Avec le GH2, Panasonic donne une succession au boîtier photo le plus vidéo de Panasonic, le GH1. Au programme des nouveautés, un écran tactile monté sur rotule, un capteur 16 Mpx, un autofocus très réactif et un mode vidéo progressif à 24 i/s.

Panasonic GH2 face écran ouvert

Le Panasonic Lumix GH2 et son écran tactile monté sur rotule.

Prises en mains

L'interface du Panasonic GH2 évolue par petites touches par rapport au précédent modèle et nous retrouvons certaines modifications également apportées au Lumix G2. C'est sur le dessus de l'appareil que les différences sont les plus marquantes. Ainsi, le mode vidéo dispose d'une touche d'accès direct sur l'épaule droite de l'appareil et non plus à l'arrière de l'appareil comme sur le GH1. La commande vidéo remplace donc la touche Quick Menu qui migre à l'arrière du boîtier. La touche Film mode (au nom un peu déroutant) du GH1 est désormais remplacée par une touche Fn1 personnalisable, la molette de réglage venant se loger désormais sous le pouce. Un choix qui pourra déplaire à certains, mais la molette à l'avant avait une fâcheuse tendance à tourner trop facilement lors de la prise en main de l'appareil occasionnant alors un décalage d'exposition.


Panasonic GH2 dessus

Sans apporter une révolution à la visée électronique, le modèle présenté sur le GH2 est plus confortable avec un élargissement de l'affichage qui passe de 800 à 852 pixels (la hauteur est inchangée avec 600 pixels de haut) et plus étudié pour le format 3/2 et 16/9. Le grossissement de 0,7x est également intéressant puisqu'il est supérieur à celui du viseur optique du Nikon D3s par exemple en équivalent 24x36. Une partie de l'information du viseur est traitée par le processeur Venus Engine. Ainsi, les aberrations chromatiques sont corrigées à la volée avant l'affichage dans le viseur. 

Panasonic GH2 dos

Au dos de l'appareil, vous retrouverez un écran LCD de 7,6 cm capable d'afficher 460 000 points. On pourra regretter que la marque n'ait pas opté pour un écran mieux défini comme sur le 60D (format 16/9 et 1 044 000 points). Toutefois, celui-ci est désormais tactile. Vous pourrez donc, en partie, piloter le GH2 du bout des doigts et notamment déclencher par un simple tapotement sur l'écran ou choisir rapidement la zone de mise au point.  Panasonic annonce également avoir travaillé sur le rendu colorimétrique de l'écran LCD avec un élargissement du gamut notamment dans les teintes bleues et rouges, mais nous n'avons pas pu comparer le gamut de l'écran LCD et le traditionnel gamut sRVB.

Au cœur du GH2

Pour cette évolution de la série GH, Panasonic n'a pas fait les choses à moitié au niveau de l'électronique. La marque nous offre un nouveau capteur High Speed Live MOS de 18 Mpix multi-aspects capable de conserver les angles de champ selon que vous photographiez en 4/3, 16/9 ou 3/2 (il existe même une fonction de bracketing d'aspects qui permet de photographier une même scène avec les différents rapports d'image). L'architecture du capteur est entièrement nouvelle avec l'intégration des convertisseurs A/N (Analogique / Numérique) à l'intérieur du composant lui-même.

Le GH2 intègre une nouvelle puce de traitement des images baptisée Venus Engine VI FHD. Celle-ci embarque la bagatelle de 3 cœurs pour accélérer le traitement des informations et notamment le système autofocus, le mode vidéo HDTV 1080 et la rafale photo qui atteint 5 i/s. En outre, Panasonic annonce un meilleur rendu des images avec notamment une dynamique plus importante et un meilleur traitement du bruit électronique. Il reste à voir comment le nouveau capteur va se comporter dans les hautes sensibilités, les précédents modèles à 12 Mpx n'étant pas forcément très impressionnants. Ici, la taille des photodiodes passe de 4,3 à 3,8 µm.

Panasonic GH2 ecran monté sur rotule
Un écran LCD monté sur rotule latérale et tactile.

Autofocus : tout simplement impressionnant !

Toutefois, l'un des points les plus saisissants reste le module autofocus par détection de contraste. Sur l'exemplaire de présérie que nous avons pu prendre en mains, celui-ci s'est montré remarquable de réactivité et nous étions pourtant dans une salle peu éclairée. La mise au point était presque instantanée (avec le 14-45 mm f/3,5-5,6) et encore plus réactive que le précédent modèle pourtant déjà une référence en la matière. 
Le secret de cette amélioration : le processeur Venus Engine VI FHD dont la puissance de calcul (3 cœurs) permet d'analyser non pas 60 i/s comme sur le GH1, mais bien 120 i/s lors de la mise au point (au moment où le photographe presse le bouton à mi-course). Théoriquement, l'appareil est annoncé comme deux fois plus rapide. Une donnée difficile à estimer, mais effectivement le GH2 s'est avéré plus rapide que le GF1 également présent lors de la présentation. 

Mode vidéo : enfin le progressif en 1920x1080 à 24 i/s

Résolument tourné vers la vidéo, le GH2 propose une large palette d'options dans ce domaine. Le nouveau capteur est capable d'alimenter le Venus Engine VI FHD avec un flux de 50 images pleines par seconde (contre 25 sur le GH1). Attention toutefois, comme sur le GH1, le format vidéo en sortie est bien du HDTV 1080 entrelacé , mais cette fois, il s'agit d'un vrai 50i (17 Mbps) sans interpolation d'image contrairement au précédent modèle qui délivrait 50i à partir de 25 images pleines seulement. Sur un téléviseur HDTV, la qualité devrait donc être excellente et l'entrelacé devrait uniquement pénaliser les réalisateurs qui produisent pour le Web et qui auront l'obligation d'entrelacer les vidéos lors de l'exportation. En outre, le 50i permet un montage plus facile (les fichiers sont moins lourds) et un gain de place non négligeable sur les supports d'enregistrement. Il est d'ailleurs intéressant de noter qu'actuellement, aucun caméscope n'est capable de filmer en AVCHD dans une définition HDTV 1080p à 50 i/s.

Panasonic GH2 écran rotule

Toutefois, la vraie nouveauté reste bien sûr le filmage progressif en HDTV 1080 24p. Ici, l'enregistrement se fait en images pleines (1920x1080 pixels) avec un débit de 23 Mbps Les fichiers sont toujours des .MTS avec une compression AVC/H.264. La qualité des images devrait profiter de ce débit élevé d'informations. Toutefois, la cadence de 24 i/s (identique à celle du cinéma) présente des effets de saccade sur les déplacements rapides ou les travellings. 
Le mode progressif est également disponible en HDTV 720p. Ici, la cadence est de 50 i/s avec un débit de 17 Mbps, toujours en AVCHD. Vous pouvez également filmer en Motion-JPeg (plus facile à monter sur des petites configurations informatiques) en HDTV 720p à 30 i/s.
Panasonic annonce également un autofocus continu amélioré pour le mode vidéo et la possibilité d'afficher un vu-mètre pour vérifier le niveau sonore à l'enregistrement (toujours pas de sortie casque). Enfin, la sortie HDMI est capable de diffuser la prise de vue sur un moniteur externe. Le son est enregistré en stéréo directement sur le boîtier et une entrée micro est disponible.

Au niveau des modes vidéos, le GH2 propose toujours un mode M pour gérer manuellement cadence d'enregistrement et ouverture (et sensibilité ISO), mais également un nouveau mode pour bénéficier de cadences élevées de 80, 160, 200 ou 300 i/s. Reste à constater de la qualité des vidéos, le downscaling est plus important depuis un capteur 16 Mpx.

Le Panasonic GH2 sera proposé à la vente pour 999 euros avec l'optique 14-42 mm ou 1499 euros avec le zoom 14-140 mm spécialement étudié pour la vidéo (autofocus souple et très silencieux).

Notre premier avis :

Le Panasonic GH2 est donc une évolution naturelle du GH premier du nom. Les évolutions sensibles et très appréciables : nouveau capteur 16 Mpix, écran tactile, viseur plus confortable, autofocus plus rapide (vraiment impressionnant) et un mode vidéo plus complet. Difficile de dire si le GH2 est avant tout un caméscope qui fait d'excellentes photos ou un appareil photo doué pour la vidéo. Comme la plupart des constructeurs, Panasonic cherche à créer un appareil polyvalent, résultat d'une convergence photo / vidéo aujourd'hui incontournable. Le GH1 souffrait avant tout d'un mode photo en retrait par rapport à certains concurrents équipés d'un capteur plus grand (moins de pixels, gestion du bruit électronique en retrait, dynamique moins élevée) et il faudra attendre les premiers tests pour savoir si le tir est corrigé avec ce nouveau modèle. D'un point de vue photo, nous apprécions l'arrivée de l'écran tactile qui apporte une nouvelle façon de "voir" les photos, mais nous regrettons sa définition en retrait et l'absence de progrès significatifs concernant la visée électronique. Le LCoS reste gênant pour certaines personnes (effet arc-en-ciel) et la dynamique n'est toujours pas extraordinaire. Côté vidéo, nous pointerons toujours l'absence de sortie casque pour le retour son. Toutefois dans les productions professionnelles, la prise de son est séparée et le chef opérateur appréciera par contre la possibilité de déporter l'affichage sur un moniteur externe.

Face au Sony Alpha 55...
Avec les "miroir fixe" Alpha 33 et Alpha 55, Sony a frappé un grand coup dans le monde de la photo et de la vidéo. Finalement, ces faux reflex se trouvent être les concurrents directs du nouveau GH2. L'Alpha 55 dispose d'un capteur à la définition identique, mais significativement plus grand. En mode photo, la gestion du bruit électronique est de haute volée et les images exploitables jusqu'à 3200 ISO sans aucun problème. Les deux boîtiers disposent d'un viseur électronique assez proche, mais le grossissement du GH2 est supérieur. Sur les écrans, le Sony Alpha 55 propose un superbe écran 7,7 cm affichant 920 000 points d'une définition supérieure. Les deux sont montés sur rotules pour faciliter les cadrages vidéo, mais seul celui du GH2 est tactile (c'est pourtant Sony qui a démocratisé les écrans tactiles sur les caméscopes...). Côté photo, l'Alpha 55 propose quelques spécificités séduisantes : mode panorama par balayage, panoramiques 3D, rafale à 10 i/s. Sur la question de l'autofocus, les deux marques proposent des solutions de mise au point rapide à la fois en photo et en vidéo, mais les technologies sont différentes : AF par corrélation de phase chez Sony et AF par détection de contraste chez Panasonic. Les résultats sur l'Alpha 55 sont remarquables (notamment en vidéo) et la confrontation entre les deux modèles sera vraiment intéressante. Notez que le Sony Alpha 55 ne propose qu'un mode HDTV 1080 en 50i (17 Mbps) en AVCHD alors le GH2 est capable de progressif à 24 i/s. Il faut passer en MP4 et en définition 1440x1080 pour avoir une cadence à 25 i/s (images pleines) sur le Sony et aucun format HDTV 720 n'est disponible. Le Sony Alpha 55 est plus limité et vous ne pourrez pas modifier les réglages de prise de vue pendant l'enregistrement.

Sony Alpha 55


Face au Canon 550D : Le reflex propose un mode vidéo complet avec un mode HDTV 1080p à 24,25 et 30 i/s. Vous pouvez également filmer en HDTV 720p à 60 ou 50 i/s pour plus de fluidité dans les mouvements. Le mode vidéo peut être débrayé afin de pouvoir jouer avec la vitesse, la sensibilité ISO ou l'ouverture. Comme le GH2, le Canon 550D dispose d'une entrée stéréo, mais pas de retour son via un casque. L'écran LCD du reflex est également fixe, mais propose un affichage plus précis (7,7 cm, 920 000 points). Naturellement, la différence la plus importante reste le système autofocus. En mode visée directe sur écran ou en vidéo, l'autofocus par contraste est...lent. Trop lent pour une utilisation normale ou grand public. Sur ce plan, le GH2 possède une nette longueur d'avance. En contrepartie, le Canon 550D propose un vrai viseur optique large et lumineux.

Canon 550D

À noter : nous avons pu rencontrer M. Uematsu, responsable du développement des Lumix. Perspectives d'avenir des µ4/3, nombre de pixels du capteur, autofocus...

> Interview : Uematsu Michiharu et le Panasonic Lumix GH2



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