Les nouvelles versions de
DxO Optics Pro 6 et de
Film Pack 3 viennent de sortir. C'est une bonne occasion de procéder à une petite prise en mains des deux solutions afin d'en illustrer les nouveautés... mais aussi le fonctionnement et les possibilités.
DXO Optics Pro 6.6
nouveautés et points forts
Commençons par
DxO Optics Pro, maintenant en version
6.6.
Le passage à la version 6.6 n'apporte pas de modification fondamentale de l'interface. On retrouve facilement ses marques.
La logique linéaire est toujours là: on importe, on personnalise, on traite, et on visualise. Chaque étape est marquée par un ongles disposant de ses propres outils. Logique.
Les grandes nouveautés de cette version, comme souvent chez DxO, sont l'intégration de nouveaux boîtiers dans la liste des modèles supportés, et d'une centaine de modules optiques. Les boîtiers supportés sont les sorties récentes... ou un peu moins:
Nikon D5100, Olympus E-5,
Panasonic GF1 et
GF2 et
Pentax K-r.
Les module soptiques quant à eux sont LE point fort de DXO qui ne se contente pas de tester des optiques sur différents capteurs, et qui utilise ces tests pour proposer des corrections "sur mesure" à votre couple boîtier-objectif. C'est d'une efficacité redoutable, et DxO est le seul à proposer autant de combinaisons. Chapeau bas pour le travail accompli !
Une liste assez impressionnante d'optiques est disponible, en fonction de différents boîtiers. On choisit d'abord son boîtier, on coche les optiques à utiliser... et on télécharge. En fonction de chaque couple, des corrections seront apportées à chaque image. Il est bien entendu possible de reprendre la main sur ces corrections. Si vous aimez la distorsion ou le vignettage par exemple, vous pourrez réduire la correction pour retrouver le défaut de l'optique. C'est une question de goût. Et aussi un gain de temps phénoménal pour celui qui "rafale beaucoup" et qui se retrouve avec des dizaines d'images à traiter.
Les améliorations concernent principalement la réduction du bruit sur les fichiers Jpeg, qu'ils soient issus de boîtiers supportés par le logiciel ou non. La réduction du bruit dans les fichiers Raw est assez simple... elle est bien plus complexe dans des fichiers déjà compressés et traités comme les Jpeg. Dans l'image ci-dessous si les lumières de la tour sont bien rendues à l'origine (gauche), le ciel de nuit est assez bruité. Même sur un JPeg le débruitage est correct et notre ciel retrouve un aspect plus homogène, sans que les détails de la tour n'aient été lissés.
Enfin la version 6.6 améliore la gestion des couleurs et met l'accent sur la préservation des profondeurs des objets ayant des couleurs très saturées. Le meilleur exemple, ce sont les fleurs. Si les précédentes versions avaient tendance à aplatir les zones saturées, maintenant le problème est réglé.
Si les dégradés colorés sont mieux préservés, le rendu colorimétrique générale reste parfois surprenant.
Les piliers du logiciel: débouchage, débruitage et géométrie
Ces modifications et autres améliorations sont les bienvenues. Mais le succès du programme repose avant tout sur trois piliers:le débouchage des zones sombres, le débruitage performant, et une correction de la géométrie particulièrement efficace. Trois bonnes raisons d'essayer
DxO Optics Pro 6 pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait.
En premier la logiciel brille par sa capacité à récupérer de l'information dans des zones à priori bouchées. Voici un bon exemple de ce à quoi on arrive en quelques secondes: le temple est bien exposé, mais les personnes au premier plan sont noires, et on ne voit même pas ce qu'elles tiennent dans leurs mains.
La fonction DxO Lightning -
HDR permet de déboucher ces ombres et de récupérer pas mal d'information.
Avant après un petit moulinage avec DxO lightning
Cette récupération d'informations se fait de manière très satisfaisante. Certes on ne peut pas inventer l'information qui n'existe pas, et inévitablement un peu de bruit viendra parasiter la chose. Mais le résultat reste largement exploitable. On arrive presque à lire les caractères des papiers dans les mains de notre couple. Assez impressionnant. Le niveau de bruit reste très acceptable, comme en témoigne le visage de la demoiselle. Si on zoome à 100% on voit un peu de bruit parasite, que l'on pourra gommer au curseur de débruitage... mais en lissant un peu les détails. A chacun de trouver l'équilibre qui lui plaira.
Détail sur les effets de DxO Lightning.
Voici l'une des spécificités qui nous font apprécier
DxO Optics Pro 6. Ces débouchages sont possibles sous Lightroom par exemple, mais beaucoup plus longs à obtenir, et avec un peu moins de détails dans les zones récupérées. Ici en quelques secondes nous avons récupéré les feuilles de papier, nous pouvons y voir des caractères, et la trame du manteau de la jeune fille est même visible. Les zones les plus délicates, comme souvent, sont les peaux et le visage de la femme, bien récupéré, porte tout de même quelques traces de bruit. Mais encore une fois le résultat est vraiment bon, surtout si l'on considère l'image de laquelle nous sommes partis et sur laquelle la jeune femme n'était qu'une ombre.
L'autre point fort du logiciel, c'est sa capacité à retravailler la géométrie d'une image assez simplement. Certaines optiques ne déforment pas... mais elles sont rares, et lorsque l'on travaille au grand angle, on a souvent des effets de distorsion très marqués. Les bâtiments s'écrasent, les verticales droites deviennent de belles parenthèses... pas simple. DxO Optics est un régal de ce point de vue là. Prenons un exemple au 24 mm, un cauchemar pour les immeubles de Tokyo.
La première étape est appliquée d'office, pas l'application des corrections de géométrie propre au module boîtier-optique téléchargé et installé dans le programme.
Le camion de la première photo semble un peu ventru... sur la seconde la remorque a retrouvé son aspect rectiligne.
Sans correction optique...

Avec les algorithmes de DxO Optics Pro.
Mais ça ne s'arrête pas là. Dans l'exemple ci-dessous, la ruelle bordée de bâtiments ressemble plus à un tuyau qu'à autre chose. Et l'immeuble du fond, tordu, renforce l'impression de déformation.
DXO Optics Pro 6 dispose d'un outil permettant de redresser tout ceci très vite. Il suffit de tracer deux traits sur deux droites que l'on sait parallèles. Deux murs, deux arrêtes, etc. L'image sera ajustée selon ces parallèles. Bien sûr, le redressement va déformer l'image et créer des zones noires dans certains angles. Il faudra recadrer la photo, mais c'est un moindre mal.
Notre photo test avec des immeubles obliques...
Ci-dessus, la photo originale. Rien n'est droit. Nous allons utiliser les parallèles pour redresser (capture ci-dessous). Sur l'image de gauche vous pouvez voir les traits pointillés bleus servant à définir les parallèles. A droite, la prévisualisation des corrections. Une idée simple qui déjà fait ses preuves
Il suffit d'indiquer au logiciel les lignes supposées être verticales et le DxO Optics Pro 6.6 s'occupe du reste.
Et ci-dessous, le résultat: les immeubles ont retrouvé leur rectitude ! Il faudra recadrer l'image pour en éliminer les zones noires visibles dans les coins inférieurs. L'image paraît floue... cela provient du faible niveau de zoom utilisé pour la capture.
Le redressement des lignes implique forcément un petit recadrage...
Les points faibles
Le logiciel travaille très bien, et le résultat est à la hauteur des attentes, plaçant
DxO Optics Pro en concurrent tout à fait probant face à un Lightroom 3 ou à un Aperture 3.
Mais si les résultats sont là, on aimerait qu'ils le soient un peu plus vite, et un peu plus intuitivement.
Et le premier grief, c'est qu'en 2011 on aimerait vraiment avoir droit à une version 64 bit du logiciel. Les PC sont déjà passés sur ce type d'architecture (processeurs x86-64 et plus de 4 Go de mémoire vive) depuis belle lurette et Windows 7 64 bit est de plus en plus répandu. Quant aux Mac, ils y arrivent enfin avec la sortie prochaine de Mac OS X Lion, le premier OS X vraiment 64 bit d'Apple; Il serait de bon ton que les logiciels se mettent à la page afin de mieux exploiter le potentiel de nos machines.
Et la vitesse n'est pas le point fort de
DxO Optics Pro. Nous avons sélectionné 36 images Nef, et désactivé tous les traitements dans
DxO Optics Pro. Nous avons exporté en JPeg les images Nef non traitées, avec un simple redimensionnement à l'arrivée. Le travail prend plus de 5 minutes avec
DxO Optics Pro. Lightroom 3 pour ce même travail demande moins d'une minute. La différence est grande, et assez curieuse puisque
DxO Optics Pro utilise bien toute la puissance du processeur. La "lenteur" vient de la phase de développement du fichier RAW et de son dématriçage et de son débruitage s'il est activé. DXO privilégie la qualité à la vitesse, mais travaille à l'amélioration de ce point précis. Des progrès seront donc certainement réalisés dans les prochaines versions.
Oui, Pierre aime bien montrer qu'il a un gros processeur dans sa machine...:)
De plus il est parfois déstabilisant de devoir cliquer sur un bouton "appliquer" lorsqu'on modifie les paramètres de sortie. On peut modifier ce que l'on veut, si on n'applique pas, rien n'est pris en compte alors que tout est pourtant bien affiché. On est donc souvent surpris de la taille de ses images, de leur rendu ou on ne les trouve tout simplement pas à l'endroit imaginé. Une application "à la volée" des paramètres réglés dans la boîte de dialogue serait plus simple à l'usage.
FilmPack 3
Après un petit tour de
DxO Optics Pro 6.6, intéressons nous a
Film Pack dans sa version
3. Nous l'essayons ici dans sa version intégrée à DxO Optics 6.6 et dans sa version "stand alone", mais il existe aussi sous forme de plugin pour Aperture 3, Lightroom 3, et de filtre pour Photoshop CS4 et CS 5.
Les nouveautés sont assez nombreuses. Elles concernent l'interface de la version autonome, la possibilité de débruiter avant d'appliquer du grain, l'inplémentation de nouveaux profils de films et de nouveaux filtres. L'application a considérablement mûri.
L'interface tout d'abord a été revue, comme en témoigne cette capture réalisée à partir de la version "stand alone" de
FilmPack 3. Plus visuelle, cette interface sépare les traitements couleur et N&B, et montre le grain a tous les niveaux de zoom. Elle permet aussi un mode de comparaison afin d'afficher "l'avant" et "l'après" de chaque cliché.
L'interface générale de DxO Film Pack 3.
Dans la version 3 (Elite) DXO a ajouté une dizaine de grains de films, et autant de nouveaux filtres. Le choix est maintenant plutôt exhaustif et on y retrouve tout un tas de films Fuji, Kodak, Ilford, Polaroid ou Rollei. En tout on monte à une soixantaine de "profils" de film N&B enregistrés, que l'on pourra ensuite ajuster à sa guise.
La liste des films argentiques simulés.
Pour personnaliser encore le rendu de ses productions, on pourra partir d'une base de rendu d'un film, et jouer sur l'exposition, le contrôle de la couleur, appliquer des filtres de couleur, et jouer sur le vignettage.
De même, on pourra débruiter une image avant de lui appliquer le grain d'un film. Si le grain est joli, lui ajouter du bruit n'est pas toujours une bonne solution. Débruiter avant d'ajouter le grain est un vrai plus. Dans FilmPack en version autonome on pourra débruiter les Jpeg au curseur. Dans la version plugin pour
DxO Optics Pro on utilisera le débruitage et les contrôles d'image traditionnels du programme avant d'utiliser
Film Pack 3.
Quelques exemples de rendus avec différents profils de films:
Agfa APX 25
Polaroid Polachrome (avec les rayures propres au Polaroid)
Fuji Velvia 100
Rollei Retro 100
Kodak Elite Extra Color 100 (avec application d'un effet Vignettage Créatif)
Agfa Vista 200
Points forts |
Points faibles |
| DXO Optics Pro 6.6 |
DXO Optics Pro 6.6 |
| Très bonnes aptitudes géométriques |
Lenteurs à l'export - pourrait mieux tirer parti du hardware |
| Débouchage via DXO Lightning (HDR) |
Interface pas toujours très intuitive |
| Débruitage |
FilmPack 3 |
| FilmPack 3 |
Prix ! |
| Collection de films |
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| Intégration dans Lightroom, Photoshop, Aperture et Optics Pro |
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| Personnalisation des rendus à l'infini |
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