Vous le savez, Sony nous a confié un exemplaire de son nouvel Alpha 450, un flash et un lot d'objectifs pour couvrir le Rallye Monte-Carlo, première manche du championnat IRC des rallyes et épreuve historique de la discipline.

Après le prologue au col de l'Écharrasson, dans le Vercors, le rallye se déplace pour la deuxième journée en Ardèche, quelques kilomètres au nord d'Aubenas. Nous partons donc à l'aube, mais mauvaise surprise :

Sony Alpha 450 test review terrain

Notre véhicule préfère nous laisser là, avec une panne de refroidissement. Le temps de trouver une solution de remplacement, une bonne heure est perdue. Nous serons donc.... juste à l'heure au rendez-vous prévu : votre serviteur souffre d'un besoin pathologique d'être en avance partout où il va, et cet incident ne fera que renforcer cette maladie !

Un rallye, c'est bien sûr une compétition automobile qui se court sur des épreuves routières. Mais ce n'est pas que ça, et c'était l'optique de ce deuxième jour : plutôt que d'aller à Burzet, Lachamp-Raphaël ou au col de la Fayolle, hauts lieux bien connus des amateurs du Monte-Carlo, nous vous proposons de voir quelques aspects annexes à la compétition.

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Direction donc Antraigues-sur-Volane, village de caractère connu en France pour son chanteur de caractère (Jean Ferrat) et dans le monde du rallye pour son restaurant, la Remise. Il pleut, il y a du brouillard, et l'Alpha 450 ne peut pas réaliser de miracle dans ces conditions ; mais l'image est assez nette malgré les gouttes de pluie sur la lentille frontale du 18-55 mm  — c'est aussi à ça que servent les pare-soleil : monsieur Sony, pourquoi ne pas le fournir en standard ? Contrairement aux apparences, et bien que l'appareil ait choisi d'exposer pour les ombres, le ciel n'est pas brûlé : il est juste uniformément clair.

On comprend bien l'origine du nom du village : Antraigues est accroché sur un promontoire au confluent de trois cours d'eau (ici, à gauche, sous le pont, la Volane, à droite le ruisseau du Mas).

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Pourquoi donc un restaurant est-il un lieu de ralliement pour le monde du rallye ? La réponse est simple. Yves Jouanny, patron de la Remise, est un grand passionné de rallye depuis que Jean-Claude Andruet (vainqueur du Monte-Carlo en 1973 avec "Biche") a poussé par hasard la porte de l'établissement dans les années 60 — la date exacte varie selon les sources et Yves n'a pas été plus précis que "une quarantaine d'années". Par la suite, la table de la Remise est devenue un passage rituel pour les rallymen pendant les reconnaissances du rallye : les pilotes d'alors aimaient la bonne chère.

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Cette photo est dédicacée à l'ensemble des gloutons de la rédaction, qui se reconnaîtront.

Quelques années plus tard, la Remise a commencé à distribuer eau et tranches de tarte aux pommes aux concurrents, exténués par un rallye qui commençait par des "regroupements" de cinq mille kilomètres et qui arrivaient donc à la compétition proprement dite avec déjà cinq jours de conduite non-stop dans les bras, sur des routes rarement déneigées et jamais droites.

Quarante ans plus tard, la tradition perdure. Les pilotes n'ayant plus le temps de descendre de voiture, des tartelettes ont remplacé la tarte, et un "gentleman-agreement" assure à ceux qui les croquent en passant de n'être pas exclus pour cette "assistance illicite" — dans le monde bien contrôlé du rallye moderne, il est interdit de donner quelque chose à un concurrent en-dehors des zones spécialement prévues.

La devanture de la Remise est donc désormais une sorte de pèlerinage pour les passionnés. C'est aussi l'occasion de voir certains pilotes de près, plus décontractés pour certains que pendant les spéciales ou sur les zones d'assistance (où ils sont occupés avec leurs mécaniciens et ingénieurs de course, on y reviendra). La presse s'y... presse donc en masse, et lors du passage des favoris il doit y avoir un journaliste pour chaque "simple spectateur" !

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Yves Jouanny, star locale, est interviewé et applaudi au même titre que les concurrents !

Le flash intégré de l'Alpha 450, comme sur la plupart des appareils modernes, gère assez bien ce type de situation : l'éclair est là pour déboucher, mais suffisamment discret pour ne pas être envahissant et conserver un bon équilibre entre les différents plans.

L'appareil a également sélectionné une sensibilité de 800 ISO ; le grain est visible en pleine taille, mais assez discret et plutôt esthétique. C'était la grande faiblesse de Sony sur les CCD de la série 300, mais le CMOS des Alpha 450 et 550 confirme le bien que l'on pense de lui et les progrès de la marque en matière de traitement d'image. Enfin, comme sur les autres photos, on note un contraste assez faible et une accentuation limitée : même le Jpeg est propice au post-traitement plutôt que croustillant d'origine.

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Yvette Jouanny, soeur du précédent, se charge traditionnellement de la remise des tartelettes. Toujours bon pied, bon œil, elle n'hésite pas à voler un chapeau à un conseiller général pour se protéger de la pluie. Cette image a été prise avec le 50 mm f/1,4, ouvert à f/2 : la faible profondeur de champ détache bien son portrait du fond. On notera la régularité du bokeh, tant en avant qu'en arrière du plan de netteté, et la qualité de l'objectif : il faut vraiment chercher en pleine taille pour trouver des traces d'aberrations.

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Le pilote belge Marc Duez conduit la voiture 0, dernière à passer avant les premiers concurrents. Le rôle des ouvreurs officiels est important : c'est leur passage qui annonce l'arrivée des concurrents, indiquant aux spectateurs qui ne seraient pas encore fixés qu'il est plus que temps de trouver une place sûre et de dégager la route ! En cas de problème majeur comme des spectateurs mal placés (certains attendent le dernier moment pour s'installer dans des échappatoires...), ils peuvent également contacter les commissaires de course pour faire suspendre l'épreuve et, surtout, arrêter les concurrents éventuellement déjà en course.

Marc s'arrête, salue Yvette, mange tranquillement sa tartelette...

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et résiste vaillamment aux assauts des photographes, professionnels et amateurs. Qu'est-ce que ce sera pour les concurrents !

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De fait, lors de l'arrivée de Sarrazin/Renucci, premier équipage français sur la route, c'est une cohue indescriptible et seule la bonne vieille recette du grand-angle au pifomètre, à bout de bras, permet d'en donner une idée.

On note que c'est précisément pour ce type de photo que le Live View rapide et l'écran orientable des Alpha 500/550 est appréciable. Ici, on shoote au jugé en comptant sur le grand-angle et l'expérience pour faire rentrer tout ce qu'il faut ; avec un écran orientable, on peut avoir une idée précise de ce qu'on photographie.

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On peut profiter du départ de la voiture pour photographier hors de la cohue. Certains visages sont encore sérieusement marqués — la spéciale précédente, longue de 45 km, représente plus d'une demi-heure d'effort intense, désolé Monsieur Sarrazin.

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Autre solution : pendant l'arrêt du véhicule, tendre l'appareil à bout de bras entre deux personnes. Des fois, ça marche. Le flash est bien sûr indispensable : l'intérieur des voitures est très sombre. On note le bon équilibre entre la partie éclairée au flash et l'environnement en lumière naturelle. Vouilloz et Veillas sont quatrièmes à la fin de la journée.

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Passés les "gros bras", les médias s'éclipsent. Les passages des derniers concurrents sont donc plus décontractés, certains comme Michel Farnaud n'hésitant pas à discuter une minute avec les personnes chargées de la distribution. L'un d'eux recevra même quelques coups de klaxon énervés du concurrent suivant, qui avait apparemment sous-estimé sa consommation d'essence et craignait de tomber en panne avant d'arriver au ravitaillement de Vals-les-Bains.

Ce sera justement le sujet de notre deuxième détour de la journée. Car entre les épreuves, il faut bien s'occuper des voitures, les remplir d'essence, leur fournir les pneus adaptés (sur un Monte-Carlo, on peut avoir le même jour des spéciales entièrement sèches, du verglas, de la neige fraîche...). Toute une organisation qui est généralement oubliée par nos confrères spécialisés, sauf bien sûr lorsque des mécaniciens reconstruisent presque intégralement en une nuit une voiture démolie par un pilote !

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Nous voici donc à Vals-les-Bains, petite ville à deux pas d'Aubenas. Le public y est dense : ceux qui ne sont pas sur les spéciales viennent ici, c'est la plaque tournante du rallye pour ce deuxième jour. En outre, un téléviseur diffuse Eurosport, chaîne organisatrice du championnat IRC qui assure donc une large couverture de l'événement.

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Lorsque nous arrivons, la zone d'assistance est vide : les concurrents sont tous en train de courir, soit du côté de Burzet, soit vers Saint-Pierreville.

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De l'autre côté de la place, la zone de ravitaillement, séparée de la zone d'assistance pour des raisons de sécurité. Ici, chacun va prendre l'essence nécessaire à la section suivante ; les voitures peuvent ainsi faire le plein tous les 200 km au maximum. Entre les deux, le stand de pointage de l'Automobile-Club de Monaco.

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En effet, à chaque point-clef du rallye (et notamment les entrées et sorties de parcs d'assistance), les concurrents doivent faire tamponner un carnet par les commissaires de course. Au départ, il s'agissait de s'assurer qu'aucun ne prenne un raccourci interdit ; aujourd'hui, le rôle est surtout d'enregistrer les heures de passage. Chaque voiture a une heure de pointage idéale pour chaque contrôle de passage, et pointer avant ou après cette heure entraîne une pénalité.

Ainsi, sur les secteurs où ils sont mélangés à la circulation normale, les concurrents n'ont aucun intérêt à rouler vite : la moyenne imposée varie selon le profil des tronçons, mais tourne généralement aux environs de 60 km/h, autant en profiter pour économiser la mécanique et les muscles.

Cette photo a été prise dans une voiture ouvreuse (0 ou 00) : vous pouvez voir la radio grâce à laquelle son équipage peut contacter la direction de course en cas de besoin.

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Ogier/Ingrassia, vainqueurs l'an passé, finiront la journée à la cinquième place du classement. Une "touchette" (contact sans gravité avec un mur de neige) a arraché l'aile avant...

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Le ravitaillement en essence se fait à la manivelle, pour éviter toute étincelle (les mécaniciens des stands équipés de pompes électriques doivent être équipés d'une tenue ignifugée intégrale). La sécurité est assez stricte (notez par exemple les conduites de carburant renforcées), mais les spectateurs sont autorisés tant qu'ils ne s'approchent pas trop. Bien entendu, les fumeurs sont rigoureusement exclus de la zone.

Notez que le ravitaillement se fait par le coffre...

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Les réservoirs d'essence sont placés à l'intérieur de l'habitacle, à la place du siège arrière. Ils ne risquent donc pas de se percer en cas d'accident, mais cela oblige les mécaniciens à une gymnastique particulière pour les atteindre, contournant les roues de secours (deux par voiture maximum) et l'arceau de sécurité.

Le flash a ici "tapé" un peu fort : les zones blanches de la carrosserie sont brûlées. En contrepartie, le mécanicien et le premier rang de spectateurs sont correctement visibles malgré la nuit tombante.

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Car, même si la coque de la 207 normale a reçu cinq étoiles au crash-test Euro NCAP, elle est renforcée par un arceau tubulaire qui court de l'avant de l'habitacle à l'arrière de la voiture. Les pilotes sont assis dans des baquets inamovibles, dont les appuie-tête reviennent loin sur l'avant pour maintenir la tête et éviter les blessures du cou, et y sont sanglés par des harnais intégraux. Ainsi, même des accidents à haute vitesse avec des arrêts très brutaux (collision contre un rocher par exemple) n'entraînent généralement pas de blessures graves ; en revanche, s'installer ou s'extraire d'une voiture de rallye est un exercice à part entière, comme en témoigne Jacques-Julien Renucci.

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Parfois, un choix marketing du constructeur fait que le modèle de rallye est construit à partir d'un véhicule 5 portes, comme pour la dernière Škoda Fabia. Cela simplifie alors la vie des ravitailleurs.

La poignée verticale de l'Alpha 450 (identique sur la série 500) est, comme toutes celles des reflex Sony/Minolta, particulièrement confortable, avec une excellente préhension. Le décalage vers le bas permet de conserver l'alignement avec l'objectif et de moins tendre le bras pour un cadrage vertical, c'est symbolique mais très agréable et on se demande pourquoi les autres constructeurs ne s'en inspirent pas...

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On l'a dit, les zones d'assistance sont les rares endroits où les concurrents restent plusieurs minutes. C'est donc le rendez-vous des chasseurs d'autographes. En l'occurrence, pour ce mercredi, les enfants étaient nombreux à attendre les pilotes au contrôle de passage — c'est le meilleur endroit : le pilote, ici Mathieu Arzeno, reste immobile et sans occupation pendant que son copilote fait valider le carnet de pointage.

Cette image est un recadrage drastique d'un original bien plus large. La définition élevée de l'Alpha 450 permet d'obtenir un "crop" de 4,5 Mpx, parfait pour un tirage 12x18 cm et utilisable pour un 20x30 cm : aller au-delà du simple recadrage et extraire un détail d'une photo, c'est le seul intérêt de l'accroissement de la définition qui persiste sur les appareils récents.

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Vu du haut du pont, la zone d'assistance est fort calme une fois passés les "gros bras". On note que comme tous ses ancêtres depuis le Minolta Dynax 7D, l'Alpha 450 est équipé d'un système de stabilisation mécanique. Cette photo, prise coude appuyé sur une rambarde au 1/4 s, est d'une netteté acceptable, la perte de piqué étant au moins autant due au début de lissage (1600 ISO) qu'au mouvement : belle performance ! Ce n'est cependant pas systématique et, à main levée, la limite d'efficacité est plutôt vers 1/12 s, assez loin donc des performances des meilleurs compacts.

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Stabilisation toujours avec ce filé de Marty/Roux, pris à la même vitesse. Au contraire des modèles Olympus, qui disposent de modes dédiés aux filés, le stabilisateur du Sony Alpha 450 ne connaît que deux positions : marche et arrêt. Il semble cependant disposer d'une détection des mouvements rotatifs et se désactiver, au moins sur l'axe horizontal : l'image ne donne pas l'impression qu'il ait tenté de compenser la rotation du photographe. On peut donc le laisser activé en permanence, une bonne nouvelle : le réglage est perdu dans le menu général.

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Les mécaniciens peuvent retailler un pneu, pour utiliser par exemple une gomme prévue pour le sec tout en augmentant la capacité du pneu à évacuer l'eau, ce qui peut être utile dans certaines conditions de route. Terminons donc avec un carton rouge pour l'assistance technique d'un concurrent, hélas non identifié, qui a quitté la zone sans ramasser les bandes de caoutchouc découpées sur une roue.

Lorsque l'on pense à la pression mise sur les organisateurs pour respecter les riverains, canaliser le public et évacuer les déchets, et que l'on voit des concurrents laisser leur zone d'assistance dans cet état, on ne peut qu'être dégoûté.

Fin de la deuxième journée, dans laquelle nous espérons avoir montré qu'un rallye, ce n'est pas qu'une histoire de chrono. Demain, nous photographierons des voitures en course sur le lieu mythique du rallye Monte-Carlo : Saint-Bonnet-le-Froid, en Haute-Loire.
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