Voilà quelques mois que l'EOS-1D X est désormais dans les mains des professionnels. Il y a presque an, nous souhaitions savoir comment ces derniers réagissaient face à l'annonce de ce vaisseau amiral Canon. Aujourd'hui nous voulions avoir leur retour d'expérience une fois confronté au terrain.


 Crédits: Thomas Coex, Canon 1DX
 
Le Canon 1DX est-il mieux que les Canon 1D Mark IV et 1Ds Mark III ? Qu'est ce que ce nouveau boîtier apporte de réellement nouveau ? Comment se comporte son autofocus sur le terrain ? La promesse d'une grande qualité d'image en haute sensibilité est-elle tenue ? Quels points restent à améliorer ?

Pour répondre à ces questions nous avons interrogé Bertrand Combaldieu, rédacteur en chef adjoins d'AP France et éditeur du service photo et Thomas Coex photographe et rédacteur en chef du service photo de l'AFP.

Avant de répondre à nos questions, opérons un rapide retour arrière et arrêtons-nous sur ce que promet le 1D X. Sorti au printemps 2012, cet appareil photo intègre un nouveau capteur 24x36 mm avec une définition de 18 Mpx. La montée en sensibilité est extensible à 204 800 ISO, le module autofocus à 61 collimateurs dont 41 en croix est entièrement revu et couplé à une mesure de lumière en couleur sur 252 zones. Un port RJ45 permet de connecter le boîtier à un câble Ethernet pour envoyer directement les images à un ordinateur ou un serveur FTP et l'ergonomie est améliorée.


Crédits: Thomas Coex, Canon 1D X
 
Ne faisons donc pas durer le suspens plus longtemps, à la question « préférez-vous le 1D X à votre matériel antérieur, » la réponse est unanime et sans retenue : oui ! Selon Bertrand Combaldieu  il y a une vraie amélioration et le 1D X creuse l'écart . Thomas Coex l'explique en ces termes : jusqu'à présent Canon s'était contenté d'évolution entre les différentes générations, là le 1D X marque une vraie différence.  Utilisé lors de JO. de Londres et à Rolland Garros Thomas Coex considère que le 1D X est enfin un boîtier homogène et sans concession. Sa qualité de fabrication, son AF, sa qualité d'image et ses performances en hautes sensibilités forment un tout cohérent pour la première fois. Bertrand Combaldieu appui affirmativement ces propos avec une petite réserve néanmoins: le 1D X est effectivement homogène à condition d'utiliser les dernières optiques USM. Avec les anciennes, l'autofocus manque de vélocité et quelques loupés sont notés. Le 1D X oblige donc à s’équiper d'objectif très performants et récents. De plus, son ergonomie revue perturbe un peu les possesseurs d'1D Mark IV. Le 1D X est encore trop lourd note Thomas Coex, si l'ergonomie revue me convient, sur le terrain le poids est excessif.


Crédits: Thomas Coex, Canon 1D X

Au chapitre des doléances nos deux interviewés remarquent une baisse d'autonomie au niveau de la batterie, due aux nouvelles normes. Sur un reportage de spectacle, Thomas Coex aurait souhaité trouver une position silencieuse de l'obturateur, pourtant présente sur le 5D MKIII, tout comme un GPS ou un WiFi intégré (NDLR : la position silencieuse existe pourtant bien sur le boîtier, mais ne semble pas vraiment efficace). Une telle fonctionnalité pourrait être intéressante sur ce boîtier, car elle permettrait de transférer directement les images à l'ordinateur ou au FTP sans s'encombrer de câble. Sur le terrain tout va très vite et il faut être le plus efficace possible. Du coup, Thomas Coex note aussi l'absence d'un système de marquage rapide des photos. Mais ces reproches disparaissent rapidement quand il s'agit de comparer avec le matériel du voisin. Selon eux, les nikonistes pleurent de ne pas trouver une telle qualité d'image dans le boîtier. La colorimétrie JPeg y est pour beaucoup. Si nous ne jugeons pas leur propos sur le matériel Nikon force est de constater que la colorimétrie Canon est flatteuse et ne nécessite que peu ou pas de post-traitement pour l'édition surtout en éclairage artificiel sur les tons chairs. De la même façon, Thomas Coex et Bertrand Combaldieu s'accordent pour considérer que la refonte du module autofocus est une réussite et que leur taux de déchet est d'à peine 2%.


Crédits: Thomas Coex, Canon 1D X

Mais le véritable point fort du 1D X est sa capacité à travailler dans les hautes sensibilités. Sur Roland Garros, à 21h le cours et déjà sombre et pour garder une vitesse d’obturation suffisante il a fallu monter dans les ISO...  tous mes shoots ont été réalisé entre 10,000 et 20,000iso.  Des valeurs surréalistes il y a encore quelques années et des résultats qui le sont tous autant. La finesse du grain est bluffante. Le 1D X ouvre la voie à des photos qu'il n'était pas possible de réaliser il y a quelque temps. L'apport technologique entraînerait-il donc une évolution du comportement ? En tout état de cause nos deux interviewés sont enthousiastes sur la polyvalence de cet appareil.

Polyvalence qui se retrouve jusque dans l'image animée puisque le 1D X est capable de filmer en Full HD 1080p 30im/s, 25im/s et 24im/s et d'un enregistrement des fichiers non compressé All-intra. Mais Thomas Coex précise que lorsqu'il doit filmer il utilise surtout le Canon 5D Mark III, celui-ci étant plus manipulable, moins lourd et plus agréable pour la vidéo. Comme le souligne Bertrand Combaldieu le 1D X est un appareil photo à destination des professionnels de l'actualité. Il excelle sur les terrains de sport, la nuit, et s'avère particulièrement efficace pour le reportage d'information. Mais s'équiper d'un tel appareil représente un coût très conséquent pour un freelance et s’il n'est pas supporté par une agence, difficile en tant qu'indépendant de craquer sa tirelire.


Crédits: Thomas Coex, Canon 1D X

Dans le match qui oppose les deux géants de la photo Canon et Nikon, il semble que sur les abords du terrain c'est la marque rouge qui est regagnée les faveurs des professionnels....du moins pour le moment.


Crédits: Thomas Coex, Canon 1D X
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