Lors de la présentation du nouveau Lumix GH2, nous avons pu rencontrer Uematsu Michiharu, responsable du développement de la gamme Lumix chez Panasonic Japon. L'occasion de lui poser quelques petites questions sur les avancées technologiques de la gamme G.

Uematsu Michiharu Panasonic GH2Focus Numérique : Vous venez de présenter un système autofocus par détection de contraste très rapide. Vous annoncez même que le GH2 est dans certaines circonstances plus rapide que certains reflex professionnels. Pensez-vous que ces progrès signent la fin du système autofocus par corrélation de phase [système des reflex et Sony Alpha 55/33, NDLR] ?

Uematsu Michiharu : Avec notre nouveau capteur et un nouveau processeur, permettant d'analyser 120 images par seconde au lieu de 60, nous avons réussi à rendre l'autofocus du GH2 deux fois plus rapide que sur le précédent modèle. En outre, la corrélation de phase est peu performante avec des objectifs peu lumineux, ce qui entraîne une faible profondeur de champ si l'on veut une mise au point continue, en vidéo par exemple. Elle pose également des contraintes de conception des appareils, et l'ajustement précis du système de détection de phase par rapport au capteur est délicat.
Cependant,
sur des sujets mobiles et en rafale, la corrélation de phase reste nettement supérieure.

Focus Numérique : Fuji a annoncé un système de corrélation de phase intégré au capteur d'image, sur son F300EXR. Cela élimine les contraintes de conception des appareils...

Uematsu Michiharu : C'est un bon système, notamment pour la vidéo : il améliore le peaufinage de la mise au point et élimine le pompage.

Focus Numérique : Il y a moins de 6 mois (cf. précédente interview de M. Uematsu), vous expliquiez qu'un capteur 12 Mpix était largement suffisant pour un appareil photo grand public. Pourtant le GH2 propose désormais 16 Mpx...

Uematsu Michiharu : Effectivement... Pour ma part, je continue à penser que 12 Mpix sont tout à fait suffisants pour notre usage photographique. Dans le cas du GH2, il s'agit avant tout d'une décision marketing et non d'un choix technique. Nous devons suivre les tendances du marché qui imposent encore maintenant d'augmenter la définition de nos capteurs. 

Focus Numérique : Toujours dans notre précédent entretien nous avions déjà évoqué la présence d'un obturateur mécanique dans les G2 et G10. Le tout nouveau GH2 dispose encore de cet obturateur. Pourquoi ?

Uematsu Michiharu : Comme je vous l'avais annoncé, nous travaillons sur ce point. Toutefois, nous manquons de ressources en interne pour travailler vite sur cet élément. Les améliorations sont progressives et nous avançons pas à pas. Il est clair que la 3D a monopolisé beaucoup de nos ressources et que nous avons dû retarder certains travaux ; en outre, améliorer la qualité d'image nous a paru plus important qu'éliminer l'obturateur mécanique. Toutefois, dans le futur, je pense que nous aurons deux modes de prise de vues, l'un avec l'obturateur mécanique et l'autre avec une obturation électronique.
lignes de produits avec et sans obturateur mécanique.

Uematsu Michiharu Panasonic GH2Focus Numérique : La 3D justement; vous venez de nous présenter une optique stéréo qui s'avère un accessoire intéressant. Fonctionnera-t-elle avec tous les appareils de la série G ?

Uematsu Michiharu : Malheureusement non. La fonction stéréoscopie ne sera disponible que sur le GH2, et le G2. Tous les autres modèles, et notamment le GF1, ne disposent pas d'assez de mémoire interne pour utiliser les algorithmes 3D. 

Focus Numérique : Peut-on imaginer ce type d'accessoire sur la gamme de compacts Panasonic pour démocratiser la 3D ?

Uematsu Michiharu : Non, je ne crois pas que cela soit possible. Pour l'instant, seule la série G est concernée.

Focus Numérique : Le viseur électronique du GH2 présente des progrès, mais il reste beaucoup de travail pour atteindre la qualité d'un viseur optique et les derniers viseurs LCD sont un peu plus confortables. Quelles sont les perspectives ?

Uematsu Michiharu : Sur ce point et comme sur l'obturateur mécanique, nous avons manqué de ressources internes pour améliorer les caractéristiques. Mais c'est un élément sur lequel nous travaillons et nous explorons différentes voies pour obtenir de meilleurs résultats. Dans le futur,  la visée électronique sera d'un excellent niveau.

Merci à Sophie Ripeau, Luc Saint-Elie et Philippe Sergent pour l'organisation de cette entrevue.


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