En parcourant le menu de votre caméscope ou de votre appareil photo, vous remarquerez sans doute un chiffre associé à une lettre dans le choix de la qualité vidéo : 50i, 25p, 24p ou 50p. Ces chiffres correspondent à la cadence d'images ou de trames par seconde et la lettre au type de balayage. Par exemple, le 50i désigne 50 trames par seconde en balayage entrelacé (i pour interlaced en anglais) et 25p correspond à 25 images pleines par seconde en balayage progressif (p).

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Menu du Canon XA10 proposant le 50i et le 25p. Menu du Sony HXR-NX70 proposant le 50p, le 50i et le 25.

Balayage progressif et balayage entrelacé, quelle différence ?

Mais ces chiffres ont-ils une incidence sur la qualité d'image ? Tout dépend de votre diffusion. Durant de nombreuses années, le 50i était le seul standard proposé dans les caméscopes, car les téléviseurs à tube fonctionnaient sur un balayage entrelacé pour afficher l'image. Chaque seconde, une trame impaire (demi-image) entrelaçait une trame paire pour donner 50 demi-images par seconde. Mais l'arrivée des moniteurs plats informatiques puis des téléviseurs LCD a changé la donne. Ces derniers fonctionnent en effet avec un affichage progressif c'est-à-dire avec des images "pleines" (et non plus des "demi-images"). Ainsi, lorsqu'une vidéo en 50i (entrelacé) s'affiche sur un écran plat on remarque un effet de "peigne" peu esthétique sur les mouvements rapides. C'est la raison pour laquelle le mode progressif 25p s'est imposé dans les appareils photo et les caméscopes pour se conformer au balayage des écrans actuels.

exemple image 1080 50i image filmée en 50p
Image filmée en 1080/50i. Image filmée en 1080/50p.
exemple image 1080 50i détail image filmée en 50p détail
L'effet de "peigne" trahit l'entrelacement de l'image sur un moniteur avec une image en mouvement. En mode progressif, aucune "rayure" n'apparait en mouvement puisque l'image est "pleine".

Désentrelacer sa vidéo pour le web

Pour une diffusion web ou sur écran plat, une vidéo en 50i doit subir un désentrelacement qui supprime l'effet de peigne sur les mouvements. Cette opération s'effectue généralement à la fin du montage en supprimant une trame sur deux (lignes paires ou lignes impaires). Les logiciels le font automatiquement en créant un master en 25p. Ainsi, toutes les vidéos publiées dans nos tests de caméscopes sont préalablement encodées en 25p avant d'être téléchargées sur vimeo.com. Le film perd légèrement en qualité puisqu'une ligne sur deux est supprimée, mais l'écart est quasiment imperceptible pour une diffusion sur Internet.

Note : Certains caméscopes filment en 50i sans pour autant subir l'effet de peigne sur les mouvements rapides, pourquoi ? C'est le cas du Sony NEX-VG10 qui filme en 1080/50i, mais qui possède un capteur photo APS progressif. L'image est donc captée nativement en mode progressif puis entrelacée à la compression AVCHD.

La mort annoncée du 50i

Reste une question : pourquoi certains fabricants maintiennent le 50i ? En fait, le 50i reste présent, car il offre une fluidité que ne possède pas le 25p. Prenons l'exemple du Canon 5D Mark II qui ne filme qu’en 25p ou 24p. Dès que l'appareil bouge trop vite sur des panoramas, on remarque une légère saccade. En 50i ce problème n'existe pas, car il y a deux fois plus d'images même s'il ne s'agit que de "demi-image". Le 50p est donc ce qu'il y a de mieux aujourd'hui, car il associe la fluidité des 50 images à un mode progressif. Et si peu de produits l'ont adopté aujourd'hui c'est parce que la vidéo Full HD 1080/50p nécessite beaucoup de débit. A terme le 50i est néanmoins amené à disparaitre puisque l'intégralité de la chaîne de production vidéo s'effectue en progressif, parallèlement à la disparition des téléviseurs à tube.

Tableau récapitulatif

Cadence/Balayage 50i
25p 24p 50p
Avantage Bonne fluidité d'image pour les plans en mouvement (reportage-news). Texture d'image très "télévisuelle". Adapté à la diffusion web, sur ordinateur ou téléviseur plat. Texture d'image "mate". Utilisé en production cinéma. Texture "mate" de l'image. C'est la cadence historiquement utilisée pour le cinéma. Convient à tout type de production pour une diffusion web, téléviseur plat ou ordinateur. Excellente qualité.
Inconvénient Effet de peigne sur les mouvements lors d'une diffusion sur moniteur informatique. Saccades sur les mouvements rapides de caméra. Saccades sur les mouvements rapides de caméra. Nécessite une station de montage bien musclée, car les fichiers sont plus "lourds".
Exemple de produit
Canon XA10
1080/50i/25p

Canon 5D Mark II
1080/25p/24p

Sony HXR-NX70
1080/50p/25p/50i

Rappel :

Balayage entrelacé : Il consiste à effectuer le balayage de l'image non pas dans l'ordre naturel des lignes, mais de façon entrelacée. Les lignes impaires sont balayées d'abord pour former une première trame, puis vient le tour des lignes paires, qui tracent une seconde trame. De fait, le nombre de trames est deux fois plus élevé (50) que le nombre d'images (25). Et notre système visuel, avec la persistance rétinienne, se laisse "tromper" par ce procédé pour ne voir qu'une seule image.

affichage progressif : Il est universellement répandu en informatique, et utilisé en vidéo depuis quelques années en SD et en HD. Il affiche l'image en une seule phase, dans son intégralité (image "pleine"). À chaque instant, toutes les lignes de l'image sont présentes ce qui élimine le défaut de scintillement interligne propre au balayage entrelacé. En revanche la bande passante requise pour transmettre le signal progressif est deux fois plus élevée. Dans un premier temps, la solution retenue était consistait à choisir une fréquence image égale à environ la moitié de la fréquence trame. C'est ainsi qu'ont été définis les standards de production HD en 24p et 25p. Depuis peu, les caméscopes (et sans doute bientôt les appareils photo) basculeront vers le 50p qui est le nirvana de l'image HD.

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