Il y a maintenant 2 ans, Olympus présentait une version numérique du Pen, le E-P1. Après un E-P2 légèrement revu l'année dernière, Olympus dévoile aujourd'hui le Pen E-P3 qui vient combler la plupart des manques et des faiblesses des précédents modèles.

Olympus Pen E-P3 face
L'Olympus Pen E-P3 et son grip amovible. Un autre coloris (beige) et une autre forme seront disponibles pour 29 euros.

Fer de lance de la gamme Pen, la série E-P3 est sur le point de se substituer aux E-P2. Les différences esthétiques sont assez minces. De face on notera un grip d'une forme un peu différente (il est amovible), et l'apparition de la l'illuminateur AF juste au dessus du liseré métallique qui viendra prêter main-forte dans les ambiances lumineuses les plus problématiques.

Olympus E-P3 grip amovible

L'ergonomie du nouveau Pen évolue par petites touches, le E-P3 conservant les deux molettes de réglages (roue codeuse et barillet vertical) très pratiques pour paramétrer l'appareil en mode P,A,S et M. Sur l'arrière les touches de fonction ont été un peu redistribuées: Menu arrive à la place d'Info, la corbeille est remplacée par le bouton lecture, etc. On notera surtout l'arrivée du bouton d'enregistrement vidéo en face arrière. Pratique. Trois commandes sont également personnalisables (2 boutons Fn1 et Fn2 et touche vidéo). Pas de panique donc. Il sera possible de retrouver un accès direct à la mémorisation d'exposition par exemple.Le Pen E-P3 dispose toujours d'une griffe porte accessoire et d'un connecteur (propriétaire) pour brancher des accessoires comme un excellent viseur électronique, un micro stéréo externe ou des lampes Led pour la macro.

Olympus E-P3 flash intégré

Le barillet pour le choix des modes d'exposition se trouve désormais sur l'épaule droite de l'appareil, laissant la place à un flash intégré escamotable. Celui-ci possède un nombre guide NG de 10 (200 ISO en mètre) et permet de piloter des flashes distants sans fil.
Olympus Pen E-P3 dos
L'Olympus E-P3 se dote d'un nouvel écran Oled tactile. Malheureusement, celui-ci n'est pas monté sur rotule.

Écran Oled tactile

A l'extérieur, le progrès notable concernera l'écran. Exit le médiocre LCD 7,6 cm 230 000 pixels. Place à un bien meilleur écran Oled tactile 7,6 cm de 610 000 points qui devrait être équivalent à celui qui équipe déjà le Samsung NX10 et NX11. Il présente un excellent taux de contraste, des angles de vision larges et une consommation électrique réduite. Nous regrettons qu'Olympus n'ait pas profité de ce changement d'écran pour le positionner sur une rotule afin de rendre la visée plus confortable notamment en vidéo. l'écran est traité contre les traces de doigts. Comme sur certains modèles Panasonic, il sera donc possible de faire le point et de déclencher en appuyant simplement sur l'écran.

Processeur TruePic VI double cœur

Mais les plus gros changements sont à aller chercher sous le capot. Car pour toute la gamme E-P3, E-PL3 et même pour le Pen Mini (E-PM1), c'est une refonte en profondeur du système à laquelle on a droit. Fait assez intéressant, la base hardware de l'E-P3 se retrouve également à l'identique dans les autres déclinaisons annoncées aujourd'hui. Un socle, trois boîtiers.

Olympus Pen E-P3 avec 17 mm
La nouvelle gamme Pen 2001 (E-P3, E-PL3 et E-PM1) dispose du nouvel autofocus rapide FAST.

Et la plus grosse innovation, c'est le processeur d'image. La génération TruePic V équipant les précédents modèles manquait de puissance et empêchait entre autres l'enregistrement de séquences vidéos full HD. 
Pour ces nouveaux modèles Olympus a donc conçu un TruePic VI, une processeur double cœur à la puissance accrue. Couplée au nouveau capteur Live MOS 12 Mpix adopté (il s'agit de l'ancien modèle amélioré par Olympus), cette puce permet d'atteindre des sensibilités allant jusqu'à 12 800 ISO, et de piloter un AF sur 35 collimateurs au lieu de 11 par le passé. De même lors de l'enregistrement de vidéos elle se voit attribuer un rôle d'atténuation du bruit en temps réel. Enfin, la puissance accrue du TruePic VI permet de réduire les latences entre deux photos. Dommage que le mode rafale soit encore limité à 3 i/s sur ce boîtier haut de gamme.

Mode vidéo HDTV 1080

Côté vidéo on aura remarqué que les gammes Pen passent enfin au HDTV 1080. La nouvelle puce TruePic VI permet l'enregistrement de séquences 1080i à la cadence de 60 i/s (30 i/s en sortie de capteur et dédoublé lors de l'écriture du fichier) en AVCHD avec son stéréo. Il est également possible d'enregistrer en 1280x720 pixels en AVCHD et en Motion JPeg. Le tout en conservant la possibilité d'y appliquer des effets créatifs maison dont la marque est particulièrement fière. La montée en sensibilité à 12 800 ISO est également une excellente nouvelle, à condition que les données ne soient pas trop marketing. En pratique une image propre à 3200 ISO serait un progrès notoire par rapport aux générations précédentes. 

Le nouveau processeur permet également d'améliorer sensiblement la cadence vidéo lorsque les effets artistiques sont activés. Le E-P3 permet par exemple d'enregistrer 30 i/s (contre 15) en mode granuleux et 15 i/s (contre 2) en mode sténopé.
Olympus schéma présentation autofocus FAST
Tout comme Panasonic, Olympus double la vitesse d'analyse des images (60 à 120 i/s) pour accélérer la détection de contraste pour la mise au point.

FAST : l'autofocus le plus rapide de l'ouest

Également introduit sur cette génération de PEN, le nouvel autofocus de la marque. Baptisé FAST (Frequency Acceleration Sensor Technology), il pilote 35 collimateurs en proposant une fonction de suivi du sujet. Olympus n'hésite pas à le présenter comme l'un des AF les plus rapides du moment.
Même si les détails techniques ne sont nombreux, tout porte à croire qu'Olympus a développé un système similaire à celui de Panasonic (GH2, G3...) pour améliorer la fréquence d'analyse des images qui passe de 60 à 120 i/s. Ce système couplé à la nouvelle puce TruePic VI et aux optiques MSC (Movie Still Compatible) devrait permettre aux nouveaux Pen de venir facilement concurrencer les modèles les plus rapides du moment. En outre, le mode vidéo devrait également bénéficier de cette accélération. Les premiers essais sont plutôt concluants, il faudra toutefois vérifier la réactivité et les performances de l'autofocus dans diverses situations.

Attention, ces performances ne sont possibles qu'avec une optique MSC (Movie Still Compatible). Si certaines optiques sont clairement estampillées SMC (le 9-18 mm par exemple), d'autres ne portent aucune marque comme la mise à jour du 14-42 mm II qui est pourtant bien MSC.

Dernier détail concernant la stabilisation: rien de révolutionnaire puisqu'elle reste mécanique. C'est le capteur qui est stabilisé. Pratique car toutes les optiques en bénéficient, y compris les pancakes. Mais souvent un cran en dessous des stabilisations optiques intégrées aux optiques. 


Olympus Pen E-P3 dessus

 Les modes artistiques

Olympus mise toujours sur les modes artistiques pour séduire les photographes même sur un modèle haut de gamme dont la cible est plutôt le photographe expert. Parmi les filtres artistiques on retrouve : Pop Art, Soft Focus, Couleurs Pales, Tonalité Lumineuse, Sténopé, Grain Noir&Blanc, Diorama, Traitement Croisé, Sépia and Ton Dramatique (HDR). Tous ces filtres sont utilisables en photo et en vidéo.
Une bulle d'aide sera également présente pour apporter des explications aux différentes options. 

L'Olympus Pen E-P3 sera disponible en noir et argent pour 849 euros (nu) au mois de juillet.

> Télécharger la fiche technique complète de l'Olympus E-P3

Notre premier avis

Olympus était un peu à la traîne, surtout lorsqu'on parlait vidéo. L'adoption d'une toute nouvelle base matérielle risque de radicalement changer la donne. Et tout est prometteur: nouveau processeur TruePic VI, vidéo HDTV 1080, sensibilité boostée à 12 800 ISO, AF plus rapide et sur 35 collimateurs, et écran OLED 610 000 points. Tout sonne juste. Sauf le prix peut-être... presque 850 € tout nu. C'est actuellement le compact à objectif interchangeable le plus cher du moment. Pour mémoire le Pen E-P1 avait été annoncé à 749 euros avec une optique 14-42 mm !
Sur le papier, le Pen E-P3 séduit donc et corrige les principaux griefs que nous pouvions avoir envers le précédent modèle (absence de flash, autofocus en retrait par rapport à la concurrence, écran LCD peu défini...), mais manque de singularité. Nous aurions souhaité qu'Olympus intègre son excellent viseur électronique dans le boîtier et que les ingénieurs parviennent à rendre l'obturateur mécanique beaucoup plus silencieux. Pourquoi Olympus ne généralise-t-il pas le rétro éclairage des commandes comme sur les reflex E-30 ou E-620 ?

En outre, il faut désormais patienter quelques jours avant de pouvoir juger de la qualité des images dans les hautes sensibilités, de pouvoir vérifier la réactivité de l'autofocus dans toutes les situations ou de mesurer l'autonomie de la nouvelle batterie. Patience, patience, les premiers exemplaires devraient nous parvenir rapidement.

Face à la concurrence

Panasonic G3
Panasonic G3
. Le seul vrai concurrent dans la gamme Micro4/3, le Panasonic G3 a de sérieux atouts à opposer au nouveau Pen E-P3. Celui-ci dispose également d'un écran tactile, mais monté sur rotule, ce qui facilite grandement la visée notamment en vidéo. En outre, il dispose d'un viseur électronique intégré, ce qui est un plus indéniable. Pour les accros aux chiffres, le G3 intègre également un capteur mieux défini (presque 16 contre 12 Mpx) qui délivre d'excellentes images jusqu'à 3200 ISO. En outre, la cadence rafale grimpe à 4 i/s en pleine définition et peut atteindre 20 i/s 4 Mpx. En terme d'ergonomie, le G3 n'a pas à rougir avec sa molette cliquable et ses raccourcis. Pour finir, à 600 euros nu, le G3 est également beaucoup plus accessible que son concurrent.
De son côté, le Pen E-P3 joue clairement la carte de la séduction avec son look rétro toujours aussi charmeur. Sur les autres aspects techniques, le Pen E-P3 "ne fait que" rattraper son concurrent au niveau de la vidéo, de l'autofocus ou du flash intégré. Le E-P3 dispose toutefois de quelques avantages comme le système de stabilisation mécanique intégré qui fonctionne avec toutes les optiques et le connecteur pour accessoires.

Sony NEX-5 test review
Sony NEX-5. Le COI de Sony n'est pas vraiment un modèle expert, mais avec son capteur APS-C et sa qualité d'image, le compact a des arguments pour séduire le photographe exigeant à la recherche d'un boîtier compact. Il dispose en outre d'un bel écran 920 000 inclinable, d'un autofocus réactif et de modes photo (panoramique, HDR...) réussis. De son côté, le Pen E-P3 offre une carrosserie plus sympathique et un parc optique nettement plus conséquent (les optiques Panasonic sont également compatibles avec les Micro4/3 Olympus). Au niveau de la vidéo, les deux compact font jeu égal. Il faudra attendre les premières images du Pen E-P3 pour voir s'il peut concurrencer le best-seller de Sony.

Fujifilm X100 test review
Fujifilm X100
. Un compact à objectif non interchangeable comme concurrent ? Pourquoi pas ? À l'image du E-P3, le X100 se présente comme un compact haut de gamme qui cherche à séduire les photographes par des allures d'appareils argentiques. Le X100 propose un viseur hybride unique et réussi (optique ou électronique). Le capteur APS-C (12 Mpx) associé à l'optique 35 mm f/2 donne d'excellents résultats dans la plupart des situations. En outre, en mode manuel, le X100 peut s'avérer très silencieux. Assez compact, silencieux et délivrant de belles images. La Sainte Trinité ou presque.
Bien sûr, le Pen E-P3 se montre plus polyvalent avec ses optiques interchangeables. Télé, macro, le Pen peut pratiquement tout faire en y mettant le prix. Le compact Olympus est également plus doué en vidéo et possède un écran tactile qui pourra parfois faire la différence. 

Source : Olympus France
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