Les vacances approchent à grand pas. Et qui dit vacances, dit voyage. Pas forcément loin. Mais il est parfois difficile de se rappeler exactement où on a pris une photo. Pour la recherche d'une image, la géolocalisation est également très pratique. Il est souvent difficile de se souvenir en qu'elle année vous avez visité la Grèce ou l'Italie, mais vous savez que vous vous y êtes rendu. Une recherche avec Italie en mot clé et "boom" voici toutes vos image

Or entre les services de cartographie disponibles sur de plus en plus de sites web comme Flickr ou Picasa (pour ne nommer qu'eux), et la profusion de GPS sur les étagères de nos revendeurs devrait rendre la chose plus aisée. Reste à savoir comment marier les deux, surtout quand on n'a pas un boîtier doté d'un GPS. Si vous avez un compact équipé en GPS, il vous suffira d'activer la fonction dans votre appareil pour profiter de la géolocalisation de vos cartes. 


Mais si votre compact n'en a pas, ou si vous êtes chaussés en reflex ou en hybride... alors vous pourrez être intéressés par la suite. 

Le module cartographique de Flickr

Pour répondre à ces besoins de géolocalisation, de plus en plus d'applications de gestion d'image gèrent à présent la cartographie. C'est le cas de Lightroom 4, qui localise automatiquement les photos sur une carte si les EXIF contiennent des coordonnées GPS. Et si ce n'est pas le cas, le programme accepte l'import de relevés d'itinéraires fournis par des trackers.  



Une fonction bien utile dans notre cas. Mais qui souffre de deux petit défauts: 

- on peut effectivement importer des itinéraires, mais uniquement au format GPX (le plus répandu heureusement), ce qui barre la route à d'autres formats comme les NMEA, PLT, Sony LOG, etc. 
  • En conséquence, une première précaution s'impose: si vous optez pour le tracker (logiciel ou matériel), vérifiez d'abord quel format de fichier il génère. 
  •  
- il semble que l'on ne puisse pas automatiquement synchroniser les images et les trajets... on pourra le faire à la main, image par image, sans trop de soucis: il suffit de prendre une photo, de regarder à quelle heure elle a été prise, et de lui faire suivre le trajet imprimé sur la carte, ce qui fait surgir un petit popup affichant l'heure à laquelle on était à cet endroit. Il suffit de trouver la bonne heure, pour retrouver l'endroit. 
Méthode assez simple, mais vite rébarbative si on cherche à géolocaliser plusieurs dizaines de clichés. 

Pour la suite de l'article nous avons donc choisi de passer par une solution plus souple, et gratuite: l'excellent freeware GeoSetter

Pour y voir plus clair dans les différentes solutions de géolocalisation, nous avons essayé trois solutions:

- le GPS pour boîtier (en l'occurrence, le Nikon GP-1)
- un tracker GPS couplé à un utilitaire de synchronisation (GeoSetter)
- un "simple" smartphone couplé à un utilitaire de synchronisation (GeoSetter).

Premier essai - le GPS pour reflex: Nikon GP-1



C'est souvent le premier réflexe pour qui veut géolocaliser des images: puiser dans la gamme d'accessoires de son fabricant de boîtier est assez facile. Mais souvent cher. A l'image de notre GP-1: un "vieux" modèle déjà âgé de près de 4 ans, mais toujours vendu autour des 200€. Une somme rondelette qui nous fait attendre des performances de haut niveau. 
Commençons donc par la théorie et l'usage. 
Le GP-1 est dépourvu d'alimentation propre, et vient puiser son courant sur la batterie du boîtier. En fonction du boîtier, on le branchera sur le connecteur adéquat: la prise 10 broches de la télécommande pour les boîtiers "pro" (D300 et supérieurs), prise accessoire pour les boîtiers "grand public". Les deux câbles nécessaires sont compris dans le bundle du GP-1. 
Sur le GPS on trouvera une prise pour télécommande MC-DC2, de sorte qu'on pourra utiliser les deux accessoires simultanément. C'est bien pensé. 
Le montage proprement dit se fera soit sur la griffe du flash, soit sur la sangle puisque Nikon fournit également un dispositif permettant de l'y accrocher. Intéressant, bien que dans les deux cas on déplore un câble d'alimentation bien trop long, sauf à régler la sangle d'épaule à son plus long.

Vitesse et sensibilité

Première utilisation, premier démarrage. Et première douche froide: le GPS est très lent à capter un signal optimal. Lorsqu'il a moins de 3 satellites, il clignote en rouge. A trois satellites il clignote en vert (et géolocalise déjà les clichés, mais avec une précision moindre). A plus de 3 satellites il s'allume en vert constant et est au maximum de sa précision. 
Le premier démarrage est donc assez pénible... et peut facilement demander une bonne vingtaine de minutes pour arriver au bout du processus. En théorie les allumages suivants seront plus rapides si on utilise son GP-1 au même endroit. La fiche technique du produit indique pourtant un redémarrage en 45s... dans la pratique et en environnement urbain, nous en sommes tout le temps restés très loin. Il nous est arrivés de marcher plus de 30 minutes en ville, cernés de grands immeubles, sans jamais recevoir de signal. 
Au départ, on a donc l'impression de toujours attendre le vert... Pour la suite des évènements, le GPS propose deux scénarios d'usage distincts. 

Le premier consiste à simplement brancher le GPS et à utiliser l'appareil photo comme on le ferait d'habitude. Mais les boîtiers se mettent rapidement en veille, et lorsqu'ils le font, coupent l'alimentation du GPS, qui perd au passage le signal des satellites. Le GPS se réveille lorsque l'on presse sur le déclencheur pour faire une mise au point. Il faut alors attendre une petite dizaine de secondes pour que le signal soit accroché à nouveau, et que les photos soient géolocalisées. C'est bien entendu trop long pour la plupart des cas. Le sujet éphémère n'attendra pas que le voyant du GP-1 passe au vert pour vous faire plaisir. Dans ce genre de cas on peut facilement passer une demi-journée à déambuler sans que le moindre cliché ne profite du GPS. Horripilant. 

Le second est plus intéressant: on peut indiquer au menu de l'appareil de ne jamais se mettre en pause lorsque le GPS est connecté. Le boîtier maintenant l'alimentation électrique en permanence, le GPS reste tout le temps alimenté, et positionné. On peut donc photographier n'importe quoi n'importe quand, et profiter du positionnement. Mais le revers de la médaille, c'est la batterie qui se vide comme une baudruche percée. Si, en utilisation "touristique" modérée on arrive à tenir plusieurs jours sur une charge de batterie (sans enregistrer de vidéos), l'usage du boîtier alimenté en permanence peut voir l'autonomie passer largement sous la barre de la journée, y compris sans avoir mitraillé à outrance. Il faudra alors prévoir l'accu de rechange si on prévoit de longues ballades. Mais au moins, le positionnement est bien préservé.

Sensibilité et précision

Une fois le signal accroché, le positionnement est fait de manière convenable. Attention toutefois à l'extrême manque de sensibilité du capteur: dans un train, le long de grands immeubles, dans de trop petites rues, il arrive souvent que le signal soit perdu. 
Lorsqu'il a le signal, le GP-1 assure un positionnement parfois très précis... et parfois moins. Après quelques dizaines de clichés au GPS, la précision moyenne constatée oscille autour de la dizaine de mètres. Pas de surprise, c'est conforme à ce qu'affiche la fiche technique du produit. Mais on aurait pu en attendre un peu plus. La capture d'écran ci-dessous est assez parlante. Toutes les photos positionnées sur la carte ont été faites le même jour. Une petite pause dans un café, le long d'un canal... un bel espace à ciel ouvert. Toutes les photos ont été faites depuis la même table. On peut voir que la plupart des repères oranges indiquent que la table semble avoir pas mal voyagé, terminant même au milieu canal a plusieurs reprises. En soi, ce n'est pas bien grave. Une position approximative suffira à pas mal de personnes. Mais si vous cherchez la précision métrique... c'est un problème. D'autant que l'exercice ne présente pas de grande difficulté, le récepteur GPS étant parfaitement immobile, et à ciel ouvert. Sur la capture ci-dessous, seule une image est parfaitement bien positionnée. 


En résumé:

Vous l'aurez bien compris, notre GP-1 est très loin de nous avoir séduit. A cause de son âge, certainement, qui le rend bien moins sexy que des solutions plus récentes. Mais il nous permet de mieux cerner à quoi il faudra faire attention pour qui veut absolument un GPS de boîtier.
Le GP-1 n'est guère pratique, en grande partie à cause de son câblage, de sa lenteur, de sa sensibilité toute relative, et de sa voracité électrique. Bien entendu, le prix demandé pour un tel gadget n'aide pas à arrondir les angles.  
Il est intéressant de noter que les hybrides, ou tout boîtier disposant d'une griffe multi-accessoires permet de contourner le problème ergonomique du câblage puisque la griffe permet d'alimenter électriquement le module, et de faire passer les données à inscrire dans les EXIF. Pratique, mais il reste souvent le défaut majeur de l'alimentation électrique partagée. 

AVANTAGES INCONVENIENTS
- Inscrit les coordonnées directement dans l'EXIF - Cher
  - Peu sensible et peu précis
  - Puise beaucoup sur la batterie du boîtier

 Second essai: le tracker GPS et l'utilitaire de synchronisation

La seconde alternative consiste à s'orienter vers la solution associant un tracker à un utilitaire de synchronisation des données. 
Quel matériel ? N'importe quel tracker capable de générer des fichiers exportables. Il n'y a pas de règle, ni de limite, si ce n'est celle de vos besoins en précision... et de votre budget. 
L'un des trackers les plus populaires en photo a longtemps été le Sony GPS-CS1 sorti en 2006. Depuis Sony a sorti d'autres modèles plus récents et plus performants. Mais l'idée reste la même: un dispositif assez petit, doté d'une dizaine à une quinzaine d'heure d'autonomie et d'une mémoire interne stockant plus ou moins de coordonnées GPS. Sur le vieux CS1 on pouvait tenir 10h avec une charge de pile AA et enregistrer près de 350h de parcours. Le gadget ne pesait que 55g et, avec son mousqueton, s'accrochait facilement à un passant de pantalon ou à une sangle de sacoche.


 
Le dernier modèle en date référencé sur le site de Sony est le GPS-CS3-KA, qui se trouve pour un peu moins de 100€ sur les sites de vente en ligne. 
Et si vous avez besoin de plus d'autonomie, de sensibilité, de précision... rien ne vous empêche de partir sur des GPS de randonnée bien plus onéreux (comptez entre 200 et 500€ pour les gammes outdoor de Garmin par exemple). Le plus important étant que l'appareil sache enregistrer vos parcours, et puisse exporter un fichier de parcours dans un format lisible par le logiciel de synchronisation retenu.


Ce problème de compatibilité peut être un (tout petit) problème à priori. Des utilitaires, il en existe beaucoup: Gpicsync (versions Windows, Linux et Mac), Geotagalog (Mac), RoboGEO (Windows), EasyGPS (Windows), Location stamper (Windows), GPS Photo Linker (Mac)... une liste certainement loin d'être exhaustive. 

Nous avons retenu une solution gratuite et très efficace pour systèmes Windows: GeoSetter (téléchargeable à cette adresse). Il sait se débrouiller de presque tous les formats de fichiers d'itinéraires GPS et peut ajouter automatiquement les informations de positionnement dans les EXIF des JPEG
 ou des RAW de tous les principaux constructeurs de boîtiers. Ainsi armé, sur PC, il est peu probable de tomber sur un os lié à une compatibilité hésitante. 

Le reste de la manipulation est des plus simple. On commence par récupérer le fichier d'itinéraire de son GPS. Puis on ouvre GeoSetter, on sélectionne toutes les images à géolocaliser (il est possible de procéder par lot en sélectionnant d'un coup toutes les images à positionner), et on lance l'outil de synchronisation des images avec le fichier de données GPS. Il se basera alors sur l'heure de prise de vue pour attribuer à chaque image les coordonnées adéquates. Pour une précision optimale, on aura au préalable synchronisé les heures du GPS et de son boîtier. Notez que les options de synchronisation de GeoSetter permettent de procéder à cet ajustement à posteriori. 


 
Une fois les images géolocalisées, GeoSetter les affiche positionnées sur une carte. Il est possible de vérifier de de rectifier au besoin quelques éventuelles erreurs à la main. Quand on sélectionne une image, son repère apparaît en violet sur la carte. On peut faire un cliquer-déposer sur ce repère pour le repositionner si besoin est. 



Une fois la synchronisation terminée il suffit d'enregistrer le travail. Les EXIF sont modifiés, que les images soient en RAW ou en JPEG. On peut ensuite les importer dans Lighrtoom ou tout autre programme équivalent pour les trier, ou les travailler. Une fois publiées en ligne, si le service d'hébergement possède un module de géolocalisation, les images seront correctement placées sur la carte.

En résumé: un tracker + GeoSetter

L'association du tracker et de l'utilitaire de synchronisation est extraordinairement souple. L'inconvénient numéro un étant bien entendu le prix à payer pour le récepteur GPS. Aujourd'hui tous les smartphones et de plus en plus de tablettes sont équipées de puces GPS. C'est sans doute la raison pour laquelle il est délicat de trouver des trackers bon marché et pas trop cher. Par contre si vous êtes un mordu de l'a randonnée et que vous avez déjà un équipement, vous pourrez bénéficier d'une géolocalisation aussi précise que ce que votre matériel permettra. 
Pour réaliser cette prise en mains nous avons essayé un vieux tracker Sony GPS-CS1... qui s'est avéré aussi lent au démarrage que notre Nikon GP-1. Une fois lancé toutefois, le tracker a la bonne idée de se faire oublier et de ne pas puiser sur les batteries du boîtier, ce qui est toujours une bonne chose. Toutefois aujourd'hui, on peut s'épargner quelques dizaines d'euros d'investissement et utiliser son smartphone pour faire tout aussi bien.
 
AVANTAGES INCONVENIENTS
- Potentiellement très précis (selon les performances du tracker choisi) - Potentiellement cher (achat du tracker)
 - Econome pour l'autonomie de l'appareil photo  - Les EXIF sont à synchroniser en post traitement, d'où une relative perte de temps par rapport au GPS de boîtier. 
 - Solutions de synchronisation nombreuses, multi-plateformes, et gratuites
 

Troisième essai: smartphone (ou tablette) et utilitaire de synchronisation

La troisième solution est sans doute la plus pratique. Et elle a le mérite de ne rien coûter si on a un téléphone ou une tablette équipée d'un GPS. 
La chose fonctionne indifféremment sous Android ou iOS. Pour mener les choses à bien nous avons retenu une excellente application gratuite disponible sous iOS et Android. Il s'agit de My Tracks (Mes Parcours sur les "stores" français). L'application permet d'enregistrer les déplacements lors d'une promenade, que votre appareil soit relié à Internet ou non. S'il l'est, votre parcours apparaîtra directement sur la carte. S'il ne l'est pas vous verrez votre parcours en rouge sur fond blanc. Il sera superposé à une carte dès que vous récupérerez une connexion Internet. Vous n'avez donc pas à vous en faire pour votre forfait 3G.

Comme avec le tracker GPS vu plus haut, la performance de la solution dépendra entièrement de celle de votre téléphone. Si sa puce GPS est efficace et précise, votre géolocalisation le sera tout autant. 

Le parcours enregistré par Mes Parcours sur une tablette Android

Une fois le trajet enregistré, il ne reste plus qu'à l'exporter. Mes Parcours permet de le faire de multiples manières: enregistrer sur carte SD pour récupérer le fichier GPX sur la carte SD, ou choisir de partager avec ses amis pour l'expédier par email par exemple. 

L'export des parcours propose plusieurs options

Une fois le fichier GPX récupéré, il suffit de procéder comme dans la méthode précédente: GeoSetter fera merveille, et gratuitement.

En résumé: un smartphone + GeoSetter

La méthode Mes Parcours + GeoSetter est celle qui nous a le plus convaincu. Gratuite et efficace, elle s'appuie sur les excellentes performances des puces GPS actuelles.
 
AVANTAGES INCONVENIENTS
- Potentiellement très précis (selon les performances du GPS du téléphone ou de la tablette) - Les EXIF sont à synchroniser en post traitement, d'où une relative perte de temps par rapport au GPS de boîtier. 
 - Econome pour l'autonomie de l'appareil photo   
 - Solutions de synchronisation nombreuses, multi-plateformes, et gratuites
 
 

 



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