Le mois dernier, nous nous intéressions à la pupille d'entrée, au logiciel Autopano Giga, ainsi qu'à l'assemblage et l'utilisation de tête panoramique et rotule graduée. Cette fois-ci en guise de conclusion, nous vous proposons d'étudier les retouches dans Photoshop (ou un autre logiciel de retouche d’image) ainsi que la finalisation des panoramas. Nous parlerons donc de la post production, parfois nécessaire voire indispensable avant de diffuser son panoramique.

Retouche dans Photoshop (ou autre logiciel similaire)

Avant de parler de retouches à proprement parler, il nous paraît important avant tout de choisir son espace de couleur pour s'assurer une bonne gestion de la colorimétrie :

- Si vous souhaitez imprimer en haute définition votre image (tirage d’art), avec une imprimante jet d’encre par exemple, alors il vous faudra choisir un espace de travail colorimétrique bien spécifique : ProPhoto RGB. Cet espace colorimétrique est très vaste et bien adapté à l’impression papier en haute définition.


- A contrario, si votre panorama ne nécessite pas d’impression en haute définition, mais seulement un tirage « classique » (documents presse, carte postale, …) ou pour une utilisation web, préférez alors l’espace de travail sRGB. (commun aux imprimeurs ne faisant pas de gestion de couleurs).

Notez que dans le logiciel Adobe Photoshop, vous pouvez choisir l’utilisation des différents profils et espaces dans le menu Edition – Couleurs.

Dans certains cas (en fonction des logiciels d’assemblage utilisés) et après export de votre panorama assemblé, le profil colorimétrique peut être manquant. N’oubliez donc pas de le réattribuer via Photoshop.

Une fois que votre image a un profil colorimétrique correct dans votre logiciel de retouche, on peut alors vérifier si différentes retouches post-assemblages sont nécessaires. Cette dernière étape avant l’export du panorama vous permettra de vérifier, par exemple, si le vignetage est bien corrigé ou la présence de différents artéfacts ou « cassures » entre deux images consécutives. Cette dernière étape n’est possible que si au préalable, vous avez choisi d’exporter votre panorama au format multicalque psd ou psb (.psd et .psb étant deux formats multicalques de Photoshop). Cela vous permettra d’obtenir chaque portion du panorama sous forme d’un calque distinct de l’image finale assemblée.

 

Vous pouvez également vérifier que les éléments mobiles ne sont pas présents plusieurs fois sur le cliché final. Par exemple, si vous effectuez un panoramique en ville avec voitures et différentes personnes se promenant, vous risquez de trouver la même personne plusieurs fois sur votre panoramique. Sauf si vous décidez d’attendre son passage… Dans tous les cas, il peut vous être intéressant de vérifier qu’aucun fantôme n’est présent sur l’ensemble de votre panorama (sauf si vous décidez le contraire pour rechercher un effet de style).


retoucher ses images panormamiques : les éléments fantômesretoucher ses images panormamiques : les éléments fantômes

Ci-dessus : deux images à assembler, avec un même élément dynamique ayant bougé

Voici l’image assemblée en mode Multiband (présence de fantômes sur l’image).

 

retoucher ses images panormamiques : les éléments fantômes

Ci-dessus l’image assemblée en mode Multiband. Nous avons laissé le logiciel d’assemblage gérer la transparence des fantômes (utile en sport notamment).

 

Selon les logiciels et les paramètres utilisés, vous pouvez donc faire plus ou moins disparaître ou apparaître les sujets mobiles sur vos images. Toutefois, les logiciels ont leurs limites et il n'est toujours facile d'éliminer les traces 'fantômes" des images. La retouche avec un logiciel est alors indispensable pour jouer avec la fusion des calques. Vous pouvez alors garder le sujet mobile sur chaque calque ou au contraire le faire totalement disparaître du montage final.


retoucher ses images panormamiques : les éléments fantômes


Il ne vous reste plus qu’à accentuer votre panorama afin d’obtenir une image riche en détail, donnant l’impression d’avoir été réalisé en grand format sans assemblages. L’accentuation reste libre à chacun et peut également s’effectuer dans Photoshop. En numérique l’accentuation est parfois nécessaire, mais elle reste fonction des capteurs et optiques que vous utilisez, ainsi que de votre mode de prise de vue et manière de travailler.


C'est pendant cette étape que vous pouvez également apporter d'autres corrections comme du contraste ou de la saturation pour améliorer le rendu global de l'image.

Exporter les images

Même si au premier abord la photo panoramique est assez technique, elle n'en reste pas moins un moyen d’expression, une photographie "au sens large". Vous comprendrez ainsi, que quelque soit le logiciel d'assemblage que vous utiliserez, gratuit ou payant, vous devrez néanmoins choisir sous quelle forme ou aspect vous souhaitez "développer" votre image. Aspect réel ? Artistique ? Conceptuel ? Quelle utilisation vais-je faire de mon image panoramique ? Informative, journalistique, technique ? L'intérêt du panoramique est lié à l'optimisation de sa diffusion et utilisation, comme toute autre photographie bien sûr.


Revenons-en à la postproduction d'un panorama. Que ce soit avec Hugin, AutoPano ou n'importe quel autre logiciel d'assemblage, la dernière étape consiste au choix visuel à donner à votre panorama : quel format/ratio ? Faut-il garder des éléments "fantômes" (susceptibles d'être présent à plusieurs endroits de votre panorama, comme une personne qui se déplace, une voiture...) ? Puis-je utiliser mon panoramique de manière interactive sur internet ?.... Autant de questions que d'utilisations possibles et de choix à faire en postproduction.


L'exportation de votre projet panoramique vous donnera une image différente suivant la « forme » que vous souhaitez lui donner. Par exemple, un projet panoramique exporté en multicalques créera un fichier Photoshop avec un calque pour chaque image assemblée. Alors qu’en Multiband les « fantômes », éléments dynamiques présents sur plusieurs images du panorama, seront présents lors de l'exportation (cela vous permettra de créer un panoramique avec la même personne présente plusieurs fois sur la photo par exemple) Lors du premier article, nous énoncions quelques-unes des différentes projections possibles. Mais je tenais également à vous présenter d’autres formes de projections possibles (fonction du logiciel d’assemblage que vous utiliserez) Voici les différentes projections possibles :


- Rectilinéaire : surtout pour les panoramas d’architecture.


image panoramique : projection rectilinéaire


Attention : Voici le résultat de la projection rectilinéaire sur un panorama assemblant plusieurs photos prises à 360°. On constate que la perspective est respectée, mais que l’ensemble du panorama est extrêmement déformé.


déformation des images avec une projection rectilinéaire


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- Equirectilinéaire ou sphérique : permet l’assemblage de tous types de panoramas. Il faudra tout de même vérifier l’ensemble des lignes droites verticales et horizontales (il est parfois nécessaire, suivant vos prises de vues et le logiciel utilisé, de redresser les lignes verticales ou de redéfinir la ligne d’horizon).

 

Voici la photographie panoramique résultant d’un assemblage de photos prises à 360°.

pratique créer des images panoramiques les projections sphériques

- Cylindrique : format plus « étiré » en hauteur que le sphérique

pratique créer des images panoramiques les projections cylindrique

 

- Mercator : La projection de Mercator est une projection de l’assemblage située entre la cylindrique et sphérique

 
ratique créer des images panoramiques les projections mercator
 

- Stéréographique : En cartographie, la projection stéréographique est une méthode permettant de représenter une sphère privée d'un point sur un plan (par exemple un pôle Nord ou Sud). C’est aussi et surtout, un ensemble de techniques permettant de représenter sous forme de sphère une surface plane (comme par exemple une photographie panoramique).

ratique créer des images panoramiques les projections stéréographique

Cette projection est vraiment intéressante, car elle permet la création de ce que l’on appelle Petites Planètes comme ci-dessous.

ratique créer des images panoramiques les projections little planet

Le terme est plus représentatif lorsque l’on effectue un panorama en extérieur.

exemple effet

Notez que l’obtention de ce type de vue peut très bien s’effectuer manuellement dans un logiciel de retouche d’image comme Photoshop. La procédure à suivre est finalement assez simple :

La première étape consiste à retourner l'image : Image -> Rotation de l'image à 180° ( de façon à inverser le haut de la photo avec le bas, le ciel doit se retrouver en bas et le sol en haut).

Ensuite, vous devez recadrer l'image en carré : Image -> Taille de l'image : Décocher la proportionnalité de l'image, et rentrer une largeur identique à la hauteur de l'image, de manière à obtenir un carré).

Enfin, dans "Filtre", choisir le Filtre "Déformation" (Distort) puis "Coordonnées Polaires", de "rectangulaire à polaire".

La procédure est la même pour tout autre type de panoramique qui ne serait pas réalisé à 360°, il faudra seulement recadrer à gauche et à droite de votre panorama de façon à ne pas voir de cassures nettes sur la planète. A vous de jouer !

- Fisheye : Cette projection représente la vue “large” qu’un “oeil de poisson” peut avoir. En photographe on parle d’objectifs fish-eye, pour les objectifs à très grand angle du même type.

ratique créer des images panoramiques les projections fisheye

 

Une fois la projection choisie, vous pouvez corriger ou améliorer l’assemblage si nécessaire, avec un éditeur de points de contrôles. Cet éditeur est présent dans la majorité des logiciels d’assemblage et vous permettra de définir manuellement les points similaires d’une image à une autre.

Autre élément important : essayez de définir un ratio (format d’image : 1/3, 1/2...) commun à vos panoramas afin de garder un même format d’image lors de vos présentations. Bien sûr cela dépend de vos photos, et notamment du cadrage, mais aussi du choix esthétique que vous souhaitez donner à votre image.

Visites virtuelles

Certains logiciels vous permettent d’exporter vos panoramas 180° x 360° sous forme de visite virtuelle. Parmi ces logiciels, on retrouve AutoPano Tour cette fois-ci, ou encore PanoTour, PanoTour Pro, TourViewer, KrPano, PtGui, Pano2VR…

Ces logiciels fonctionnent de la manière suivante : vous importez votre image panoramique assemblée – 180° par 360° - et le logiciel se charge de découper votre image afin de l’intégrer dans un « cube » virtuel. L’internaute pourra alors cliquer et déplacer la souris à l’intérieur, afin de faire tourner le cube virtuel. Cela lui donnera alors l’impression de se déplacer dans l’image à 360°. C’est ce que l’on appelle une visite virtuelle.

il s'agit d'une solution élégante pour présenter ses images qui ne nécessite finalement que peu de travail en plus, une visite virtuelle n'étant ni plus ni moins qu'une photographie panoramique qui englobe 360° en horizontal et 180° en vertical.

Voici en quelques images, le principe et le travail effectués par le logiciel d’assemblage lors de la « création » d’une vue sphérique d’un lieu :

créer une image panoramique, les visites virtuelles

 Image panoramique assemblée (360° x 180°)

créer une image panoramique, les visites virtuelles plan schématique du cube

Image panoramique « découpée » en plusieurs faces carrées (ici 6 faces d’un champ de 60° chacune)

 

créer une image panoramique, les visites virtuelles le cube final

Les faces carrées découpées sont assemblées dans un « patron virtuel » de cube

 

Le cube est généré avec l’ensemble des faces précédentes. Une fois cette étape terminée, le projet peut être enregistré et exporté sous différents formats : le QTVR (Quicktime VR : aujourd’hui ce format est « dépassé » et limité en terme d’interactivité sur internet, c’est pourquoi il n’est quasiment plus utilisé ou proposé), le Flash : SWF (fichier permettant un chargement plus fluide et rapide, avec intégration de différentes instructions telles que des liens, images, photos ou vidéos, grâce aux fichiers XML « traçant la route à suivre » par le SWF), le Java (autre format dynamique) et le HTML5 : c’est le futur des visites virtuelles certainement (avec l’affichage sur smartphones, tablettes tactiles, etc. … tout en restant aussi interactif que le Flash, avec l’intégration de liens, vidéos, images, cartographies, etc. )

Je vous invite à vous rendre sur de très belles vitrines de visites virtuelles de photographes, comme :
Laurent ThionGilles Vidal ou Geoffrey Morelle.

Pour conclure

Petit rappel sur l’impression de vos photographies :

- il est important de choisir l'espace colorimétrique de travail en fonction de la destination de l'image. Pour un tirage d'art (impression jet d'encre), le ProPhoto RGB est le plus vaste et donc le plus précis. Pour les autres exports, le sRGB sera amplement suffisant et posera sans doute moins de problèmes.

Conseils

Essayez de garder une unité de format similaire entre vos photos ! Ainsi, que vous présentiez vos photos panoramiques sur internet ou sur un book, ou lors d’une exposition, essayez d’organiser vos photos par thèmes, mais aussi par ratio. Cela permettra une mise en forme propre, claire et bien plus ordonner.

Récapitulatif méthodologique de la photographie panoramique :

- Pensez à faire un ou plusieurs repérages avant de prendre la photographie, prenez aussi en compte la météo.

- Préparez votre matériel photo, trouvez la pupille d’entrée de votre objectif en fonction de la focale utilisée avant de partir photographier.

- Même sans matériel professionnel il est possible de réaliser des photographies panoramiques : si vous n’avez pas de têtes panoramiques ni de rotules graduées, pas de panique, vous avez certainement de quoi trouver un bout de ficelle et un poids (la ficelle entourant l’objectif au niveau de la pupille d’entrée, et le poids posé sur le sol au bout de la ficelle, ne doit pas bouger durant la prise de vue) et votre œil pour observer le recouvrement entre deux photos consécutives.

- Gardez à l’esprit qu’un taux de recouvrement entre deux photos, de 15-20% est idéal pour un assemblage correct.

- Essayez d’être à niveau durant la totalité de la prise de vue ( avec un niveau à bulle fixé sur la grille flash par exemple ou sur votre trépied)

- N’oubliez pas de bien régler votre boitier durant la prise de vue, en fonction de la luminosité ambiante, gérer votre exposition, ouverture et balance des blancs. Si possible, travaillez en RAW afin d’avoir plus de matière lors du post-traitement.

- En fonction de vos logiciels, essayez de traiter vos RAW et d’en exporter des JPEG dont on se servira pour l’assemblage par logiciel.

- Dans votre logiciel d’assemblage, choisissez la projection géométrique qui vous convient le mieux, n’oubliez pas (le cas échéant) de corriger les lignes droites verticales et horizontales afin de redresser certains éléments du panorama. Aussi, vous pouvez corriger le point central du panorama.

- Si besoin, corrigez manuellement les points de contrôles entre deux images du panorama, afin d’améliorer l’assemblage (cela est possible sur la majorité des logiciels d’assemblages gratuits ou payants)

- Gérez les couleurs de votre panorama, attention aux différences de couleurs frappantes entre deux images, veillez à bien corriger cela ou laissez le logiciel d’assemblage définir un mode de fusion des couleurs entre les photos pour unifier le panorama.

- Retouchez les petites erreurs d’assemblage dans votre logiciel d’édition (Photoshop par exemple) et exportez votre image finale dans un format adapté au support de diffusion.

Ressources

Kolor : AutoPano Giga – Tour : http://www.kolor.com
Adobe Photoshop : http://www.adobe.com

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