Lancé en 2008, le Panasonic AG-HMC71 est un caméscope d'épaule vendu 2200 euros en gamme professionnelle. Un prix relativement modeste sur ce segment certes, mais ne vous y trompez pas. Sous sa carapace "pro", le HMC71 cache un coeur de caméscope "grand public".

panasonic AG-HMC71 test review
 


Positionnement marketing
Alors que le caméscope d'épaule était encore très présent sur le marché grand public à l'époque glorieuse de l'analogique dans les années 80-90, celui-ci a totalement disparu avec l'avènement du MiniDV. Ceux qui étaient réfractaires au caméscope de poing devaient se tourner vers le marché professionnel avec des modèles d'entrée de gamme à 10 000 euros.

En 2007, Sony répond à cette clientèle indépendante en quête du caméscope d'épaule "lowcost" avec le HVR-HD1000 à 2000 euros. L'année suivante, c'est au tour de Panasonic d'annoncer l'AG-HMC70 qui est commercialisé depuis le printemps 2008 en Europe sous l'appellation AG-HMC71.

Avec cette caméra d'épaule Panasonic vise deux types de clients. Le caméraman freelance qui filme les mariages et les écoles qui veulent s'équiper d'un appareil à la fois simple, pas trop cher et semi-professionnel. Le HMC71 répond à ce cahier des charges en intégrant des réglages simples, un support d'enregistrement pratique et répandu (la carte SD), le tout dans une boîtier pro (prises XLR et BNC).

Prise en mains
Comparé aux caméras d'épaule broadcast dont la masse atteint 7 à10 kg, le HMC71 est relativement compact (43 cm) et léger (2,7 kg) . Il ne fera d'ailleurs pas illusion face à des professionnels de l'image qui remarqueront son diamètre d'objectif très étroit (43 mm) et sa finition en plastique un peu "chip". Mais c'est surtout l'absence de bagues manuelles qui pose problème et trahit les gênes "grand public" du HMC71. Les professionnels bouderont la mise au point avec des boutons flèches sur le flanc de la caméra en lieu et place d'une bague de focus.

Ayant testé la caméra lors d'un reportage au Bourget, j'avoue que tourner en mode automatique durant une journée réduit considérablement la marge de manoeuvre pour jouer sur la profondeur de champ.

La HMC71 tenue à l'épaule ou en contre-plongée


Une épaulière trop légère ?
Le HMC71 possède une large poignée permettant de le transporter facilement, mais aussi de filmer en contre-plongée avec l'écran ou le viseur relevé. Pour autant la stabilité de la caméra n'est pas évidente. La légèreté du boîtier ne permet pas vraiment de s'appuyer sur l'épaule pour amortir les tremblements. Et le stabilisateur d'image optique ne s'est pas révélé très efficace. Bref, cette ergonomie d'épaule ne dispense pas de l'usage d'un trépied.

Pour le contrôle de l'image, le viseur est assez énorme (une marque de fabrique chez Panasonic). Il est affublé d'un gros oeilleton en caoutchouc bien que le moniteur lui-même ne soit pas très grand. Un mécanisme permet de l'ajuster à droite ou à gauche devant votre oeil. Très appréciable est l'écran couleur de 251 000 pixels pour une taille de 3 pouces (7cm) qui fournit une très bonne qualité d'affichage.

La (petite) batterie fournie est une VW-VBG260 autorisant facilement 3 heures d'utilisation (en alternant arrêt, redémarrage, enregistrement, veille). Une griffe porte-accessoires est présente pour ajouter un micro ou une minette.

 

Capteurs triCCD
Le HMC71 intègre trois capteurs CCD 1/4 de pouce de 560 000 pixels dont 520 000 effectifs en vidéo. Cette configuration rappelle celle de nombreux caméscopes grand public dont les capteurs plafonnent entre 1/6 et 1/4 de pouce. Pour l'anecdote, Panasonic a repris la même architecture CCD que celle du HDC-SD1 (photo à droite) vendu en gamme grand public en 2007.

Enregistrement sur carte SD / SDHC
Malgré une coque arrière imposante, la caméra ne renferme aucun logement pour cassette. Panasonic a opté pour son support de prédilection : la carte SD. Elle se loge dans un slot situé sur le flanc, protégé par une trappe en plastique. De ce point de vue, l'installation est nettement plus simple et rapide qu'une cassette. Pour ce test, j'ai utilisé une carte Transcend de 8 Go (classe 6 à 150x) qui m'a permis de filmer jusqu'à 1h20 en qualité maximale. Dans le commerce, le HMC71 est vendu avec une carte SD de 2 Go.


La qualité d'encodage est débrayable sur trois modes : HF, HN et HE. Plus le débit est faible, moins la vidéo occupe d'espace mémoire, et plus la durée d'enregistrement sera longue. Une carte SD de 2 Go est fournie avec la caméra et permet les autonomies suivantes :
- HF Mode (13 Mbps) : 20 min
- HN Mode (6 Mbps) : 30 min 
- HE Mode (6 Mbps) : 45 min

Format AVCHD
Le HMC71 filme en AVCHD (codec H.264) sur une résolution de 1440x1080 pixels et un échantillonnage 4:2:0. En mode HF (la meilleure qualité) le débit est de 12 Mbps ce qui n'est pas du luxe. Des caméscopes "amateurs" comme le Canon HFS10 (1500 euros) restituent le double avec un débit de 24 Mbps. Or, plus le débit est grand et plus l'image est précise.

Qualité d'image
L'allumage s'effectue très simplement par une molette située sous le pouce à l'avant droit de l'appareil. On y trouve également le bouton Rec et la commande de zoom. En extérieur, le HMC71 restitue des couleurs équilibrées et gère bien les scènes surexposées au soleil (comme c'était le cas au Bourget). Bien que le débit de 12 Mbps soit moyen, l'image témoigne d'un bon piqué qui ne dénotera pas face à un caméscope HDV. En intérieur, la sensibilité n'est pas excellente (seuil annoncé de 6 lux). Mais tant que la lumière est suffisante, l'image reste très correcte. Vous filmerez sans problème dans une mairie ou un hall d'hôtel sans bruit sur l'image. Les choses seront plus ardues dans une église éclairée à la bougie.

La molette d'allumage (à gauche) et la commande de zoom sur la poignée (à droite)

Le bloc optique est signé Leica. Ne voyez pas ici un signe d'exception au niveau de la qualité, mais plutôt un argument marketing. Panasonic labellise une grande partie de ses caméscopes avec la griffe allemande à l'instar de Sony avec ses optiques Carl Zeiss. L'objectif est surmonté d'un gros pare-soleil histoire d'en mettre plein la vue à l'entourage bien que le diamètre du filtre (43 mm) soit plutôt modeste. Le bloc renferme un stabilisateur d'image optique et un zoom optique couvrant une focale de 38-462 mm en 24x36. Le champ de vision n'est donc pas "grand-angle" mais il est suffisamment large pour obtenir des plans panoramiques intéressants. La commande de zoom est à vitesse progressive, mais elle manque de sensibilité. Du coup on ne sait pas très bien à quel moment le zoom va démarrer quand on appuie doucement. Pour vous faire une idée de sa puissance, voici deux vidéos filmées lors du salon du Bourget. La première permet d'évaluer la puissance du zoom 12x, la seconde la qualité d'image en intérieur (ainsi que le son du micro interne) :

Menu et réglages
L'ergonomie des réglages est assez spartiate. L'accès s'effectue par un bouton Menu et la navigation avec des boutons flèches peu pratiques. Les rubriques sont sommaires. On peut modifier la qualité d'encodage, activer la fonction Zebra et choisir parmi 3 types de marqueurs sur l'écran : des lignes horizontales (horizontal) , une grille sur trois colonnes (grid), ou un cadre 4:3 si vous montez le film dans ce ratio.








Connectique professionnelle
Hormis sa tenue d'épaule, la principale valeur ajoutée du HMC71 est sa connectique. Panasonic a intégré des sorties analogiques composante (Y, Pb, Pr) et composite de type BNC pour la vidéo. Situées sur le flanc droit de la caméra, elles permettent de la raccorder à des moniteurs broadcast. Une prise USB est prévue pour le transfert des clips sur un ordinateur.

On trouve également une sortie numérique HDMI cachée sous un volet à l'avant pour connecter la caméra sur un téléviseur plat HD. Elle permettra également de récupérer le signal HD non compressé vers un magnétoscope ou une station de montage via un boîtier de conversion. À noter que cette prise HDMI est standard et non pas "mini" comme sur la majorité des caméscopes grand public.

Le son n'est pas en reste. Une prise casque, deux prises XLR et deux sorties RCA situées à l'arrière permettent de brancher un micro professionnel ou un périphérique audio avec alimentation Phantom 48 Volts. Enfin, une prise micro mini-jack est intégrée à l'avant.

Les prises audio XLR (à gauche) et les prises vidéo BNC (à droite)


Le réglage des sources audio s'effectue via un panneau de contrôle situé sous l'écran LCD. On dispose de deux molettes pour régler manuellement l'intensité de la source selon les canaux d'entrée (CH1, CH2). Un interrupteur permet de commuter entre le micro intégré à l'avant (Front) ou à l'arrière en XLR (Rear).

Le panneau des réglages audio est situé derrière l'écran LCD

Montage des clips
L'AVCHD est un format particulièrement difficile à manipuler en post-production. Panasonic a anticipé la galère en proposant au téléchargement gratuit le logiciel AVCHD Transcoder de MainConcept : https://eww.pavc.panasonic.co.jp/pro-av/support/desk/e/download.htm#avchd

Ce soft convertir vos rushes AVCHD au format DVCProHD qui est plus lourd (débit 100 Mbps), mais nettement plus fluide pour le montage. Lors du test, j'ai converti 4,25 Go d'AVCHD en 39 Go de DVCProHD. Ce dernier est en principe accepté par la plupart des solutions de montage professionnelles (à l'exception notable de Vegas Pro 9).

Le logiciel AVCHD Transcoder convertit l'AVCHD en DVC Pro HD


Attention, les clips ne peuvent être reconnus par le logiciel que s'ils sont importés depuis la caméra (et non après avoir copié les clips sur un disque dur).

Panasonic versus Sony
Le Panasonic AG-HMC71 est en concurrence directe avec le Sony HVR-HD1000. Ce sont deux caméscopes d'épaule vendus à moins de 2000 euros. Le choix assez difficile pour le consommateur puisque chaque modèle a un avantage décisif. Le HMC71 possède des prises XLR et le HD1000 une bague de focus manuelle, deux éléments indispensables à une caméra professionnelle. Sony et Panasonic n'ont visiblement pas voulu empiéter sur leur gamme professionnelle. Si l'usage d'un micro professionnel est primordial, optez pour le Panasonic.

Le Sony HVR-HD1000 (à gauche) concurrent du Panasonic AG-HMC71



Le verdict
Le HMC71 est un petit caméscope monté dans une grosse coquille sans doute à moitié vide. Qu'importe, son gabarit est justement sa raison d'être. Doté d'une connectique professionnelle très complète, mais dépourvue de bague d'objectif et souffrant d'une ergonomie très spartiate, le HMC71 est résolument entre deux chaises. Inutilement encombrant pour l'amateur et trop bridé pour le professionnel, il risque de décevoir les deux parties.


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