photokina 2014 - Alors que le rideau vient de tomber sur la 33e édition de la grand-messe allemande de la photographie, il est temps de prendre un peu de recul et d'identifier les principales tendances de cette année 2014.


Photokina 20143
Les visiteurs sont encore nombreux à venir découvrir les nouveautés photo.

Sur un plan strictement factuel et chiffré, cette édition 2014 conserve, avec 185 000 entrées en 7 jours, la même fréquentation que l'événement de 2012. Les habitués du salon auront toutefois remarqué l'amaigrissement notoire de certains halls, comme ceux de l'encadrement ou des accessoiristes et de l'éclairage.

Une indispensable évolution

En deux ans, le marché de la photo s'est transformé et l'édition 2014 de la photokina est révélatrice de la mutation enclenchée. Il y a tout juste deux ans, les constructeurs arboraient encore fièrement leurs lignes de compacts désormais disparus. Inutile d'occulter la vérité : le remplacement — annoncé depuis des années — des compacts par les smartphones est devenu une réalité. Et force est de reconnaître que les photophones haut de gamme à l'image du Samsung S5 ou des derniers-nés d'Apple, les iPhone 6 et a href="http://www.focus-numerique.com/test-2028/smartphone-flash-test-iphone-6plus-test-18.html">6 Plus, se montrent remarquables : ils sont rapides à la mise au point, délivrent des images de qualité et proposent des filtres et des applications aussi utiles que totalement inconnues sur les appareils photo que l'on pourrait qualifier de "traditionnels".

Il faudra donc s'y faire : les années dorées (et volumiques) de la photographie numérique sont désormais derrière nous. Avec un marché du compact en net déclin (-27 % en volume depuis le début de l'année), les constructeurs ne semblent pas vouloir redresser la barre en proposant de nouveaux appareils. Le nombre de références diminue fortement chez tous, et certains cherchent de véritables solutions alternatives ou complémentaires.

Chez Sony, le développement de la gamme QX se poursuit. Ces modules que l'on pilote à distance à partir de son smartphone ou de sa tablette (devenant alors écran pour la visée) offrent une réponse à l'envie d'une photo plus qualitative. Cependant, ils sont surtout étonnants, à l'image du dernier QX1 qui propose une monture à objectif interchangeable et un capteur APS-C. Car bien que le concept soit séduisant, il présente une limite intrinsèque : pourquoi s'encombrer d'un module équipé d'une imposante optique qu'il faut impérativement appairer avec son smartphone, en lieu et place d'un vrai COI Alpha ?

Sony QX1
Le Sony QX1.

Chez Panasonic, on cherche une voie "tout intégré" pour contrer les smartphones. Le CM1 n'est donc pas un smartphone, mais bien un appareil photo qui peut téléphoner. Il faut saluer l'exploit du fabricant nippon, qui a réussi à intégrer un grand capteur 1" dans un corps de smartphone. Reste à voir comment les clients vont réagir face à ce compact à plus de 900 €.

Panasonic CM1
Le CM1 de Panasonic a réussi à surprendre tout le monde.

Chez Olympus, on tente également différentes ouvertures, avec notamment l'Open Platform, un projet de module photographique en forme de cube. La marque s'est associée au célèbre MIT (Massachusetts Institute of Technology) pour développer une plateforme ouverte et, pourquoi pas, imaginer le futur de la photographie. Là encore, le pilotage à distance avec un smartphone ou une tablette est mis en avant.

Olympus Open Plateform
Open Plateform chez Olympus.

Chez une grande majorité de constructeurs, les appareils photo sont vus comme des compléments aux smartphones et autres tablettes. On se "contente" donc d'intégrer une puce Wi-Fi pour transférer ses images vers l'appareil connecté en 3G/4G pour la retouche, l'édition, l'annotation et le partage. Intégrer directement une puce 3G dans un appareil photo n'est pratiquement jamais évoqué. C'est à peine si les fabricants de reflex osent intégrer des fonctionnalités autour de la prise de vue comme des écrans orientables (Nikon D750) et tactiles, des puces NFC pour une configuration très rapide de la connexion Wi-Fi... Tout cela semble encore bien timide, sans doute un peu trop.

Les chiffres, en berne, des ventes de reflex (-14 % en volume) révèlent également une autre tendance : la qualité d'image, à la laquelle les reflex sont traditionnellement associés, ne suffit plus pour séduire les nouveaux clients. L'objet est certes statutaire, mais il se révèle trop souvent lourd et encombrant. Les COI sont l'un des rares segments en croissance (+11 % en volume) : même si leurs chiffres de ventes sont loin de concurrencer ceux des reflex, la tendance est là.

Une Montée en gamme

Si les ventes volumiques baissent, il faut toutefois continuer à faire de la valeur et les constructeurs sont sur ce point unanimes : les boîtiers montent en gamme. Si les photographes sont de plus en plus nombreux à utiliser leur smartphone au quotidien, les constructeurs doivent sortir "le grand jeu" pour les inviter à faire évoluer leur matériel. Il y a dans ce système quelques incontournables comme des capteurs plus grands, des optiques plus lumineuses, des viseurs plus précis et des autofocus plus performants.

Dans ce contexte, la plus belle surprise fut sans doute Samsung avec le NX1, véritable concentré d'innovation technologique. Sur le papier, le constructeur coréen fait mieux que la plupart des reflex dans cette gamme de prix tout en apportant de véritables ruptures technologiques, notamment au niveau de l'autofocus. En parallèle, le constructeur propose une série d'optiques haut de gamme baptisées S (pour sommet) dont un superbe 300 mm f/2,8. Il ne reste plus à Samsung qu'à trouver un nom plus prestigieux pour sa gamme photo.

Samsung 300 mm
Samsung 300 mm f/2,8.

Chez Panasonic, c'est naturellement le LX100 qui incarne cette tendance avec un grand capteur 4/3, une superbe optique et des accès directs aux principaux réglages : ouverture et vitesse. Une ergonomie "à l'ancienne" très classique chez Leica et popularisée par Fujifilm avec sa gamme X-Premium.

Chez les opticiens, la tendance haut de gamme est également présente avec par exemple le Tamron 15-30 mm f/2,8 ou le Sigma 150-600 mm, deux optiques à la construction soignée et à la prise en main très agréable. Nous pourrions également citer les optiques Zeiss Loxia en monture FE (Sony) ou le superbe Otus 85 mm f/1,4 et bien sûr les optiques ciné Schneider-Kreuznach déclinées en photo, le 40-150 mm d'Olympus ou bien encore le Canon 400 mm f/4 DO.

Les marques l'ont bien compris, nous voulons nous faire plaisir avec du beau matériel de qualité à la finition exemplaire. Nous voulons de l'exception.

Dans ce contexte, impossible de passer à côté du Leica M édition 60, qui associe un superbe design à un retour aux fondamentaux pour le moins catégorique en "oubliant" l'écran LCD. Une folie que seul le constructeur allemand pouvait se permettre, mais qui alimentera les débats pour les longues soirées d'hiver...

HandeVision 40 mm f/0,85
Une optique exceptionnelle : HandeVision Ibelux 40 mm f/0,85.

La photographie est également un art de vivre et les accessoiristes sont de plus en plus nombreux à proposer de la bagagerie avec des matériaux nobles comme le cuir (la marque de luxe Roeckl présentait une belle gamme de sacs et de gants) et même des vêtements spécifiquement développés pour les photographes (Cooph).

Cooph
Cooph : une ligne de vêtements pour les photographes.

La photo / vidéo 360°

Si la photographie 3D était très discrète, la prise de vue 360° en photo ou vidéo était elle en plein essor avec de nombreuses démonstrations techniques. Nous citerons en vrac les Français de Giroptic, Qbic, 360 Fly, Ricoh Theta...

Giroptic
La solution 360° de Gyroptic (photo et vidéo).

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