Certes, le Sony PMW-EX3 est nettement plus volumineux qu'un caméscope de poing comme l'EX1, mais l'encombrement tient surtout au viseur latéral, énorme, qui oblige à prévoir un sac suffisamment large pour la transporter. Une crosse d'épaule en plastique souple permet de caler la caméra sur l'épaule. Cette crosse est rétractable en déverrouillant le petit loquet situé sous la caméra.

Le viseur/écranLe viseur/écran apporte un réel confort en tournage. D'une définition de 640x480 pixels, ses deux modes sont aussi pratiques l'un que l'autre. En mode viseur, l'oeilleton est totalement calé sur l'oeil ce qui renforce la stabilité d'épaule. En mode écran (il suffit de relever l'oeilleton) il est possible de filmer même en plein soleil puisque l'écran est cloisonné par un cadre faisant office de pare-soleil.  Le mode écran est particulièrement propice au plan mobile (suivre quelqu'un qui marche) ou en contre-plongée puisque l'on tient la caméra par la poignée. La vidéo ci-dessous contient un plan filmé de cette manière.

Trois boutons situés derrière le viseur permettent de régler le contraste, la luminosité et le Peaking, qui assiste la mise au point en traçant un contour coloré sur les sujets nets (rouge, jaune, blanc ou bleu au choix).

En terme d'autonomie, la batterie Sony BP-U30 fournie autorise 1h40 d'utilisation ce qui est pas mal.

Bouton Slow & Quick MotionChose fort appréciable, la plupart des commandes sont à portée de main. Sony a eu la bonne idée de placer une fonction propre à l'EX3 : le Slow & Quick Motion, activable par le bouton-molette Frame. Il suffit de faire un appui-long pour qu'il s'allume en bleu et règle le nombre de trames (frame) par seconde (1 à 30i/sec en 1080p et 1-60i/sec en 720p). Sa vocation est de fournir un ralenti de bonne qualité au montage puisque la caméra peut enregistrer jusqu'à 30 images pleines par seconde. Cet accès direct permet de filmer rapidement un ralenti lors d'une prise de vues sportive (course de chevaux par exemple) sans avoir à rentrer dans le menu (comme dans l'EX1). La fonction Slow & Quick Motion n'est évidemment disponible qu'en mode progressif 25p.

La qualité d'image est excellente. En extérieur la restitution des couleurs est fidèle avec un piqué d'image étonnant que l'on doit notamment au débit de 35 Mbps. En zone sombre, l'image reste très propre et n'accuse que peu de bruit. Un rendu que l'on doit à la taille des trois capteurs CMOS relativement grande (1/2 pouce), à une technologie de traitement spécifique (Exmor), mais aussi à une bague de diaphragme (f/1,9 à f/16) et un gain (+18dB) très efficaces. Même par mauvais temps l'image en extérieur reste très lumineuse. Cette vidéo en est un bel exemple.




Le seul vrai bémol du Sony PMW-EX3 tient à la lenteur d'allumage. Que l'on soit en mode Caméra ou Media, le temps de mise sous tension ou d'accès à la carte réclame bien 5 secondes. L'opérateur a donc intérêt de rester en veille pour ne rien râter (ce qui est souvent le cas dans un film de mariage).

Vignettes sur l'écran de l'EX3L'avantage de la carte mémoire est de pouvoir visionner ses clips immédiatement sans rompre le timecode comme avec une cassette. Il suffit de basculer l'EX3 en mode Media avec l'interrupteur et la totalité des fichiers s'affiche sous forme de vignettes sur l'écran LCD. Il suffit alors de sélectionner le clip souhaité avec le joystick présent sur la poignée pour le visionner, le supprimer ou même l'éditer (renommer ou couper). Vous pouvez ainsi faire votre derushage directement avec la caméra pour gagner du temps en post-production.

Bien sûr, les trois bagues d'objectif sont débrayables en manuel. Le zoom, qui bénéficie d'un servo mécanique, bascule en manuel et glisse parfaitement en "roue libre" ce qui permet de faire un zooming très rapide.

Côté audio, l'EX3 est équipé d'un micro stéréo intégré à l'avant. Deux prises XLR sont présentes pour raccorder un micro ou un périphérique. On peut ainsi cumuler le son du micro interne avec celui d'un micro-cravate sur deux pistes séparées. Le volume de chaque canal peut être géré manuellement par une molette graduée 1 à 10 ou rester en automatique.

La connectique est particulièrement riche sur l'EX3. Sur le flanc arrière-droit, on dispose des interfaces standards : une sortie moniteur en composite BNC, une sortie S-Video, deux sorties audio RCA, une sortie Composante et une sortie USB. À l'arrière de la caméra se trouvent une sortie SDI, une sortie TC, une entrée TC, une prise i.Link 4 broches et une entrée Genlock permettant de synchroniser l'EX3 en tournage multicaméra. Une prise casque mini-jack est également intégrée sur la poignée.

Connectique arrière de l'EX3

Tout ce bataillon de connexions permet à l'EX3 de s'utiliser aussi bien en plateau qu'en tournage de terrain. Certains regretteront sans doute l'absence de sortie HDMI.

Post-production

Le format XDCAM EX étant propriétaire à Sony, il est toujours bon d'expliquer son fonctionnement. Le caméscope EX3 enregistre en haute définition (1920x1080) sur une carte nommée SxS. Cette carte adopte la même taille physique qu'une carte Express Card très utilisée en informatique, notamment sur les ordinateurs portables récents. L'idée est de faciliter le travail du caméraman en lui permettant de décharger rapidement ses clips sur un portable pour faire son montage et continuer à filmer avec la même carte.

Slot SxSSony a équipé le PMW-EX3 de deux emplacements SxS. Sachant que les capacités actuelles des cartes sont de 8, 16 et 32 Go vous pouvez bénéficier d'une autonomie maximale de 64 Go (2x32) soit une durée de 200 minutes environ. La caméra bascule automatiquement sur l'autre carte dès que la première est pleine sans perte d'image puisqu'une mémoire tampon assure le relais. Vous pouvez ainsi filmer en continu durant des heures en vidant régulièrement une carte sur un portable. L'autre solution pour allonger l'autonomie est d'abaisser la définition et le débit de l'image en mode SP en 1440x1080 pixels à 25 Mbps. Pour l'avoir déjà fait, l'écart de qualité n'est perceptible que sur grand écran. Enfin, gardez à l'esprit qu'une carte SxS est très coûteuse. Comptez 510 euros TTC pour une carte de 16 Go.

La récupération des clips sur un ordinateur est assez simple. Soit vous connectez la caméra en USB soit vous insérez directement la carte SxS dans le slot de votre ordinateur portable (ExpressCard au format 34). Sony propose une unité de stockage nomade pour faciliter l'opération (voir le Sony PXU-MS240 en fin de test).

Une fois la caméra connectée ou la carte insérée, il vous suffit de lancer votre logiciel de montage. Premiere, Final Cut, Edius, Vegas (image ci-dessous) ou Avid Media Composer identifient automatiquement la carte SxS et affiche tous les clips. Si ce n'est pas le cas vous pouvez utiliser le logiciel Sony Clip Browser qui est gratuit sur https://servicesplus.us.sony.biz/sony-software-model-XDZP1.aspx

L'explorateur de périphérique dans Vegas 9
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