque clip peut être supprimé ou copier sur l'autre carte. Une façon de faire votre dérushage en direct.

L'affichage des informations sur l'écran et la liste des clips.
Display GY-HM100 Clips GY-HM100

En lecture, l'écran affiche le format d'enregistrement du clip (encapsulage, balayage et définition) et la durée restante de la batterie par de simples briques. En tournage, l'écran indique aussi le temps d'enregistrement restant sur la carte avec un clignotement rouge pour les 2 dernières minutes.

Côté gauche du GY-HM100

Récupération des clips en post-production

Le transfert des clips sur un ordinateur s'effectue de deux manières :
- par câble USB
- en insérant la carte SDHC dans votre PC (ou Mac)

Les fichiers MP4/MOV peuvent être importés directement dans le chutier de votre logiciel de montage. Pour ce test, j'ai utilisé Edius Pro 5 de Canopus qui acceptait sans problème les clips MP4. Toutefois, la carte SDHC n'est pas automatiquement détectée par le logiciel comme le serait une carte SxS de Sony. Il faut donc importer les clips en allant les chercher avec l'explorateur de périphérique. La carte contient un dossier JVC qui contient lui-même un dossier BPAV qui contient à son tour un dossier CLPR contenant tous les dossiers de clip. C'est ce dernier qu'il faudra sélectionner avant de déclencher l'importation des vidéos.

Importation des clips MP4 dans Edius Pro 5

Audio
Bloc audio du GY-HM100Le HM100 est fourni avec un bloc de branchement XLR monté sur la poignée. Celui-ci se visse sur le caméscope et un câble DIN permet de le relier électroniquement à la caméra. Un micro omnidirectionnel muni d'un câble XLR est également fourni sachant que le caméscope intègre déjà un micro stéréo à l'avant. Les deux micros ne peuvent toutefois pas fonctionner en même temps.

Des commutateurs sur le bloc XLR permettent de sélectionner le canal d'enregistrement (INPUT 1 / INPUT 2) et le niveau audio. Pour contrôler le son, on dispose d'une sortie casque mini-jack. Enfin, chose rare, le HM100 possède une entrée micro mini-jack. Le HM100 peut ainsi recevoir aussi bien un micro "pro" en XLR qu'un micro "grand public".

Démonstration en  vidéo
Le reportage ci-dessous a été filmé avec le GY-HM100. Le format d'enregistrement était du MP4 en 1920x1080 (50i) à 35 Mbps. Le son a été enregistré avec le micro XLR fourni. J'étais situé à environ 5 mètres des intervenants qui parlent au pupitre. Le montage a été effectué sous Edius Pro 5. Le micro nétant pas très sensible et monidirectionnel, il a fallu remonter le niveau.

Contact Vie privée, Cookies Conditions Générales d'Utilisation