Christophe Métairie commercialise sous sa propre marque CMP les chartes RefCard 4 et RefCard White.

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La charte CMP RefCard White.

La RefCard White est réalisée en plastique épais teinté dans la masse et sans azurants optiques. Elle est waterproof, ce qui lui permet d’être utilisée pour des prises de vue sous marines. Elle est proposée en deux modèles (inclus dans le pack) A4 et A5.

Ces chartes sont distribuées par CMP, uniquement par Internet : www.cmp-color.fr
* CMP RefCard White (A4 et A3) : 39,90 € (port inclus)

Ergonomie et utilisation

Le packaging de la RefCard White est assez luxueux. Les deux chartes sont livrées dans une belle pochette plastique. On dispose des deux chartes au format A5 et A4, de deux tours de cou (dont l’utilité peut porter à discussion) et d’une fiche pratique pour son utilisation. On regrette que cette fiche soit aussi austère et imprimée sur une simple feuille de papier.

CMP RefCard White test reviewPackaging de la CMP RefCard White.

Le design et la construction des RefCard White sont très réussis. Les chartes, réalisées en plastique épais, sont lourdes et inspirent confiance et solidité. Le design recherché de l’objet avec ses coins arrondis qui lui donnent un aspect profilé ainsi que le logo de la marque découpé dans la masse sont du plus bel effet.

Pour faire tenir la charte droite, elle dispose d’un trou permettant de venir y mettre un stylo (même système que pour les chartes Scuadra TrueColors) : très astucieux !

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CMP RefCard White, focus sur les détails.

Simplicité d’utilisation

La RefCard White est un outil conçu pour réaliser une balance des blancs personnalisée directement à la prise de vue et enregistrée dans l’appareil photo numérique.

Comme le protocole est différent selon le type (et surtout la marque) d’appareil photo numérique, il est normal que l’on trouve peu d’informations sur le protocole à suivre. Cependant, il pourrait être intéressant de montrer le protocole sur des appareils milieu de gamme chez les deux grands constructeurs Canon et Nikon car les procédures sont souvent identiques pour tous les appareils d’une même marque.

On retrouve cependant sur le site Internet du constructeur www.cmp-color.fr les informations nécessaires à son utilisation :

* Utilisation en JPEG
* Utilisation en RAW
* Une explication de la balance des blancs

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www.cmp-color.fr

Le même type d’informations est présent sur la notice fournie avec les deux chartes. On dispose également des valeurs L*a*b* du blanc de la charte : L*94 a*1 b*1.

Voici les courbes de réflexion spectrale de la charte :

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CMP RefCard White, réflexion spectral.

Comme nous pouvons le voir, la charte n’est pas neutre. On observe un fléchissement des réflexions bleues : la charte renvoie du jaune. Ceci se confirme avec les valeurs L*a*b* calculées et le graphique en découlant :

  L* a* b*
CMP RefCard 93,8 -1,3 3,2

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CMP RefCard White, graphique (ab).

On observe là encore une différence entre les valeurs « constructeur » et les valeurs « mesurées ». Dommage. C’est le problème des mesures effectuées au début de la fabrication : il est dur de garantir un processus de fabrication stable dans la durée. CMP nous a habitués à mieux avec sa RefCard 4. Estimons que celle-ci est fabriquée dans son atelier, alors que pour la RefCard White, il a du avoir recours à un sous-traitant moins tatillon.

Dans la pratique

La Ref Card White est conçue pour être utilisée à la prise de vue afin de réaliser une balance des blancs personnalisée manuelle. Elle peut être utilisée aussi bien en JPEG (la balance couleur est appliquée de manière définitive sur l’image) ou bien en RAW (les informations sont enregistrées dans les métadonnées de l’image, il est préférable alors d’utiliser le développeur RAW livré avec l’appareil pour exploiter pleinement cette fonction).

L’idée est de réaliser une prise de vue, dans l’éclairage de la scène que l’on souhaite photographier, plein cadre de la charte et de sélectionner l’image comme référence dans l’appareil. On peut également « flouter » l’image pour uniformiser l’éclairage.

Il est par contre dommage que la carte soit blanche ou uniquement blanche. Elle devient plus difficile à utiliser quand on désire l’intégrer à la scène pour un classique « point gris » à la pipette.

La méthode du point gris marche d’autant mieux que le patch est gris, justement.

De plus, si on sous-expose légèrement son image, on risque de « cramer » la charte. Il est alors impossible de réaliser des corrections couleur sous Photoshop si la charte est aux valeurs maximales R : 255, V: 255, B : 255.

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 L’image de référence.

Il est important de réaliser la prise de vue plein cadre car tous les appareils ne disposent pas de la fonction de recadrage lors de la sélection du blanc de référence !

La photo a été réalisée de trois manières différentes :

* Balance des blancs laissée à l’appareil : mode AWB.
* Balance des blancs avec preset de l’appareil : mode Flash.
* Balance des blancs avec réglage personnalisé manuel.

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À gauche, l’image en mode AWB, au centre l’image avec le preset Flash, à droite l’image avec la balance des blancs perso.

La photo en mode AWB présente une dominante bleue assez marquée, la photo en mode preset Flash présente une dominante rouge.

La photo en mode balance des blancs personnalisée est neutre bien qu’il subsiste une légère dominante bleue dans les zones les plus sombres de l’image.

Contrairement aux solutions d’équilibre couleur à réaliser après la prise de vue en utilisant les pipettes et l’outil courbe du logiciel de traitement des images, les solutions utilisant la balance personnalisée de l’appareil influent très peu sur la reproduction des détails dans les ombres et les lumières et sur la saturation des couleurs.

D’un point de vue pratique, la charte est très bien conçue. La charte peut tenir en position verticale ou horizontale grâce au trou qui permet de la stabiliser avec un stylo par exemple.

Par contre la charte est un peu grande pour de « petites » ambiances, même le modèle A5.

Comparaison

Pour commencer cette comparaison, voici un tableau représentant le Delta E des patchs de chaque charte comparée avec l’axe des gris. Plus la valeur de Delta E est faible, plus le patch est neutre.

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Les Delta E de la seconde série.

Les chartes Lastolite sont les plus neutres de cette seconde série de tests. Chapeau à Lastolite, qui a su concilier matériaux souples et neutralité ! Le pari n’était pas gagné d’avance.

La partie « comparaison » a pour but de venir comparer « objectivement », c’est-à-dire avec des valeurs chiffrées, les résultats réels que l’on peut tirer des différentes chartes de gris par rapport à une utilisation automatique (ou avec les presets) de la balance des blancs directement à la prise de vue sur l’appareil. Cette comparaison a été réalisée en studio sous deux types d’éclairage différents (parfaitement calibrés) : flash et tungstène.

Nous avons comparé les valeurs obtenues sur la gamme de gris de la ColorChecker sur les images par rapport à leurs valeurs réelles.

Comparaison en situation de studio : éclairage flash

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Balance des blancs réglée sur Flash

chartes gris test review
Balance des blancs réglée sur Auto

chartes gris test reviewPoint gris sur le patch de la Kaiser Pro Disk


chartes gris test reviewBalance des blancs personnalisée de la Kaiser Pro Disk


chartes gris test reviewPoint gris sur le patch de la CMP RefCard White


chartes gris test reviewMéthode L*a*b* sur le patch de la CMP RefCard White

chartes gris test reviewBalance des blancs personnalisée de la CMP RefCard White


chartes gris test reviewPoint gris sur le patch gris de la Lastoliste XPO Balance


chartes gris test review Outil courbe sur la Lastoliste XPO Balance


chartes gris test reviewBalance des blancs personnalisée de la Lastolite EzyBalance, coté blanc


chartes gris test reviewBalance des blancs personnalisée de la Lastolite EzyBalance, coté gris


chartes gris test review Point gris sur le patch gris de la Lastolite EzyBalance, coté gris

Voici les résultats de nos mesures :

     Patch 1 Patch 2 Patch 3 Patch 4 Patch 5 Patch 6 Moyenne des ∆Eab
Eclairage Méthode ∆Eab ∆Eab ∆Eab ∆Eab ∆Eab ∆Eab
Flash BDB - Flash 2 12 17 19 17 6 12
BDB - Auto 3 11 16 17 15 1 10
Kaiser ProDisk - Point Gris 2 12 16 17 15 4 11
Kaiser ProDisk - BDB 2 10 16 16 14 3 10
RefWhite - Point Blanc 2 9 14 16 14 5 10
RefCardWhite - L*a*b* 3 9 14 16 14 2 10
RefCardWhite - BDB 3 11 16 16 14 2 10
XPO - Point Gris 2 12 16 17 15 3 11
XPO - Outil Courbe 4 17 19 15 6 21 13
Ezy - Coté Blanc - BDB 3 10 16 16 14 2 10
Ezy - Coté Gris - BDB 2 11 17 17 14 3 10
Ezy - Coté Gris - Point Gris 2 12 16 17 15 3 11

Comme lors de la première partie du test, la balance des blancs automatique de l’appareil donne d’aussi bons résultats que les chartes de gris. Les deux Lastolite donnent des résultats identiques en utilisant la méthode du point gris. Ce n’est pas étonnant puisque les deux chartes partagent les mêmes revêtements gris et blanc.

La méthode de l’outil courbe (avec les valeurs par défaut de Photoshop) sur la Lastolite XpoBalance donne de mauvais résultats : le contraste explose et on perd des détails dans les hautes lumières et les ombres.

Les meilleurs résultats sont obtenus avec les méthodes des blancs personnalisées manuelles, on retombe sur les mêmes résultats qu’en laissant l’appareil gérer tout seul la balance des blancs.

Comparaison en situation de studio : éclairage Tungstène

chartes gris test reviewBalance des blancs réglée sur Flash


chartes gris test review Balance des blancs réglée sur Auto


chartes gris test reviewPoint gris sur le patch de la Kaiser ProDisk II.


chartes gris test reviewBalance des blancs personnalisée de la Kaiser Pro Disk


chartes gris test reviewPoint blanc sur le patch de la CMP RefCard White


chartes gris test reviewMéthode L*a*b* sur le patch de la CMP RefCard White


chartes gris test review Balance des blancs personnalisée de la CMP RefCard White


chartes gris test reviewPoint gris sur le patch gris de la Lastoliste XPO Balance


chartes gris test review Outil courbe sur la Lastoliste XPO Balance


chartes gris test reviewBalance des blancs personnalisée de la Lastolite EzyBalance, coté blanc


chartes gris test review Balance des blancs personnalisée de la Lastolite EzyBalance, coté gris


chartes gris test reviewPoint gris sur le patch gris de la Lastolite EzyBalance, coté gris

Voici les résultats de nos mesures :
     Patch 1 Patch 2 Patch 3 Patch 4 Patch 5 Patch 6 Moyenne des ∆Eab
Eclairage Méthode ∆Eab ∆Eab ∆Eab ∆Eab ∆Eab ∆Eab
Tungsten BDB - Tungsten 4 5 8 7 6 6 6
BDB - Auto 4 6 10 9 7 6 7
Kaiser ProDisk - Point Gris 4 5 8 7 6 6 6
Kaiser ProDisk - BDB 4 5 9 7 7 7 6
RefWhite - Point Blanc 4 5 8 8 7 7 6
RefCardWhite - L*a*b* 3 5 9 8 6 6 6
RefCardWhite - BDB 4 6 10 10 7 6 7
XPO - Point Gris 3 5 8 8 7 6 6
XPO - Outil Courbe 4 14 14 7 5 21 11
Ezy - Coté Blanc - BDB 4 5 9 8 7 6 6
Ezy - Coté Gris - BDB 3 5 9 8 7 5 6
Ezy - Coté Gris - Point Gris 3 5 9 8 7 6 6

Là encore, les conclusions sont les mêmes que dans la première partie du test : aucune charte de gris ne nous donne de meilleurs résultats qu’en balance des blancs « Tungsten ».

Conclusion provisoire

Nos conclusions sur la méthode du point gris restent sensiblement les mêmes que pour la première partie du dossier.

Globalement elle donne d’assez bons résultats. Cependant, on ne peut corriger une dominante que sur les valeurs moyennes. Si l’image originale présente une légère bascule, c’est-à-dire par exemple, une dominante différente dans les valeurs moyennes et les ombres, les corrections ne s’appliqueront qu’aux valeurs moyennes de l’image, la dominante dans les ombres sera toujours présente voire modifiée. Pour exploiter au mieux cette méthode (la plus simple à réaliser), il faut utiliser une charte qui soit la plus neutre possible, or d’après nos mesures et les données fournies par les constructeurs, toutes les chartes ne se valent pas.

Aucun des produits testés dans cette seconde partie n’est livré avec les valeurs L*a*b* des éventuels patchs blanc, noir et gris. A priori la méthode du point noir, point blanc et point gris est à proscrire. Cependant, Lastolite en parle pour son outil XpoBalalance : on a vu le résultat !

Presque tous les produits testés, proposent une solution de balance couleur à réaliser directement à la prise de vue : une balance des blancs personnalisée manuelle. Les résultats avec cette méthode frôlent la perfection : on se rapproche beaucoup des résultats du mode balance des blancs automatique de l’appareil. Bien entendu, à ce niveau, il faut prendre en compte la qualité des traitements du DSP de l’appareil (en l’occurrence pour nous le DSP DiGiC du Canon EOS 5D).

Nous avons hâte de pouvoir comparer les premiers résultats avec l’utilisation d’une simple feuille blanche !

Test CMP RefCard White

Points forts

Points faibles

Solidité et simplicité d’utilisation

Manque de neutralité pour le blanc

Valeurs Lab fournies

 

2 chartes livrées

 

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