Photokina 2016 – L'équipe en charge du développement du moyen format GFX de Fujifilm nous a donné rendez-vous pour nous présenter leur nouveau-né. L'occasion pour nous de prendre en main ce boîtier à l'impressionnant capteur.

Une partie de l'équipe en charge du développement du GFX chez Fujifilm
À droite, Makato Oishi le responsable du développement du Fujifilm GFX. 

Après un excellent X-T2 (notre boîtier APS-C préféré du moment) annoncé au début de l'été, Fujifilm semble être dans une remarquable dynamique. La marque a dévoilé ce lundi leur premier boîtier à grand capteur, le GFX. À la première question : "Pourquoi avoir choisi un capteur plus grand que le 24x36 ?", les ingénieurs répondent qu'ils souhaitaient une taille de capteur leur permettant de développer des systèmes avec une meilleure gestion de la sensibilité ISO (photodiodes plus grandes) et de se garder la possibilité d'augmenter de manière significative la définition des images. Des options que ne peuvent pas apporter des tailles inférieures de capteurs.

Prise en main du Fujifilm GFX à la photokina 2016

Ergonomie

Nous avons pu prendre en main les prototypes du boîtier, qui ne devrait pas arriver sur les étals avant la fin du premier trimestre 2017. Le responsable du design nous a largement expliqué que pour Fujifilm, la compacité et la prise en main sont deux points essentiels. Force est de constater que le GFX est un moyen format assez compact. Certes, il est largement plus massif que le Hasselblad X1D, mais la prise en main et l'ergonomie sont radicalement différentes.

Prise en main du Fujifilm GFX comparaison tailles reflex

Les ingénieurs présents n'hésitent d'ailleurs pas à comparer le GFX et son grand capteur aux principaux reflex 24x36 à visée optique du marché. L'hybride moyen format est équivalent ou moins grands que ceux-ci.

Prise en main Fujifilm GFX comparaison taille X-T2
Le GFX (à droite au cas où vous hésiteriez...), le grand frère du X-T2. Tous les deux disposent d'une finition à l'épreuve des intempéries. 

Pour arriver à une telle compacité, les designers ont dû passer quelques heures à jouer à Tetris pour imbriquer correctement toutes les pièces. Ainsi, la batterie n'est pas plus accessible dans la semelle du boîtier, mais juste derrière l'écran LCD.

Prise en main Fujifilm GFX photokina 2016 batterie
Une impressionnante batterie qui vient se loger derrière l'écran.

La batterie est d'ailleurs largement plus imposante que celle présente dans le X-T2. Nous avons naturellement questionné les responsables sur l'autonomie attendue, mais pour l'instant, le boîtier est en cours d'optimisation et ils ne souhaitent pas avancer de chiffres précis.
Makato Oishi précise toutefois que l'autonomie devrait être supérieure à celle du X-T2, qui est d'environ 350 vues. Le GFX intègre une batterie de 10,4 V qu'il ne sera pas possible de recharger via l'USB, mais le boîtier dispose d'une alimentation secteur. Un grip d'alimentation, également prévu, permettra d'embarquer une batterie supplémentaire.

Prise en main du Fujifilm GFX à la photokina 2016 poignée alimentation
Une belle poignée pour une tenue optimale en mode portrait avec bague de mise sous tension et molette cliquable.

La poignée verticale reprend pratiquement toutes les commandes du boîtier pour une utilisation facilitée. Elle fait immédiatement penser dans sa conception à la superbe poignée du feu Minolta Dynax 7D, avec un véritable dessin pour bien positionner les doigts pour la photographie en mode portrait.

La prise en main est franche et très agréable, et le boîtier est effectivement compact et léger malgré les imposantes optiques. Il se manipule facilement, comme un reflex classique. Ce sont plutôt les optiques qui sont encombrantes, mais le 63 mm (équivalent à un 50 mm en 24x36) s'avère lui aussi très petit et léger.

Le GFX partage de fait beaucoup d'éléments avec la série X Premium de la marque (dont le X-Pro2) et une fois en main, on retrouve facilement "ses petits". Ainsi, l'épaule gauche accueille une molette pour la sensibilité ISO avec une position A (automatique) et une position C. Cette dernière permet d'attribuer la sensibilité ISO à une des deux molettes de réglages présentes sur le boîtier.

Prise en main du Fujifilm GFX à la photokina 2016 commandes
La molette de réglage de la sensibilité dispose d'un verrou à poussoir.

Cette même position C se retrouve sur la bague de diaphragme des optiques. Il sera donc possible de gérer également l'ouverture des optiques à partir des molettes, comme on le fait sur des reflex actuels. Pour le temps de pose, il faudra régler la molette en mode T. Le GFX pourra donc être piloté à partir des deux molettes cliquables.

Prise en main du Fujifilm GFX à la photokina 2016 écran

Sur l'épaule droite, vous trouverez également un écran monochrome de rappel des principaux réglages. Si un bouton "Drive" est bien présent, les ingénieurs ne communiquent pour l'instant pas sur la cadence qui sera proposée sur la version définitive.

Sur le côté, derrière les protections caoutchoutées, vous trouverez une belle panoplie de connecteurs : alimentation secteur, télécommande filaire, USB 3, HDMI type C, entrée micro stéréo et sortie casque.

Prise en main du Fujifilm GFX à la photokina 2016 connecteurs
Le GFX est richement équipé en connecteurs. 

Comme le X-T2, le GFX devrait logiquement disposer d'une puce Wi-Fi pour le pilotage à distance sans fil et le transfert des images vers un smartphone ou une tablette.

De l'autre côté, un logement accueille deux lecteurs de cartes au format SD compatibles avec la norme UHS-II.

Prise en main du Fujifilm GFX à la photokina 2016 cartes mémoire
Deux logements pour cartes SD compatibles avec la norme UHS-II.

Nous avons peu de précisions techniques quant à l'écran LCD arrière. Il devrait, selon Makato Oishi, offrir une définition supérieure à celui du X-T2 et devrait également être tactile. Il reprend le système à double charnière qui permet de l'orienter vers le haut et le bas en position paysage, mais aussi vers le haut en position portrait.

Prise en main du Fujifilm GFX à la photokina 2016 écran orientation

Le viseur électronique est livré en standard, mais vient se clipser sur la griffe porte accessoire ce qui permet de gagner un peu en encombrement. Là encore, impossible d'avoir plus de précisions techniques pour le moment. Le grossissement de 0,85x est largement supérieur à celui du X-T2, mais nous ne connaissons pas la définition de la dalle utilisée et des changements pourraient intervenir d'ici à quelques mois.

Prise en main du Fujifilm GFX à la photokina 2016 molette
Les deux molettes de réglages sont cliquables. 

composants

À l'intérieur, c'est donc un capteur de type Bayer que l'on retrouve. La technologie X-Trans (qui limite le moirage par une disposition "plus aléatoire" des filtres colorés) n'est pas reconduite sur le GFX, sans doute pour des raisons de coût, et les ingénieurs nous assurent que le moirage sera très peu visible. Nous attendons de pouvoir en juger sur notre nouvelle scène test.

Les ingénieurs présents nous assurent également qu'il s'agit d'un capteur réalisé selon leur cahier des charges. Car oui, le capteur de 43,8 x 32,9 mm à plus de 50 Mpx est déjà bien connu. Il est réalisé par Sony et se charge déjà des images du Pentax 645Z, du Hasselblad X1D ou des dos Phase One.

Prise en main du Fujifilm GFX à la photokina 2016 et poignée verticale
Le GFX de Fujifilm équipé de sa poignée d'alimentation et son impressionnante monture !

Des points techniques sont encore à confirmer, mais le GFX devrait également disposer d'un obturateur électronique pour une utilisation totalement silencieuse.

Sur l'autofocus, les ingénieurs sont également laconiques. Il s'agit d'un système à détection de contraste et il sera possible de déplacer le point AF sur l'ensemble du champ couvert. Lors de nos essais, nous avons découvert que c'est la répartition des points AF du X-T2 qui est pour l'instant utilisée. Toutefois, nous sommes assez loin de la réactivité de ce dernier. Le système est encore en développement et le poids des lentilles à déplacer est nettement supérieur.

Côté vidéo, le GFX devrait filmer HDTV 1080 et la sortie HDMI ne sera pas compressée, mais là encore, il est trop tôt pour donner des détails techniques concernant la cadence et les débits.

Enfin, contrairement à ce nous pensions, la nouvelle monture G n'est pas ouverte, mais le tirage optique très court permet d'entrevoir facilement la conception de bagues d'adaptation pour des optiques d'autres fabricants. Pour l'instant, Fujifilm n'a pas encore pris de décision définitive concernant la réalisation par ses soins de ces fameuses bagues d'adaptation.

Voir aussi :
> Fujifilm GFX : non Fuji ne fera pas de 24 x 36 mm mais plus grand !

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