Pentax K-3 avec 18-135 mm

Le K-3 annoncé par Pentax (la société s'appelle désormais Ricoh, mais pour les reflex, la marque Pentax est conservée) aujourd'hui vient chapeauter les K5-II et K-5 IIs annoncés il y a un an, presque jour pour jour. A l'époque nous avions buté sur le peu d'audace des K-5II. Certes le boîtier était éprouvé, solide, certes le capteur était bon... mais ces sorties n'étaient qu'un "refresh" une mise à jour de l'existant qui serait à coup sûr à la peine face à une concurrence bien plus audacieuse. Les sorties des Canon EOS 60D et Nikon D7100 ont rapidement confirmé ces craintes. L'autre point qui nous laissait un peu perplexe à l'époque était le mode vidéo, particulièrement sous-calibré sur les K-5 alors que la fonction revêtait déjà une importance croissante auprès des utilisateurs de DSLR.

Bref, le K-5II était bien, mais déjà un peu vieillot à sa sortie. Avec le K-3, Pentax a pris le taureau par les cornes. Voilà une excellente nouvelle !

Ergonomie: un fort air de famille

Pentax K-3 vue de dessusAvec le K-3 Pentax remet clairement les pendules à l'heure. Certes au premier coup d'œil la différence n'est pas flagrante tant les boîtiers se ressemblent. On retrouve cet indéniable air de famille, avec ces formes très anguleuses. Mais en y regardant de plus près on voit tout de même pas mal de différences ergonomiques. Sur l'image ci-dessous le K-3 est à gauche (avec son marquage Ricoh) et le K-5II est à droite (et encore marqué Pentax).

Pentax K-3 vue de dos Pentax K-5 II vue de dos
 

Le K-3 se voit équipé d'une molette facilement accessible permettant le réglage des dioptries du viseur reflex. Le bouton LiveView change de place, passant désormais près du viseur. Le sélecteur de mode AF devient un sélecteur de mode photo / vidéo. Un bouton AF fait son apparition à côté du verrouillage AE-L. Et le bouton corbeille se voit désormais doté d'une seconde fonction: sélecteur de mode d'exposition.
Enfin le K-3 passe au double slot SD... une excellente idée !

Donc même si les boîtiers se ressemblent, Pentax a beaucoup modifié la prise en main de son reflex. Les tests de prise en main nous diront si c'est en mieux ou non. A suivre. 

Pentax K-3 vue de dos
Par contre ce premier examen visuel nous montre que si l'écran est un peu amélioré, passant à 3,2" et 1 millions de points, il n'est toujours pas articulé. Certes la concurrence ne fait pas forcément mieux, du  moins chez Nikon... mais c'est (de notre point de vue) un ajout bien agréable.

Malgré ces ressemblances externes, Ricoh a donc profondément revu son boîtier. Tout à l'intérieur a été mis à jour. Capteur, module AF, mesure d'exposition... tout y est passé !

Pentax passe au 24 Mpx "sans filtre"

Et le changement le plus évident est celui de capteur. Exit le bon vieux 16 mpix, bonjour au nouvel APS-C 24 mpix dépourvu de filtre passe bas. Et avec le capteur, Pentax en profite pour utiliser un nouveau processeur d'image, l'Engine Prime 3 qui apporte à l'ensemble un bon gain de vélocité, comme nous le verrons plus loin. 
Et comme toujours chez Pentax, la stabilisation est faite au niveau du capteur. Ici le constructeur annonce un gain de 3,5 EV... soit en théorie un demi EV de mieux que le K-5II. Ce qui sera bien entendu à confirmer dans la pratique.  

En terme de définition Pentax s'aligne donc sur le D7100 de Nikon. Reprend-il le même capteur que ce dernier ? Il faudra attendre les premiers démontages pour en avoir le cœur net.

Avec ce capteur le K-3 enregistre des RAW (PEF ou DNG) en 14 bit et sur 6016 x 4000 pixels. Côté rafale on a également droit à un coup de pousse, le K-3 affichant un maximum de 8,3 vps en continu, avec un maximum de 60 JPeg et de 20 RAW sur un déclenchement. Merci le nouvel Engine Prime 3 !

Le capteur étant dépourvu de filtre passe bas, il est naturellement plus exposé au moiré. Pour y pallier, le capteur va "simuler" le filtre lors de l'exposition, grâce à un tout petit micro mouvement obtenu grâce au mécanisme de stabilisation du capteur. Ce comportement peut-être contrôlé par le photographe qui disposera de trois options: Off, Type 1 et Type 2. 



Côté sensibilité le K-3 propose de travailler entre 100 ISO et 51 200 ISO. C'est là encore un gros gain par rapport à K-5II... si la montée en ISO est bien gérée. 

Enregistrement vidéo: presque au niveau de la concurrence...


C'était l'un des gros points faibles des K5II. Le mode vidéo proposé était obsolète dès sa sortie. C'est désormais une chose corrigée avec le K3 qui se cale sur la concurrence en proposant du MPEG-4 AVC/H.264 encapsulé en .MOV. Côté fréquence on retrouve au maximum un full HD en 60i ou 30p. Comme sur le D7100 et l'EOS 70D, sans surprise. 
Notez que le K3 peut également enregistrer en 4K... mais uniquement les timelapse réalisés à l'intervallomètre, et en mJpeg. 

Mais allez comprendre pourquoi... alors que l'effort sur l'enregistrement vidéo était louable, Pentax a choisi d'équiper ce K-3 d'un micro intégré mono. Dommage ! On se consolera en se disant qu'il dispose également d'une prise micro permettant d'enregistrer en stéréo avec un micro externe et une sortie casque (si si !). Mais pourquoi ne pas proposer la stéréo intégrée ? Mystère.

Module AF: on passe de 11 collimateurs à 27 !

Si le capteur est neuf, le module AF a lui aussi progressé à pas de géant. Pentax incorpore désormais un SAFOX XI doté de 27 collimateurs, dont 25 en croix. 

Pentax K-3 cellule AF SAFOX 11

Comme le SAFOX X équipant les K-5II, le SAFOX XI est capable de fonctionner par -3EV, soit l'équivalent d'une nuit au clair de lune. Dans ce domaine, seul le Canon 6D fait aussi bien. Les 3 collimateurs centraux sont également taillées pour les optiques lumineuses avec une meilleure précision jusqu'à f/2,8.
Pentax K-3 collimateurs AF

Dans le même temps Pentax a également copieusement musclé sa mesure d'exposition. On passe d'une mesure sur 77 segments à un capteur RVB de 86 000 points. Le nouveau module est capable de fonctionner de -3 EV à +20 EV, là où l'ancien allait de 0 EV à +22 EV. Au passage on conserve la compensation d'exposition sur + ou - 5 EV. 

L'adoption du nouveau capteur de mesure d'exposition permet en outre à Pentax d'introduire une fonction baptisée "Pentax real time scene analysis system", en mesure d'analyser les scènes proposées et de déterminer automatiquement l'exposition idéale.

Boîtier, obturateur, flash: continuité parfaite

Le reste du boîtier évolue peu. C'est parfois un bien, comme le fait que le boîtier soit tropicalisé, utilisant pour celà pas moins de 92 joints d'étanchéité. Tropicalisé, et robuste, avec un châssis en acier inoxydable et une coque en alliage de magnésium. Ou que le déclenchement soit au 1/8000s au maximum. Et parfois un peu moins bien si on considère que le flash intégré continue d'offrir une synchro maximale à 1/180s. Passer à 1/250 aurait pu être intéressant.

La visée n'a guère changé. Le pentaprisme couvre toujours 100% du champ, et offre désormais un niveau de grossissement de 0,95x, au lieu de 0,92x sur le K5II. 

Pentax K-3 joints d'étanchéité

Au nombre des bonnes nouvelles signalons que Pentax est passé à l'USB 3.0. Le boîtier dispose toujours d'une sortie HDMI (type D). 

Côté autonomie en revanche le K-3 perd un peu au change, offrant 720 images sans utiliser le flash, contre 960 images sur le K5-II dans les mêmes conditions. La baisse est sensible. 
Et ne cachons pas que si nous aimons le côté baroudeur et costaud des boîtiers Pentax, nous aurions apprécié de le voir complété d'un module GPS interne. Et pourquoi pas d'une puce Wi-Fi. Notez toutefois que Pentax offre la possibilité d'utiliser des cartes FLU qui intègre une puce Wi-Fi pour transférer les images vers un ordinateur ou une smartphone.

Prix et disponibilité

Le Pentax K-3 sera commercialisé fin octobre au prix de 1 299 € boîtier nu.

PREMIER AVIS:

Ce K-3 est un vrai vent de fraîcheur dans l'univers reflex Pentax. En conservant son boîtier scellé et en renouvelant l'intégralité des composants, Pentax se hisse (sur le papier du moins) d'un coup au niveau de la concurrence. Capteur, mesure d'exposition et module AF semblent prometteurs. En tout état de cause, l'ensemble étant complètement nouveau il est difficile de se prononcer sur la qualité des rendus du K-3 sans avoir d'abord procédé aux tests d'usage. Car pour le coup, le K-3 ne nous laisse aucune base sur laquelle le comparer à ses prédécesseurs. Nous qui trouvions les K5II trop timorés à leur sortie, nous sommes servis côté changement ! En tout cas nous sommes ravis de voir que les choses bougent dans le bon sens. Vivement les tests !

> Prise en mains du Pentax K-3

lire également :
> La fiche technique complète sur le site Internet Ricoh - Pentax



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