Nikon D800 : les meilleures offres

Alors que Canon règne en maître incontesté sur le monde de la vidéo et du cinéma reflex avec le Canon 5D Mark II et les reflex à "petits capteur" comme le 7D, le 60 ou le 550D, Nikon tente de revenir sur son concurrent avec les nouveaux D4 et le D800. C'est bien sûr le D800 qui nous intéresse dans cet article, le reflex 24x36 venant directement concurrencer le récent Canon 5D Mark III pour les productions vidéo, en attendant l'arrivée de boîtiers équipés de capteurs APS-C plus facile à gérer notamment pour la profondeur de champ.

Comme Canon l'avait fait lors de la sortie du 5D Mark II avec Vincent Laforet, Nikon s'est attaché les services d'un vidéaste, en l'occurrence Sandro Miller, pour réaliser un film afin de mettre en évidence les capacités du D800.

Fiche technique

Avec le D800, Nikon propose un reflex équipé d'une prise casque et d'une entrée micro stéréo au format mini-jack (le boîtier dispose d'un micro interne mono). Un équipement désormais assez classique et similaire à ce que propose le 5D Mark III. Toutefois, le D800 dispose d'une sortie HDMI non compressée qui permet d'enregistrer le flux natif sur un enregistreur externe dans un autre format que la compression H.264 utilisé dans le mode dit "nomade" c'est-à-dire avec un enregistrement sur carte. Ainsi, avec un enregistreur Atomos Ninja, vous pouvez opter pour un format Prores 4:2:2 qui offre théoriquement plus de latitude en postproduction.

En monde nomade donc, le D800 propose un enregistrement en .MOV (H.264) assez classique que nous pouvons opposer aux formats de sortie du Canon 5D Mark III.

Nikon D800 mode vidéo Canon 5D Mark III
Menu : 1920x1080, 25 vps

fichier : .MOV (MPeg-4)
format : AVC, H.264, profil High 4.0
Image de référence : 2
profondeur des couleurs : 8 bits
sous échantillonnage couleur : 4:2:0
CABAC : oui
cadre : 24x36 ou APS-C









prise micro : oui, stéréo, minijack
sortie casque : oui
HDMI non compressée : oui
 
Menu : 1920x1080, 25 vps, IPB

fichier : .MOV (MPeg-4)
format : AVC, H.264, profil High 4.1
image de référence : 2
profondeur des couleurs : 8 bits
sous échantillonnage couleur : 4:2:0
CABAC : non
cadre : 24x36

Menu : 1920x1080, 25 vps, ALL-I (pas de GOP, AVC Intra)

fichier : .MOV (MPeg-4)
format : AVC, H.264, profil High 5.1
image de référence : 1
profondeur des couleurs : 8 bits
sous échantillonnage couleur : 4:2:0

prise micro : oui, stéréo, minijack
sortie casque : oui
HDMI non compressée : non
 

Sur le papier, les deux boîtiers sont donc assez proches et aucun ne prend réellement l'avantage sur l'autre. Ceux qui souhaitent harnacher un enregistreur externe à leur reflex apprécieront la sortie HDMI non compressée du Nikon, mais en mode autonome, de nombreux vidéastes préféreront le mode ALL-I (AVC Intra, compression spatiale) du Canon qui compresse toutes les images de manière indépendante (pas de GOP, pas de compression temporelle). Sur le D800, la possibilité de tourner soit en 24x36 soit en format APS-C est toutefois un atout indéniable. Par contre, la possibilité de filmer en 1920x1080 en 1 pour 1 (la zone de capture fait réellement 1920x1080 pixels sans sous échantillonnage) disponible sur le D4 n'est pas présente sur le D800. Certes, avec le D4 et son capteur de 16 Mpx, le facteur multiplicateur n'est que de 2,7x alors qu'il atteint 4x avec le capteur surpixelisé du D800.

Le débit des vidéos est également un peu faiblard. En mode HDTV 1080, le D800 ne dépasse pas 24 Mbit/s alors que la concurrence, le Canon 5D Mark III en tête, permet de grimper jusqu'à 40 Mbit/s avec peu ou prou les mêmes réglages. Pourquoi avoir imposé de telles limitations ?

Globalement, les performances du D800 sont donc somme toute assez "classique". Aujourd'hui, un caméscope grand public enregistre en HDTV 1080 à la cadence de 50 images pleines sans sourciller. Un format dont le D800 se révèle incapable. Il faut se contenter du mode HDTV 720p pour atteindre la cadence de 50p. Dommage. Pour les ralentis, il faudra donc se débrouiller autrement.

L'enregistrement reste sur 8 bits et l'enregistrement externe ne changera pas la donne (le flux vidéo du boîtier est également sur 8 bits). Pourquoi ne pas avoir proposé un format 10 bits qui offrirait beaucoup plus de latitude lors de l'étalonnage ? Nous avons posé la question à des ingénieurs de la marque (Yu Miyawaki et Nishi Takeshi), mais les réponses étaient pour le moins évasives.

Nikon D800 ingéniieurs vidéo
Les ingénieurs Nikon pour "répondre" à nos questions sur le mode vidéo du D800.

Nikon n'a donc pas opté pour des formats plus cinéma en proposant l'enregistrement dans un format brut par exemple (le boîtier offre la possibilité d'enregistrer des photos sur 14 bits en NEF). Dans le même ordre d'esprit pourquoi ne pas proposer de filmer directement dans un format cinéma 2K (on ne demande même pas du 4K) en 2048x1152 pixels ?

Ergonomie

Le problème des reflex - camera reste toutefois l'ergonomie des boîtiers. Sur ce plan, Nikon n'a guère fait évoluer son boîtier qui reste avant tout destiné à faire de l'image fixe. Le problème de la visée reste ainsi prépondérant. L'écran du D800 est plutôt de bonne facture : détaillé, plutôt fidèle en terme de colorimétrie. Toutefois, celui-ci reste fixe et brillant en plein soleil. Il est donc impératif de s'équiper au minimum d'une casquette voir d'une loupe. Toutefois et comme nous l'avons constaté lors de nos tests, la loupe permet de s’immerger plus facilement dans l'image sans apporter plus de précision (les pixels sont visibles). La mise au point manuelle n'est donc pas franchement facilitée. Pour les autres réglages, vous pouvez paramétrer les deux touches sur l'avant du boîtier pour régler de manière silencieuse le diaphragme par exemple. L'autofocus ponctuel est plutôt rapide, mais en mode Full Time (permanent), il a tendance à pomper un peu trop souvent pour être agréable. Côté son, le D800 propose enfin une sortie casque pour contrôler le niveau d'enregistrement sonore et une entrée stéréo au format minijack pour brancher un micro. Là aussi, ces options sont désormais monnaie courante.

Comme vous pouvez le constater sur cette vidéo, l'autofocus du D800 n'est également pas très silencieux.

Interface et assistance

Par rapport à un caméscope, un boîtier reflex n'offre pas ou peu d'assistance. L'absence la plus marquante reste un assistant pour la mise au point. Certes il est possible d'activer une loupe, mais il aurait été préférable d'avoir un système de peaking (surligagne en couleur des zones nettes) pour faciliter la mise au point pendant l'enregistrement. En outre, si un histogramme est bien disponible, nous attendons d'avoir un système de zébra ou pourquoi pas un oscilloscope pour faciliter là aussi l'exposition. Les autres reflex ne font pas mieux dans ce domaine, mais Nikon aurait du piocher dans les fonctionnalités du firmware MagicLantern (uniquement disponible pour les boîtiers Canon) pour prendre de l'avance sur la concurrence. Même les menus Nikon ne sont pas vraiment prévus pour la vidéo. Pourquoi ne pas avoir regroupé toutes les options dans un seul et même onglet ?

Gestion du bruit électronique

Nous vous proposons de comparer la gestion du bruit électronique en vidéo entre le Nikon D800 et le Canon 5D Mark III. Nous n'avons pas reçu les deux boîtiers en même temps, nous n'avons donc pas pu tourner la scène simultanément. Toutefois, les deux scènes ont été réalisées dans le même pièce, sous le même éclairage (60 lux environ). Le Nikon était équipé d'un 35 mm f/1,4 alors que le Canon d'un 50 mm f/1,8. L'exposition n'est donc pas tout à fait identique au départ (100 ISO, ouverture maximale) et varie tout au long de la vidéo (nous fermons d'un cran pour chaque valeur ISO supplémentaire afin de conserver une exposition correcte). Il est d'ailleurs intéressant de noter que malgré la différence minime d'ouverture (f/1,4 contre f/1,8), le Canon 5D Mark III est beaucoup plus sombre au départ. Vous pouvez comparer le fourmillement et le rendu des zones denses entre les deux boîtiers.

Comme vous pouvez le constater sur cette vidéo, l'autofocus du D800 n'est également pas très silencieux.

Jusqu'à 1600 ISO, les deux boîtiers ont un rendu similaire avec un bruit peu présent. Toutefois à partir de 3200 ISO, le Canon prend l'avantage avec un fourmillement plus visible sur le D800. Dans les productions vidéo, il est rare de dépasser 800 ISO. Les deux boîtiers seront donc à l'aise dans la plupart des cas, mais pour des documentaires nocturnes, le Canon 5D Mark III semble dans de bien meilleures dispositions.

Les vidéos produites par le D800 sont de bonne qualité. L'image est précise et le rendu des tonalités assez neutre avec un contraste global assez doux (le 5D a un rendu un peu plus dur avec un contraste beaucoup plus marqué). Le rolling shutter est assez limité (mais toujours un peu présent) et l'aliasing reste assez visibles.

HDMI non compressée, la panacée ?

Bien sûr, la nouveauté attendue par les cinéastes reste la sortie HDMI non compressée qu'il est possible de relier à enregistreur externe. Dans ce cas, il est possible d'enregistrer avec le maximum de qualité le flux vidéo (4:2:2). Malheureusement, les informations restent sur 8 bits (nous attendions 10 et pourquoi pas 12 bits) et apparemment, le flux est limité à de l'entrelacé avec certains enregistreurs. Ainsi, quelques tests réalisés avec l'Atomos Ninja pourtant configuré en 25p sont enregistrés en 50i...

En outre, il n'est possible d'enregistrer à la fois sur la carte et sur l'enregistreur externe. Dommage. Au final, la sortie HDMI non compressée est une bonne idée (notamment pour la retransmission en direct ou sur un plateau télé), mais elle n'est pas assez aboutie sur le D800. Les fiches HDMI sont également assez fragiles et lors de nos essais, une fiche est restée coincée dans la prise (sans toutefois l'endommager). L'enregistreur externe est une solution élégante pour les tournages disposant de moyens, mais le reporter qui souhaite voyager léger raillera cette option de sa liste et préféra sans doute s'équiper d'un bon micro plutôt que de s'embêter avec un module supplémentaire, un câble et des batteries supplémentaires.

Au final

Le Nikon D800 propose donc un mode vidéo intéressant, mais ne vient pas prendre l'avantage sur la concurrence avec un argument imparable. Certes la sortie HDMI non compressée est sans doute très intéressante dans certains cas (il faut prévoir un équipement supplémentaire), mais même Sandro Miller chargé "de la promotion de la fonction vidéo" du D800 ne l'a pas utilisée pour la réalisation de son film...
Pourquoi l'avoir limitée au 8 bits ? En mode nomade, le D800 délivre une bonne qualité d'image, mais souffre des mêmes défauts ergonomiques que les autres reflex avec notamment peu d'assistance pour la mise au point (pas de peaking) ou l'exposition (pas de zébra, pas d'oscilloscope). Sur ce plan Nikon se contente de se mettre au niveau de la concurrence.

Si Canon est sans doute limité dans ses évolutions par rapport à sa nouvelle division cinéma, Nikon aurait du prendre de l'avance en proposant un boîtier plus complet et plus riche en fonctionnalités : vidéo 50p en 1080, débit à 50 Mbits/s, enregistrement 10 bits (avec log cinéma), fichier raw, firmware dédié au mode vidéo (zébra, peaking...), enregistrement 2K cinéma (2048x1152 pixels)...
Le cinéaste en herbe équipé en optique Nikon, le D800 s'avère donc une excellente solution. Pour les autres, le choix sera d'autant plus cornélien.


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