15 reflex Canon, 23 points de vue, environ cinquante personnes impliquées, 25 riders et une seule prise de vue pour 40 minutes de "ride" endiablées sur les quais de Seine à Paris en pignon fixe : c'est GhostRiders II. Nous vous invitons à découvrir les coulisses de cette production.

Ghost Riders  2
© Cyril Saulnier

Focus Numérique : Comment vous êtes-vous rencontré et comment est né ce clip ?

Les Darons (Anto Hinh-Thai & Jérémy Halkin) :  (Anto) Je suis photographe et j'ai rencontré Jérémy autour du vélo. (Jérémy) Je suis réalisateur depuis plus de 10 ans et effectivement, c'est le vélo qui nous a rapprochés. J'ai découvert cet univers et plus particulièrement le pignon fixe il y a 2 ans environ. j'ai été intrigué par un groupe de personnes qui gravitaient autour d'une boutique le Bicycle Store. Au fur et à mesure des rencontres et des discussions, des projets vidéos autour de la boutique sont nés dont le premier ghost rider. Anto faisait parti d'un groupe et a participé en tant que rider au premier clip, et l'idée d'un second Opus a fait son chemin.

Focus Numérique : Quel était le premier projet ?
Jérémy : Lors du premier Ghost Rider, nous avons investi le périphérique avec une direction artistique beaucoup moins poussée. 

Focus Numérique : Comment s'est déroulée la réalisation du clip ?
Anto : Nous avions une contrainte forte : nous n'avions le droit qu'à une seule prise ! La captation du clip n'a donc duré que 40 minutes en une seule prise et le ride n'a duré qu'environ 2x 20 minutes. Nous avons scindé l'enregistrement en deux parties, car nous devions transporter les différentes caméras. Le moindre grain de sable dans le déroulement aurait compromis l'ensemble de la production.
Jérémy : il y a eu ensuite une autre soirée de tournage pour la première partie du film qui se déroule sur le toit du Palais de Tokyo.

Ghost Riders  2, une partie est filmée sur les toits du Palais de Tokyo
Un vélo sur le toit...© Cyril Saulnier

Focus Numérique : Combien de personnes sont impliquées dans le projet ?
Anto : en tout une cinquantaine de personnes, entre l'équipe technique, les cadreurs, les maquilleurs, les riders sans oublier le soutien moral ! Diriger autant de personnes n'est pas franchement évident, d'autant plus que nous avions eu un peu de retard lors de la séquence de ride, le temps de régler les derniers problèmes et notamment l'éclairage des rouleurs avec les lampes Knog. Tout le monde s'impatientait.

Focus Numérique : Vous n'aviez fait aucun bout d'essai avant le grand plongeon ?
Anto : Oui et non. Nous avons bien sûr essayé les lampes, mais jamais dans les mêmes conditions et nous n'étions pas sûrs à 100% du résultat le soir même.

Focus Numérique : Comment avez-vous géré les lumières ?
Jérémy : à part les lampes Knog attachées sur le guidon des riders afin d'éclairer leurs visages, l'ensemble du clip est réalisé en lumière naturelle. Nous avions fait pas mal de repérage pour le tournage afin de nous assurer des différentes lumières. Le clip comporte en totalité près de 23 points de vue différents avec 3 caméras embarquées (2 dans une voiture et 1 sur une moto) et 10 caméras pour 2 plans fixes chacune.
Une semaine avant de tourner, nous avons réalisé un seul repérage avec un seul vélo afin de chronométrer le parcours, vérifier les lumières et finaliser l'emplacement des différentes caméras tout au long du trajet. Nous devions également voir comment réagissaient les gens lors du passage du vélo.

Ghost Riders  2, éclairage des visages avec des lampes Qnob
Les seules lumières rajoutées servent à éclairer les visages des riders. © Cyril Saulnier

Focus Numérique : Les préparatifs ont nécessité combien de temps ?
Jérémy : La production a pris environ un mois pour réunir les costumes, les maquillages et mettre en place toute la production.

Focus Numérique : Tu avais déjà tourné avec des reflex ?
Jérémy : depuis 1 ou 2 ans, je ne tourne pratiquement plus qu'avec des reflex. Ce qui est intéressant, c'est que GhostRider II est un excellent projet pour mettre en évidence les limites des réalisations au reflex avec toutes les problématiques : basse lumière, la mise au point et le rolling shutter.

Focus Numérique : Était-il impératif de tourner avec des reflex ?
Jérémy : Un impératif oui, dans la mesure où nous n'avions pas les moyens d'investir dans une vingtaine de caméras 35 ou 16 mm pour un projet comme ça. Nous avions également envie de jouer sur la profondeur de champ et d'opérer des ralentis. Nous aurions eu plus de moyens, nous n'aurions pas utilisé des reflex. Le rolling shutter est, dans notre cas, un très gros problème surtout sur nos prises de vue en mouvement. Il n'est pas possible de faire des panoramas.

Focus Numérique : Tu parlais de basses lumières, pour moi, les reflex sont justement bien plus sensibles que les caméras traditionnelles ?
Jérémy : Alors effectivement, les reflex sont excellents en basse lumière, mais nous avons été confrontés à un autre problème que nous ne soupçonnions pas : l'homogénéité de notre parc. Lorsque les reflex tournent en vidéo, la cellule d'exposition est sollicitée en permanence. Au bout de plusieurs mois d'utilisation intensive, il n'est pas rare que les cellules soient faussées et entrainent des modifications dans le rendu des images au niveau du bruit. Sur les 15 boitiers prêtés, certains sont neufs, d'autres accusent plusieurs mois de tournage. Au final, nous avons une qualité d'images très variable pour des conditions lumineuses équivalentes.

Ghost Riders  2, une équpe de riders impressionnante
Une équipe de riders impressionnante. © Cyril Saulnier

Focus Numérique : Vous avez travaillé avec quels boîtiers ?
Anto : Nous avions à notre disposition des Canon 5D Mark II et des 7D. Nous avons fait appel à nos connaissances pour regrouper tous les boîtiers sans passer par de la location.
Jérémy : les trois caméras embarquées étaient des 7D, car nous voulions pouvoir réaliser facilement des ralentis.
Anto : côté optique, nous avons beaucoup utilisé du 24-70 f/2,8, 85 mm, 100 mm macro et 50 et un 70-200 mm f/2,8. Nous avions besoin de grosses ouvertures.

Focus Numérique : Pourquoi le choix du noir & blanc ?
Jérémy : c'est avant tout un choix esthétique et artistique. Mais ce choix s'est révélé très pertinent pour le tournage de nuit. Les reflex délivrent en effet des images très contrastées avec des noirs très plaqués sur lesquels il est très difficile de revenir en postproduction pendant l'étalonnage. Les possibilités sont moindres qu'avec une caméra 35 mm ou avec un RED.

Focus Numérique : Vous avez utilisé quels réglages pendant le tournage ?
Anto : Pour la sensibilité ISO, tous les boîtiers étaient fixés sur 640 ISO. Pour la cadence, nous avons tourné la majorité des scènes à 25 i/s et seuls les ralentis ont été tournés à 50 i/s et donc uniquement avec les 7D.

Focus Numérique : Pour la mise au point, avez-vous utilisé des accessoires spécifiques ?
Jérémy : le principal problème bien sûr, reste la mise au point pour les caméras embarquées. Celles-ci étaient équipées de 85 et 100 mm. Celui avec le 85 mm disposait d'une crosse d'épaule et d'un follow focus. L'autre, au 100 mm, était à la main. C'était un chef opérateur confirmé et nous n'avons pas eu de véritables soucis. En outre, la perte de point dans les séquences en mouvement rajoute du dynamisme aux scènes. En pointe, les vélos roulent à 50 km/h.


L'équipe de tournage avant l'action. © Cyril Saulnier

Focus Numérique : Pour la visée, vous vous serviez uniquement de l'écran ?
Jérémy : Oui ! Dans notre configuration il était impossible d'embarquer des écrans de contrôle. Dans la voiture, nous étions coffre ouvert avec deux cadreurs et deux réalisateurs, ces derniers assurant à la fois la sécurité et la stabilité du cadreur. Nous n'avions donc aucun recul.

Focus Numérique : Comment gérer toutes les caméras à distance ?
Anto : comme nous étions à plus de 15 km de distance, il était impossible de communiquer par talkie-walkie. Nous avions donc une personne en charge de prévenir les différentes personnes par SMS !

Focus Numérique : Et pour la prise de son ?
Anto : nous avions un ingénieur du son et des micros HF dans les guidons.
Jérémy : Quelques jours avant de tourner GhostRider II, nous sommes allés voir Savoir Faire Record en leur demandant si un de leurs artistes pouvait être associé à notre projet.

Focus Numérique : Quelles sont les relations avec la boite de production ?
Anto : c'est une véritable collaboration et Gesaffelstein a réalisé un édit pour la vidéo.

GHOSTRIDERS II X GESAFFELSTEIN music video from Anto Hinh-Thai on Vimeo.

Vous pouvez également visionner le making of du tournage de GhostRider II.


GHOSTRIDERS 2 MAKING OF BY DOSBUSTER from DOSBUSTER on Vimeo.


PARTAGER
Contact Vie privée, Cookies Conditions Générales d'Utilisation