EX1R sony test review

Le gabarit de l'EX1R est assez considérable pour un caméscope de poing. Heureusement, son boîtier est suffisamment grand pour se caler sur l'épaule, une main sur l'objectif et l'autre dans la sangle, en contrôlant l'image via l'écran LCD orientable situé à l'avant. Ceux qui ont déjà filmé avec la Sony Z1 comprendront....

Sony a d'ailleurs revu le design de la poignée rotative à 90° qui offre une sangle plus large pour épouser la courbe de la main. L'intérêt d'une poignée pivotante est de pouvoir filmer plus facilement en contre-plongée ou en position basse tout en gardant les doigts bien placés sur les commandes de zoom et d'enregistrement. Une crosse d'épaule est également proposée en option (VCT-SP2BP).

La poignée pivotante à 90° sony EX1R test review

Le viseur est aussi de meilleure qualité avec une résolution de 1 226 000 pixels pour 1,3 cm de diagonale. En fait, Sony a tout simplement intégré celui de la HVR-Z7.

Temps de démarrage 4 secondes

La marque a accru la rapidité du démarrage et du mode Lecture qui réclamait tout de même 8 secondes sur l'ancienne version. On passe cette fois à 4 secondes ce qui est deux fois plus rapide mais paraît encore trop long. Certains diront que les caméscopes à cassette ne sont pas plus rapides mais dans ce cas pourquoi vanter les mérites de la carte mémoire ? Il y a une explication technique à cette lenteur à l'allumage. Primo, un caméscope XDCAM EX fonctionne un peu comme un ordinateur sous Windows. Sa mise sous tension charge des métadonnées comme le numéro de série, le type de focale et les profils mémorisés. Secundo, une mémoire tampon de 14 secondes fonctionne en permanence pour assurer la bascule en mode Lecture par exemple sans effacer des clips, ce qui engendre une certaine latence. Reste que l'utilisation de l'EX1R en reportage est parfois contraignante à cause de cette lenteur.

 

Flanc gauche de l'EX1R sony test review

Accès au ralenti/accéléré (bouton S&Q)

L'autre nouveauté est la présence d'un bouton S&Q pour l'accès direct au Ralenti/accéléré (Slow & Quick Motion) sur la flanc arrière du caméscope. Sur l'ancienne EX1 il fallait systématiquement se rendre dans le menu et le sous-menu pour l'activer, cette fois tout se fait sur le boitier. En mode S&Q, un voyant LED bleu s'allume. Le mode S&Q s'active à la pression du bouton, et le format et la fréquence d'enregistrement basculent automatiquement vers les paramètres précédemment réglés dans le menu. Pratique, certes, mais là où le bât blesse c'est que sa désactivation, elle, passe encore par le menu. En clair, il ne suffit pas de ré-appuyer sur le bouton pour revenir en mode 50i/sec. C'est vraiment dommage et très déconcertant sur le plan ergonomique, car le temps gagné est finalement reperdu.

Rappelons que le principe du Slow & Quick Motion est de modifier la cadence de trames par seconde enregistrée par la caméra. En mode 1280x780 pixels on peut ainsi paramétrer jusqu'à 60 images par secondes ce qui permettra de filmer une image 2,5 fois plus lente. A l'inverse, si l'on spécifie 10 images/seconde, le rendu se fera en accéléré. Dans les deux cas, le son est coupé et il est impossible de visionner en vitesse normale. Mieux vaut donc bien réfléchir avant. Je sens bien sûr venir la question : pourquoi s'embêter à filmer au ralenti alors que n'importe quel logiciel de montage peut le faire en post-production ? Pour le savoir, voici la comparaison en images lors d'un défilé au salon de la lingerie :

 

La différence ne saute pas forcément aux yeux mais en y regardant bien, on constate que le ralenti de l'EX1R est plus fluide et plus net qu'en post-production ce qui est assez logique puisque dans le second cas le logiciel interpole des images pour « ralentir » le clip alors que l'EX1R enregistre bien 60 images/sec en captation.

Mémoire cache de 15 secondes

Déjà répandue sur certains caméscopes grand public, cette fonction permet d'enregistrer des images avant de filmer. Entendez par là qu'une mémoire tampon enregistre en continu puis se vide toutes les 15 secondes pour ne rien perdre d'un événement furtif. Lorsqu'elle est activée, la mémoire tampon transfère l'audio et la vidéo en streaming dans la mémoire interne du caméscope. En pressant le bouton REC, le contenu présent dans la mémoire interne est enregistré sur la carte mémoire avant le début du clip enregistré. La durée de la mémoire tampon peut être préréglée de 1 à 15 secondes. Lorsque la mémoire tampon est activée, un voyant s'allume sur l'écran intérieur du caméscope.

Ecran et viseur

Le PMW-EX1R est équipé d’un écran couleur LCD d'une résolution de 1920 x 480 pixels. L’écran LCD est placé sur la poignée de la caméra et pivote. Il peut s'utiliser sans problème comme un viseur même si la qualité de ce dernier a été améliorée. L'EX1R est en effet équipé d'un nouveau viseur couleur LCD de 0,54 pouce pour une résolution d'environ 1 226 000 pixels commutable en noir et blanc.Ecran XDCAM EX

Ce n'est pas une nouveauté de l'EX1R mais rappelons que l’écran LCD permet également de visionner instantanément la prise de vue enregistrée, ainsi que d’accéder aux menus de configuration de la caméra et de visualiser les indications de statut d’affichage des vignettes via un bouton flèche (notamment les niveaux audio, les indicateurs de profondeur de champ ainsi que la capacité de mémoire et le temps de batterie restants). Il est même possible d'effectuer un prédérushage de ses clips avec la caméra puisqu'elle peut supprimer et scinder n'importe quel fichier en mode Lecture.

Carte SxS 16 Go fournie

En tant que caméscope XDCAM EX, l'EX1R filme sur des cartes SxS (se prononce « SbyS » dans le jargon professionnel). Le caméra est cette fois livrée avec une carte de 16 Go - contre 8 Go auparavant - qui autorise 50 minutes d'enregistrement en mode HQ (35 Mbps).

Il existe en outre des cartes SxS PRO de 32 Go permettant 100 minutes de tournage en HQ. L'EX1R possédant 2 logements SxS, vous pourrez cumuler une autonomie de 200 minutes soit plus de 3 heures en continu sans interruption puisqu'une mémoire tampon assure la bascule d'une carte à l'autre.

A noter que la SxS n'est pas une carte « propriétaire » de Sony contrairement aux idées reçues. Elle correspond au format standard ExpressCard lui permettant de s'insérer dans la plupart des ordinateurs portables à l'instar des cartes P2 de Panasonic qui épouse le format PCMCIA déjà plus ancien. L'EX1R est donc parfaitement adapté aux tournages nomades où le caméraman peut vider ses cartes sur son Notebook en fin de journée. Pratique quand on est loin du bureau. Enfin, rappelons qu'il est impossible de filmer par accident sur un clip comme sur une cassette, même si la carte est pleine. Une sécurité de plus.

Les prix sur Internet

On constate des écarts de prix parfois vertigineux sur les boutiques en ligne des revendeurs. Au moment où nous écrivons ces lignes, une carte SxS PRO de 32 Go se vend 850 euros TTC sur le site de Loca Images contre 514 euros TTC chez Vidéo Plus qui nous a confirmé son prix par téléphone (bien qu'elle soit affichée 760 euros sur une autre page). Il faut donc se méfier des tarifs mentionnés sur Internet, des erreurs sont possibles. Le mieux est de se rendre sur place.
 
Carte SxS Loca Images Carte SxS Vidéo Plus sony ex1r test review

Post-production

En post-production la récupération des clips ne pose aucun problème surtout si vous travaillez avec Vegas Pro de Sony qui inclut un module de reconnaissance automatique et d'importation SxS. Les clips s'affichent avec les vignettes dans un chutier. Sinon, la plupart des logiciels de montage gèrent très bien l'import. A noter que les fichiers sont encodés au format Mpeg-2 Long GOP ce qui facilite le travail au montage (fluidité en lecture). Par ailleurs, Sony propose en téléchargement gratuit le logiciel Clip Browser qui permet l'import, le dérushage et l'édition rapide des clips depuis un caméscope XDCAM EX. Voici à quoi ressemble son interface :

Interface de Clip Browser sony ex1r test review

Qualité d'image

L'objectif de l'EX1R est un Fujinon doté d'un zoom optique 14x. Sa focale grand-angle correspond à un 31,4 mm en équivalent 35 mm ce qui est offre un angle de champ relativement large. On dispose de trois bagues graduées respectivement dédiées à la mise au point, au zoom, et au diaphragme. Pour le zoom, on note la présence d'un servo mécanique débrayable pour rendre la bague totalement libre. Enfin, l'optique renferme les indispensables filtres polarisants (Neutral Density) pour atténuer la surexposition. Comme toujours, le caméscope vous signale le niveau de filtre requis en fonction de la lumière ambiante.

La qualité d'image est identique à celle de l'EX1 : toujours aussi bonne ! Ayant conservé les trois capteurs CMOS Exmor d'1/2 pouce et le même caillou, le rendu HD est réellement très bon, notamment en basse lumière où très peu de bruit est perceptible d'autant que le diaph est ouvrable manuellement de F1,9 à F16 et le gain jusqu'à +18dB. Ajoutons à cela que le débit de 35 Mbps fournit un piqué remarquable à l'image et vous obtenez une qualité à la limite du Broadcast.

En terme de son, l'EX1R est fourni sans micro externe mais intègre un micro stéréo dans son boîtier. La caméra dispose de deux entrées audio XLR dont le volume est réglable séparément via les traditionnelles molettes graduées à l'arrière (CH1, CH2). L'attache du micro se verrouille par une visse, dommage car on aurait préféré une pince comme sur la Z7 (plus rapide). Point important et très utile en reportage : l'EX1R possède deux griffes portes-accessoires sur sa poignée de transport (avant et arrière) ce qui permet de fixer à la fois un récepteur HF de micro-cravate et une minette. Simplement, la deuxième griffe doit être montée en kit.

Pour vous faire une idée, voici un clip filmé avec l'EX1R au salon de la lingerie en janvier dernier. Il mêle des rushes en 1080i et en 720p au ralenti (mode Slow & Quick). La différence de qualité ne se voit pas vraiment car l'encodage sur vimeo.com est passé derrière. On remarque toutefois la bonne sensibilité de la caméra sous un éclairage tamisé y compris en télé.
 


Contact Vie privée, Cookies Conditions Générales d'Utilisation