La photographie au flash est une pratique ardue, souvent délaissée par les photographes. Mal maîtrisé, le flash écrase les perspectives et donne des résultats décevants. Pourtant, il peut se révéler extraordinaire, quel que soit le genre photographique dans lequel vous exercez ! Que vous utilisiez le flash d'appoint de votre appareil ou un flash de reportage plus conséquent, les possibilités qu'offre ce petit éclair de lumière sont immenses…

Le flash embarqué : un gadget ou un incontournable ?

Pour commencer, intéressons-nous aux flashes d’appoint embarqués dans certains appareils.
Une grande majorité d’appareils photo numériques sont équipés d’un petit flash d’appoint. Sur les reflex, il est positionné au-dessus du système de visée. Son ouverture se fait automatiquement avec les modes automatiques de l’appareil ; avec les modes experts, vous pouvez l’ouvrir grâce au petit bouton souvent situé à droite du viseur.

Canon 600D et flash intégré
Le petit flash d’appoint du Canon EOS 600D
et le bouton permettant de le déployer : ne sous-estimez pas ses possibilités !

Cependant, tous les reflex n’en sont pas systématiquement équipés. Par exemple, les reflex Canon de la série 1D ou 5D et Nikon professionnels de la série D3 en sont dépourvus. Ces reflex disposent d’un système de visée professionnel grâce à l’utilisation d’un pentaprisme en verre taillé dans la masse proposant une visée optique à 100 % (100 % de l’image est visible dans le viseur). De plus, ces appareils sont équipés de grands capteurs (plein format 24 × 36 mm) qui nécessitent donc des pentaprismes très volumineux. Dans cette configuration, il est très difficile d’intégrer un petit flash d’appoint qui prendrait trop de place sur le dessus de l’appareil. L’exception qui confirme la règle est le reflex Nikon D700 qui, malgré son viseur optique très performant, embarque un petit flash d’appoint.
Quoi qu’il en soit, tous les reflex disposent d’une griffe porte-accessoire qui permet d’y installer un flash externe cobra.

Canon 1D Mark IV et Nikon D3x deux reflex pro sans flash intégré
Les reflex professionnels Canon EOS 1D Mark IV
et Nikon D3x sont dépourvus de flash d’appoint.

Tous les COI (Compacts à Objectifs interchangeables) ne disposent pas d’un petit flash d’appoint. En revanche, comme pour les reflex, presque tous ces appareils disposent d’une griffe porte-accessoire permettant d’installer un flash externe. D’ailleurs, les récents Sony NEX-3 et 5 sont livrés avec un petit flash externe. Le dernier Panasonic GF3 en est par contre dépourvu et le tout récent Pentax Q intègre un ingénieux système pour éjecter le flash assez loin pour éviter les yeux rouges. En outre, le Pentax Q dispose d'une griffe flash compatible avec le mode P-TTL des flashes de reportage.

Pentax Q avec son système de flash escamotable
Le flash escamotable du Pentax Q. Ce petit boîtier dispose en outre d'une griffe porte accessoire compatible P-TTL avec les flashes de reportage.

En revanche, tous les compacts disposent d’un flash d’appoint situé généralement sur la gauche de l’appareil. Les plus beaux modèles, les compacts experts, disposent en plus d’une griffe porte-accessoire.

Des compacts experts avec griffe porte accessoire
Les compacts experts Canon G12, Lumix LX5 et Nikon P7000
disposent d’une griffe porte-accessoire compatible avec les flashes cobra.

Les flashes d’appoint ont deux défauts majeurs : ils sont fixes et peu puissants.

Sur les reflex et les COI, ils sont toujours positionnés au même endroit, au-dessus de l’objectif, et orientés dans la direction de l’axe optique. Cette contrainte est très vite lassante pour une pratique de la photo au flash régulière et réfléchie. En effet, toutes les images réalisées dans cette configuration se ressemblent par la lumière (en provenance de la même direction) et par l’effet obtenu (un éclairage frontal et dur qui estompe les ombres).
Bien entendu, il existe des astuces pour exploiter, autant que possible, les possibilités de ce flash d’appoint. Son utilisation est plus à envisager en cas d’urgence que pour réellement construire des images complexes. Le Chapitre 4 vous aidera à tirer le maximum du flash d’appoint de votre appareil.

Le second souci provient de la puissance réduite de ces flashes. En moyenne, il faut compter sur un nombre-guide aux alentours de 13 à 100 ISO. Cette puissance réduite limite très fortement la portée de l’éclair. Les flashes d’appoint sont donc à envisager pour « toucher » des sujets proches à quelques mètres seulement de l’appareil.

Voici un tableau qui permet d’estimer la distance de portée de l’éclair d’un flash d’appoint avec un nombre-guide de 13 à 100 ISO et une focale de 50 mm. le résultat est exprimé en m. Nous verrons par la suite comme calculer le NG.

NG 13    ƒ/2.8    ƒ/3.5     ƒ/5.6      ƒ/8        ƒ/11
              4,6 m    3,7 m    2,3 m    1,6 m    1,2 m

En contrepartie, ces flashes d’appoint sont fondamentaux pour construire simplement des éclairages complexes avec des flashes externes déportés. En effet, selon les constructeurs, ils permettent de piloter et de synchroniser sans fil les flashes externes directement depuis les menus de l’appareil. On retrouve cette technologie chez Canon, Nikon, Olympus, Pentax et Sony.

Pour en savoir plus

Chapitre 2, section « Une configuration en flash déporté ou multiflash » – Chapitre 6, section Un flash cobra sans fil : allez plus loin en version déportée – Chapitre 7, section Osez le multiflash !

Les flashes externes de type cobra

Pour aller plus loin dans votre pratique de la photo au flash, vous devez impérativement vous équiper au moins d’un système de flash externe. Deux options s’offrent alors à vous : un système avec un ou plusieurs flashes externes de type cobra (que l'on nomme également flash de reportage) ou bien un système de flashes de studio.
Pour commencer, un système de flashes cobra est largement suffisant.

Les flashes externes cobra doivent leur nom à leur forme qui rappelle le célèbre serpent !

flash cobra !!!!! brrrr
Le flash cobra : un serpent sur votre appareil photo !

Ces flashes ont initialement été conçus pour être installés sur la griffe porte-accessoire de votre appareil photo. Très différente du flash d’appoint, l’utilisation d’un flash cobra étend considérablement les possibilités de la photo au flash.

Pour commencer, ces flashes disposent d’une tête orientable en une dimension (1D) ou deux dimensions (2D). Cette simple fonction ouvre la porte à l’éclairage indirect et à la possibilité de commencer à jouer avec les réflexions.
De plus, selon les modèles, il est possible de contrôler la forme du faisceau lumineux pour focaliser la lumière ou au contraire pour l’étaler au maximum : c’est la fonction de zoom.

La majorité des modèles sont équipés d’accessoires directement installés dans le corps du flash. On trouve souvent un réflecteur blanc et un diffuseur grand-angle. Certains modèles sont même livrés avec des filtres colorés.
Les plus beaux modèles disposent des modes experts comme un mode stroboscopique ou la synchronisation haute vitesse ainsi qu’un assistant à l’autofocus et la mesure TTL.

Les flashes cobra sont plus puissants que les flashes d’appoint des appareils. On trouve des modèles allant d’un nombre-guide de 27 à 120 ! Il est donc possible d'atteindre des sujets éloignés ou, par exemple, de les utiliser avec un téléobjectif. Cependant, nous verrons que la puissance n’est pas forcément le critère le plus important à étudier.
Ces flashes sont autonomes et fonctionnent avec des piles. Leur utilisation ne dépend donc pas de la batterie de votre appareil.

Les flashes cobra sont des systèmes personnalisables. Il existe une multitude d’accessoires qui permettent de modeler très précisément l’éclair lumineux qu’ils émettent.
Enfin, pour finir, ces flashes ne sont pas voués à être fixés continuellement sur la griffe porte-accessoire de votre appareil. Ils sont tous compatibles avec une configuration déportée et/ou multiflash. Certains modèles intègrent d’emblée un système de synchronisation sans fil !

La compatibilité du flash avec votre appareil

Chaque constructeur d’appareil photo numérique propose une gamme, plus ou moins complète, de flashes externes cobra. Vous trouverez les gammes les plus étoffées chez Canon, Nikon et Sony. Olympus, Pentax, Panasonic et Samsung disposent d’un choix plus restreint.

Rien ne vous oblige à choisir un flash de la même marque que celle de votre appareil photo. D’autres constructeurs proposent des solutions entièrement compatibles : Metz ou Sigma, par exemple, qui sont souvent meilleur marché… Mais pour bénéficier d’un maximum de fonctions, il est important de choisir un modèle compatible avec votre marque d’appareil photo. Par exemple Sigma développe ses flashes en version Sigma, Sony, Nikon, Pentax et Canon.

Tout une gamme de flashes cobra
De gauche à droite et de haut en bas, des flashes Canon, Nikon,
Sony, Pentax, Olympus, Panasonic, Samsung, Metz et Sigma.

Le marché de l’occasion n’est pas non plus à négliger car les griffes porte-accessoires ont très peu évolué au fil du temps. Bien entendu, avec des modèles trop anciens, vous ne bénéficierez pas des dernières technologies : synchronisation sans fil, exposition TTL ou encore synchro haute vitesse et mode stroboscopique. Selon votre utilisation, vous serez plus ou moins intéressé par ces technologies. Par exemple, et vous le verrez dans cet ouvrage, l’exposition TTL n’est pas indispensable car l’utilisation du flash en manuel est bien souvent plus efficace.

réglage manuel de la puissance d'un flash
Réglage de la puissance en manuel du flash Pentax AF 540 FGZ.

De plus, avec des sabots standards, la compatibilité entre marques est possible en mode manuel uniquement ; on peut parfaitement installer un flash Canon sur un reflex Nikon et l’utiliser en manuel.
Attention, certains constructeurs font de la résistance avec l’utilisation d’une griffe porte-accessoire spécifique. C’est le cas de Sony, ex-Minolta et sa griffe propriétaire.

Les différentes connexions des flashes selon les marques
De gauche à droite, les sabots Canon, Nikon, Pentax et Sony.

Attention aux anciens modèles de flash !

Les reflex, COI et compacts experts disposant d’une griffe porte-accessoire supportent une certaine tension pour la synchronisation du flash. Cette tension peut varier d’un modèle et d’un constructeur à l’autre. Certains anciens modèles de flash fonctionnent avec des tensions de synchronisation très importantes et risquent d’endommager votre appareil. Pour connaître la tension de synchronisation de votre appareil et/ou de votre flash, référez-vous à son mode d’emploi. En cas de doute, vous pouvez trouver des adaptateurs qui permettent de réduire la tension de synchronisation.
Pensez à vérifier la qualité du sabot du flash qui est un élément très souvent sollicité. S'il est en métal, sa durée de vie sera meilleure que tout en plastique.

Compatibilité sans fil

Certains reflex disposent d’un mode de synchronisation sans fil avec des flashes cobra en déporté. Pensez à vérifier la compatibilité de votre flash avec le système de votre appareil.

La tête orientable

Certains flashes, les plus minoritaires, peuvent pivoter en 1D. Autrement dit, vous pouvez orienter la tête du flash vers le haut pour travailler en indirect avec un réflecteur au-dessus de vous : un plafond le plus souvent. Les éclairages en indirect latéraux sont alors impossibles à réaliser.
En revanche, aucune contrainte avec une tête 2D qui peut s’orienter dans toutes les directions. C’est d’ailleurs sur ces modèles que l’on retrouve des accessoires comme le diffuseur grand-angle et le réflecteur intégré.
De plus, ces têtes permettent d’être plus efficaces pour des photos en multiflash sans fil en orientant la face avant du flash avec son récepteur infrarouge vers l’appareil et la tête vers le sujet.

Canon Speedlite 270EX
Le flash Canon Speedlite 270EX  et sa tête orientable dans une dimension.
 
Généralement, les têtes des flashes modernes intègrent une fonction de zoom qui permet de modeler la forme du faisceau lumineux et de l’optimiser en fonction de la focale utilisée pour prendre votre photo ou de créer des effets spécifiques.
Des flashes orientables de gauche à droite et de bas en haut
Le flash Canon Speedlite 430EX II et sa tête orientable dans deux dimensions.
Ce flash est équipé d’un diffuseur grand-angle et d’un petit réflecteur blanc
.

Le choix de la puissance

Chaque constructeur propose une gamme de flashes avec des puissances différentes que l'on distingue avec les nombres-guides. La puissance d’un flash joue sur la portée de l’éclair. Plus le flash est puissant, plus l’éclair portera loin.

Le nombre guide NG se calcule de la manière suivante pour une sensibilité ISO de référence à 100 :

NG = distance (en m) x ouverture (n)

Ainsi, pour connaître la distance maximale il suffit de diviser le NG par l'ouverture (pour une sensibilité de 100 ISO et une focale 50 mm).

Distance = NG / ouverture (par exemple un NG de 13 donne une distance de 13/2,8 = 4,6 m pour une optique 50 mm ouvert à f/2,8).

Voici un tableau comparatif des portées d’éclairs en fonction du nombre-guide du flash et de l’ouverture de votre objectif. Ces distances sont données pour une photo prise à 100 ISO avec un équivalent 50 mm et à pleine puissance du flash.

Distances Flash-Sujet en fonction du nombre guide et de l’ouverture (ISO référence 100). Résultat en mètre.

            NG 13    NG 27    NG 32    NG 43    NG 58
ƒ/2.8    4,6 m     9,6 m     11,4 m    15,3 m    20,7 m
ƒ/3.5    3,7 m     7,7 m      9,1 m     12,3 m   16,6 m
ƒ/5.6    2,3 m     4,8 m      5,7 m     7,7 m     10,4 m
ƒ/8      1,6 m      3,4 m      4 m        5,4 m     7,3 m
ƒ/11    1,2 m      2,5 m      2,9 m     3,9 m     5,3 m

Voici un tableau comparatif des portées d’éclairs en fonction de l’ouverture de votre objectif et de la sensibilité ISO utilisée. Ces distances sont données pour une photo prise à 100 ISO avec un équivalent 50 mm et à pleine puissance du flash disposant d’un nombre-guide de 13.

Distances Flash-Sujet en fonction de la sensibilité ISO et de l’ouverture (NG référence 13)

            100 ISO    400 ISO    1 600 ISO    6 400 ISO
ƒ/2.8    4,6 m        9,3 m        18,6 m         37,1 m
ƒ/3.5    3,7 m        7,4 m        14,8 m         29,7 m
ƒ/5.6    2,3 m        4,6 m        9,3 m          18,6 m
ƒ/8       1,6 m        3,3 m        6,5 m           13 m
ƒ/11     1,2 m        2,4 m        4,7 m            9,5 m

Le choix de la puissance maximale de votre flash est à relativiser en fonction de plusieurs éléments :

•    Vos objectifs. Si vous avez des objectifs très lumineux et que vous utilisez souvent les très grandes ouvertures, votre flash disposera d’une portée optimale.


Avec un Nikon D3x capable de dépasser les 100 000 ISO et un 24-70 ƒ/2.8,
vous êtes déjà plutôt bien armé pour la photo en faibles conditions lumineuses.

•    Les ISO. Si vous utilisez souvent les hautes sensibilités ISO, votre flash disposera d’une portée optimale.
Pour donner un exemple concret, passer d’un flash avec un nombre-guide de 20 à un nombre-guide de 40 revient au même que d’ouvrir d’un diaphragme votre objectif ou de doubler votre sensibilité ISO pour ce qui est de la portée et de l’exposition.

Il est également important de préciser que plus vous utilisez le flash en indirect, plus vous avez besoin de puissance pour compenser la perte de lumière due à la réflexion.

Attention, les nombres-guides annoncés par les constructeurs sont surévalués par rapport à la puissance réelle des flashes. Il faut compter environ un diaphragme de moins !

Les fonctions internes du flash

Les flashes modernes disposent de certaines technologies qui peuvent se révéler très utiles dans la pratique.
Par exemple, certains modèles disposent d’un mode de synchronisation haute vitesse. Cette fonction permet d'utiliser votre flash à des temps de pose plus courts que la synchronisation X de votre appareil. Dans la pratique, cela vous permet d’envisager des photos au flash avec de très grandes ouvertures et dans des environnements très lumineux. Vérifier sur le fiche technique si votre flash propose cette option.

exemple d'image réalisée en mode syncho haute vitesse
Une photo réalisée au flash grâce à la synchronisation haute vitesse :
il est possible d’obtenir une faible profondeur de champ.

On peut également citer le mode stroboscopique qui permet de décomposer un mouvement sur une seule et même image ou bien d'augmenter la puissance de votre flash en utilisant plusieurs coups d’éclairs par photo : c’est comme si vous additionniez les éclairs les uns avec les autres.

image réalisée avecle mode stroboscopique d'un flash
Une photo réalisée au flash grâce au mode stroboscopique :
le mouvement est décomposé.

Dans bien des cas, le choix d’utilisation d’un flash peut être justifié par une lumière ambiante trop faible. Plus la lumière ambiante est faible, plus le système autofocus de votre appareil peine à faire rapidement et précisément la mise au point. Certains modèles de flash disposent d’un système d’assistant AF qui permet d’assurer une mise au point automatique en faibles conditions lumineuses.

L’ergonomie et l’interface du flash

Un flash, c’est comme un appareil photo : c’est plus ou moins bien conçu !
L’ergonomie d’un flash est très importante.

régler un flash peu vite devenir un enfer
Régler un paramètre sur un flash peut vite devenir un enfer
si l’ergonomie et l’interface ne sont pas bien pensées.

Il est indispensable que l’écran de contrôle soit rétroéclairé : c’est souvent le cas mais il est préférable de le vérifier car il n’est pas rare d’utiliser un flash dans de faibles conditions lumineuses.
L’écran doit être clair et présenter un maximum d’informations : mode (TTL, M, etc.), puissance (1/1, 1/2, etc.), valeur du zoom, fonctions spécifiques (haute vitesse, stroboscopique, etc.), entre autres. Vous allez  devoir jongler assez souvent entre les informations présentes sur l’écran arrière de votre appareil et celles qui sont présentes sur l’écran de votre flash. Si ces informations sont mal organisées et difficiles à comprendre, c’est autant de temps perdu à la prise de vue.

les écrans LCD des flashes
La comparaison des écrans de contrôle et de l’interface d’un flash Canon, Nikon, Pentax, Sigma :
les modèles « constructeurs » sont mieux conçus que les autres.

Il est préférable de disposer d’une molette de réglage pour modifier rapidement la puissance ou la valeur du zoom par exemple.
La logique 1 bouton = 1 fonction est préférable.
La fonction de chaque bouton doit être clairement identifiable et les boutons doivent être francs.

interface d'un flash
La position et l’organisation des boutons de réglage
sont primordiales pour une utilisation efficace de votre flash.

Tous les flashes fonctionnent avec des piles au format AA : il est fréquent de devoir les changer rapidement et dans de mauvaises conditions (peu de lumière, stress, etc.). Il est important que la trappe d’accès soit bien positionnée et sa fermeture précise. Le sens d’orientation des piles doit être clairement indiqué.

alimentaiton par piles d'un flash
La trappe de la batterie sur un flash Sony HVF H58 AM.
Le changement de piles doit être rapide et simple.

Le temps de recyclage est un paramètre très important dans le choix d'un flash. Dans certaines situations, vous devrez pouvoir réaliser une série rapide de photos tout en conservant l'usage de votre flash. Les personnes qui se sont essayées à la photo de mariage sont bien conscientes de ce problème.
Plusieurs paramètres entrent en compte : la qualité des composants (par exemple les condensateurs), la qualité des piles ou batteries utilisées, l'usure des piles, la température.
La majorité des flashes fonctionnent avec 4 piles ou batteries au format AA autrement nommées LR6 de 1,5 V pour un total de 6 V nécessaires pour faire fonctionner le flash.
Il existe différents types de piles ou batteries rechargeables au format LR6 AA. Un flash est un élément qui nécessite des piles de grande qualité. D'une manière générale, il est préférable d'opter pour des piles lithium ou alcalines haut de gamme.
L'avantage des piles lithium est leur performance et leur poids (plus léger que les alcalines).

piles lithium ou alcaline
Piles et batteries alcalines ou lithium .

Le temps de recyclage d'un flash n'est pas constant selon la manière dont il est utilisé. À la puissance maximale, le temps de recyclage est le plus long. Vous devez compter environ cinq bonnes secondes entre chaque éclair. Quoi qu’il en soit, il faut préciser que l’utilisation répétée du flash à pleine puissance est assez rare.
Pour améliorer les temps de recyclage, certains modèles disposent d’une prise haute tension  à laquelle on peut connecter une batterie externe, plus performante (autonomie et temps de recyclage).
Ici encore, il n’est pas nécessaire d’opter pour la batterie Canon avec un flash Canon Speedlite. D’autres constructeurs proposent des batteries externes compatibles : Quantum ou Godox par exemple.

alimentation flash par batterie
Les batteries externes Quantum permettent de diminuer le temps de recyclage
et d’augmenter l’autonomie de votre flash, ce qui est très utile en reportage social (mariage par exemple).
Pensez à prendre le câble compatible avec votre modèle !

Les flashes externes conçus pour la macro

Pour les amateurs de macro, il existe des flashes spécifiques. On ne parle plus de flash cobra mais bien de flash macro. Il en existe de deux sortes : les flashes annulaires et les flashes à réflecteurs multiples.

Flash en macro
En macro aussi, on peut utiliser le flash.

Avec un flash cobra classique installé sur la griffe porte-accessoire de votre appareil ou le flash embarqué, il est très difficile de faire des photos en macro. En effet, avec des distances de mise au point courtes (les sujets sont très proches en macro), l’objectif de votre appareil occulte une partie de l’éclair de votre flash et crée une ombre circulaire sur votre image.

Pour éviter ce phénomène, il est indispensable de pouvoir placer vos flashes en avant de la lentille frontale de votre objectif. Avec un flash macro, la tête du flash se trouve au niveau de la lentille frontale de l’objectif, ce qui permet d'éviter l’apparition des ombres.
Les flashes macro sont beaucoup moins puissants que les flashes cobra classiques. C’est logique, la faible distance entre la tête du flash et le sujet à éclairer étant très courte, une faible puissance est largement suffisante pour éclairer correctement votre sujet.
Les flashes annulaires disposent d’un tube éclair rond qui entoure votre objectif afin de procurer un éclairage plat, homogène et sans ombres. Le flash annulaire peut également être utilisé pour des portraits.

Des flashes circulaires pour la photographie macro ou le portrait
Les flashes annulaires Canon, Sony, Metz, Pentax et Sigma.

Transformez votre flash cobra en flash annulaire !
Ray Flash propose un accessoire qui permet de transformer votre flash cobra en flash annulaire. L’accessoire dirige la lumière émise par votre cobra dans un réflecteur circulaire pour donner l’effet d’un flash annulaire.

Un accessoire pour transformer votre flash cobra en flash annulaire
Ray Flash : un flash cobra transformé en flash annulaire.

Les flashes à réflecteurs multiples disposent généralement de deux têtes de flash. Elles sont montées sur un axe entourant la lentille frontale de votre objectif. Vous pouvez les positionner comme bon vous semble pour obtenir le type d’éclairage souhaité.
Flashes à réflecteurs multiples
Les flashes à réflecteurs multiples Canon et Nikon.

Bien entendu, il est possible d’obtenir le même type d’effets avec des flashes cobra utilisés en déporté et savamment installés autour de votre sujet.
Ces deux types de flash sont aussi régulièrement utilisés pour des photographies scientifiques ou médicales.
Attention, ces flashes ne sont pas compatibles avec tous les objectifs. Il faut vérifier que le diamètre interne de votre flash est compatible avec celui de votre objectif !

Une configuration en flash déporté ou multiflash

Une fois que vous vous serez essayé à l’utilisation d’un flash cobra, vous serez probablement tenté de passer en mode multiflash.
Comme son nom l’indique, le multiflash consiste à utiliser simultanément plusieurs flashes cobra pour réaliser vos images. Cette technique demande un investissement matériel plus conséquent mais elle vous ouvre la porte à des éclairages beaucoup plus complexes et subtils au flash.
Attention, plus vous allez multiplier les sources (autrement dit les flashes), plus le contrôle de votre éclairage sera difficile à réaliser. Ne vous lancez pas immédiatement dans une configuration à cinq flashes car vous serez très vite noyé dans les réglages et la conception de vos éclairages.

exemple de photo avec plusieurs flashes
Avec plusieurs sources, il est difficile de contrôler les ombres.

Avant de vous lancer dans le multiflash, vous pouvez déjà vous essayer à la photographie avec un seul flash en déporté. Le flash déporté consiste à utiliser votre flash cobra de manière autonome, c’est-à-dire désolidarisé de votre appareil : exit la griffe porte-accessoire ! Le champ d’action de votre éclairage au flash devient alors presque illimité. Le Chapitre 6 est entièrement dédié à cette pratique et vous trouverez dans le chapitre suivant toutes les informations nécessaires pour pouvoir utiliser votre flash en déporté.

La technique du multiflash est héritée des photographes de studio qui travaillent souvent avec plusieurs flashes en même temps. Avec des flashes cobra, c’est la suite logique d’un travail au flash déporté. Les problématiques de réglages et de synchronisation sont d’ailleurs les mêmes.
Il est préférable de commencer avec deux flashes et d’augmenter progressivement le nombre de sources si l’éclairage que vous voulez construire l’exige. Dans beaucoup de cas, mieux vaut un éclairage à deux sources bien maîtrisé plutôt qu’un éclairage confus à trois ou quatre sources.
Avec une configuration en flash déporté ou en multiflash, le principal problème que vous allez rencontrer est la synchronisation. Comment faire pour que le déclenchement du ou des flashes soit synchronisé avec le déclencheur de votre appareil ?

Plusieurs solutions existent, plus ou moins complexes à mettre en œuvre.
Elles se divisent en deux grandes familles : la synchronisation filaire et la synchronisation sans fil.

La synchronisation filaire

La synchronisation filaire consiste à relier à votre appareil le ou les flashes que vous désirez, afin de les synchroniser.
Vous pouvez utiliser une rallonge de sabot, qui va vous permettre de déporter votre griffe porte-accessoire. Une tête est reliée à la griffe porte-accessoire de votre appareil à laquelle est relié un câble disposant en son bout d’une nouvelle griffe sur laquelle il faudra installer votre flash cobra.
La longueur du câble est souvent comprise entre 60 cm et 1,5 m environ, ce qui laisse un champ d’action relativement restreint à votre flash cobra. Cependant, l’énorme avantage de ce système est que vous conservez toutes les fonctions de votre flash avec votre appareil, en particulier la mesure TTL pour des expositions automatiques. Il est préférable de choisir cet accessoire dans la même marque que celle de votre appareil photo pour éviter des problèmes d'incompatibilité.
Cette option est parfaite pour l’utilisation d’un flash cobra en déporté mais elle est inadaptée pour une configuration multiflash.

rallonge filaire pour flash (Canon)
Rallonge de sabot Canon.

Pour le multiflash, il faut passer par un module disposant de plusieurs sorties de synchronisation. Cet accessoire est à installer sur la griffe porte-accessoire et fonctionne comme une multiprise. Il est possible d’y connecter des câbles de synchronisation spécifiques pour déclencher les flashes en déporté tout en conservant les fonctions TTL. Bien entendu, il faut que vos flashes disposent d’une entrée de synchronisation. Ces prises sont propres à chaque constructeur.

Sabot d’un trio de synchronisation filaire Sony
Sabot d’un trio de synchronisation filaire Sony – Câble de synchronisation propriétaire
– Prise de connexion sur le Sony HVL 58 AM.


Ces solutions sont très efficaces car elles permettent de conserver tous les automatismes des flashes. En revanche, elles ne sont pas très bon marché. Comme nous l’avons déjà évoqué, l’exposition automatique au flash TTL n’est pas toujours préconisée. Dans certains cas, vous utiliserez principalement le mode manuel, pour lequel des solutions filaires beaucoup moins onéreuses existent.
Vous pouvez aussi utiliser un simple câble de synchronisation PC (Prontor-Compur, société à l’initiative de ce type de synchronisation filaire). Ce type de synchronisation est historique dans l’histoire de la photographie. Pour fonctionner, le flash et l’appareil doivent disposer d’une prise de synchro PC. Attention, tous les flashes et tous les appareils n’en disposent pas d’origine.

Avec la démocratisation des systèmes de synchronisation sans fil, cette prise a tendance à disparaître des appareils photo numériques. On la trouve uniquement sur certains appareils experts et professionnels. Pour les appareils qui en sont dépourvus, il existe des petits modules à installer sur la griffe porte-accessoire qui permet d’en ajouter une. La prise de synchronisation PC sur un appareil est de type femelle.
la prise synchro flash sur un canon 7D
Prise de synchronisation PC sur le Canon EOS 7D
et module PC Nikon à monter sur la griffe porte-accessoire.

Ce type de synchronisation est toujours la « norme » pour tous les flashes de studio. En revanche, seuls quelques modèles rares de flash cobra en sont équipés, par exemple le Canon Speedlite 580EX II. L’inconvénient est que ces prises de synchronisation PC sont également de type femelle. Il faudra donc trouver un câble de type mâle-mâle pour pouvoir les relier (assez difficile à trouver).

câble de synchro pc
Câble de synchronisation PC.

Ce système est parfait pour une utilisation en déporté avec un seul flash cobra. À vous de choisir la longueur de votre câble en fonction du type d’éclairage que vous souhaitez mettre en place. Attention, avec ce système, le flash s’utilise uniquement en manuel !

La synchronisation sans fil

Pour vous simplifier la vie, vous pouvez opter pour un système de synchronisation sans fil.
Certains appareils sont équipés d’emblée d’un système de ce type avec leur petit flash d’appoint.
Au moment du déclenchement, le flash d’appoint de l’appareil envoie une série d’éclairs codés intégrant les informations d’exposition TTL et la synchronisation. Cette série d’éclairs est captée par le récepteur infrarouge de votre flash cobra qui modifie automatiquement ses réglages de puissance et envoie l’éclair d’exposition au bon moment.
Pour que cela fonctionne, il faut que le récepteur infrarouge de votre flash soit orienté vers le flash d’appoint de votre appareil. Vous pouvez donc tirer parti de la tête 2D de votre flash : il faut orienter le corps de votre flash vers l’appareil et la tête de votre flash vers le sujet. Attention, la lumière du flash d’appoint de votre appareil doit parvenir sur le corps de votre flash cobra, il ne peut donc pas y avoir d’obstacle entre eux.

Synchro flash sans fil chez Canon
Synchronisation d’un flash Canon Speedlite 430EX,
utilisé comme esclave, avec un reflex Canon EOS 7D sans fil.

Cette technologie dispose d’une portée limitée. Si vous voulez synchroniser des flashes situés à une très grande distance de votre appareil, vous devez envisager de passer sur un système de synchronisation radio.
L’intérêt de cette technique est que vous pouvez multiplier à l’infini le nombre de flashes à synchroniser et que vous pouvez tout contrôler depuis l’écran arrière de votre appareil. Vous pouvez par exemple attribuer des groupes de flashes, modifier les puissances et choisir des fréquences de synchronisation.

Interface de contrôle des flashes asservis sur un Canon EOS 7D.
Interface de contrôle des flashes asservis sur un Canon EOS 7D.

Bien entendu, il faut que votre appareil dispose de la technologie synchro flash sans fil et que votre flash soit compatible. Attention, ici encore, avec cette technologie, il n’est pas possible d’utiliser un flash cobra Nikon sans fil avec un reflex Canon : chaque constructeur a verrouillé son système !
Référez-vous aux fiches techniques des flashes et de votre appareil pour vérifier la compatibilité.
Pour les appareils photo ne disposant pas de cette fonction, il existe des émetteurs infrarouges à installer sur la griffe porte-accessoire, qui remplacent le petit flash d’appoint.
Dans certains cas, ces émetteurs sont intégrés à des flashes cobra haut de gamme qui peuvent donc s’utiliser comme « maître » (le flash est monté sur l’appareil pour piloter les autres) et ou comme « esclave ».

Flash Canon Speedlite 580EX II qui s’utilise comme maître et ou esclave – Transmetteur Canon ST-E2 qui permet de piloter des flashes Canon Speedlite équipés d’un récepteur infrarouge en mode esclave.
Flash Canon Speedlite 580EX II qui s’utilise comme maître et ou esclave – Transmetteur Canon ST-E2 qui permet de piloter des flashes Canon Speedlite équipés d’un récepteur infrarouge en mode esclave.

La technologie radio n’a rien à envier à la technologie infrarouge, au contraire ! Il existe des modules radio qui permettent de synchroniser des flashes cobra sans fil.
La technologie radio offre deux avantages majeurs : une meilleure portée et la possibilité d’avoir des obstacles entre l’appareil et le ou les flashes. De plus, en mode manuel, tous les problèmes de compatibilité disparaissent.

Module de synchronisation radio Flash Wave III
Module de synchronisation radio Flash Wave III.


Cet article reprend le chapitre 2 de l'ouvrage : Zoom sur la photo au flash publié chez Pearson et rédigé par Aurélie Coudière et Arthur Azoulay.


Zoom sur la photo au flash chez Pearson

Les deux auteurs proposent un ouvrage dans lequel vous découvrirez dans un premier temps les principes de fonctionnement d'un flash et comment choisir judicieusement votre matériel pour en exploiter tout le potentiel. De précieux conseils vous seront dispensés pour utiliser vos flashes sans fil et élargir encore le champ des possibilités. Vous apprendrez également à modeler la lumière de vos flashes grâce à de simples trucs et astuces comme avec des accessoires plus sophistiqués.

Vous passerez ensuite à la pratique au travers de cas concrets. Quelle que soit votre sensibilité photographique (portrait, nature, nuit et action…), vous découvrirez plusieurs exemples de configurations en fonction de votre matériel : flash d'appoint, flash cobra, flash déporté ou multi-flash…Vous pourrez ainsi exploiter pleinement le potentiel créatif de la photographie au flash.

En savoir plus sur cet ouvrage : http://www.pearson.fr/livre/?GCOI=27440100656060

À propos des auteurs

Aurélie Coudière a fait ses premiers pas à New York dans l'univers de la scène musicale. Aujourd'hui, photographe indépendante à Paris, elle exerce aussi bien dans le domaine du portrait que de l’événement.

Arthur Azoulay est diplômé de l'École Nationale Supérieure Louis-Lumière. En parallèle de ses activités d'auteur, il réalise de nombreux tests de matériels pour Focus Numérique et vient de lancer un centre de formation photo : www.rdvphoto.fr

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