Sony NEX-VG10 test review
Ergonomie

L'ergonomie du VG10 est pour le moins singulière. Elle se distingue par une poignée au dessus du boîtier permettant de filmer en plongée et en contre-plongée avec l'écran ouvert. Cette poignée permet aussi de supporter le poids assez conséquent de l'appareil dont l'optique pèse à elle seule 542 g et déséquilibre légèrement la caméra (720 g) vers l'avant. De plus, le VG10 dispose d'une large crosse latérale en plastique abrasif permettant de tenir fermement la caméra en tournage.

L'écran LCD est de très bonne qualité. Sa dalle est lumineuse, précise avec ses 921 600 pixels et assez large (7,5 cm) pour se passer du viseur. Ce dernier est orientable et très correct avec un œilleton assez large. À noter que l'écran LCD n'est pas tactile (contrairement à pratiquement tous les caméscopes Sony) ce qui pour certains sera plutôt une bonne nouvelle puisqu'une caméra de ce gabarit ne s'utilise pas comme un iPhone. La navigation dans le menu s'effectue donc par le bouton-molette. Et la lecture des vidéos s'opère en pressant une pastille de gomme qui donne accès aux vignettes de clip sur l'écran LCD.

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L'interrupteur d'allumage et le mode Vidéo/Photo Le flanc droit "abrasif" du VG10

Une optique manuelle

À l'instar des reflex qui filment en HD, le VG10 impose une certaine austérité en raison de son objectif à monture E "tout manuel". Or, les caméscopes grand public nous ont habitués durant des années aux automatismes et nous ont fait perdre l'usage de la bague manuelle le plus souvent remplacée par une minuscule molette quand ce ne sont pas des boutons flèches.

Le VG10 marque donc un retour aux sources (enfin !) avec son objectif 18-200mm équipé de deux bagues : l'une graduée pour le zoom (18-200mm) et l'autre non graduée à l'infini pour la mise au point. Ces bagues sont particulièrement rigides contrairement à celles des caméscopes professionnels qui tournent de façon très fluide. Faire la mise au point ou le zoom à la main pendant un enregistrement est un exercice fastidieux, car le mouvement "emporte" le caméscope. Heureusement, le VG10 possède un autofocus automatique très réactif qui lui octroie une valeur ajoutée face aux reflex même si l'intérêt du VG10 est justement de pouvoir réaliser des effets de flou progressif à la main. Il faudra donc un peu d'entraînement. Mais ce n'est rien comparé à la bague de zoom qui est très rigide et qui porte tout le poids du zoom 11x. On évitera clairement de zoomer pendant qu'on filme.

Un menu "photo"

Le VG10 ne possède pas d'écran tactile à la différence des autres caméscopes AVCHD de Sony. Idem pour son menu qui n'affiche pas les mêmes icônes animées que sur un CX550 par exemple. Sony a préféré intégré le menu des appareils photo de la gamme NEX avec la roue des 6 réglages : Programme Auto (P), Crépuscule sans trépied, Anti-flou de mouvement, Exposition manuelle (M), Priorité vitesse (S) et Priorité ouverture (A). Si vous possédez déjà un Compact Sony vous ne serez pas dépaysé.

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Le menu est celui des appareils photo NEX La molette de navigation du menu

Support de stockage

Le VG10 filme exclusivement sur carte mémoire. Il n'y a donc pas de mémoire interne et aucune carte n'est fournie. Pensez-y au moment de l'achat. La bonne nouvelle c'est que le VG10 accepte toutes les cartes SD, SDHC, SDXC (classe 6) allant jusqu'à 32 Go soit et les Memory Stick PRO Duo. Cette carte s'insère dans le slot caché sous une trappe sur le flanc du caméscope. Enfin, le VG10  est équipé de deux griffes porte-accessoires dont l'une peut recevoir une torche et l'autre un micro directionnel, ou même un flash  puisque le VG10 est aussi un appareil photo de 14 mégapixels.


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Le lecteur de carte mémoire Les deux griffes sur la poignée (pour torche et micro)

Les optiques

Le NEX-VG10 est vendu avec un objectif Sony 18-200mm (testé) à monture E de 67 mm de diamètre intégrant un stabilisateur d'image. Prenez-en soin car il coûte cher (800 euros). Sa distance focale offre une bonne polyvalence en prise de vues puisque la lentille démarre sur un grand-angle de 32,4 mm en équivalent 24x36 avec un zoom 11x. Son ouverture à f/3,5 est en revanche peu lumineuse. C'est l'une des principales faiblesses du VG10 qui occasionne une sensibilité assez mauvaise en basse lumière. Pour palier au problème, vous pouvez investir dans un autre objectif. Le VG10 peut recevoir 2 autres lentilles Sony à monture E : le SEL-16F28 et le SEL-1855.

Les objectifs Sony à monture E
SEL-18200 (fournie)
32,4mm à f/3,5, zoom 11x
SEL-16F28
Grand-angle 24mm à f/2,8
 
SEL-1855
27-82,5 mm à f/3,5

Sony propose aussi des objectifs à monture A adaptables au VG10 grâce à la bague d'adaptation Sony LA-EA1 (200 euros). Il est possible de joindre également une optique d'une autre marque comme Zeiss, Leica ou Canon en utilisant une bague d'adaptation.

Enfin, vous pouvez sortir des sentiers battus et fouiner sur Internet pour trouver des optiques bon marché comme le SLR Magic 35mm (150 euros) qui ouvre à f/1,7 avec une focale de 52mm et s'adapte parfaitement au VG10 sans bague d'adaptation. Il suffit simplement de déverrouiller l'accès aux objectifs dans le menu. Nous l'avons testé sur le VG10 et le résultat est plutôt bon en basse lumière.


La qualité d'image

La philosophie du VG10 est de fournir une image de caméra et non plus de caméscope. Nuance ! Sa faible profondeur de champ détache les sujets de l'arrière-plan flou donnant un effet "cinéma" très recherché par les passionnés. Ce rendu donne parfois l'impression d'être plus artistique et plus précis que sur un caméscope traditionnel où l'image est froide et nette sur tous les plans. Une impression justifiée car le piqué du VG10 est excellent, du moins tant que la lumière est suffisante. En basse lumière, du bruit envahit très rapidement l'image. Cette mauvaise sensibilité peut sembler étonnante vu la taille conséquente du capteur (19 fois plus grand qu'un capteur standard de caméscope) mais cette immense surface photosensible est sapée par l'ouverture à f/3,5 de l'objectif quand tous les caméscopes AVCHD ouvrent à f/1,8.

 (cliquez sur l'image pour la télécharger en pleine résolution).
Sony NEX-VG10 test review exemple image
Les images en vol ne souffrent d'aucun effet de "peigne" malgré l'entrelacement. Un vautour filmé en longue focale 200mm se détache parfaitement de l'arrière-plan

Le rendu "cinéma" est renforcé par la texture "progressive" de l'image qui occasionne même une légère saccade sur les plans panoramiques sans aucun effet de "peigne". Si l'on ignore que le VG10 filme en 1080i, on jurerait qu'il filme en 25p. Du coup, le VG10 fait de l'entrelacé tout en conservant les qualités du progressif. Il sera donc inutile de désentrelacer votre film pour le diffuser sur Internet ou sur un écran plat. Cette opération est déjà effectuée par le caméscope en retirant une ligne sur deux au moment de la captation. Le même procédé avait été utilisé par le Panasonic AG-DVX100 il y a plusieurs années qui était le premier caméscope de poing MiniDV filmant en progressif 25p.

On peut alors se demander pourquoi Sony n'a pas tout simplement intégré un vrai mode 1080/25p (ou même 50p) dans son VG10 ? Réponse du fabricant : l'AVCHD ne permet pas de gérer un débit progressif 50p. C'est sans doute vrai puisque d'autres constructeurs semblent confronter à la même difficulté : le  Panasonic TM700 ne peut filmer en 1080/50p qu'en ayant recours à un codec MPeg-4 différent de l'AVCHD. Pourquoi ne pas avoir fait la même chose ? Il semble que Sony réserve le 1080p à son prochain caméscope Super 35 mm annoncé pour l'été 2011...
Sony NEX-VG10 test review exemple image
À noter que le VG10 bénéficie du fameux stabilisateur d'image optique en mode "Active" (paramétré dans le menu) mis au point par Sony depuis 2009 et qui fixe presque totalement la caméra. Ce n'est pas exagérer de dire que l'on peut filmer en marchant grâce à lui avec l'impression que la caméra "flotte" en l'air. Nous n'irons pas jusqu'à dire qu'il remplace un Steadycam mais il permet au moins de s'en passer pour certains plans.

Sous un éclairement de 3 lux
Sony NEX-VG10 test review sensibilité Sony NEX-VG10 test review sensibilité
Sony 18-200mm
SLR Magic 35mm

Sous un éclairement de 25 lux
Sony NEX-VG10 test review sensibilité Sony NEX-VG10 test review sensibilité
Sony 18-200mm SLR Magic 35mm

Nous avons pu tester l'objectif SLR Magic 35mm sur le VG10 et comparer ses résultats avec l'optique d'origine Sony 18-200 en faible éclairage. Sous une lumière tamisée entre 3 et 25 lux le SLR fournit une image tout à fait exploitable grâce à son ouverture à f/1,7. Avec la 18-200, on obtient une image médiocre noyée par le bruit même en poussant le gain à 27 dB.

Sony NEX-VG10 test review flou arrière Sony NEX-VG10 test review flou arrière
Sony 18-200mm SLR Magic 35mm

En éclairage sombre mais en lumière du jour, la différence est moins nette mais la profondeur de champ est plus faible avec le SLR ce qui est normal vu son ouverture et sa focale qui démarre à seulement 52mm. La mise au point est presque chirurgicale sur un objet.

Qualité de son

Le NEX-VG10 appartenant à la gamme grand public il est naturellement dépourvu de sorties XLR. On bénéficie toutefois d'un entrée micro mini-jack qui est discrètement cachée dans la poignée.

Sony NEX-VG10 test review micro Sony NEX-VG10 test review bonnette
Les 4 capsules omnidirectionnelles Avec la bonnette

Mais la vraie surprise n'est pas là. Vous remarquerez sans doute l'étrange micro intégré à forme plate et protégée par une grille. Il s'agit d'un micro constitué de 4 capsules omni-directionnelles traitées par un algorithme qui génère un son stéréo. Ce n'est donc pas du 5.1 comme sur le Sony CX550 mais le résultat est quasiment le même car avec deux canaux le VG10 restitue un son spatial à 360°. Jugez par vous-même sur cette vidéo.

Post-production

Le VG10 est doté d'une connexion assez sobre puisque l'unique sortie vidéo est une interface mini-HDMI. Il n'y a pas de prise Composante ni de sortie Composite. C'est dommage si votre téléviseur est un peu ancien mais tant mieux si vous possédez un écran plat HDTV 1080.

Pour une lecture sur ordinateur, les clips sont récupérables en quelques minutes soit en insérant la carte mémoire sur votre ordinateur soit en branchant le caméscope par le câble USB 2. Dans tous les cas, mieux vaut une machine assez récente car l'AVCHD requiert une grande puissance de décodage. C'est encore plus vrai pour le montage à moins que vous n'ayez la chance de posséder une bonne carte graphique ou bien le logiciel Vegas Pro 10 qui gère l'AVCHD de façon totalement fluide grâce à un nouveau codec Mpeg-4. Nous l'avons testé et croyez-nous ça tourne comme une horloge.
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