La qualité d'un tirage photographique est intimement liée aux caractéristiques du papier utilisé. Sa structure, son mode de couchage, la présence d'azurants optiques sont autant de critères qui modifient le rendu des couleurs  et le rendu des détails de l'impression. Nous utilisons différents types de matériel pour réaliser nos tests :

*Une imprimante HP B9180 munie d'encres Vivera dont nous avons pu apprécier les qualités au cours d'un précédent test.
* La suite Color Confidence Profiler Pro composée d’un spectrocolorimètre EFI ES 1000 et le logiciel Print Profiler Pro (
www.colourconfidence.com)
* Pixelo Studio Test Visual Chart couleur et noir et blanc pour l’évaluation subjective de la qualité de restitution des tirages.
* Mires Pixelo Studio Measure Chart pour les différentes mesures à réaliser.
* Scanner Epson V700.
* Chartes de profilage TC9.18.


Les tests sont imprimés avec et sans gestion de la couleur pour pouvoir à la fois apprécier les saturations maximales offertes par le papier et ses qualités lors d'un cadre normal d'utilisation.

Blancheur

L'analyse au spectrophotomètre d'une plage non imprimée nous permet d'apprécier la réflexion spectrale du blanc papier; c'est-à-dire la manière dont il renvoie la lumière, longueur d'onde par longueur d'onde.



On observe ici un pic de réflexion dans le bleu, analysé par notre instrument de mesure (non filtré UV) comme supérieur à 1, c'est-à-dire qu'il renverrait plus de lumière qu'il n'en reçoit pour cette plage de longueur d'onde.
Ce phénomène traduit la présence d'azurant optique de type agent fluorescent (FWA, Fluorescent Whitening Agent). Ils absorbent la lumière UV et la réémettent dans la lumière visible, les longueurs d'ondes bleues, pour améliorer l'impression visuelle du blanc. Le léger creux observé dans les longueurs d'ondes jaunes et oranges est lui peut-être dû à la présence d'azurant de type colorant. Ces deux types d'azurants donnent un aspect moins jaune au papier.

Les azurants optiques sont couramment utilisés dans la fabrication du papier. Nous avons observé des courbes similaires avec tous les papiers brillants que nous avons analysés. Ils peuvent poser certains problèmes dans le cadre de la gestion de la couleur: l'excès de bleu est parfois mal interprété par les algorithmes présents dans les logiciels. Certains conservateurs émettent également des réserves quant à la durée de vie des tirages effectués sur ce genre de papier. Le vieillissement de l'azurant fluorescent tend à donner une teinte jaune dans un temps plus ou moins long.

Les valeurs L*a*b*, calculées depuis les valeurs spectrales, donnent une bonne idée de la teinte du blanc. Dans le diagramme L*a*b*, a * correspond à l’axe bleu - jaune et le  b * à l’axe magenta – vert.


Observé seul, le papier parait bien blanc. Mais mis cote à cote avec un papier ne contenant pas d'azurant optique, l'aspect bleuté devient alors évident. C'est notamment pourquoi il vaut mieux s'attacher à imprimer ses séries de photo sur un seul et même papier, dans le cadre d'une série destinée à une exposition par exemple.

Pour les professionnels du papier, nous avons également calculé les valeurs de blancheur normalisées. La blancheur CIE est généralement utilisée pour le marché européen, mais il est parfois remplacé par le standard Tappi, valeur de blancheur utilisée pour le marché américain.

 

Ces standards ont leurs propres méthodes de calcul. Celle de la blancheur CIE est plus prompte à rendre compte de la présence d'azurants optiques, ce qui explique sa valeur supérieure à 100.

Rendu des valeurs

Un patch noir imprimé nous a permis d'apprécier la dynamique du papier. La Dmax (pour Densité maximale) est la valeur de densité de la plage la plus sombre imprimable par le trio imprimante-encre-papier. Plus elle est élevée, plus le noir paraitra sombre. La Dmin (pour Densité minimale) se mesure au contraire sur le blanc du papier. Plus la différence entre Dmin et Dmax est grande, plus le tirage sera contrasté, et les couleurs saturées.

 

La densité maximale obtenue (Dmax) est bonne pour un papier brillant sans être impressionnante. D'autres papiers sont meilleurs, tel que le papier Ilford et sa Dmax de prés de 2,6. La dynamique des images reste néanmoins importante et subtile. Les photos tirées avec le Canson, notamment les noirs et blanc, ont tout de même beaucoup de profondeur.

Rendu des détails

Nous avons imprimé horizontalement et verticalement une charte de résolution visuelle à 300 DPI, comme conseillé par HP. Les valeurs indiquées sont en cycle par mm. Un cycle est l’ensemble 1 bande noire + 1 bande blanche. Les impressions ont été scannées à 1200 dpi, soit plus de 2 fois la résolution imprimée.

La résolution est un peu décevante pour un papier de ce type, mais nous sommes un peu difficiles...
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