Retour sur les 3 nouveaux reflex Sony Alpha 230, 330 et 380. Nous recevons Édouard Schmitt chef de produits reflex Alpha chez Sony France et nous vous livrons nos premières impressions après une rapide prise en main.

Sony Alpha 380
Sony Alpha 380 : 800 euros avec un 18-55 mm f/3,5-5,6

La lecture des différentes fiches techniques ne soulèvera sans doute pas d'enthousiasme. Globalement, l'électronique reste identique entre les deux générations (mêmes capteurs, sans doute même puce de traitement des images Bionz...) et seul le design prend un petit coup de jeune. Adieu les formes anguleuses, les nouveaux Alpha jouent le galbe et les matières différentes. Les matériaux utilisés ne sont pas très qualitatifs et les boîtiers des nouveaux Alpha font "un peu légers". La poignée a subi une bonne cure d'amaigrissement, mais le résultat est à la fois étroit et beaucoup trop court. Pour des mains habituées aux reflex, la préhension des nouveautés n'est pas évidente, voire peu confortable. Les revêtements sont différents selon les modèles. Celui de A330 est assez singulier présente une sorte de relief à damier assez agréable. Les deux autres ont un revêtement plus classique.

On reste donc un peu sur sa faim concernant l'évolution de l'électronique. Sony reste fidèle au capteur CCD 10 Mpix déjà présent dans le Sony Alpha 100 qui date de... 2006. Bon, le traitement de images a certes évolué, mais les processeurs Bionz de la nouvelle gamme est, a priori, identique aux précédents modèles. La qualité du traitement du bruit électronique en JPeg n'était déjà pas le point fort de la gamme Alpha, la différence risque donc de s'accentuer. D'un simple côté marketing, des modèles à 10 Mpix (le A380 est à 14,2 Mpix toutefois...) vont surement faire pâle figure face aux 12 Mpix qu'affichent généreusement la concurrence. Quant aux fichiers Raw, ils sont toujours dans un format propriétaire.

La motorisation de 2 i/s (visée directe) à 2,5 i/s est également en retrait par rapport à la concurrence qui affiche 3 voire  4 i/s sur des rafales JPeg illimitées.

Sony Alpha 330 revêtement Sony Alpha teleconverter
À gauche détail sur le revêtement du Sony Alpha 330. À droite, la touche de téléconversion (x1,4 / x2) présente sur les Sony Alpha 330 et Alpha 380 (visée directe) qui permet d'activer un zoom numérique par recadrage sur le capteur.


La visée optique ne change malheureusement pas. Avec un grossissement de 0,83x (couverture de 95%), le viseur de l'Alpha 230 reste praticable avec une bonne luminosité assurée par le verre de visée Spherical Accu Matte. Les deux autres modèles n'offrent qu'un grossissement de 0,74x et une couverture de 90%. Une valeur moindre imposée par le système de visée directe qui intègre un miroir basculant pour déporter l'image sur un capteur secondaire (cf. explication lors du lancement des Alpha 300 et 350). Cette technique a toutefois une contrainte, la visée directe ne couvre pas 100% du champ, mais seulement 90%.


Sur les modèles A330 et A380, les écrans LCD sont montés sur double axe horizontal qui permet d'incliner l'écran de 135° vers le haut et 55° vers le bas, soit des angles un peu plus larges que sur les précédents modèles. La lisibilité est également améliorée avec une meilleure luminosité. Un détecteur placé sur l'écran permet par ailleurs au boîtier d'adapter cette dernière en fonction de l'ambiance lumineuse. L'affichage reste malheureusement bloqué à 230 000 points (écran de 2,7 pouces), une définition supérieure aurait été plus agréable avec des images plus fines. Une vraie rotule (2 axes de rotation) aurait été également plus confortable à l'image des Olympus E-620 (test) ou Nikon D5000.

Sony Alpha 330 écran vers le haut
Sony Alpha 330
Sony Alpha 330 écran vers le bas
Sony Alpha 330
nikon d5000 écran rotatif
Le Nikon D5000 et son écran monté sur rotule


Si le module AF par détection de phase reste sur 9 points, les algorithmes ont été retravaillés pour meilleure détectivité, notamment en basse lumière. Les premiers essais s'avèrent assez concluants, il faudra toutefois patienter jusqu'aux tests pour s'assurer de la réactivité des nouveaux modèles.

Comme sur les A300 et A350, l'autofocus par détection de phase est également utilisé lors de la visée directe. La mise au point est donc très rapide (largement plus rapide que la plupart des reflex disposant d'un liveview) et donc réellement utilisable dans toutes les circonstances (enfants, sport...) contrairement aux modèles des autres marques et c'est là tout l'avantage du système Sony.

Petite innovation, les collimateurs sont matérialisés par des points noirs d'une dimension plus que respectable. Cela change radicalement des fins traits des précédents modèles. J'ai trouvé la présence de ces points assez perturbante pour la visée et la composition (même si les collimateurs sont alignés sur les lignes des tiers). Question d'habitude ? Il faudra là aussi utiliser plus longuement les reflex pour s'en assurer.
Comme sur les précédents modèles, en mode visée directe, la mesure d'exposition est confiée à un second capteur qui dispose de 1200 zones. En mode visée optique, le système repose toujours sur la traditionnelle mesure sur 40 segments en nid d'abeille.

Pour le reste des technologies "maison", on retrouve la stabilisation par déplacement du capteur SteadyShot (pas d'évolution à ce niveau), le double système antipoussière par vibrations rapides du capteur et traitement antistatique est toujours présent (sans amélioration non plus) et l'équilibrage des ombres, le D-Range Optimizer, il est désormais modulable sur 3 nieaux : off, standard et avancé. Ce dernier mode est directement hérité de l'Alpha 900 (test) et permet une interprétation localisée du traitement.

sony alpha 230 horizontal sony alpha 230 vertical
Tous les nouveaux Alpha disposent de deux détecteurs situés sous le viseur qui enclenche l'autofocus dès que le visage approche. L'affichage de l'écran s'oriente automatiquement selon la position du boîtier (sauf pour les menus).

Si les menus n'évoluent que par petites touches, les nouveaux Alpha disposent d'une aide contextuelle bien pratique pour découvrir les différentes fonctionnalités des appareils. On découvre également un nouvel écran par défaut qui présente de manière plus graphique les notions de vitesse (petit personnage en train de courir) et d'ouverture (notion de flou). Rien de révolutionnaire, mais une approche un peu plus didactique bien vue pour la cible de photographes visée.

Outre le design, les nouveaux boîtiers ont subi quelques modifications. La batterie est par exemple bien plus petite tout en proposant une autonomie identique de l'ordre de 500 déclenchements (normes CIPA). Cette nouvelle batterie n'est pas une nouveauté, puisqu'elle équipe déjà certains autres appareils de la marque comme le caméscope TG3.

Les Sony A230, 330 et 380 font également preuve d'ouverture en acceptant en plus de la traditionnelle carte Memory Stick de Sony, un emplacement pour carte SD/SDHC (rappelons que les reflex plus haut de gamme sont également compatibles avec les cartes CF). La potence du flash intégrée est également plus haute afin d'éviter les ombres (de l'objectif) et les yeux rouges. En outre, la sortie du nouveau reflex est accompagnée de la présentation d'un nouveau flash escamotable et orientable, le HVLF20 d'un nombre guide de 20. Celui-ci serait proposé à 145 euros.

sony alpha 330 flash ouvert
Sony Alpha 330 flash intégré ouvert
sony alpha 380 + flash hvlf20
Sony Alpha 380 avec flash HVLF20

Sony comblé également un autre manque des précédents modèles : la connexion HDMI. Celle-ci est désormais présente sur tous les nouveaux modèles. Logiquement, les nouveaux reflex proposent un mode d'enregistrement au format 16/9e. En outre, si vous possédez un téléviseur Sony Bravia, il sera plus facile de réaliser des diaporamas de vos images sur un téléviseur HD.
Enfin, vous l'aurez remarqué sur les visuels, les nouveaux Alpha n'ont toujours pas de testeur de profondeur de champ.

Sony profite de cette nouvelle gamme pour présenter également 3 nouvelles optiques.
La première est un 18-55 mm f/3,5-5,6 qui viendrait remplacer avantageusement le 18-70 mm un peu juste pour des définitions de capteur de 14,2 Mpix. La formule optique compte en effet 2 éléments asphériques et 1 lentille ED. La nouveauté réside également dans la motorisation SAM (Smooth Autofocus Motor) intégrée à l'optique. L'autofocus gagne alors en souplesse et rapidité, mais l'ensemble reste relativement sonore. Il ne s'agit pas d'une motorisation supersonique comme le SSM. Toutefois, il est important de noter que les 3 boîtiers conserve une motorisation pour assurer la compatibilité avec les anciennes optique, ce ne que proposent pas tous les constructeurs (Nikon...).
La deuxième optique est un classique 55-200 mm f/4-5,6 qui sera proposée en double kit avec le 18-55 mm. Elle possède également une motorisation SAM et sa formule optique comprend une lentille ED pour limiter la dispersion. Le diaphragme 9 lamelles devrait assurer un bokeh de qualité.

Enfin, un 50 mm lumineux f/1,8 sera rapidement disponible. Il devrait ravir les portraitistes : il devient un 75 mm sur un capteur APS-C (il s'agit d'une optique DT donc utilisable uniquement avec un capteur APS-C) et l'ouverture f/1,8 assure une faible profondeur de champ.


Sony Alpha 230
Sony Alpha 230
Sony Alpha 330
Sony Alpha 330
Sony Alpha 380
Sony Alpha 380
Sony Alpha 200
Sony Alpha 200
Sony Alpha 300
Sony Alpha 300
Sony Alpha 350
Sony Alpha 350
   



Vous pouvez également retrouver cette vidéo sur DailyMotion.


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