Les fêtes de fin d’années et les cours week-end en famille sont de bonnes occasions d’emporter avec soi un compact. On se dit que les photos, quoique toujours plaisantes à faire ne méritent peut être pas systématiquement que l’on sorte le lourd et encombrant reflex traditionnel avec ses optiques toutes plus lumineuses les unes que les autres.

L'année 2012 débute plutôt bien avec un X10 et une coupe de champagne !

Cette recherche de compacité explique en partie le succès des hybrides. Toutefois, le choix des objectifs peut s'avérer problématique et emporter plusieurs optiques, aussi petites soient-elles, ramène à néant l’argument de la compacité et de l’encombrement.

Une des solutions : le compact. Longtemps ces derniers ont marqué le pas en terme de qualité par rapport à de classiques réflex, mais ils avaient pour eux l’argument de la discrétion, de la facilité d’usage et de la polyvalence. De nombreux pros se servent de certains modèles comme de bloc-notes et certaines marques proposent dans cette catégorie quelques ténors à la fiche technique et à la qualité d’image intéressante.
Si l'année 2011 a été assez pauvre en réflex, les choix de compacts haut de gamme n'a jamais été aussi étoffé et malgré la morosité ambiante une marque aura créé le buzz cette année : Fujifilm. Fort de longues années d'expérience dans le domaine des compacts et des bridges la marque a sorti coup sur coup deux appareils extrêmement attendus auprès des passionnés : le X100 et le X10. Si ce dernier ne propose qu'un capteur de compact par rapport à son aîné doté, lui, d'un capteur APS-C, le X10 a l'avantage de proposer un zoom x4 et d'être sur le papier plus polyvalent. Nous avons donc décidé de l'emporter avec nous pour les fêtes de fin d'année afin de visiter Nantes et ses environs.

Marque : FUJIFILM
Modèle : X10
Vitesse : 1/60 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 2000 ISO
Focale : 7.1 mm, décalage expo : -0.67 IL

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Grue Titan à l'heure bleue sur l'Ile de Nantes

Prise en mains

Dés la prise en main le X10 impressionne. Ni par ses dimensions 117 x 69,6 x 56,8 mm (le X10 reste paradoxalement un «gros» compact) ou son poids de 350 g batterie incluse, mais par sa finition.
Le revêtement en similicuir accroît le sentiment de posséder un objet luxueux et la prise en main est confortable. Surtout grâce au bossage avant et au renfoncement arrière permettant de caler respectivement le majeur et le pouce. L'index se pose naturellement sur le déclencheur. Le design, très réussi s'inscrit dans la pure tradition néo-rétro (bobo ?) initié par l'Olympus EP-1 et Fuji propose là un coup de crayon qui relègue au cabinet des curiosités quelques concurrents pourtant tout aussi massifs.

Une fois en main on cherche le commutateur on/off, celui-ci est en fait situé sur la bague de zoom, elle-même manuelle, pour une meilleure précision de cadrage. Un outil pratique à l'usage et déjà vu sur certains bridges de la marque. Le mode lecture s'active en maintenant la flèche verte appuyée pendant 3 secondes.  Le temps d'allumage est trop long. Comptez pas loin de 4 s entre le moment ou vous retirez le bouchon et la première prise de vue...
L’arrière de l’appareil est parsemé de touches de raccourcis permettant de trouver rapidement ses réglages et leur emplacement est sensiblement le même que sur le X100. Notez que certaines touches cumulent deux fonctions différentes que vous soyez en mode de prise de vue ou en mode lecture. Une molette de pouce permet d’ajuster le temps de pose et l’ouverture du diaphragme en mode semi-manuel, mais aussi de zoomer directement à 100% en mode lecture.

La si précieuse touche AEL de mémorisation d’exposition est bien présente et permet de rassurer certains photographes. Sur le dessus de l’appareil on trouve une touche FN programmable, une molette de compensation d'exposition sur + ou - 2ev ainsi que l’habituelle molette des modes de prise de vue couplant les fonctions auto EXR, Adv, Movie, Scènes et PASM.

Marque :
Modèle :
Vitesse : s, ouverture :
Sensibilité : ISO
Focale : 7.1 mm, décalage expo : -0.67 IL

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La mesure AEL du X10 a permis d'exposer correctement le visage du violoniste

Les molettes ont un verrouillage ferme, excepté la roue codeuse arrière au mouvement un peu trop mou et à la réactivité trop lente.  Fuji a intégré un viseur optique lumineux et clair qui permet de cadrer environ 85% de la scène, mais sans aucune indication de mise au point. Le cadre de visée est trop imprécis et varie en fonction de la distance de votre sujet, les problèmes de parallaxe n'étant pas corrigés. En outre, l'objectif est visible dans le coin droit en position grand-angle. Nous sommes très loin du confort assuré par le viseur hybride du X100. Le prix n'est effectivement pas le même non plus.

En revanche la visée sur écran est bien à 100% et toutes les indications nécessaires à la prise de vue sont présentes. L’une des pièces maîtresses du X10 est sans doute son zoom manuel, la bague est fluide, précise et propose une plage allant du 28 à 112 mm avec une ouverture glissante de f/2 à f/2,8. Aucun jeu dans la bague ne perturbe son utilisation. Une bague de mise au point aurait été un plus utile dans certains cas.

Marque : FUJIFILM
Modèle : X10
Vitesse : 1/52 s, ouverture : f/4.0
Sensibilité : 100 ISO
Focale : 7.1 mm, décalage expo : 0 IL

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Bien que l'encombrement soit encore trop important, le X10 s'emporte n'importe où et s'avère un parfait compagnon pour la photo de rue.
 
Globalement donc le X10 est un compact haut de gamme et sa prise en main est rassurante. Son désign néo-rétro lui confère une certaine «aura» et à l’usage le photographe prendra vite ses repères. Fuji propose ici un objet qui créer une passerelle cognitive entre l'objet photographique et la scène photographiée. Une fois en mains, le possesseur oublie qu'il s'agit d'un « compact » et cède au coup de cœur : un appareil que l'on trouve beau sera un appareil que l'on aura plus souvent sur soi et avec lequel on aura plaisir à photographier.

Écran / Menus

Le X10 est doté d’un écran TFT 7,1 de 460,000 points. Les contrastes sont correctement gérés, l’image est bien définie et même par forte luminosité il reste agréable à utiliser. Bien que sous certains angles quelques reflets perturbent la visée. Au pire, il reste la visée optique. Toutefois, comme mentionné un peu plus haut cette dernière ne nous à pas convaincu, car elle reste trop imprécise (il est toutefois bien meilleur que les viseurs des P7100 de Nikon ou des G12 de Canon...). L’écran n’est pas articulé au contraire des Canon G12 et Nikon P7100 et un renflement trompeur existe entre le dos du boîtier et l’écran ce qui fait « perdre » quelques inutiles mm d’épaisseur.

Les menus sont à priori divisés en deux parties distinctes, la première concerne la prise de vue et l’autre les réglages de l’appareil en lui même. Reste certaines incohérences comme le réglage du Raw dans le deuxième onglet ou celle de l'autorisation d'utilisation du flash externe dans le premier.

Fujifilm X10 test review exemple image
Il est possible de se concocter un mode de prise de vue personnel, ici: 1600 iso, carré, NB

L’appareil propose pléthore de réglage de prise de vue, un réglage du cadre 4:3, 3:2, 16:9 ou 1:1, les modes de rendus Provia, (Standard), Astia (Doux), Velvia (Saturé), Noir et Blanc avec filtre GRY, une compensation des ombres et des hautes lumières et surtout un mode EXR qui permet d’accroître la dynamique sur 4 paliers. Il est aussi possible de se concocter deux types de réglages personnalisés et de les enregistrer dans les modes C1 et C2 . Comme sur les compacts experts de la marque il existe aussi différents modes permettant au choix de réduire le bruit à la prise de vue en combinant plusieurs images, de créer un effet de flou de faible profondeur de champ sur un arrière-plan et de réaliser des panoramas sur 120°, 180° et 360° par balayage. Un tableau de fonctionnalités très complet auquel il ne manque selon nous que des «filtres artistiques» (traitement croisé, tilt shift, nb granuleux... ou encore des HDR sur 3 vues). Olympus reste une des seules marques à proposer ces types de rendus sur JPeg et sauvegarder le raw original.

Fujifilm X10 test review exemple image panorama 180°
Le château de Nantes en panorama 180° par balayage

Fujifilm X10 test review exemple d'image panorama 360°
L'ancienne fabrique de glace en panorama par balayage sur 360°

Fujifilm X10 test review avis
Avec une dynamique poussée à 1600% on récupère facilement de l'information dans les hautes et basses lumières

Fujifilm X10 test review avis exemple basse lumière
Le mode de réduction du bruit par combinaison d'images est efficace (ici 3200iso), mais ne s'applique qu'aux sujets fixes (notez une légère surexposition absente dans les autres modes)

Fujifilm X10 test review avis mode adv flou arrière
Le mode adv portrait pro permet de simuler des flous d'arrière-plan.
 
Globalement les fonctionnalités proposées par le X10 sont donc nombreuses et intéressantes. Sur le terrain, il est très agréable de balayer le paysage pour composer son diaporama ou jouer avec les différents rendus d'image. Néanmoins, le mode de réduction du bruit même s’il reste efficace ne nous a pas convaincus, car il oblige à prendre plusieurs vues successives. La navigation quant à elle reste rapide et fluide, mais la logique des menus manque de cohérence. Il est préférable de savoir à l'avance dans quel onglet se trouve l'option à modifier et il aurait mieux fallu créer des sous-menus plutôt que de proposer une succession de pages d'option.

Autofocus

Le Fujifilm  X10 propose un module AF à détection de contraste avec mesure de lumière TTL sur 256 zones. L’AF se montre véloce et rapide dans quasiment toutes les circonstances. En plein jour ou sous forte luminosité, aucun problème notable n’est à signaler, en revanche si la lumière vient à manquer, il arrive que l’autofocus patine ou manque sa cible, mais ... les cas sont rares. Il a même été possible de réaliser quelques filés, un exercice pourtant difficile avec un compact, car l'AF a détection de contraste a tendance à facilement décrocher des sujets mouvants. Le temps de latence entre la pression du déclencheur et la prise de vue est quasiment inexistant et l’autofocus s’est montré fiable sur la majorité des prises de vue. Notez que la rafale permet de capture jusqu'à 7 i/s en pleine définition et 10i/s en définition réduite.

Marque : FUJIFILM
Modèle : X10
Vitesse : 1/60 s, ouverture : f/2.2
Sensibilité : 1000 ISO
Focale : 7.6 mm, décalage expo : 0 IL

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Filé en mode AFS

Fujifilm x10 test review avis flou filé
Filé en rafale et AFC
 
Par ailleurs la distance de 1 cm de mise au point du mode « Super Macro » permet de composer quelques images intéressantes. Nous ne nous lassons pas de jouer sur les mises au point rapprochées et de jouer sur les flous d'arrière-plan engendré. Un pis allez contre la « petitesse » de son capteur. À l'usage l'AF de ce «bloc note haut de gamme » s’est montré tout à fait convaincant et rares sont les cas où sa vélocité est prise en défaut.
 
Marque : FUJIFILM
Modèle : X10
Vitesse : 1/150 s, ouverture : f/4.0
Sensibilité : 400 ISO
Focale : 8.9 mm, décalage expo : -0.33 IL

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Le mode Super Macro permet de se rapprocher jusqu'à 1cm de son sujet.

Marque : FUJIFILM
Modèle : X10
Vitesse : 1/90 s, ouverture : f/2.0
Sensibilité : 1600 ISO
Focale : 7.1 mm, décalage expo : 0 IL

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En jouant avec le trio distance de mise au point-focale-distance de l'arrière-plan, il devient possible de créer des arrière-plans crémeux.

 


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