Le 50 mm f/1,2 Ai-S est une optique "à l'ancienne". Robuste, lourde... on est à mille lieues de modèles plastic, et en main, ça se sent bien.  

comparaison nikkor 50 mm f/1,2 Ai-S et f/1,4G test review
Comparaison 50 mm Nikkor : f/1,4G à gauche et f/1,2 Ai-S à droite.

À titre de comparaison ce vieux 50 mm Ai-S est plus court que le AF 50 mm f/1,4G, mais plus lourd. Il utilise également des filtres vissés de 52 mm, là encore un standard plus fin que celui des optiques plus modernes. Par contre les nostalgiques seront ravis de voir que le cache livré avec ces optiques est l'ancien modèle Nikon, avec sa surface rugueuse bien plus jolie que les nouveaux caches standards. Haaa le bon vieux temps !

Nikkor 50 mm f/1,2 Ai-S test review avec son capuchon
Le bouchon "à l'ancienne" du Nikkor 50 mm f/1,2 Ai-S.

La bague de mise au point quant à elle est d'une précision redoutable. On la manipule sans effort, sans jeu. Pas de doute ce 50 mm à l'ancienne n'a rien à envier aux optiques allemandes prestigieuses en terme d'usinage et de fabrication. On est clairement dans le haut de gamme. 

La mise au point manuelle vous effraie ? Normal. Quand on n'a connu que le confort des optiques AF, on peut avoir peur de rater les 9/10 de ses photos. Mais les boîtiers Nikon ont deux avantages. Le premier est qu'ils disposent pour beaucoup d'un viseur grand et clair. Sur un sujet assez proche on voit facilement quand la netteté est bonne, et avec un peu de pratique on arrive à faire presque aussi bien qu'un AF, surtout sur des sujets en mouvement. Pour peu qu'on arrive à anticiper le mouvement et qu'on sache doser le tour de bague. Avec un poil de pratique, on est loin du ridicule. Et c'est sans compter sur le second atout maison: le télémètre électronique intégré aux boîtiers jaunes. 

Nikkor 50 mm f/1,2 Ai-S test review avec bague de mise au point, diaphragme et échelle des distances
Nikkor 50 mm f/1,5 Ai-S : une construction sans reproche.

Lors de la mise au point, deux informations sont renvoyées dans le viseur. L'exposition (pas disponible sur tous les boîtiers, les modèles d'entrée de gamme en étant habituellement dépourvus), et le point. Comme en visée AF, les barres vont vers la gauche ou la droite selon qu'on est sous-exposé ou surexposé. On jouera donc sur la vitesse de déclenchement (à la molette sur le boîtier) et sur l'ouverture (via la bague de réglage sur l'objectif) pour ajuster l'exposition. 

Nikkor 50 mm f/1,2 Ai-S test review
Nikkor 50 mm f/1,2 Ai-S baïonnette en métal

En bas à gauche, deux flèches et un rond apparaissent successivement (en schématisant, ça donnerait à peu près ça: > o < ). La flèche indique la droite ? Tournez la bague vers la droite... jusqu'à ce qu'à la place d'une flèche apparaisse un rond, synonyme de bonne mise au point. Il ne reste plus qu'à déclencher et on est net. Pour calculer la mise au point, l'appareil se cale sur le collimateur que vous choisissez dans le viseur. On peut donc construire son cadrage et le peaufiner calmement. Ou procéder bien plus vite et déclencher au jugé si le sujet l'exige. En tout cas la mise au point est bien plus facile qu'il n'y paraît. 
Nous allons voir un peu plus loin que ce 50mm semble mou à pleine ouverture. Les mires et les photos d'exemple le confirment. Mais pour être précis, il faut modérer un peu ce propos. Les photos de mire ont été faites au télémètre, avec un joli rond vert bien stable indiquant que selon le boîtier la mise au point était bonne.

Or, après plusieurs jours passés l'optique vissée au boîtier, il semblerait qu'on puisse obtenir un résultat décent à pleine ouverture pour peu qu'on ne fasse pas confiance au télémètre, et qu'on décale un peu la mise au point. Au lieu du point vert stable synonyme de bonne mise au point, on tourne d'un cheveu la bague vers la gauche pour que le point vert clignote et qu'une flèche apparaisse à droite. Méthode un peu artisanale... et guère pratique.

Et qui reflète en tout cas un point absolument certain: faire une bonne mise au point à pleine ouverture est un sport de haute précision, qui demande beaucoup de maîtrise  tant la profondeur de champ est faible. Mais ceci ne doit pas obscurcir le tableau: la mise au point manuelle est très facile, et à f/2 on arrive vite à faire un sans faute sur toutes ses photos, même sur des sujets gigotants (comme des enfants). 

Nikkor 50 mm f/1,2 Ai-S test review diaphragme 9 lamelles
Nikkor 50 mm f/1,2 Ai-S et son diaphragme à 9 lamelles.

Reste qu'utiliser une optique ancienne et totalement dépourvue d'électronique sur un reflex récent pose quelques problèmes annexes. Oh pas de problèmes d'image... mais quelques détails dérapent souvent. Sans microprocesseur dans l'optique, le boîtier doit estimer l'ouverture que l'on fixe à la bague. Et la différence entre f/1,2 et f/1,4 est trop petite pour que le boîtier l'estime bien à tous les coups. Donc l'affichage du reflex renvoie souvent f/1,4 alors qu'on est à pleine ouverture. Pas bien grave en-soi. De même les EXIF sont parfois fantaisistes et incomplets, l'optique y étant mal reconnue.

Mais Nikon fait les choses bien, et plusieurs boîtiers savent résoudre ce problème assez simplement. Dans le menu vous trouverez (si votre reflex le propose) un menu "Objectif sans microprocesseur". Il suffit d'y rentrer la focale et l'ouverture maximale et tout fonctionnera parfaitement. Les bonnes informations d'ouverture seront reportées sur le boîtier à la prise de vue, et dans les EXIF. Facile.

La mesure d'exposition

Si le 50 mm f/1,2 Ai-S fonctionne bien avec les boîtiers pro et experts, il n'en va pas de même avec les boîtiers d'entrée de gamme qui ne dispose pas de mesure d'exposition avec ce modèle Ai-S. Ainsi, les Nikon D40, D50, D60, D70, D80, D90, D3000 et D5000 ne peuvent s'utiliser avec les modes P,SA. Vous devrez donc régler manuellement l'exposition. Avec un reflex numérique, cela implique de pratiquer plusieurs essais et de modifier les réglages en fonction des images enregistrées. 

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