Lors de la présentation du nouvel Olympus OM-D E-M5, nous avons pu rencontrer Toshiyuki Terada, responsable du développement des reflex numériques et des compacts à objectifs interchangeables pour lui poser quelques questions. 

Olympus Toshiyuki Terada interviewFocus Numérique : L'obturateur de l'OM-D E-M5 est beaucoup doux que les modèles Pen. Est-il possible un jour d'envisager un obturateur électronique, comme sur les Nikon 1, pour rendre le boîtier réellement silencieux ?

Toshiyuki Terada : Il est évident que l'obturateur électronique sera un jour disponible sur les compacts à objectifs interchangeables (COI). Pour réduire le bruit, nous avons déjà enlevé le miroir, mais il reste l'obturateur mécanique. Nous travaillons actuellement sur plusieurs technologies pour réaliser un obturateur électronique. Il y a le "traditionnel" rolling shutter (avec une acquisition des données ligne par ligne), mais pour l'instant cette technique est trop lente et nous devons trouver un moyen d’accélérer. Nous menons également des recherches avec les capteurs entrelacés (interlace sensor).

Les E-10/E-20 avaient déjà un obturateur électronique, mais la définition était alors de 4 ou 5 Mpx. Pour fonctionner, nous avons besoin de doubler le nombre de pixels. Ainsi pour avoir un capteur 10 Mpx, le capteur doit compter 20 Mpx, car après l'exposition nous devons stocker toutes les données dans un autre pixel sur le capteur. Tout n'est donc pas résolu pour cette technologie. Nous devons prendre en compte également le rapport signal/bruit, la dynamique et la taille des photodiodes est essentielle.
Sur l'E-M5, l'obturateur est totalement nouveau et le boîtier est scellé ce qui réduit l'impact sonore.

Focus Numérique : Vous proposer un écran Oled de qualité sur l'E-M5 qui offre des possibilités tactiles. Pourquoi, vous n'utilisez pas une technologie multipoint pour effectuer des zooms comme sur un smartphone ?

Toshiyuki Terada : La technologie est effectivement déjà là, mais nous devons encore développer cette fonctionnalité pour améliorer la fluidité des mouvements dans les images. Pour l'instant, ce n'est pas vraiment acceptable. Nous avons besoin d'un plus de temps. Sans doute sur le prochaine génération.

FN : L'une des pièces maitresses du E-M5 est naturellement son viseur électronique intégré au boîtier. Pourtant, si l'on compare le grossissement du viseur de l'OM-1 argentique original (0,9x) avec celui de la version argentique (0,58x), ce n'est pas vraiment la même chose. L'OM-1 c'est le cinémascope !

Toshiyuki Terada : Nous aimerions pouvoir proposer un viseur aussi beau que celui de l'OM argentique ! Pour l'instant, nous avons un problème de définition avec le viseur électronique. Il est tout à fait possible de mettre une loupe plus puissante pour avoir une vision plus large, mais nous verrions les pixels de l'écran. Ce n'est pas ce que nous voulons. Nous devons attendre avoir des écrans plus définis auprès de ceux qui les conçoivent.

Focus Numérique : Que pensez-vous des technologies GPS et Wi-Fi ? Vous avez un module Bluetooth en accessoire, mais pour l'instant aucune de ces technologies n'est disponible sur les Pen / OM-D.

Olympus Toshiyuki Terada interviewToshiyuki Terada : Nous sommes très intéressés par la connectivité avec les smartphones et nous pensons que c'est très important. Pour l'instant je ne peux rien vous dire concernant nos futurs projets, mais ces thèmes sont suivis de près chez nous. Le GPS est également quelque chose que nous regardons. Mais il ne suffit pas d'intégrer une puce GPS dans le boîtier, nous devons également proposer des services autour de ces données avec des applications particulières.

Focus Numérique : L'interface graphique et les menus du E-M5 sont denses et il est possible de personnaliser beaucoup de fonctions, mais il est toujours impossible d'avoir le niveau électronique et l'histogramme en même temps.

Toshiyuki Terada : Vous avez besoin de ça ? Effectivement, c'est un point que nous pouvons voir dans les prochaines versions.

Focus Numérique : Pour la mise au point manuelle, il serait également intéressant de proposer une fonction de peaking (surligne des zones nettes). Cela fonctionne très bien, notamment en vidéo. Parfois c'est plus simple à utiliser, car contrairement à la loupe, il est possible de garder l'intégralité du cadre visé.

Toshiyuki Terada : J'ai déjà entendu cette remarque ! Nous allons étudier la question.

Focus Numérique : Vous n'avez pas intégré de prise micro sur l'E-M5 et il faut toujours passer par un accessoire que l'on branche sur le griffe flash. Pourtant, si l'on veut utiliser votre nouveau flash avec LED pour filmer, il est impossible d'utiliser le micro externe. En outre, il faudrait également une sortie casque pour le retour son.
 
Toshiyuki Terada : Oui, nous avons étudié cette question pour ce boîtier. Nous préférons garder ce type d'interface pour les modèles haut de gamme. Dans notre gamme, seul le reflex E-5 dispose de cette prise. Pour nous la cible visée avec l'E-M5 n'a pas forcément besoin d'une prise micro, mais nous écoutons votre remarque. 

Focus Numérique : Allez vous proposer un SDK pour que des développeurs tiers puissent proposer des applications et notamment un pilotage distant sur ordinateur ou smartphone ?

Toshiyuki Terada : Non pour l'instant nous n'avons rien prévu dans ce sens. Je pense qu'un SDK est indispensable pour des boîtiers professionnels.

Focus Numérique : Votre nouvelle optique 12-50 mm est très intéressante (vidéo, macro), mais n'était-il pas possible d'avoir une ouverture plus généreuse au télé comme f/5,6 ou pourquoi pas f/4 ?

Olympus Toshiyuki Terada interviewToshiyuki Terada : Autrefois, l'ouverture f/5,6 était le nombre magique, car l'autofocus par corrélation de phase ne fonctionnait plus au-delà. Pour de nombreux photographes, une bonne optique ne doit pas dépasser f/5,6. Mais avec un système par détection de contraste ce n'est plus un problème. L'autre problème était la visée optique. À f/5,6, elle est relativement sombre, mais avec un viseur électronique, il est possible d'augmenter le gain pour rétablir la luminosité. Nous n'avons donc pas hésité à utiliser f/6,3 sur cette optique. Bien sûr, il reste des problèmes de profondeur de champ, mais la possibilité d'avoir une optique plus compacte était également très importante. En outre, nous avons également une ligne haut de gamme très lumineuse (45 mm f/1,8, 12 mm f/2...).

Focus Numérique : le Pen E-P1 n'avait pas de flash et c'était une erreur. L'E-M5 n'a également pas de flash, n'avez-vous pas l'impression de répéter la même erreur ? Un flash intégré, même petit, est toujours intéressant pour déboucher un contrejour.

Toshiyuki Terada : La plupart des gens souhaitent avoir un flash intégré, mais pour nous il était difficile de conserver la compacité et le design avec un flash. La zone du viseur comporte déjà des microphones, des capteurs pour la stabilisation. Nous avons donc privilégié le design de l'appareil et nous livrons un flash externe dans la boîte. L'utilisation du flash ne semble pas être une priorité pour les utilisateurs. Pour les contrejours, vous pouvez utiliser l'ajustement automatique des ombres.


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