Adobe Lightroom 4 prise en mains à propos de

Si Lightroom 2 nous avait étonnés et satisfait avec l’implémentation des retouches locales, Lightroom 3 nous avait ravis avec un moteur de dématriçage performant pour les hautes sensibilités, Lightroom 4 enfonce tout bonnement le clou, avec un traitement de la dynamique revu en profondeur et des nouveautés qui le portent à la hauteur de ses concurrents, voire bien au-delà…

Les nouveaux modules

Tant attendue, ils sont enfin les bienvenus, on nommera les modules Cartes et Livre. Sur ce point, Aperture 3 avait pris de l’avance et ceux que l’on appelle les Geekers feront remarquer que le logiciel de la pomme propose encore la reconnaissance des visages…

L’important, c’est le résultat à l’instant T et les utilisateurs de Lightroom vont enfin apprécier de pouvoir géolocaliser leurs photos sans avoir à employer des solutions transverses qui ne simplifient pas le flux de production.

Adobe Lightroom 4 prise en mains géolocalisation carte
Lightroom 4 offre un module de géolocalisation complet et performant.

Pour insérer des coordonnées GPS dans les métadonnées, rien de plus simple. À partir du module Cartes, il suffit de sélectionner la ou les photos à référencer, puis de les déposer sur la carte à l’endroit où elles ont été prises. Une autre option propose de travailler à partir d’une trace enregistrée avec votre GPS ou même avec certains téléphones mobiles. Le module carte s'appuie complètement sur le moteur de Google Maps et offre donc beaucoup de souplesse pour l'affichage des données (vue satellite, carte, réseau routier...).

Pour simplifier le géoréférencement, un filtre est activable pour mettre en évidence les photos visibles sur la carte, non balisées, balisées ou n’appliquer aucun filtre.

Dans les petits reproches, on pointera l'absence d'indication d'orientation. Certains modules GPS d'appareils photo ou de téléphone inclus une boussoles qui permet d'indiquer la direction de la prise de vue. Peut-être dans la version finale ?

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La particularité de Lightroom 4, ce sont aussi les bulles de dialogue qui sont là pour vous aider…
 
De son côté, le module Livre permet de mettre en page ses photos sur une maquette qui pourra être ensuite envoyée avec les photos vers Blurb pour l’impression et le montage d’un livre photo ou simplement sauvegardé au format PDF. Ces maquettes peuvent être réalisées au travers de nombreuses combinaisons de mise en page. Vous pourrez même les partager au même titre que les modèles de galerie Web, de diaporama ou de mise en page d’impression. Avec ces deux modules, le flux de travail du photographe est grandement simplifié et vous pouvez désormais traiter vos photos jusqu'à l'impression d'un livre. Vous pouvez également jouer avec les différentes options (taille, type de papier, présence du logo..) afin d'avoir une estimation du prix du livre.

Adobe Lightroom 4 prise en mains livres photo Un module de création de livres photo est ENFIN disponible dans Lightroom.

Pour l'instant, seul Blurb est compatible avec LR4 (un plug-in est déjà disponible pour LR3) et il ne semble pas que d'autres fabricants de livres soient prévus. Il faudra donc compter sur le bon vouloir des développeurs pour l'intégration de plug-ins afin de prendre en compte d'autres prestataires comme e-Center, Fujifilm ou Négatif+ par exemple.

La vidéo

En moins de 5 ans, la vidéo notamment grâce au Canon 5D Mark II aura véritablement pris son essor dans le monde de la photographie. Il n’était plus question pour Adobe de faire l’impasse sur ce média, qui par ailleurs est maitrisé par le géant californien du traitement de l’image.

Adobe Lightroom 4 prise en mains corrections vidéo
Les réglages rapides propres aux vidéos. Pour obtenir les paramètres encadrés en rouges, cliquez sur la touche [Alt/Option]

Voilà donc que maintenant, Lightroom 4 sait lire, traiter, effectuer de petits montages et cataloguer les vidéos issues des appareils photo numériques, et cela de manière native. Attention, par petits montages, on entend : « raccourcir la vidéo… ». Mais c’est un début.

Adobe Lightroom 4 prise en mains copie virtuelle vidéo
Cliquez sur la petite roue crantée pour pouvoir réduire la longueur de la vidéo, et extraire une image sous forme de copie virtuelle.

Petite astuce au passage, si le panneau Réglage rapide offre des options limitées dans la correction des vidéos, vous pouvez créer un paramètre prédéfini à partir du module Développement, puis l’appliquer à vos vidéos via le module Bibliothèque. Ça oblige à faire des aller-retour d’un module à l’autre, mais c’est le prix à payer pour étendre quelque peu le panel des corrections. Cela vous permettra tout de même d’avoir accès aux options de balance des blancs, du traitement de la tonalité (curseurs et courbe), traitement de la couleur et virage partiel pour ce qui est des effets artistiques.

Adobe Lightroom 4 prise en mains limite vidéo
Si le paramètre prédéfini comporte des améliorations non compatibles avec la vidéo, Lightroom vous rappelle à l’ordre en vous précisant les limites de traitement.

Tout comme avec une image, Lightroom préserve la vidéo initiale et n’applique toutes ces améliorations qu’au travers de son catalogue et il faudra exporter la vidéo pour que les modifications soient visibles de tous. Il est possible d'exporter une version compressée des vidéos (.MP4,H.264), mais également d'exporter les clips au format DPX (Digital Picture Exchange) pour faciliter les échanges entre plusieurs personnes. 

Adobe Lightroom 4 prise en mains limite vidéo export
Un extrait des options d’exportation propres aux vidéos, avec les 3 formats pris en charge et pour le codec H264, les différents niveaux de qualité

Évidemment, tout comme Lightroom n’est pas Photoshop, il n’en est pas plus Première. Mais cette incursion dans le monde de la vidéo laisse présager un tout autre avenir en son sein et les corrections qui peuvent être apportées, même bridées, sont les bienvenues. Il n'est pas possible d'intervenir sur le son (augmenter, diminuer, couper). Dommage, car des réglages, même basiques, auraient été un plus.

Flux de production : le courrier électronique

Autre aspect intéressant de Lightroom 4, la possibilité d’envoyer des photos par courriel sans passer par un plug-in est une option qui en ravira plus d’un. Pour la trouver, il faut ouvrir la fenêtre d’exportation, puis opter pour Courrier électronique au niveau de la liste déroulante Exporter vers. Enfin, dans le volet de gauche, au sein des Paramètres prédéfinis de Lightroom, sélectionnez la dernière configuration proposée : Vers courrier électronique (… Pour finir, cliquer sur le bouton Exporter.

Adobe Lightroom 4 prise en mains limite export mail
La fenêtre d’exportation propre aux images à envoyer par email.

Attention, si vous n’avez pas configuré le gestionnaire de compte de messagerie Lightroom il faudra le faire. On y accède en cliquant De (Figure ci-dessous).

Adobe Lightroom 4 prise en mains limite export mail
La fenêtre d’envoi de courrier électronique de Lightroom 4.

Adobe Lightroom 4 prise en mains limite export mail
La fenêtre de configuration de compte de messagerie Lightroom.

Un développement dynamique

Clou du clou, et gros morceau de cette bêta, le module Développement est celui qui a fait l’objet de la plus grande attention et son remaniement, s’il ne saute pas aux yeux de prime abord, va pourtant révolutionner les habitudes de tout un chacun.

Après l’ajout des corrections locales et des aberrations des objectifs, Adobe porte le fer sur la dynamique et a pour cela revu ses algorithmes, mais également les réglages qui portent sur la gestion du contraste et de l’exposition.

En couleur, la zone influencée selon le curseur utilisé.

Bien que l’on soit toujours en présence de 6 curseurs, leur emploi diffère grandement. Si vous êtes observateur, vous verrez que l’histogramme s’éclaircit pour vous montrer la zone influencée par la manipulation du curseur activé, ce qui s'avère très pratique.

De notre côté, nous obtenons de bons résultats équilibrant les tons moyens avec le curseur Exposition. Le curseur Tons clairs nous permet de récupérer d’éventuels aplats ou des zones manquant de matière. Ensuite, nous ajustons les ombres avec le curseur Tons foncés.

L’image après avoir joué des curseurs Tons clairs et Tons foncés.

Pour finir, nous activons l’affichage des zones écrêtées (touche [J]), et nous déplaçons les curseurs Blanc et Noir pour aller en limite des hautes et basses lumières.

L’image après avoir ajusté les points blancs et points noirs.

Adobe en a profité aussi pour améliorer l’action du réglage Clarté. On lui reprochait souvent l’apparition de halos. Cela fait aujourd’hui partie du passé.

À droite avec la version 2012 du moteur de traitement de Lightroom, et à gauche la version utilisée par Lightroom 3.

Sur l’étagère des nouveautés, on peut choisir maintenant sur quelle couche RVB on veut appliquer les ajustements de la courbe des tons. De plus, dans le volet des retouches locales, outre la mise à jour des réglages standards, on trouve quatre nouveaux curseurs : température de couleur, teinte, bruit et moiré. Les deux premiers assurent la correction de la balance des blancs. La correction des aberrations chromatiques est elle aussi simplifiée et très efficace.

Le volet des corrections locales et Courbe des tonalités de Lightroom 4.

Softproofing (épreuvage).

« Youpi ! » Tel fut le cri de joie de mon comparse de travail lorsqu’il apprit que l’épreuvage était au rendez-vous avec Lightroom 4. L’épreuvage à l’écran consiste à faire simuler à son logiciel de traitement le rendu que l’on devrait obtenir après impression. Pour ce faire, le logiciel lit les informations contenues dans le profil colorimétrique correspondant au couple imprimante/papier désigné, puis affiche à l’écran le rendu final… Sous réserve que ledit moniteur soit parfaitement calibre, sinon, grincements de dents assurés.

Pour activer le softproofing, il faut se trouver dans module Développement et cocher la case correspondante.

Si la pratique requiert d’avoir des profils ICC aux petits oignons et un écran bien étalonné, la procédure au travers de Lightroom 4 est relativement simple. Tout se passe dans le module Développement. Une fois la simulation activée (CF la figure ci-dessus), l’arrière-plan s’éclaircit pour reproduire la teinte originale du papier photo. Ensuite, l’ensemble de la gestion s’opère via les nouvelles commandes qui apparaissent sous l’histogramme.

L’alerte de Lightroom conseillant de créer une copie virtuelle…

Très intelligemment, la moindre modification d’un des réglages de correction de l’image va proposer de créer une copie virtuelle qui pourra ainsi être utilisée pour l’impression de votre photo via le papier émulé. Décidément, les hommes de l’ombre de l’Alpha de Lightroom ont bien œuvré !

Pêle-mêle

Difficile de traiter toutes les nouveautés, mais nous dressons ici une liste non exhaustive des corrections ou des nouvelles fonctionnalités :
- export des images vers Adobe Carousel (galerie en ligne)
- nouveau rapport pour la fonction zoom (1/8 et 1/16), mais toujours pas de zoom libre
- possibilité d'afficher certains modules ou non (clic droit)
- publication des vidéos vers Facebook ou Flickr
- plus de possibilités au niveau des métadatas lors de l'export
- possibilité de graver des disques à partir de la version Windows 64 bits.

Notre premier avis

La phase de développement de Lightroom 4 devrait se terminer au mois de mars ou avril. En attendant, la version bêta est déjà complètement opérationnelle, mais vous ne pouvez pas mettre à jour des catalogues existants (il faut impérativement travailler sur de nouvelles versions). Une précaution d'Adobe pour éviter les pépins dans un flux de production déjà bien établit.

Le bilan de cette 4e mouture est très positif. Est-ce la taille du catalogue, agrémenté pour les tests de bien moins d'images que celui avec lequel je travaille habituellement, mais cette première version est, nous semble-t-il relativement réactive. On ne parlera pas du module Carte dont la réactivité sera directement assujettie à la connexion négociée par votre modem... À ce sujet, j'ai tout de même rencontré ma première bogue, justement avec ce module Carte... Mais je n'ai pas su le reproduire.

Avec les cartes, les livres, l'épreuvage écran, Lightroom 4 propose un flux de travail complet et intuitif de la retouche des images à l'impression.

Avec cette 4e version, Adobe fait un grand en avant et on se languit le mois de mars (ou avril...) pour savoir quelle sera la surprise du chef. En effet, la firme californienne a pris pour habitude de garder sous le coude une nouvelle option qui n’apparaît qu'avec la version finale. A ce petit jeu, j'apprécierai des outils de corrections locales supplémentaires, du style, détourage, ou un tampon correcteur capable de supprimer par exemple un fil électrique comme le propose...Photoshop.

Points forts

Points faibles

Flux de travail simplifié et plus complet (géolocalisation, vidéo, livres...)

Le module de travail en mode connecté trop léger (pas assez de réglage, nombre limité d'appareils reconnus...)

Amélioration du rendu des tonalités avec les nouveaux algorithmes

Le module de création de livres encore limité

La prise en charge des vidéos qui est plus aboutie que la version de 3

La colorisation trop discrète des couches RVB en arrière plan de l'outil Courbe de tonalité

L'épreuvage écran pour les impressions jet d'encre

L'absence d'outils de détourage pour les corrections locales

L'envoi de courrier électronique nativement pris en charge

Pas d'outil de correction automatique (type tampon de Photoshop)

 

Toujours pas de possibilité d'ouvrir plusieurs catalogues simultanément

 

Pas d'indication d'orientation pour le module cart



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