Commercialisés depuis un peu plus de deux ans (été 2009), les compacts à objectifs interchangeables (COI) ont jeté un gros pavé dans la mare de la photographie numérique. Déjà écornée par l’apparition des bridges à optiques interchangeables (également désignés par l’abus de langage « réflex à visée électronique », sic), la sacro-sainte distinction entre les boîtiers réflex et les compacts est très sérieusement mise à mal par le développement de cette nouvelle espèce au sein de la faune nombreuse des APN.

En prenant un peu de recul, la création de ce nouveau segment de marché ne semble pas si anodine et permet à certains acteurs de trouver de nouveaux débouchés entre un marché des reflex verrouillé par Canon et Nikon et des compacts à faible valeur ajoutée.

Souvent considérés comme des OVNI anecdotiques lors de leur apparition, au mieux comme une expérience intéressante, les COI se sont progressivement imposés et certains modèles sont même devenus les produits phares de leur marque. Ils ne possédaient aucun guide dédié à ce jour, c’est désormais chose faite.

Qu’est-ce qu’un COI : les raisons d’un succès

Lancé au mois de juillet 2009, l’Olympus Pen E-P1 est le premier Compact à optique interchangeable (COI), à savoir un boitier de la taille d’un compact numérique expert permettant d’utiliser différents objectifs (comme sur les réflex). Boitier atypique au look rétro, ce Pen numérique de première génération déstabilise autant par son allure que par son concept.

Olympus Pen E-P1 test review
L'Olympus Pen E-P1 premier élément de la gamme Micro 4/3.

La qualité est au rendez-vous, mais, malgré la compatibilité affichée avec l’ensemble de la gamme optique dédiée au format Micro 4/3 (Olympus et Panansonic), on a du mal à voir l’apport réel du premier COI dans l’univers des APN où l’écart de prix et de volume entre les compacts haut de gamme et les boitiers réflex d’entrée de gamme tend à se réduire franchement (certains compacts sont même déjà plus chers que des réflex).

Malgré cela, les COI se font rapidement une place à part entière : de nouvelles marques tentent l’aventure, les modèles se multiplient et c’est Sony qui réalise dès 2010 un véritable carton commercial avec sa série NEX.

Sony NEX-5 test review
Le Sony NEX-5 est équipé d'un capteur APS-C comme la majorité des reflex actuels.

En effet, en choisissant d’allier de grands capteurs, des optiques interchangeables compactes, et des boitiers qui tiennent dans la poche intérieure d’un blouson, les concepteurs de COI ont trouvé un compromis inédit entre la compacité, la qualité d’image et les possibilités créatives, en photo comme en vidéo. Une offre nouvelle qui coïncide parfaitement avec les attentes d’une part importante du public qui, rodé par une expérience de plusieurs années de la photographie numérique, était resté jusque-là sur sa faim en raison des lacunes qualitatives des compacts et de l’encombrement des boitiers réflex et de leurs accessoires.

Il faut toutefois préciser que les COI ne sont en aucun cas des appareils parfaits. Si leurs atouts sont indéniables, leur encombrement et leur prix restent élevés par rapport au reste des APN compacts (sans même parler des éventuels objectifs et accessoires supplémentaires) et leur niveau de versatilité est certes étonnant, mais il n’atteint tout de même pas celui d’un boitier réflex. Ils n’en constituent pas moins un entre-deux très intéressant qui pourrait bien encore nous réserver quelques surprises dans l’avenir.

La taille du capteur : un critère déterminant

Le succès des COI a attiré de nouvelles marques et aujourd’hui l’offre est telle qu’il devient difficile pour le non-spécialiste de faire son choix, nous allons donc tout d’abord examiner les options des différents fabricants autour d’un critère fondamental : la taille du capteur. Pour des informations plus exhaustives sur ce sujet nous vous conseillons de vous reporter à nos articles dédiés, « Capteur numérique : les technologies » (lien) et « Capteur numérique : les dimensions » (lien), mais voici quelques repères généraux qui vous permettront d’y voir plus clair.

Tout d’abord, on peut considérer que, quelques subtilités mises à part, plus la taille du capteur est importante meilleure sera la qualité d’image (sensibilité, dynamique, modelé, possibilité de faire varier la profondeur de champ, ….).
Tailles des différents capteurs
Les différentes tailles des capteurs APS-C, Micro 4/3 et compact par rapport au moyen format et 24x36.

Cependant, malgré les progrès permanents faits dans ce domaine, plus le capteur est grand, plus les boîtiers et surtout les optiques sont volumineux(et souvent plus onéreux). Les choix des fabricants, et par extension le votre, résulte donc d’un compromis entre la qualité d’image, le volume du boitier et son prix.

Autre remarque, la définition du capteur (le nombre de pixels) n’est pas forcément synonyme de qualité : à taille et à technologie égales, une augmentation de la résolution entraine une baisse de la sensibilité.

Premiers arrivants sur le marché, Panasonic et Olympus ont conjointement développé la technologie baptisée « Micro 4/3 », leurs boitiers sont donc équipés de capteurs souvent identiques (mais de processeurs de post-traitement différents). Ce choix issu d’un compromis entre la qualité d’image et la compacité du couple boitier-objectif leur permet de proposer des produits alliant bonne qualité d’image et grande compacité. Le parc optique au format Micro 4/3 est alimenté par les deux marques et se révèle actuellement le plus complet sur le segment COI.

Arrivé plus tardivement, mais auteur d’un véritable hold-up commercial avec sa série NEX, Sony a fait le choix de la plus grande taille de capteur disponible à ce jour sur un COI : l’APS-C (format issu des réflex amateurs et experts). Plus grands, mais pas plus épais que leurs concurrents (à l’exception du NEX-7), les boitiers de la gamme NEX proposent une très bonne qualité d’image, notamment dans des conditions de faible luminosité, et un gabarit qui reste intéressant.

Sony NEX-5N test review
Le Sony NEX-5N est capable de filmer en HDTV 1080.

Samsung a également fait le choix de l’APS-C, dont les bons résultats restent inférieurs à ceux de la série Nex en basse luminosité (mais meilleure en forte luminosité). Sa série NX est composée de couples boitiers-optiques plus volumineux, mais qui offrent également une meilleure préhension.

Samsung NX200 test review
Le Samsung NX200 propose la définition d'image la plus importante sur le segment COI.

Avec une taille de capteur dite « CX » inférieure au Micro 4/3, Nikon a fait le choix de la compacité et de la vélocité, et grâce à une définition inférieure à celle de ses concurrents (mais largement suffisante pour des tirages jusqu’au A3 tant que le grain n’est pas trop prononcé) les COI Nikon parviennent à garder un bon niveau de résultat en basse lumière.
Nikon V1 test review
Dernier arrivant sur le segment COI, Nikon propose deux nouveaux modèles en monture CX : les V1 et J1.

Pentax, enfin, a fait le choix de la compacité : en proposant avec sa série Q le plus petit capteur du marché des COI il produit également le boitier le plus compact disponible à ce jour. Bien entendu, ce choix se paye en basse luminosité.
Pentax Q test review
Le Pentax Q : un reflex en miniature avec un capteur de compact.

Les critères pour bien choisir votre COI

Nous ne le répèterons jamais assez, l’appareil unique qui permettrait de répondre aux attentes de l’ensemble des utilisateurs potentiels n’existe pas. Plutôt qu’établir un classement, nous avons donc choisi de dresser une liste des critères qui nous ont semblé les plus importants afin que vous puissiez faire en connaissance de cause le choix le mieux adapté à vos attentes.

1- La qualité d’image photo

La qualité technique des images produites par les couples appareil-objectif est variable en fonction des modèles. Cette catégorie regroupe un nombre important de critères, parfois subjectifs, dont voici les principaux : le piqué (ou impression de netteté), le rendu des couleurs, la qualité de l’exposition, la sensibilité, le contraste, la dynamique (écart entre les ombres « bouchées » et les hautes lumières « brûlées »), la limitation des déformations.

> Le choix Focus Numérique : Sony NEX-5N
Sony NEX-5N test review
Sur ce critère, le capteur APS-C 16 Mpx des Sony NEX-5N et NEX-C3 propose la meilleure gestion du bruit électronique avec des images facilement exploitables jusqu'à 3200 ISO. En outre, la définition à 16 Mpx permet une bonne latitude pour recadrer sur un sujet. Seules les optiques 18-55 mm et 16 mm ne donnent pas vraiment satisfaction...
Les modèles Panasonic à 16 Mpx (G3 / GX1) sont également intéressants et offrent un bon compromis entre définition et qualité des images. Gardez à l'esprit que l'Olympus E-PL3 délivre des JPeg de 12 Mpx très soignés.

2- Le mode vidéo

Si de nombreux éléments sont communs entre la qualité des images en photo et en vidéo, les qualités de l’objectif ou le traitement des couleurs par exemple, d’autres sont spécifiques à l’image animée. La définition (720 ou 1080 pixels de hauteur) et la cadence (nombre d’images par seconde) notamment sont totalement indépendantes du mode photo et jouent un rôle fondamental dans le résultat final.

> Le choix Focus Numérique : Panasonic GH2
Panasonic GH2 test review
Sur le terrain de la vidéo, le Panasonic GH2 est sans doute le COI le plus polyvalent. Un nouveau firmware permet au boîtier d'enregistrer les vidéos dans un format HDTV 1080 en 24p (24 Mbps) ou 50i. Il est également possible de filmer en HDTV 720p à 50 i/s. L'enregistrement est couplé à un système de mise au point rapide et silencieux (avec les optiques HD). En outre, le GH2 est équipé d'une entrée micro stéréo et d'un écran LCD orientable toujours pratique. Les plus curieux pourront même essayer des firmwares alternatifs qui permettent de contourner certaines limitations du boîtier (HDTV 1080 en images pleines par exemple).
Le Sony NEX-7 est également un choix intéressant puisque le petit boîtier propose un mode d'enregistrement HDTV 1080 en 50p à 28 Mbps, mais pas de mode 24p. En outre, le mode autofocus s'avère un peu moins véloce en vidéo. 

3- Le parc optique et les accessoires compatibles

Un des principaux apports des COI est la possibilité d’étendre les potentialités optiques de base de l’appareil. Si pour certains posséder un ou deux « cailloux » s’avère suffisant, des utilisateurs chevronnés ou simplement curieux sont en droit d’attendre des objectifs plus spécifiques qu’un zoom transtandard : téléobjectifs, focales fixes compactes et lumineuses, optiques spéciales (ex : macro).

Une partie du parc optique Panasonic G

En raison de l’entrée récente de nouvelles marques dans le cercle des producteurs de COI, toutes ne proposent pas des gammes étoffées (regardez également du côté des bagues qui permettent d’adapter des objectifs d’autres gammes voire de marques différentes sur certains modèles). Il en va de même pour l’existence d’accessoires optionnels tels que les flashes cobra externes, les viseurs d’appoint ou les micros.

> Le choix Focus Numérique : Micro 4/3
Dans ce domaine, le format Micro 4/3 (Olympus, Panasonic) s'avère le plus complet au niveau des optiques. Attention, les flashes et certains accessoires ne sont pas compatibles entre les deux marques. En outre, il existe pléthore de bagues pour adapter des optiques venant de "mondes" différents (Nikon, M42, CCTV...). Notez que seul Olympus propose un système de stabilisation intégré par déplacement du capteur, qui permet de stabiliser toutes les optiques disponibles.
Pour les autres formats, les gammes s'étoffent petit à petit, mais restent beaucoup moins complètes. Notez que le format NX de Samsung bénéficie d'un bon choix d'optiques extra plates (16 mm f/2,4, 20 mm f/2,8, 30 mm f/2) et des optiques fixes (60 mm macro f/2,8 et 85 mm f/1,4).

4- La conception physique du matériel

La construction est un critère fondamental lors du choix d’un boitier puisqu’elle définit à la fois son poids, son encombrement et sa solidité. La conception physique participe également de manière très importante à l’ergonomie générale de l’appareil : elle conditionne la qualité de la préhension, la position, la taille et la sensibilité des boutons et de l’écran qui permettent son pilotage. Le type d’instrument de visée (viseur ou écran seul), sa qualité (définition, luminosité, et dégagement oculaire s’il s’agit d’un viseur) et ses éventuelles possibilités d’orientation jouent aussi un très grand rôle non seulement dans le potentiel, mais également dans le confort d’utilisation d’un COI.

> Le choix Focus Numérique : Sony NEX-7
Sony NEX-7 test review
Boîtier haut de gamme, le Sony NEX-7 propose une fabrication sérieuse et un équipement complet. Vous trouverez donc un excellent viseur électronique (1024x768 pixels, assez bonne dynamique), un écran 920 000 points inclinable, 3 molettes de réglage, une poignée confortable, un flash intégré, une griffe flash/accessoire. Il ne manque qu'une connectique un peu plus développée (synchro flash, GPS) pour parfaire le tout.
Panasonic offre également un bon niveau d'équipement avec les G3/GH2 de Panasonic qui disposent également de bons viseurs électroniques, d'écran orientables (et tactiles) et une poignée bien dessinée. 

5- La réactivité

Rien ne sert de posséder un appareil à la qualité d’image superlative si la scène que vous souhaitiez photographier a changé au moment du déclenchement. Là encore plusieurs éléments sont à prendre en compte : la rapidité et la qualité de l’autofocus (les différences deviennent en général de plus en plus importantes à mesure que la luminosité diminue) ainsi que la vitesse lors de la mise en route. Pour les amateurs de photographie d’action (sport, photographie animalière, …) la cadence de la rafale constitue également un critère déterminant.

> Le choix Focus Numérique : Sony NEX-5N
Sony NEX-5N test review
Ce critère est sans doute le plus délicat, car il convient de prendre en compte plusieurs éléments. Sur la partie autofocus, les modèles Panasonic sont les plus rapides quelles que soient les conditions de lumière. La mise au point est rapide et silencieuse. Pour la cadence rafale, les nouveaux Nikon 1 sont alléchants sur le papier avec des rafales capables de monter jusqu'à 60 i/s. Mais en pratique, la mémoire tampon est limitée à 30 images et donc 1/2 seconde d'enregistrement ce qui s'avère souvent très (trop) court. Il est possible de baisser la cadence à 10 i/s (sur 3 secondes donc) avec un suivi AF. Il n'y a pas d'équivalent chez les autres marques. Les Sony NEX-5N ou NEX-7 propose bien des cadences à 10 i/s, mais l'AF et l'exposition sont bloquées sur la première image. Toutefois, Sony utilise ce mode rafale à bon escient en proposant un mode panoramique à main levée ou des fonctions HDR / 3D intéressantes. Reste le temps de mise sous tension. La plupart des modèles Panasonic, Olympus, Sony et Samsung se tiennent dans un mouchoir de poche sous la seconde. Seuls les Nikon 1 et le NEX-7 sont sensiblement plus lents. 

6- L’interface

Avant dernier critère de cette liste, mais non des moindres, la correspondance de l’interface avec votre utilisation détermine pour une très large part le résultat final. En effet, si vous ne pouvez accéder simplement et rapidement aux fonctions dont vous avez besoin, l’image obtenue ne correspondra pas à vos attentes. Là encore, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte : en plus de la conception physique que nous avons déjà abordée, la clarté et l’organisation des menus, les choix des fonctionnalités attribuées aux boutons et la possibilité de paramétrer certains d’entre eux jouent un rôle fondamental.

> Le choix Focus Numérique : Panasonic GX1
Panasonic GX1 test review
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Comparer les prix
Les Panasonic GX1, G3 et GH2 offrent une interface graphique simple et fonctionnelle à défaut d'être élégante. Nous apprécions l'écran tactile qui permet de modifier des paramètres directement sur l'écran et les nombreux raccourcis sur le boîtier, ainsi que la molette cliquable (malheureusement un peu trop petite). Une touche iA permet en outre de passer en mode tout automatique en cas de panique. Les modèles Olympus souffrent d'une interface graphique un peu trop alambiquée et les NEX (hormis le NEX-7) nécessite une étape de personnalisation avant de devenir complètement opérationnel et le zoom 100% en lecture devient rapidement agaçant. Le Pentax Q est, dans ce domaine, intéressant puisqu'il reprend en bonne partie l'ergonomie des reflex de la marque qui sont un modèle du genre.

7- L'encombrement

C'est un critère important, voire essentiel, puisqu'il s'agit de la principale promesse annoncée par les constructeurs : un volume largement moindre comparé aux reflex. Si globalement la cure d'amaigrissement des boîtiers est importante (la plupart des boîtiers sans objectifs tiennent dans une poche de veste), le gain est beaucoup plus mitigé lorsque vous visser une optique transstandard du type 14-42 en Micro 4/3 ou 18-55 mm en monture E ou NX. Pas question d'avoir le kit complet en poche et un petit sac est indispensable. A moins d'utiliser une optique fixe dans un format panecake, difficile d'affirmer qu'un COI est plus facilement transportable à l'exception notable du Pentax Q, malgré là aussi, une optique assez volumineuse. Une première ébauche de solution est toutefois présentée par Panasonic avec le Powerzoom 14-42 mm motorisé et rétractable. Ce zoom 3x est réellement compact (équivalent

> Le choix Focus Numérique : Panasonic GF3X ou GX1 avec Powerzoom 14-42 mm f/3,5-5,6
Panasonic Powerzoom 14-42 mm
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Plus qu'un boîtier, c'est une optique que nous mettons ici en avant le Panasonic Powerzoom Vario X 14-42 mm f/3,5-5,6. Le zoom motorisé au format Micro 4/3 s'adapte naturellement sur les boîtiers Pen d'Olympus, mais s'avère assez cher à l'achat (environ 400 euros). De plus, la stabilisation optique ne sera pas disponible avec les appareils Olympus, qui disposent d'une stabilisation mécanique par déplacement du capteur. Pour un primo accédant, l'achat en kit est donc un excellent choix.
Naturellement, le Pentax Q est également un bon choix pour qui recherche avant tout un boîtier compact, mais il faudra alors prendre en compte la taille du capteur nettement inférieure à la concurrence, le parc optique limité, le mode vidéo sans autofocus...





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