Un an après sa sortie, l'Alpha 850 reste le plus défini des reflex amateurs avec ses 24 mégapixels. C'est signe que Sony avait frappé fort sur ce point, mais le record devrait changer de mains — les APS atteignant 18 Mpx, on peut penser que les Full Frame seront à 30 Mpx avant longtemps.

C'est également le moins cher des reflex 24x36. Récemment repositionné — ce qui a motivé le présent essai —, il a largement passé la barre des 2000 € : un reflex Full Frame à un tel tarif, c'était inimaginable il y a encore un an ! Certes, Sony n'a pas le choix : pour s'imposer sur ce marché, il lui faut une politique très agressive. Surtout que si les ventes de 24x36 ont explosé, c'est dû à l'arrivée de la vidéo sur l'EOS 5D Mk II, tandis que les Sony ne disposent même pas de visée sur écran !

Pourtant, l'Alpha 850 est un reflex sérieux. La prise en mains est excellente, l'ergonomie d'un bon niveau malgré quelques touches difficiles d'accès (balance des blancs et sensibilité). On apprécie particulièrement le joystick au bout du pouce, idéalement situé. Et si la construction n'est pas au niveau de celle d'un D700 (pas de joints anti-ruissellement par exemple), elle inspire réellement confiance.

À l'usage, l'appareil s'avère convaincant, équilibré avec le 28-75 mm f/2,8, un peu lourd bien sûr mais cela n'a rien d'anormal sur ce segment. L'autofocus fonctionne bien tant qu'on ne photographie pas un objet venant vers soi à 600 km/h, mais finalement sa couverture est un peu juste et les collimateurs latéraux paraissent vite moins accrocheurs que le central : on préfèrera rester sur celui-ci, se disant qu'après tout la débauche de pixels permet de recadrer.

Un piège ? Non. On peut réellement retailler une image pour extraire de petits détails, et supprimer 50 % du cadre original permet encore de tirer des A3+ irréprochables ! Reste à avoir des optiques qui suivent, et à ce niveau on découvre vite le principal problème de l'Alpha 850 : il ne pardonne rien à ses objectifs. Des défauts invisibles en argentique sautent aux yeux dès que l'on zoome, et il faut parfois faire un effort pour se dire que non, l'énorme trait vert que l'on a sous les yeux n'est pas une ignoble aberration chromatique, mais une imperfection qui ne deviendra visible qu'en tirant un poster, puis en collant le nez dessus.

À ce jeu, le 28-75 mm s'en tire particulièrement bien, avec des AC un peu visibles parfois mais faciles à éliminer en partant des Raw : son piqué est excellent sur l'ensemble du champ à toutes les focales.

Le 70-400 mm délivre une copie un peu moins impressionnante, notamment en position télé ; aussi, le premier coup d'œil sur les images peut pousser à la critique. C'est encore une fois après avoir retaillé la moitié d'une image et tiré un A3 qu'on se rend compte que cet objectif justifie ses 1500 € et vaut en fait des optiques considérées comme excellentes il y a peu.

Le 500 mm, lui, prend une claque : ce bon catadioptrique, très apprécié aux temps argentiques pour sa légèreté, sa compacité et sa bonne qualité, n'est plus à la hauteur d'un tel capteur. Bien entendu, à taille de tirage égal, ce qui était bon à sa conception le reste : mais à quoi bon 24 Mpx si c'est pour tirer des 30x45 cm ? L'intérêt d'une telle définition est dans le recadrage et le tirage en très grande taille, et dans ces conditions les limites de cet objectif deviennent évidentes. On peut parier que si Sony avait un appareil à définition réduite, plus équivalent au D700, cette optique y serait bien plus adaptée.

Côté traitement d'image, l'Alpha 850 n'est pas la star du moment. Là encore, la définition élevée doit être prise en compte : le bruit, bien visible à 100 % dès 400 ISO, se retrouve affiné jusqu'à l'invisibilité dans bien des cas ; mais à 1600 ISO, il est évident sur un A3+ et 3200 ISO est vraiment à la limite du raisonnable quelle que soit l'utilisation envisagée. Ces performances sont désormais dépassées par celles de bons reflex APS...

L'Alpha 850 est peut-être l'appareil que nous avons vu qui gagne le plus à passer par le Raw : le développement par Bibble, avec le réglage de base du plug-in NoiseNinja intégré, donne des images à la fois plus précises et moins bruitées que les Jpeg de l'appareil. Le traitement d'image n'est pas meilleur que sur l'Alpha 900, qui n'était pas la référence à sa sortie... En revanche, avec des Raw d'environ 36 Mo, l'Alpha 850 exigera des cartes au top et des gros disques durs : une fonction pour réduire la définition des fichiers bruts aurait été bienvenue.

Globalement, l'Alpha 850 laisse donc un bilan mitigé. C'est un excellent boîtier, un ticket d'entrée enviable dans le monde du Full Frame, avec une qualité d'image au top en basse sensibilité, et facilement jusqu'à 1600 ISO en Raw. Mais en dehors d'un 28-75 mm au rapport qualité-prix surprenant, il exigera systématiquement des optiques fort coûteuses pour être exploité correctement, ce qui relativise son propre tarif light.

Points forts

Points faibles

Excellente qualité d'image jusqu'à 400 ISO (1600 ISO en Raw)

Qualité des Jpeg passés 400 ISO

Stabilisation mécanique (fonctionne avec toutes les optiques)

Obligation d'utiliser des objectifs pros

Viseur large et lumineux

Pas de visée directe, ni de vidéo

Construction et finition du boîtier

Couverture du module autofocus

Clarté de l'interface, menus réussis

Limitation à 3 images par seconde

Bonne autonomie et excellente poignée optionnelle

Pas de flash intégré et griffe Minolta (non standard)

 

Encombrement et poids


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