C'est lors d'une promenade dominicale que nous sommes passés devant cette toute petite boutique, rue Vaugirard, non loin du jardin du Luxembourg. Dans la vitrine, des vieux objets, un antiquaire comme un autre au premier coup d’œil. En y regardant de plus près, nous avons découvert une véritable caverne d'Alibaba remplie d'appareils photo datant du début du siècle ! Ni une ni deux, rendez-vous est pris avec le propriétaire des lieux pour qu'il nous présente sa collection.

Sébastien Lemagen nous ouvre les portes de son univers, une minuscule boutique dans laquelle s'entassent des montagnes d'appareils photo, de caméras, de livres, de stéréoscopes, de photographies ou des outils scientifiques. On ose à peine bouger de peur de briser quelque chose !

Focus Numérique : Comment prend-on la décision d'ouvrir une galerie spécialisée dans les objets photographiques anciens ?

J'ai une formation de photographe. J'ai commencé par travailler dans une agence de presse spécialisée dans les clichés anciens qui s'appelait AGIP, les concurrents de Keystone. Le hasard des choses, l'amour des objets anciens qui m'ont poussé à me lancer dans cette aventure. J'ai eu la chance, dès le départ, de trouver des pièces très rares.

Focus Numérique : Mais comment faites-vous pour dénicher vos raretés ?

Autrefois, il était possible de trouver les objets en brocantes. De nos jours, vous pouvez vous promener en brocante, vous ne trouvez presque plus d'appareils de ce type. Je travaille principalement avec un réseau de collectionneurs internationaux. Mon expérience fait que désormais beaucoup de pièces passent naturellement par chez moi. Je n'ai pas beaucoup de concurrents et ils s'intéressent  en majorité au appareils des années 50-60. Moi je suis spécialisé dans les débuts de la photographie, les procédés anciens du XIXe siècle ou du tout début du XXe siècle. Les principaux collectionneurs sont français, anglais et allemands. Je surveille aussi beaucoup les salles des ventes. Les collections finissent toujours pas changer de mains.

Focus Numérique : Vous arrivez à trouver encore des "nouveautés" dans les appareils anciens ?

J'apprends encore tous les jours et je découvre encore des appareils qui m'étaient jusque-là inconnus même en étant très spécialisé dans ce domaine. Lorsque je tombe sur un objet inconnu, je commence par rechercher les brevets si j'ai un minimum d'informations. Avec l'expérience, la fabrication des objets me donne aussi pas mal d'informations pour pouvoir dater un objet et même parfois de retrouver un fabricant : un verni d'objectif par exemple.

Focus Numérique : Qui sont vos clients ?


Dans ma clientèle j'ai des collectionneurs, mais cela peut être aussi simplement des gens qui s'intéressent à un bel objet. J'observe maintenant un phénomène intéressant. Beaucoup de personnes sont intéressées pour acquérir des objectifs anciens en laiton (Hermagis, Darlot, Chevalier, Angénieux, Kilfitt, Kinoptik)  afin de les utiliser sur des appareils numériques. Ces objectifs ont un rendu que l'on ne retrouve pas avec des objectifs modernes.
objectif darlotobjectif hermagis
Objectif Darlot 150 mm f/3,6 de 1870 - Objectif Hermagis de 1900

il y a aussi une mode des procédés anciens. J'ai de jeunes photographes qui cherchent des chambres en bois afin de relancer les procédés et les manières d'usages anciens. On peut trouver une chambre capable de faire du 18x24 pour 300 ou 400 Euros.

Focus Numérique : Vous auriez des objets emblématiques à nous montrer ?

Vous avez le premier type d'appareil photo qu'on appelle une chambre à tiroirs. C'est ce qu'il y a de plus ancien, vers 1840. Il n'y avait pas soufflet. C'était simplement deux tiroirs l'un dans l'autre que l'on avançait ou reculait pour faire la mise au point. L'appareil de Daguerre ressemblait à ça !

chambre à tiroirschambre à tiroirs

chambre à tiroirschambre à tiroirs
Chambre à tiroir demi plaque de l’époque collodion.
Elle est dotée d’un objectif à portait signé Lerebours & Secretan.


Ceci est le premier "polaroid". Vous avez la petite boîte en bois avec l'objectif et le châssis. la particularité de cet appareil est que la chimie se versait directement dans l'appareil à l'aide d'un entonnoir et d'un petit trou pour développer sur place. Cette boîte date de 1860 ! Elle vaut entre 10 000 € et 12 000 € car elle est complète avec tous les accessoires d'origine. C'est ce qui fait la rareté.

boîte photographique

boîte photographique

boîte photographique boîte photographique
Le Photographe de poche Dubroni. France. 1860. Rare coffret Dubroni N°2, complet. Fabriquant français G.J Bourdin. Toutes ses bouteilles avec bouchons d’origine, pipettes, châssis à tirer les épreuves, boîte à plaques, rare support en bois pour poser l’appareil sur un bougeoir. 2 objectifs Dubroni. État d’origine exceptionnel. Plus de renseignements sur demande.


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