Panasonic AG-3DA1 test review avis

Positionnement marketing

Dans un premier temps, il convient pour nous de bien différencier 3D et stéréoscopie. En effet, le premier terme, 3D, est en réalité un abus de langage puisque les caméras ne produisent pas d'images en 3D (si tel était le cas, nous pourrions allez voir derrière les objets), mais bien avec une impression de relief. Il faudrait donc employer le terme stéréoscopie, qui implique la prise de vue à la fois pour l'oeil droit et l'oeil gauche. Pour plus de simplicité et pour être raccord avec les désignations des industriels, nous parlerons dans notre test de 3D, conscient toutefois du problème que cela implique.

Pourquoi sortir un caméscope 3D "tout-en-un" ? La réponse est simple : ce caméscope n'existait pas. Jusqu'à présent pour réaliser un film en 3D il n'y avait que deux solutions : filmer en Rig (plateau sur lequel on vient fixer 2 éléments pour la prise de vue) avec miroir ou en Rig "Side by side" (deux caméras côte à côte) ce qui impliquait une installation très lourde, complexe et fort coûteuse, car elle implique 2 caméras identiques.

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La 3D n'est pas une technologie nouvelle révélée par Avatar. On projetait déjà des films en 3D dans les cinémas des années 60. Toutefois, elle revient en force depuis 2009 pour dynamiser le marché des téléviseurs plats. La HDTV est déjà bien implantée, il "faut" désormais proposer une autre innovation technologique pour vendre. Bref, les fabricants ont dû se pencher sur les moyens de production après avoir planché sur la diffusion. Panasonic a ainsi songé au caméscope 3D binoculaire qui ne nécessite aucune autre installation, et vendu moins de 20 000 euros.

Pour autant, filmer en 3D n'est pas aussi simple qu'un tournage classique. Non pas que le caméscope 3D soit en lui-même plus compliqué, mais sa technique de tournage, elle, diffère complètement. Il est donc important de comprendre les règles et les limites du film en relief avant de se lancer.

Les principes de la 3D

La 3D est produite grâce à la convergence de deux points de vue : le gauche et le droit. L'être humain parvient à voir grâce aux deux yeux qui transmettent les images au cerveau. Ce dernier les interprète pour afficher une seule image. La convergence des yeux nous permet d'apprécier les distances entre les objets et d'obtenir une vue en relief. Le caméscope 3D reprend le même principe avec deux optiques, deux capteurs, deux processeurs et deux cartes mémoires. On obtient au final deux films séparés que l'on réunira en un seul au montage.

Le Panasonic 3DA1 simplifie le tournage sur de nombreux points par rapport à un tournage en Rig. La synchronisation du diaphragme, de la luminance/chrominance et de la focale sont gérés automatiquement et simultanément. Le caméraman n'a donc à gérer que l'iris, la mise au point et la convergence. Cela représente un sérieux soulagement pour les opérateurs qui ont déjà expérimenté un tournage en 3D en Rig (cf. notre reportage chez Marc Dorcel pour la production d'œuvres pornographiques en stéréo), mais cela nécessite un temps d'apprentissage pour les caméramans qui ne connaissent que les tournages en 2D.

La première difficulté réside dans la parallaxe, autrement dit l'impact du changement de position de l'observateur sur l'objet observé. Plus un sujet est loin et plus la convergence est faible (le point d'intersection entre les deux axes du regard droit et gauche). Quand le sujet est très proche, les yeux doivent converger sur un angle beaucoup plus serré ce qui demande un effort d'accommodation. La distance inter-oculaire entre nos deux yeux est d'environ 65 mm. Si cet écart était plus important, la perception du relief serait plus efficace sur de longues distances. Plus cet écart est court et plus le relief sera perceptible sur des distances courtes et des objets petits. Cette règle de la parallaxe est importante en tournage, car elle détermine le confort de visionnage du spectateur final à qui l'on souhaite éviter des maux de tête et des vertiges. James Cameron a lui-même dû modérer ses effets 3D sur le montage d'Avatar pour ne pas donner mal au coeur au public durant deux heures.

Le réglage de la convergence des lentilles est très important, car elle va révéler le relief des objets que vous filmez. Sur le Panasonic AG-3DA1, la convergence s'effectue à l'aide d'une molette située sur le flanc gauche. En la tournant, vous déterminez à quel niveau l'image passe en stéréo, là où convergent les deux axes de prise de vues. Si votre objet est situé trop prêt et avant le plan de convergence vous obtiendrez une parallaxe très importante qui fatiguera le spectateur. À l'inverse, si l'objet est derrière le plan de convergence la parallaxe sera positive et l'effet 3D très agréable. Enfin, la taille de l'écran où sera diffusé le film a aussi son rôle. Un écran trop grand provoquera des maux de tête et un écran trop petit ne produira rien du tout...

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Ainsi, filmer une île située à 3 kilomètres a peu d'intérêt en relief, mais filmer une pomme à 30 cm de l'objectif aura un effet très inconfortable sur le spectateur. Il faut trouver constamment le juste équilibre.

De même, l'opérateur doit se méfier de "la violation de fenêtre" qui consiste à faire passer brusquement un objet devant l'objectif. C'est le cas d'un passant qui arrive dans votre champ alors que vous filmez un paysage. Il apparaitra soudainement en relief alors que votre convergence est pointée sur un arbre à 10 mètres et jaillira de l'écran en étant coupé par les bords. Au montage, il convient de trier les plans indésirables (avec un écran et des lunettes 3D) et de ne pas enchaîner les plans trop vite, car l'oeil du spectateur doit systématiquement s'accommoder. Bref, un storyboard en 3D demande une préparation particulière qui laisse peu de place aux imprévus et aux évènements furtifs comme en reportage news.

Optique et capteurs

L'AG-3DA1 est unique en son genre, du moins pour l'instant, en attendant que Sony sorte à son tour sa caméra 3D binoculaire.

Ici tout est en double. Il possède deux lentilles à f/1,8-f/2,4 couvrant une distance focale de 47,1 à 264 mm en équivalent 35 mm. On ne démarre pas avec un grand-angle loin de là, mais c'était une chose prévisible sur un caméscope 3D puisque l'ouverture du champ doit rester modeste pour accentuer le relief. Viennent ensuite 2 tri capteurs MOS 1/4,1 pouce d'une résolution approximative de 2 mégapixels, et en bout de course deux processeurs d'encodage AVCHD 24 Mbps qui produisent deux fichiers séparés et stockés sur les deux cartes SD. Les cartes mémoires sont exclusivement au format SD et SDHC et impérativement de classe 6 pour supporter le débit à 24 Mbps. Avec une SD de classe 4 le caméscope refuse d'enregistrer. Une capacité de 16 ou 32 Go est vivement conseillée sachant qu'aucune carte n'est fournie avec le caméscope.

L'AG-3DA1 propose 3 modes d'enregistrement :
- 1920x1080 pixels en 50i (entrelacé)
- 1920x1080 pixels en 25p (progressif)
- 1280x720 pixels en 50p (progressif)

Connectique

En terme de connexions, la spécificité du 3DA1 est sa double sortie HD-SDI en fiche BNC (une pour chaque "oeil"). Cette double interface présente deux avantages :

Primo, elle permet de filmer en "tête de caméra" en raccordant l'AG-3DA1 directement à un enregistreur de carte P2 au format AVC-Intra. Au lieu de récupérer deux flux AVCHD 24 Mbps en 4:2:0 sur 8 bits, vous récupérez deux flux natif AVC Intra à 100 Mbps en 4:2:2 sur 10 bits.

Secundo, elle permet le montage 3D sur un moniteur broadcast 3D comme le Panasonic BT-3DL2550E avec des lunettes à filtres polarisés (qui coûte la bagatelle de 7000 euros). Nous reviendrons plus tard sur les spécificités du montage en 3D mais sachez qu'il faut prévoir d'emblée un matériel de postproduction adapté et souvent très coûteux.

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Enfin, on trouve aussi deux prises XLR à l'avant et une prise casque mini-jack. Il n'y a pas de prise HDMI ni de sortie Composante ou Composite.

Note importante : il est tout à fait possible de se limiter à un tournage en 2D avec l'AG-3DA1. Il suffit pour cela d'utiliser une seule des deux cartes SD qui contient chacune des rushes en résolution FullHD.

 
Format : - AVCHD (24 Mbps, 4:2:0)
Support : - 2 cartes SDHC (classe 6) jusqu'à 32 Go
Capteur : - TriMOS 1/4 de pouce x 2
Optique : - 47,1 - 264 mm en 24x26 (f/1,8 - f/2,4)
Zoom : - Optique 5,6x
Enregistrements : - 1920x1080 (50i/25p), 1280x720 (50p)
Micro intégré : - Oui stéréo
Connectique : - XLR, HDMI, HD-SDI, casque
Dimensions : - 158 × 187 × 474 mm
Poids : - 2,8 kg avec batterie
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