Lire le nom d'un objectif et en comprendre immédiatement la fiche technique n'est pas toujours aisé : les constructeurs adorent y apposer autant d'abréviations que possible, et plus c'est long mieux c'est ! Le catalogue des optiques Nikon n'échappe pas à la règle, aussi essayons d'y mettre un peu d'ordre...

Optiques Nikon Nikkor

Un peu d'histoire

Nikkor plutôt que Nikon ?

La question que tout le monde se pose en achetant des optiques Nikon concerne leur nom : pourquoi Nikkor, et non Nikon ? Nous ne pouvons que faire une hypothèse, mais basée sur des faits.

La marque Nikkor fut introduite en 1932 et serait une contraction de Nippon Kogaku (optique japonaise). En 1933, le premier appareil photo de la marque sortait d'ailleurs sous la marque Nikkor, et c'est sous cette marque que Nikon s'est fait une solide réputation dans les optiques, construisant notamment les objectifs pour Canon jusqu'en 1948. Lorsque Nikon a sorti ses premiers boîtiers en 1948, ce fut sous la marque Nikon, avec l'historique Nikon Model 1. Déjà à l'époque les boîtiers étaient Nikon, et les optiques Nikkor.

Or en 1979 il s'est passé quelque chose d'intéressant... qui nous fait supposer l'attachement à la marque "Nikkor" pour les optiques. En 1979, Nikon décide de commercialiser des objectifs de qualité, mais abordables. Les optiques de bonne qualité étaient alors hors de prix et le choix logique pour l'amateur consistait à se fournir en optiques d'entrée de gamme aux performances parfois douteuses.

Ce fut la série E, qui fut commercialisée sous marque Nikon et non Nikkor, le constructeur réservant cette dernière aux optiques professionnelles haut de gamme. Et le message passa très mal. Les séries E furent considérées (à tort semble-t-il) comme des entrées de gamme indignes et se vendirent assez mal. Cela a peut-être suffi à dissuader Nikon de changer la marque de ses optiques... mais ce n'est qu'une hypothèse.
Glossaire optiques Nikon Nikkor

Un 50mm de série E vendu sous marque Nikon et non Nikkor (image: www.lens50mm.net)


Le type de mise au point

Chez Nikon, le nom d'un objectif commence habituellement par le type de mise au point (autofocus ou manuel) avec le type de boîtier sur lequel l'objectif est vissable (24x36 ou APS-C).

Objectifs autofocus récents

Sur les optiques récentes, on trouvera principalement 2 mentions au choix :
  • AF : optique pourvue d'un mécanisme d'autofocus ;
  • AF-S : optique pourvue d'un moteur autofocus silencieux ou Silent Wave Motor (SWM), plus rapide et moins bruyant que les AF standards.

Chronologie des évolutions

Avant toute chose, il est important de noter que la baïonnette Nikon F équipe tous les boîtiers de la marque depuis le Nikon F lancé en 1959 et Nikon a toujours privilégié la continuité de la monture. Mécaniquement, toutes les optiques à monture F peuvent être fixées sur un reflex Nikon, avec plus ou moins de restrictions techniques.

Mais depuis 1959, la monture F a beaucoup évolué au fil du temps, ce qui a fait se succéder les modifications techniques et les sigles. Pour les anciens objectifs à mise au point manuelle, on peut donc trouver les mentions suivantes, bien qu'elles soient désormais rares : elles ont disparu des brochures Nikon, mais pas des étiquettes des étagères des revendeurs... d'où leur importance.

Les voici par ordre chronologique d'apparition.

1959 – naissance de la monture F. Les optiques produites à l'époque ne sont pas encore des Ai.

1977 – arrivée des optiques Ai, pour Automatic Maximum Aperture Indexing.

1981 – optiques Ai-S, pour aller de pair avec les boîtiers offrant un contrôle automatique de l'ouverture. La date est importante, puisque toutes les optiques manuelles Nikon encore produites et vendues aujourd'hui sont des Ai-S. On reconnaît l'optique Ai-S lorsque les deux ouvertures minimales sont en orange. Le S se trouve parfois à la fin du nom (1er exemple ci-dessous), soit accolé au Ai (2e exemple ci-dessous).

Glossaire optiques Nikon Nikkor
Des optiques Ai-S manuelles neuves, et toujours commercialisées (assez cher qui plus est).

Nikon objectif Ai-S 135 mm f/2
Si Nikon les oublie souvent dans ses brochures, plusieurs boutiques spécialisées continuent d'utiliser la dénomination exacte des objectifs à mise au point manuelle qu'ils vendent.


1986 : optiques AF, pour AutoFocus. La mise au point est mécanique : une vis dans l'objectif est associée à un embout sur la monture. La motorisation est donc dans le boîtier. Attention, toutes les Ai-S sont des Ai, et toutes les AF, AF-I et AF-S sont également des Ai-S. Compliqué ? Un peu...

1988 : optiques Ai-P, des Ai-S manuelles dotées des contacts électroniques des optiques AF et d'un CPU afin de renvoyer les informations au système de mesure d'exposition. Elles permettent la mesure d'exposition matricielle et l'utilisation des modes d'exposition manuels sur les boîtiers AF. Les Ai-P furent peu nombreuses ; principalement des téléobjectifs imposants, produits en attendant que la marque arrive à les développer en modèles AF.

1990 : optiques AF-n, une mise à jour des premières générations d'optiques AF. La bague de mise au point des premières AF était très dure, rendant les optiques peu agréables à utiliser en manuel. Les AF-n sont dotées d'une bague plus souple et caoutchoutée.

1992 : optiques AF-D, avec un D pour Distance, l'optique dispose d'une puce pour indiquer au boîtier la distance du sujet. Il existe ainsi des objectifs à la dénomination très similaire, comme l'AF 50mm f1.8, quasi identique au 50mm f1.8D, si ce n'est que le second intègre la puce de mesure de la distance. En neuf, il est assez rare de trouver des objectifs "non D" : ils ont été arrêtés et progressivement remplacés par leurs équivalents D, toujours vendus aujourd'hui.

1992 : optiques AF-i, le "i" signifiant ici "Internal Motor". Comme son nom l'indique, l'objectif incorpore une motorisation. Attention, il ne s'agit pas encore là d'AF-S, qui apparaîtra plus tard. Les AF-i sont principalement des super téléobjectifs du début des années 1990, qui communiquent avec le boîtier par contact électronique.

1998 : optiques AF-S, "S" pour Silent Wave Motor. Maintenant la motorisation est intégrée à l'optique. Rapide, silencieuse, l'optique permet un débrayage de la mise au point en manuel à tout instant, sans appuyer sur aucun bouton sauf cas exceptionnel (quelques optiques d'entrée de gamme). Toutes les optiques AF-S sont aussi AF-D (à mesure de distance).

2000 : optiques AF-G. La différence principale entre AF-D et AF-G est la suppression de la bague de diaphragme dont disposent toujours les D. Les optiques récentes sont presque toutes des G ; les G sont toutes des D (informations de distance), mais ne sont plus des Ai-S.

AF ou AF-S : quelle optique pour quel boîtier ?

En fonction du mécanisme d'autofocus dont elle dispose, une optique sera donc manuelle ou autofocus avec tel ou tel boîtier Nikon. Les optiques AF utilisent une mise au point mécanique nécessitant un boîtier doté du moteur adéquat. Les optiques AF-S intègrent le moteur et reçoivent les informations de mise au point par contact électronique.

De nombreuses optiques Nikkor en vente aujourd'hui sont toujours des optiques AF. Sur ces optiques, une vis est enchâssée dans la monture de l'objectif. Lorsqu'on la monte sur un boîtier compatible, elle vient s'accoupler à un "tournevis" greffé sur la monture du boîtier. Rudimentaire... mais ça marche.

Or certains boîtiers "d'entrée de gamme" ne disposent pas de ce mécanisme, donc de la motorisation AF associée. Il s'agit des D40, D40X, D60, D3000, D3100, D5000 et D5100. Sur ces boîtiers, seuls les objectifs AF-S (intégrant la motorisation autofocus) pourront bénéficier de l'autofocus. Il est possible d'y monter un objectif de type AF, mais la mise au point sera alors à faire à la main.

Glossaire optiques Nikon Nikkor
Détail de la monture d'un D7000 : le mécanisme permettant d'utiliser l'autofocus des optiques de type AF dépasse de la monture et ressemble à l'embout d'un tournevis. Si votre boîtier n'en est pas doté, il faut utiliser des optiques AF-S.

Capteur 24×36 ou APS-C ?

Après la mention du système de mise au point, peut figurer la précision DX, signifiant que l'optique construite pour fonctionner avec un boîtier doté d'un capteur APS-C.

La compatibilité avec le plein format ne donne lieu à aucun sigle. Bien que Nikon appelle ses capteurs 24x36mm FX, par opposition au DX des APS-C, la mention FX ne figure jamais dans le nom des optiques.

Notez, comme nous l'avons précisé en préambule, que toutes les optiques Nikon en monture F peuvent se monter sur les boîtiers Nikon, qu'ils soient 24x36 ou APS-C.

Nikon D700, celui de Pierre ?
En bas à droite du D700, le logo FX indiquant un capteur 24x36. Les objectifs DX ne peuvent pas y être montés.

Par exemple, un AF-S DX Nikkor 35 mm f/1,8G est fabriqué pour fonctionner avec un reflex DX, mais il pourra être utilisé sur un reflex 24x36 avec des options de recadrage.

Les boîtiers 24x36 détectent automatiquement la présence ou non d'une optique APS-C et adaptent en fonction la zone de capture, comme le montre le schéma ci-dessous. Avec un tel recadrage, on perd forcément en définition. Notez que cette fonction de recadrage automatique est débrayable, puisque certains zooms DX peuvent couvrir le format 24x36 à certaines focales.

recadrage APS-C sur un capteur 24x36

À l'inverse, la focale fixe AF Nikkor 35 mm f/1,4G ira indifféremment sur un boîtier DX ou FX. Sur un boîtier DX, il faut appliquer un coefficient multiplicateur de 1,5x pour avoir un équivalent 24x36. Ainsi, un 35 mm devient un équivalent 52,5 mm si l'optique est utilisée avec un reflex DX.

glossaire explication sigle optique nikon Nikkor 35 mm f/1,8 G pour DX

Le logo DX indique que ce 35 mm ne peut être monté que sur des boîtiers APS-C.

Normalement, ce sont les seules informations qui figureront devant le nom de l'objectif. Mais quelques exceptions sont à signaler.

Les optiques spéciales : DC, PC-E et Micro

DC : Defocus Control, c'est-à-dire à modification manuelle de la zone de netteté ; le nom est alors par exemple AF-DC Nikkor 135 mm f/2D.

Micro : désigne un objectif macro. Le nom de l'objectif devient alors Micro-Nikkor.

PC-E : les objectifs à mise au point manuelle et à contrôle de la perspective (PC = Perspective Control).

glossaire explication sigle optique nikon nikkor PC-E 45 mm f/2,8

Les objectifs PC-E peuvent basculer afin de modifier la perspective. La mise au point est manuelle.

glossaire explication sigle optique nikon nikkor 135 mm f/2 DC

Les objectifs DC disposent d'une bague de "defocus" grâce à laquelle le photographe contrôle le degré d'aberration sphérique à l'arrière-plan ou au premier plan. On peut ainsi créer des bokehs très doux en arrière-plan tout en conservant un excellent piqué sur un sujet pour un portrait, par exemple.

Il arrive aussi que Nikon place une mention à la stabilisation devant le nom de l'objectif, mais c'est là encore exceptionnel.

Avec ou sans bague de diaphragme

Vient ensuite le nom (Nikkor) suivi de l'information d'ouverture, elle-même immédiatement suivie d'un D ou d'un G.

D : indique la présence d'informations de distance par rapport au sujet à l'aide d'une puce intégrée. Ces informations sont utilisées pour la mesure matricielle 3D et le dosage automatique flash/ambiance par multi-capteur 3D. Les objectifs sont dotés d'une bague de contrôle de l'ouverture. Si on bloque la bague en fermeture maximale, l'objectif peut être utilisé sur un boîtier récent doté de contrôle d'ouverture à la molette.

glossaire explication sigle optique nikon nikkor 24 mm f/2,8D

L'AF Nikkor 24 mm f/2,8D avec, côté monture, sa bague de réglage de l'ouverture graduée de 2,8 à 22.

E : ouverture électromagnétique. La tirette métallique qui permet l'ouverture mécanique du diaphragme n'existe plus sur ces optiques : l'ouverture est pilotée de manière électrique. Attention, ces optiques peuvent poser des problèmes quand elles sont utilisées avec des bagues d'adaptation.

G : objectif dépourvu de bague de réglage de l'ouverture.

Les fonctions spéciales

Viennent ensuite toutes les fonctions spéciales de l'objectif.

ED : Extra low Dispersion glass ; il s'agit d'une lentille de très haute qualité corrigeant ou minimisant les aberrations chromatiques.

IF : Internal Focus ; la mise au point se fait par le mouvement des éléments à l'intérieur de l'objectif, et non en modifiant la taille de l'objectif.

glossaire explication sigle optique nikon nikkor 24-70 mm f/2,8G

Si les verres ED sont mentionnés dans le nom de l'optique, le revêtement nanocrystal ne figure "que" sous forme de badge sur le fût de l'objectif, non directement dans son nom.


VR : Vibration Reduction ; stabilisation de première génération.

VR II : Vibration Reduction II ; stabilisation de deuxième génération.

Un mot à propos de la stabilisation. Il existe donc deux générations de stabilisation : VR et VR II, et ces termes se retrouvent dans les descriptifs des produits Nikon. Mais dans le nom du produit, le "II" peut être trompeur. Souvent apposé près du sigle VR, le II renvoie en fait à la génération de l'objectif, et non à la génération de la stabilisation.

Ainsi, l'AF-S VR DX Nikkor 18-200 mm f/3,5-5,6G IF-ED utilisait déjà une stabilisation VR II. Son successeur, l'AF-S DX Nikkor 18-200 mm f/3,5-5,6G ED VR II, utilise la même stabilisation VR II. Le II renvoie ici simplement à la génération de l'objectif.

Pour différencier les générations de stabilisation, il faudra donc se reporter aux fiches techniques des objectifs, et non à leur seul nom.

Fonctions et traitements

Certains sigles n'apparaissent pas directement dans le nom de l'objectif, mais sont importants. Ils peuvent figurer dans les descriptifs des objectifs ou leurs caractéristiques, et il est utile de les connaître pour identifier les sujets plus rapidement.

ASP ou AS : Aspherical lens elements ; indique la présence d'une ou plusieurs lentille(s) asphérique(s) dans la formule optique.

CRC : Close Range Correction ; système de correction de la qualité de l'image lors des mises au point à très courte distance.

HRI : High Refraction Index ; lentille à indice de réfraction supérieur à 2.

ML : lentille de protection incurvée en forme de ménisque, placée en avant pour réduire les images fantômes.

N : Nanocrystal Coat ; traitement de surface réduisant considérablement les reflets et les images fantômes.

PF : Phase Fresnel ; inauguré avec le 300 mm f/4, l'ajout de lentilles de type Fresnel permet de réduire considérablement l'encombrement et le poids des optiques. Ainsi, le 300 mm f/4 est à peine plus imposant qu'un 24-70 mm f/2,8.

RD : diaphragme circulaire.

RF : Rear Focusing ; système dans lequel seuls les éléments arrière de l'optique bougent pour assurer la mise au point.

SIC : Super Integrated Coating ; traitement anti-reflet multicouche.


Enfin, le liséré doré est un véritable signe d'appartenance. Sa seule présence vous indique que vous êtes en présence d'une optique haut de gamme...


Retrouvez toutes nos explications des abréviations et sigles optiques :
> Comprendre les abréviations et les sigles des optiques Micro 4/3
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> Comprendre les abréviations et les sigles des optiques Fujifilm
> Comprendre les abréviations et les sigles des optiques Pentax
> Comprendre les abréviations et les sigles des optiques Sony

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