Régulièrement, nous parlons de la dynamique de nos chers capteurs. La dynamique, c'est la capacité qu'a un imageur à reproduire à la fois des détails dans les zones sombres et dans les hautes lumières. Si la dynamique est plus une notion électronique, le photographe parle parfois de plage tonale ou latitude d'exposition. C'est une donnée importante pour la reproduction d'une scène en photographie, car trop souvent les capteurs ont tendance à «enterrer» les ombres et «griller» les hautes lumières. On le voit, la dynamique est associée à un jargon bien particulier. Tentons d'y voir (un peu) plus clair.

Pour examiner la dynamique d'un capteur, deux solutions s'offrent à nous :
> examiner des clichés réalisés avec les appareils photo dans différentes conditions
> réaliser des mesures en studio, c'est ce que propose DxOMark.

Canon 6D vs Nikon D600 : les hautes lumières

Nous utilisons les données DxOMark afin de pouvoir facilement comparer deux ou 3 modèles de capteurs et depuis quelques générations, les modèles Canon sont régulièrement surclassés par les modèles Nikon (fabriqué par Sony la plupart du temps) comme le montre le graphique comparatif ci-dessous entre le Canon EOS 6D et le Nikon D600, deux capteurs 24x36 (accéder aux mesures DxOMark Canon 6D et Nikon D600).

Comparaison dynamique D600 / 6D

Les mesures sont sans appel : Le capteur du D600 est largement meilleur (pratiquement 2 IL) dans les basses sensibilités ISO que son confrère du Canon 6D. Les deux boîtiers sont équivalents à 1600 ISO et le 6D prend l'avantage pour les hautes sensibilités et notamment à 25600 ISO. Les mesures DxOMark mettent toujours en relation la notion de bruit électronique. Ici, Canon montre clairement sa maîtrise du bruit électronique dans les hauts ISO, apanage il y a encore peu, des modèles Nikon.

Toutes, la forte différence entre les deux modèles à 100 et 200 ISO est intéressante. Notez que les plages tonales des deux boîtiers sont déjà très importantes (plus de 12 IL tout de même...). Nous avons donc décidé de confronter les deux boîtiers sur une scène commune pour mettre en évidence cette différence. D'un côté, nous avons donc un Nikon D600 avec un 50 mm f/1,8 et de l'autre un Canon 6D avec le nouveau 40 mm f/2,8. Le cadrage n'est pas identique (les focales sont différentes), mais le couple d'exposition est le même : 1s et f/5,6 pour 100 ISO (soit une surexposition d'1 IL). Les deux fichiers raw ont été développés dans Lightroom 4 pour une sortie en JPeg.

Canon 6D / Nikon D600 comparaison

L'image est donc volontairement surexposée. En examinant les deux images (JPeg : D600 / 6D - Raw : D600 / 6D) vous noterez que celle du Nikon contient plus d'information dans les hautes lumières. Les histogrammes montrent toutefois que le Canon est un peu plus dense (les noirs sont plus présents). 



La présence d'information devient encore plus flagrante quand on ramène l'exposition à -1 IL (image correctement exposée donc) sous Lightroom. Il est plus facile de moduler les hautes lumières avec le fichier Nikon, même en travaillant avec les tons clairs. En outre, il est également facile de retrouver un noir profond avec en jouant avec les tons foncés.


Canon 5D Mark III vs Nikon D800 : les ombres

Nous l'avons déjà évoqué, les mesures DxOMark se focalisent beaucoup sur la notion de bruit électronique. Il est intéressant de voir comment se comportent les capteurs dans les zones beaucoup plus denses. Dans notre exemple l'exposition est globalement identique, mais le couple légèrement différent (1/2000 s, f/2,8 pour le Nikon, 1/5000 s, f/2 pour le Canon), mais la sensibilité ISO calée à 100 ISO pour les deux. Pour notre exemple, nous allons rechercher un peu de matière dans les zones sombres en développant les fichiers bruts (D800 , 5D Mark III) avec Lightroom et en poussant le curseur Tons foncés à +100.

Nikon D800 vs Canon 5D Mk III 100 ISO

L'image produite par le D800 est moins bruitée et révèle plus de détail. En poussant le fichier Canon dans ses derniers retranchements (+2 en exposition sous Lightroom), vous verrez apparaître la structure du bruit avec des lignes horizontales assez marquées (bruit de lecture).

Au final

En JPeg et Raw, les fichiers produits par les reflex Nikon (D600, D800) offrent une plage tonale plus importante que les images capturées par certains modèles Canon (6D, 5D Mk III) aussi bien dans les zones sombres que dans les hautes lumières. Dans les hautes sensibilités ISO, les reflex Canon reprennent l'avantage avec une gestion du bruit électronique plus fine.

Lire également :
> Test complet du Nikon D600
> Test complet du Canon 6D



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