Shane continue de crier après Maggie alors que Memphis se faufile entre eux. La petite fille s'est arrêtée de pleurer et essaie de réconforter sa mère en larmes © Sara Lewkowicz, reportage Getty Images


Ce prix de la Ville de Perpignan est décerné par des directeurs photo de magazines internationaux à un jeune photographe depuis huit ans. Il a été renommé en hommage à ce très jeune photojournaliste, Rémi Ochlik tombé sous les coups des bombes de l'oppression syrienne en février 2012 à Homs.

Pour cette 8e édition, c'est la photographe new-yorkaise Sara Lewkowicz qui a été primée pour son reportage Shane et Maggie : portrait d'une violence domestique publié notamment dans Time, Stern et l'Internazionale.

Après l'arrestation de Shane ce soir-là, Maggie installe Kayden et Memphis dans la voiture pour les emmener chez sa meilleure amie. Kayden, qui dormait pendant la dispute, ne comprend pas ce qui se passe et se met à pleurer à son réveil. Memphis, quant à elle, reste calme et s'occupe surtout de réconforter sa mère. Elle répète sans arrêt : "Ne pleure pas, maman, je t'aime" © Sara Lewkowicz, reportage Getty Images


La photographe aborde la violence conjugale comme un processus qui consiste à manipuler et à détruire peu à peu la victime, et non comme un acte isolé. Sujet, par ailleurs très peu traité dans les médias.
Mais ce sujet n'était pas l'orientation première de son reportage. Il portait sur les difficultés de réinsertion que rencontrent les détenus à la sortie de prison. Elle avait rencontré ce jeune couple alors, Shane et Maggie et fut le témoin de la plongée en enfer que vivaient Maggie, alors âgée de 19 ans et ses deux enfants.
Jusqu'au moment fatidique de cette montée en puissance de violence, un soir bien arrosé où Shane, perd le contrôle et s'en prend encore plus violemment à Maggie. Retour en prison où Shane risque jusqu'à 17 ans de détention. Fin tragique d'une histoire d'amour.
Le reportage n'est pas fini pour autant, car Maggie retourne avec le père de ses enfants et essaye de se reconstruire.

© Katia Cordova

La photojournaliste observe et documente sans compromis ce cycle de violence ainsi que les effets à court et long terme de ces abus sur la victime, brossant ainsi le portrait d'une réalité sombre. Une histoire bouleversante d'un quotidien mis à l'épreuve.



Contact Vie privée, Cookies Conditions Générales d'Utilisation