Fujifilm X-Pro1 : les meilleures offres

Jean-François Vincent est coauteur du blog www.digitlife.fr. Canoniste depuis ses débuts en photo, il a récemment fait le choix de changer intégralement son matériel pour passer au Fujifilm X-Pro1. Un appareil atypique dont il nous livre ses impressions après quelques mois en sa compagnie.

Trois semaines en Indonésie avec le Fujifilm X-Pro1

Inconditionnel du réflex et du format 24x36, j’ai entrepris fin mai un changement radical: fini le Canon 5D Mark II et ses optiques fixes, place au Fuji X-Pro1 et à ses 3 optiques 18 / 35  et 60 mm. Changer de marque n’est jamais quelque chose de facile, et je n’avais fondamentalement rien à reprocher au 5D Mk II ... si ce n’est un poids et un encombrement qui se faisaient sentir en voyage (près de 3,5 kg avec le trio 35 / 50 / 85 mm), et me faisait hésiter à l’emporter dans mon sac de tous les jours.

De son côté, le Fujifilm X-Pro1 a été une révélation sur plusieurs points:

* bien entendu du côté du poids (1kg avec les 3 optiques) et de l’encombrement, même s’il reste le plus volumineux des hybrides du fait de son viseur complexe.
* son ergonomie, ostensiblement inspirée des télémétriques (certains le qualifient de petit Leica, même si les 2 produits ne sont pas comparables) marque un retour bienvenu à la simplicité.
* par son look “désuet” et ses petites optiques, le X-Pro1 permet de faire des photos en toute discrétion, aidé par un déclencheur très discret.
* même si cela ne participe en rien à la qualité des photos, avouez qu’il a de la gueule, non? Tant qu’à jouer la carte rétro, je lui ai d’ailleurs rajouté une petite lanière en cuir...
* enfin, et surtout, par une qualité d’image vraiment exceptionnelle. Colorimétrie, montée en ISO, latitude de post traitement des RAW, y compris dans les ombres, tout y est. Les fichiers sont au moins équivalents à ceux d’un 5D Mark II, ce qui constitue une prouesse pour un “petit” capteur APS-C.
 
Trois semaines et quelques centaines de photos m’ont permis d’apprivoiser le X-Pro1 à l’occasion d’un voyage en Indonésie, entre Java et Bali.

Depuis quelques années, je ne voyage plus avec un sac photo dédié, mais plutôt avec un sac à dos imperméable, dans lequel je glisse l’appareil photo, protégé dans un insert en mousse ou un “wrap”. Cela me permet de moduler à ma guise l’aménagement entre affaires photo et personnelles - guides, eau, vêtements, petits accessoires - auxquelles les sacs photo accordent souvent une place insuffisante.

Fujifilm X-Pro1 Jean François Vincent
Etudiantes au Kraton, Yogyakarta

Notre voyage commence par la traversée de Java. Le faible poids du X-Pro1 me permet de l’oublier au fond du sac, et de ne pas réfléchir le matin: j’emporte le trio d’optiques, même si une fois sur le terrain, j’ai tendance à n’en utiliser qu’une voire deux. À vrai dire, et même si cela peut dérouter les habitués du zoom, on peut sortir de belles images avec n’importe quelle focale, et se donner quelques contraintes a aussi quelque chose de stimulant.

Le compact à objectifs interchangeables passe inaperçu sur les marchés. J’apprécie de pouvoir monter en sensibilité, il n’est pas rare de monter à 800 voire 1600 ISO malgré la luminosité des optiques. À ce propos, l’Auto ISO un peu trop conservateur - et parfois farfelu - me fait préférer le réglage manuel des ISO ... même si je repasse régulièrement en position Auto IS0 3200 par praticité. Le bouton Fn personnalisable, idéalement placé près du déclencheur, permet d’en changer sans quitter l’oeil du viseur.

Fujifilm X-Pro1 Jean François Vincent
Sur un marché à Yogyakarta

Arrivés à Yogyakarta, ville du centre de Java, nous visitons un atelier où sont fabriqués les _wayang golek_, les figurines traditionnelles utilisées pour raconter des histoires en ombre chinoise. Le déclencheur, très discret, est quasiment imperceptible et permet de ne pas interrompre les artisans.

Fujifilm X-Pro1 Jean François Vincent
Wayang golek en ombre chinoise

Fujifilm X-Pro1 Jean François Vincent
Fabrication d'un wayang golek en peau de buffle

Quelques jours plus tard, nous voici sur les flancs du mont Kawah Ijen, dont les mineurs extraient de lourdes charges de soufre. Si la randonnée n’est pas bien difficile, j’apprécie une fois de plus la compacité du système X-pro1, qui permet de consacrer l’espace du sac à l’eau et aux gâteaux que nous distribuons à ces travailleurs de l’extrême, qui portent des charges de 80 kg à longueur de journée !

Fujifilm X-Pro1 Jean François Vincent
Porteur de soufre, Kawah Ijen

Je me surprends au fil des jours à utiliser le viseur électronique plus que je ne le pensais. Pourtant mordu de la visée optique sur reflex, je trouve le viseur électronique agréable à utiliser. Il faut dire que la visée optique souffre de 2 défauts:

* le cadre de visée ne correspond qu’à environ 80% de l’image réellement cadrée. Impossible de réaliser des cadrages au cordeau, alors que la visée électronique est 100% (modulo certaines superpositions d’infos qui la polluent, mais que l’on peut désactiver).
* à grande ouverture, il n’est pas rare que le collimateur affirme avoir fait le point sur la personne que l’on veut photographier, alors que c’est l’arrière-plan qui est net !
 
Le viseur optique reste cependant très agréable dès que l’on ferme un peu, et que l’on se situe à une distance raisonnable du sujet.

Fujifilm X-Pro1 Jean François Vincent
Danse du Legong, Bali

Arrivés à Bali, nous arpentons la côte nord. J’en profite pour faire des poses longues des barques de pêcheurs amarrées au bord de la plage, armé d’un trépied et d’un filtre gris neutre. Les commandes tombent facilement sous la main, et le pratique menu “Q” permet de passer en retardateur et d’ajuster la balance des blancs en un clin d’oeil.

Fujifilm X-Pro1 Jean François Vincent
Barque de pêcheur, Bali

J’apprécie ici les progrès par rapport au X100, dont certaines commandes étaient peu pratiques. La visée électronique permet de garder une image claire même lorsque le soleil passe derrière l’horizon, chose impossible avec un viseur optique. La loupe du mode Live View permet quand à elle de faire une mise au point manuelle précise. Contrairement à ce que je craignais, l’assistance électrique de la bague de mise au point est agréable, et ne m’a jamais gêné durant le séjour. Certes, on est loin du touché soyeux des optiques Zeiss, mais c’est tout à fait utilisable et d’ailleurs plus agréable selon moi que les bagues “rugueuses” d’une optique USM que l’on débraie.

Fujifilm X-Pro1 Jean François Vincent

Après quelques doutes lors de ma première prise en main, la batterie assure une autonomie honorable. Elle tient sans problème une journée ou bien lors de sessions de poses longues. J’ai au préalable désactivé le visionnage automatique des photos à la prise de vue, et acheté une carte mémoire rapide pour optimiser les performances de l’appareil. On est en revanche loin de l’autonomie record des reflex, et l’on ne peut trop se fier à la jauge qui descend brutalement sur la fin. J’ai donc préféré charger quotidiennement la batterie (et en emporter une de rechange) que de courir le risque d’une panne le deuxième jour de shooting.

Fujifilm X-Pro1 Jean François Vincent
Portrait sur les flancs du Kawah Ijen

Descendant au cœur de Bali, nous nous approchons de Monkey Forest dans la ville d’Ubud (haut lieu à touristes!). C’est là que les frustrations liées à l’autofocus se font sentir. Je visualise dans ma tête un cliché pourtant facile à faire: un portrait de singe à grande ouverture, en utilisant le 60 mm pour ne pas trop s’en approcher. Malheureusement, l’autofocus patine, et les singes qui pourtant ne courent pas vraiment sont systématiquement hors champ le temps que le Fuji soit prêt à shooter! La situation aurait peut-être été meilleure au 35 mm, non-macro, mais elle illustre bien la vocation du Fuji X-Pro1: pour du portrait posé ou du photo reportage à l’hyperfocale, certainement pas pour la photo d’action en faible profondeur de champ !

Les 3 optiques sont superbes, en particulier le 35 mm et le 60 mm au piqué excellent. Le 18 mm me plaît pour sa compacité, mais j’attends surtout avec impatience le futur 14 mm, étant adepte du grand angle. 2 défauts mineurs à signaler :

* le 18mm et le 60mm sont sensibles au flare. Sur le premier, cela se traduit par des franges colorées, certes bien contenues. Sur le second, en contre-jour, cela provoque une perte de contraste;
* les pare-soleils “rétro” des 18 et 35 mm rendent l’emploi de leurs capuchons très malaisé. Ceux en caoutchouc ne tiennent pas, ceux en plastiques nécessitent d’ôter le pare-soleil au préalable (surtout sur le 18mm ) !!! Pourquoi ne pas avoir fait des pare-soleil ronds, certes moins sexy, mais plus pratiques?
 
Cela étant dit, ce sont de très beaux objectifs, du niveau des meilleurs que j’aie possédé (et pourtant, j’étais “mal habitué” avec des optiques Canon “L” et Zeiss ZE). Associées au très beau rendu colorimétrique du capteur, on obtient en JPeg des fichiers prêts à l’emploi ... même si je reste un inconditionnel du RAW. Le 35 mm et le 60 mm permettent de faire de beaux portraits avec des arrière-plans estompés, pour peu que l’on travaille bien sa composition.

Fujifilm X-Pro1 Jean François Vincent
Offrande à la mer, Bali

De retour à la maison, les fichiers délivrés gomment tous les petits griefs que l’on peut faire au X-Pro1. Ils sont tout simplement exceptionnels! Les RAW ont une latitude de traitement énorme, et la montée en sensibilité est similaire à celle du 5D Mark II. Par ailleurs, je ne considère pas la résolution de 16 millions de pixels comme un handicap, puisque je faisais déjà des tirages 50 x 75 cm avec les 12 millions de pixels du 5D Mark I (et je suis prêt à parier que la plupart des photographes ne s’aventurent presque jamais dans les grands formats).

Fujifilm X-Pro1 Jean François Vincent
Coucher du soleil au Tanah Lot, Bali

Après quelques mois, l’essai est transformé et je ne regrette absolument pas mon “switch”. Je ne conseillerais évidemment pas le X-Pro1 à un débutant, et il faut bien connaître son type de photo pour savoir s’il vous correspond - dans le cas contraire, l’Olympus OM-D et la gamme Sony NEX sont de vrais challengers.

Mais si, comme moi, vous cherchez un retour à la simplicité et une qualité d’image au niveau des meilleurs reflex, alors le Fuji X-Pro1 n’a pour le moment aucun équivalent sur le marché. Et si vous ne faites pas de photo, il fera toujours classe sur la terrasse d’un café... je plaisante évidemment :)

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