Avec l'A7R II, Sony dévoile le premier appareil photo équipé d'un capteur 24x36 nouvelle génération rétroéclairé (BSI pour Back Side Illuminated) Exmor R. Ce nouveau capteur, plus rapide, propose une définition en 42,4 Mpx, un autofocus intégré et la possibilité de filmer en 4K. Détails.

Sony Alpha 7R 2 (A7R 2), vu de face avec le 55 mm f/1,8

Capteur Exmor R de grande taille

Avec l'A7R II (ILCE-7RM2), Sony a réussi à développer un capteur 24x36 BSI (rétroéclairé) CMOS  de 42,4 Mpx. La définition est donc en hausse, mais ce n'est pas le seul bénéfice de ce nouveau capteur dépourvu de filtre passe-bas.

399 points autofocus

En effet, si l'A7 premier du nom disposait déjà d'un capteur à autofocus intégré, l'A7R, lui, ne proposait qu'un capteur conventionnel. Avec l'A7R II, Sony monte sérieusement en puissance et propose un nouveau module autofocus par corrélation de phase intégré au capteur de 399 points, contre 117 points précédemment.

La couverture du champ visée est d'environ 70 % verticalement et 70 % horizontalement (soit environ 50 % de la surface du capteur, ce qui est largement supérieur à la couverture AF d'un reflex 24x36 conventionnel). Voilà qui devrait faciliter le suivi autofocus. Le tout est également couplé à un autofocus par détection de contraste à 25 points et à la reconnaissance des visages. Sony annonce une amélioration des performances de l'ordre de 40 %.

Sony Alpha 7R 2 (A7R 2), surface couverte par l'autofocus à correlation de phase
À l'intérieur du cadre, un autofocus à corrélation de phase permet de suivre un sujet en déplacement à l'aide de 399 points.

Nous avons pu essayer une version non finalisée de l'A7R II et avons bien ressenti une amélioration au niveau de la réactivité de l'autofocus. Nous sommes vraiment impatients de pouvoir tester ce nouveau module AF sur le terrain et en labo.

Cerise sur le gâteau, ledit module AF fonctionne désormais parfaitement avec toutes les optiques, qu'elles soient estampillées Sony (monture A ou E) ou d'une autre marque, avec l'utilisation de bague.

Un processeur Bionz X dimensionné

Pour accompagner ce nouveau capteur, l'A7R II dispose naturellement d'un nouveau processeur de traitement des données. Il permet au boîtier d'enchaîner les vues à une cadence de 5 ips avec le suivi autofocus et la mesure d'exposition. C'est une belle cadence pour des clichés en 42,4 Mpx, mais pourquoi ne pas proposer des rafales plus rapides, quitte à rogner sur la définition ? Une rafale à 7 ou 8 ips en 20 Mpx aurait été un vrai "plus".

L'A7R II est capable de grimper jusqu'à 102 400 ISO en mode étendu, tandis que la plage de sensibilité "classique" s'étend de 50 à 25 600 ISO. Pour l'instant, cela ne reste qu'un (impressionnant) chiffre qui ouvre de nouvelles perspectives photographiques et il faudra voir les résultats en images.

Vidéo 4K... sur carte et complet !

L'A7S est capable d'enregistrer des vidéos en 4K Télé... mais sur un enregistreur externe. L'A7R II, lui, enregistre les vidéos en interne et remet donc les pendules à l'heure. En fait, c'est le premier COI 24x36 de la marque à réellement filmer en 4K Télé (3 840 x 2 160 px ; le boîtier ne propose pas l'enregistrement 4K Ciné).

Attention, lorsque vous utilisez la surface complète du capteur 24x36 dans un ratio 16/9, l'A7R II réalise un regroupement de pixels pour enregistrer en 4K / HDTV 1080.

Il existe un mode Super35 mm qui ne prend en compte que le centre du capteur (format proche de l'APS-C avec un facteur multiplicateur de 1,5x environ), d'une définition native de 5 168 x 2 912 px. Dans ce cas, toutes les lignes sont alors lues et la vidéo en 3 840 x 2 160 px est obtenue par recombinaison des données. Par expérience, nous savons que l'enregistrement d'une vidéo avec un surcroît d'information permet un meilleur rendu des détails qu'un mode natif.



Naturellement, c'est le format XAVC-S qui est utilisé à la fois pour la définition 4K et HDTV 1080 avec les caractéristiques suivantes :

Format Définition Cadence Conteneur Codec Audio Quantification couleur Bitrate
XAVC-S 4K 3840 x 2160 30/25/24p MP4 H.264/AVC PCM 4:2:0 / 8 bits 100 / 60 Mbps
XAVC-S HDTV 1920 x 1080 60/50/30/25/24p 50 Mbps
1280 x 720 120/100p

Les vidéastes les plus exigeants noteront que l'encodage des couleurs est toujours en 4:2:0 avec un échantillonnage 8 bits. Aucun progrès de ce côté. Les plus "pointus" regretteront peut-être l'absence d'un codec plus moderne pour la vidéo 4K. Le H.265 est en effet beaucoup plus performant dans ce domaine, même si pour l'instant son utilisation reste délicate : son support encore limité au niveau matériel et logiciel. Le proposer en alternative au traditionnel H.264 aurait cependant donné un bon coup d'accélérateur à l'adoption du codec.

Sony Alpha 7R 2 (A7R 2), mode vidéo 4K

L'A7R II bénéficie de toutes les avancées apparues sur l'A7S à savoir :

- zébras : 70 / 75 / 80 / 85 / 90 / 95 / 100 / 100+ ;
- magnifier focus lorsqu'on met au point manuellement ;
- peaking level / color ;
- enregistrement du TC : REC RUN ou FREE RUN ;
- Dual Video REC : enregistrement simultané en XAVC-S et MP4 movie, ou en AVCHD et en MP4, pour une utilisation de proxy plus légers à monter ;
- marqueurs : 4:3 / 13:9 / 14:9 / 15:9 / 1.66:1 / 1.85:1 / 2.35:1 ;

et surtout la possibilité d'utiliser des profils d'image (Picture Profile). Les gammas, matriçages ainsi que tous les autres réglages vidéo peuvent être paramétrés dans les Picture Profiles, comme sur les caméscopes semi-pros de la marque.



Grâce à la sortie micro HDMI, on peut monitorer ou enregistrer un signal HD ou 4K sur 8 bits 4:2:2 avec TimeCode et il est possible de brancher un micro ainsi qu'un casque.

Toujours pour la vidéo, Sony annonce également un nouvel écran LCD (qui vient se loger sur la griffe porte-accessoire multi-interface) : le CLM-FHD5. D'une diagonale de 12,7 cm, il affiche des images en HDTV 1080 et permet de zoomer et d'afficher un focus peaking, les fausses couleurs et différents marqueurs vidéo. En outre, il dispose d'un mode S-Log pour faciliter le travail dans ce mode.

Silence, on photographie

Comme l'A7S, le nouveau COI 24x36 A7R II dispose d'un mode prise de vue silencieuse. L'obturateur mécanique est alors désactivé permettant alors de prendre des photos dans un silence complet. Un bon point pour la photographie de spectacle ou tout simplement pour être plus discret.

Évolutions au niveau du boîtier

Si la forme générale du boîtier n'évolue pratiquement pas, quelques points techniques ont été revus ou améliorés. Ainsi, le châssis est désormais réalisé entièrement en alliage de magnésium (sur les précédents modèles, le dos ne l'était pas). Le barillet des modes d'exposition gagne également un verrou. Il faut maintenir la touche centrale appuyée pour pouvoir tourner la molette et j'avoue avoir une préférence pour les modèles à deux positions (verrouillé ou pas) plus pratique à mon sens.

Sony A7R II avec verrouillage de la commade des modes d'exposition
Le barillet des modes d'exposition gagne un verrou.

Viseur électronique très large

La dalle Oled XGA (1 024 x 768 px) est toujours présente, mais la construction optique de la visée a été revue pour offrir un grossissement de 0,78x. Et effectivement, la visée est très spacieuse et du coup très agréable. Pour mémoire, les viseurs optiques des reflex haut de gamme Nikon (D4S) ou Canon (1DX) propose un grossissement de respectivement 0,7x et 0,76x. Impressionnant, donc.

Toutefois, avec des lunettes, il est difficile d'embrasser toute la scène visée : le dégagement oculaire est peu court. Le grossissement important apporte un vrai confort de cadrage, mais Sony aurait dû également améliorer la précision de la dalle avec une définition supérieure. Nous attendions le viseur Epson SXGA+, mais comme pour le Leica Q (qui propose une définition en 1 280 x 960 px) : ce ne sera pas pour cette version. Dommage, car avec un peu d'attention, il est possible de voir du crénelage sur certaines scènes.

Obturateur mécanique plus silencieux

Nous avons souvent reproché à la série A7 un déclenchement très sonore. Les ingénieurs de Sony se sont penchés sur le problème et ont mis au point un nouvel obturateur mécanique équipé de systèmes d'amortissement pour un déclenchement beaucoup plus feutré, engendrant moins de vibrations. Ce nouveau modèle serait également plus résistant et fiable, avec pas moins de 500 000 déclenchements annoncés !

Pas d'écran tactile

Nous militons depuis longtemps pour l'arrivée d'écrans tactiles sur les appareils photo de la marque et chaque annonce de nouveaux produits est sujette à discussion sur ce point (parfois à grand renfort de sondages...). Malheureusement, l'A7R II ne dispose toujours pas d'un tel écran.

Impossible donc de réaliser rapidement le point sur un sujet en tapotant du doigt sur l'écran ou de zoomer sur une image en écartant deux doigts. D'après les responsables de Sony, les photographes "visés" par l'A7R II n'ont pas cette attente et souhaitent avoir une interface assez classique. Certes. Mais pourquoi ne pas proposer une fonction tactile ? Libre à chacun ensuite de l'activer et l'utiliser... ou pas. Cela reste un mystère.

L'écran LCD est monté sur double charnière qui permet une orientation 90° vers le haut et 45° vers le bas. La dalle de 7,5 cm affiche 1 229 000 points dans un format 4:3.

Stabilisation 5 axes

La stabilisation du capteur sur 5 axes apparue sur l'A7 II est heureusement reconduite et optimisée pour le nouveau capteur. Un vrai plus, car avec une définition de 42,4 Mpx, le moindre mouvement au niveau du boîtier est perceptible. Sony annonce un gain de 4,5 IL. Là encore, il faudra vérifier sur pièce.

Sony A7R II stabilisation mécanique

Quelques oublis

L'A7R II n'intègre toujours qu'un seul emplacement de carte mémoire. Au niveau des petits regrets, nous pointerons également l'absence de puce GPS pour marquer les images à la volée.

Prix et disponibilité

L'A7R II sera disponible à partir du mois d'août pour un tarif recommandé de... 3 500 € ! Un prix largement en hausse par rapport au précédent modèle, proposé en 2013 à 2 100 €. Sony fait payer la technologie au prix fort.

Le nouveau Sony A7R II

Notre premier avis

Après une première et rapide prise en main, le Sony A7R II s'avère plutôt convaincant. Depuis des années et à chaque rencontre avec des responsables de la marque, nous posions la même question : pourquoi ne pas réaliser des capteurs rétroéclairés de grande taille ? La réponse était à chaque fois identique : le gain en sensibilité était surtout important pour les petits capteurs. Aujourd'hui, c'est un capteur 24x36 rétroéclairé que Sony présente, et nous espérons bien qu'il apporte quelques changements au niveau de la qualité des images. Pour l'instant, nous ne pouvons pas encore nous prononcer sur le sujet, mais l'arrivée d'un BSI relance le débat.

L'A7R II apporte de nombreuses améliorations, à commencer par une définition plus élevée de 42,4 Mpx (on reste sous la barre symbolique des 50 Mpx du Canon EOS 5Ds) et, surtout, la présence d'un véritable autofocus à corrélation de phase (399 points) embarqué sur le capteur. Les lenteurs d'autofocus qui pénalisaient le premier modèle devraient s'évanouir. Avec une cadence rafale à 5 ips et un bon suivi autofocus, l'A7R II devrait être à l'aise dans de nombreux domaines photographiques.

La stabilisation, par déplacement du capteur sur 5 axes, est optimisée et la visée électronique devient plus spacieuse. La définition de la dalle reste la même que sur les précédents modèles.

C'est au niveau de la vidéo que l'A7R II enfonce le clou, puisque c'est le premier COI 24x36 à filmer en 4K Télé sur carte avec tous les assistants déjà connus (focus peaking, S-Log...).

Sony s'est donc avant tout concentré sur ce nouveau capteur. Nous aurions bien sûr aimé que le boîtier évolue sur d'autres points — des détails certes, mais qui ont parfois de l'importance. Nous pointerons rapidement l'absence de flash, d'un deuxième emplacement pour carte mémoire, d'un écran tactile, de connexion USB 3.0 ou d'une meilleure autonomie (l'A7R II gagne 30 vues par rapport au précédent modèle). Nous aurions aussi aimé que le boîtier intègre une dalle de nouvelle génération pour la visée électronique, et que l'on puisse saisir les données de copyright.
Source : Sony France


Contact Vie privée, Cookies Conditions Générales d'Utilisation