Panasonic AG-3DA1 test review avis

Ergonomie

Certes, le 3DA1 est un système de tournage 3D allégé et "prêt à tourner", mais il n'en demeure pas moins un caméscope de poing trop lourd et trop volumineux pour être tenu à bout de bras. Le terme de caméscope de poing n'est d'ailleurs pas vraiment applicable sur le terrain, car le boîtier qui mesure près de 50 cm de long pèse 3 kg avec la batterie est difficile à porter d'une main. Un trépied s'avère donc indispensable pour garantir des plans stables en stéréoscopie.

Certains diront que le 3DA1 ressemble à un radar mobile et c'est vrai. Il n'y a qu'à filmer sur le bord d'une route pour s'en convaincre : les voitures ralentissent toutes en l'apercevant. Sa paire de "jumelles" intégrée se comporte comme un seul objectif. Il n'y a d'ailleurs qu'une seule bague pour la mise au point et une seule bague pour le zoom. Elles sont non graduées et à l'infini.

Hormis cette partie atypique, l'AG-3DA1 reprend le même boîtier que ceux des caméscopes de la famille AVCCAM de Panasonic qui reprenait elle-même celui des modèles MiniDV type AG-DVX100. On retrouve le même agencement des boutons avec la touche Menu et le bouton flèche près du viseur pour enclencher la lecture ou l'avance rapide. Le 3DA1 enregistre aussi sur des cartes SDHC avec deux lecteurs situés sous le viseur protégés par une trappe. Attention, seules les cartes SD et SDHC de classe 6 sont compatibles avec le débit AVCHD. La caméra s'allume avec un interrupteur classique On/Off, mais la mise sous tension est très longue : comptez 20 secondes avant de pouvoir filmer. Cela confirme que le 3DA1 n'est vraiment pas un caméscope de reportage-news. La finition générale en plastique peut sembler un peu "toc" mais elle finalement assez robuste. Si Panasonic avait opté pour du magnésium, le poids aurait été bien plus conséquent ce qui n'est pas une priorité sur un caméscope de poing.

Panasonic AG-3DA1 test review avis interface Panasonic AG-3DA1 test review avis cartes SDHC class 6
Le bouton-flèche (lecture, avance-rapide) Les slots de cartes SDHC

Le 3DA1 s'utilise avant tout en tout manuel. Cet aspect ergonomique pèse sur tout le tournage. Ici, plus question de poser sa caméra et de presser le bouton rouge en laissant les automatismes tout gérer. Le cadreur doit s'atteler systématiquement à trois réglages pour chaque plan ; l'iris qui est débrayable jusqu'à +24 dB (variable par palier de 1 dB), la mise au point qui peut s'effectuer avec la bague ou en Automatique en pressant le bouton AutoPush, et enfin la convergence qui est le plus délicat. Seul le zoom est automatique avec une vitesse progressive, mais il est également manuel avec la bague d'objectif (pas de cran de butée) et son rapport est de 5x seulement.

Panasonic AG-3DA1 test review avis mise sous tension Panasonic AG-3DA1 test review avis sélection affichage écran
L'interrupteur d'allumage (20 secondes sont requises pour la mise sous tension).
Le bouton PushAuto et les boutons USER pour sélectionner le type d'affichage de l'écran : 2D ou 3D.

Le réglage de la convergence s'effectue par une molette sur le flanc du boîtier qui n'est d'ailleurs pas placée au meilleur endroit. En la tournant, vous faites le relief en faisant converger les deux axes de la caméra sur un point de l'image. Ce réglage s'effectue en contrôlant l'image sur l'écran LCD (ou le viseur) dont on peut commuter le type d'affichage via les boutons USER : soit l'image de gauche en 2D, soit l'image de droite en 2D, ou soit l'image en 3D. Dans ce dernier mode, il suffit de superposer les deux images pour réussir votre convergence. Reste à déterminer le bon point... L'affichage d'une zone de sécurité vous aide pour le réglage, mais l'idéal est d'avoir un moniteur 3D en permanence sur le tournage pour évaluer correctement la parallaxe.

Autre détail, l'écart interaxial entre les deux objectifs mesure 6 cm soit l'équivalent d'un être humain. Il est donc indispensable de maintenir une distance d'au moins 2 mètres avec le sujet au premier plan pour obtenir un bon relief. Un piège dans lequel nous sommes tombés plusieurs fois lors du test avec des objets situés trop près. À noter que le zoom est possible durant l'enregistrement. La focale démarre sur un angle de champ assez restreint de 47 mm et varie sur un rapport de 5x.

Panasonic AG-3DA1 test review avis mise sous tension

L'écran LCD est plutôt bien fourni pour assurer cette tâche : une résolution de 921 000 pixels pour une diagonale de 8 cm. Idem pour le viseur avec ses 1,22 mégapixels pour 1,1 cm.

Qualité d'image

La plupart des réglages étant manuels, il convient de soigner avec soin chaque plan. La balance des blancs se règle via l'interrupteur classique à trois crans A/B/Prest qui applique les températures de couleurs de 3200 K à 5600 K. Un calibrage manuel peut naturellement être opéré via le bouton AWB en pointant la caméra sur une surface blanche.

Panasonic AG-3DA1 test review avis balance des blancs manuelle Panasonic AG-3DA1 test review avis balance des blancs préréglages
Le bouton de calibrage manuel de la balance des blancs Les profils de température de couleurs (A,B,Preset)

Le diaphragme, comme nous l'avons dit précédemment, se corrige avec la molette. Ce réglage s'est révélé incertain et très délicat, car l'écran LCD ne donne pas forcément la luminosité réelle. Nous avons parfois filmé des plans surexposés sans le savoir. En terme de sensibilité, le 3DA1 est assez médiocre, mais avec des capteurs 1/4 de pouce il ne faut pas s'attendre à des miracles en basse lumière. L'image est sombre sous 10 lux, peu visible sous 5 lux et en poussant le gain à 24 dB beaucoup de bruit apparait.

Panasonic AG-3DA1 test review avis qualité images Panasonic AG-3DA1 test review avis test basse lumière 3 lux
Sous 27 lux. Sous 3 lux à 24 db.

En terme de piqué, le résultat est probant. L'AG-3DA1 perçoit bien les nuances et garde la netteté sur l'ensemble de l'image. Sur ce point il faut signaler que les caméscopes Panasonic sont souvent les meilleurs y compris en gamme grand public. Peu de gens savent par exemple que le HDC-TM700 avec un simple débit de 17 Mbps délivre le meilleur piqué d'image du marché AVCHD y compris face aux reflex FullHD type Canon 5D Mark II ou Nikon D7000 (du moins sur notre mire en labo). Tant mieux, car Panasonic a précisément choisi ce modèle pour décliner sa version 3D grand public sur le SDT750.

Une comparaison du 3DA1 (en haut) avec le Nikon D7000 qui filme aussi en FullHD 25p (en bas)
Panasonic AG-3DA1 test review avis qualité des images face au Nikon D7000

Post Production 3D

La récupération des rushes en soi ne pose aucun problème puisqu'il s'agit de fichiers AVCHD classiques répartis sur deux cartes SDHC. Il vous suffit donc de les copier sur votre ordinateur pour les déposer ensuite sur la timeline de votre logiciel de montage. Encore faut-il posséder un logiciel compatible 3D...

Sur Windows, le marché se résume pour l'instant à Sony Vegas Pro 10 (testé) qui est le seul logiciel PC à gérer la 3D au moment où nous écrivons ces lignes. Vegas importe les clips Side by Side du 3DA1 sans difficulté. Il suffira ensuite de synchroniser les deux pistes superposées (les clips droits au dessus des clips gauches ou inversement). Il suffit alors de sélectionner les deux pistes (sélection + clic-droit de la souris) pour les "associer en tant que sous-clip 3D stéréoscopique", c'est-à-dire les fusionner sur une seule piste. On aura évidemment pris soin auparavant de spécifier dans les paramètres du projet "Mode 3D stéréoscopique : côte à côte (demi)". Vegas possède même une fonction de "recadrage" (carte 3D stéréoscopique dans l'onglet "Effets") pour corriger une convergence ou même créer des titres en 3D à partir de titres en 2D. Il est néanmoins conseillé de faire au mieux au tournage, car ce type de retouche rattrape souvent mal les erreurs.

Panasonic AG-3DA1 test review avis deux flux vidéo

Sur Mac, Final Cut Pro gère aussi la 3D (sans plug-in) avec un montage sur vue gauche et une conformation avec vue droite pour créer le Side by Side selon Panasonic, mais nous n'avons pas pu le vérifier.

Lors du test, Panasonic nous a prêté le moniteur BT-3DL2550E (7 300 euros ttc) qui intègre une double connectique HD-SDI et est fourni avec des lunettes à filtres polarisés dites passives. Elles ont l'avantage d'être légères et bon marché, mais la résolution est divisée par deux et l'angle de vue est réduit. Pour du montage cela suffit amplement. Dans le cas d'un visionnage du film, on s'orientera plutôt vers une TV Plasma 3D avec lunettes actives (où chaque image est en plein résolution) via l'interface HDMI du caméscope.

Montage en 2D

Il est naturellement possible de se contenter d'un montage en 2D FullHD en piochant les rushes dans l'une des cartes du 3DA1. Là encore, Vegas Pro 10 a l'avantage de gérer de façon totalement fluide les clips AVCHD grâce à un nouveau codec de prévisualisation. Les saccades et les latences sur la timeline en FullHD font désormais partie du passé. Tout se passe comme au temps du DV.

Les choses seront évidemment plus compliquées pour ceux qui possèdent Final Cut Pro (encodage via par Apple Pro Res obligatoire) ou d'autres logiciels qui n'ont pas la chance de digérer l'AVCHD.
Contact Vie privée, Cookies Conditions Générales d'Utilisation