Aujourd'hui, Olympus lance son tout dernier hybride de la famille Pen : l'E-P5, digne successeur de l'EP-3 (annoncé en 2011). Olympus avait fait un peu de teasing en montrant l'E-P5 au dernier CP+ sous un beau tissu de velours bleu. Le voile est désormais levé.

Olympus E-P5
Au CP+ 2012, le successeur au Pen E-P3 était voilé...

Toshiyuki Terada, chef développement produits hybrides japon et Micahel Goodman, chef produit Pen Europe nous présente le nouvel Olympus Pen EP-5.

Olympus EP5

Olympus oriente ce nouvel appareil vers le grand public. De notre côté, on estime que même si un débutant peut trouver son bonheur dans un appareil de ce type, un photographe expert y verra un boîtier abouti et plutôt bien armé face à ses concurrents. 

Olympus E-P5 prise en mains

Les évolutions de ce boîtier par rapport à son prédécesseur se répartissent en plusieurs grandes catégories : le design, les fonctions hautes vitesses, le Wi-Fi, l'ergonomie et le nouveau viseur électronique.

Nouveau design et nouvelle ergonomie

Il n'y a pas de doute, l'E-P5 est un bel appareil. Il arbore fièrement un look rétro et reprend les codes esthétiques du Pen F. Ce nouveau look ravira les amoureux des Fujifilm X100S ou Leica M qui y trouveront sans doute des similitudes : une forme assez plate et allongée, un poids conséquent (420 grammes), une finition presque entièrement métallique (aluminium), un grip imitation cuir martelé, etc.

Olympus E-P5 prise en mains
L'Olympus PEn E-P5 et le 17 mm f/1,8 version noire.

L'appareil est désormais décliné en trois couleurs : noir, argenté ou blanc et il semblerait que des éditions premium avec des grips en bois (Hasselblad Lunar, sors de ce corps !) soient également au programme. Parallèlement, Olympus propose également une nouvelle collection de housse et sangles en cuir, aux couleurs de ces nouveaux appareils : des accessoires premium indispensables pour les hipsters !

Au passage, Olympus propose égalent des versions noires de ses trois optiques phares : 17 mm, 45 mm et 75 mm f/1,8. Il est probable qu'un kit E-P5 + 17 mm f/1,8 + viseur soit au programme !

La face avant de l'appareil est presque irréprochable. Sur le dessus, on regrette le choix d'éléments argentés très brillants qui donnent un look un peu trop "bling-bling" à notre goût et tranche avec la sobriété globale de l'appareil. L'interrupteur général (tout en plastique) de l'appareil situé sur le côté droit est un peu léger et monté à l'envers selon nous. Il faut tirer vers l'arrière pour allumer alors qu'il aurait été plus naturel de pousser vers l'avant. On apprécie énormément la présence de deux réelles molettes de réglages pour l'index (sous le déclencheur) et pour le pouce. C'est un réel plus avec les modes semi-automatiques ou manuels pour contrôler rapidement et avec précision l'exposition.

Olympus E-P5 prise en mains vue de dessus
Le flash pop-up est toujours au rendez-vous.

Nouveauté, autour du déclencheur pour la vidéo, on retrouve un interrupteur qui permet de basculer la programmation des deux mollettes de l'exposition à d'autres réglages importants. Par exemple, en mode A, la mollette d'index contrôle l'ouverture et la mollette de pouce l'exposition. En basculant l'interrupteur, on passe automatiquement à un réglage des ISO pour la première et de la balance des blancs pour la seconde. Après les premiers essais, il est clair que cette nouvelle logique va nécessiter un long temps d'adaptation et pourra rebuter certains utilisateurs : les mauvaises manipulations arrivent très vite ! Quoi qu'il en soit, les fonctions attribuées par défaut à ces mollettes peuvent être personnalisées.

Olympus E-P5 prise en mains, les molettes
La nouvelle interface du Pen E-P5.

À l'arrière on retrouve un nouvel écran de 3 pouces tactile qui affiche une belle définition de plus d'un million de points et qui est désormais orientable : un bon point. L'intégration de l'écran est assez réussie à l'arrière de l'appareil et la charnière inspire confiance. L'écran peut pivoter verticalement de - 50 à +80 degrés.

Les fonctions tactiles sont assez limitées. Pour commencer ce n'est pas un tactile multipoints, oubliez donc toute fonction «pinch and zoom» sur les images comme nous le pratiquons depuis longtemps sur les smartphones. De plus les actions tactiles sont peu nombreuses : déclenchement, navigation, choix zone AF, zoom, sélection des scènes, sélection des paramètres à modifier (sélection uniquement), choix des filtres, connexion Wi-Fi. Sur ce point, d'autres constructeurs font beaucoup mieux.

Olympus E-P5 prise en mains, écran orientable et tactile
Un écran LCD tactile et inclinable.

Un nouveau viseur électronique et grossissement exceptionnel

Olympus profite de la sortie de l'E-P5 pour lancer également une nouvelle version de son viseur électronique optionnel à monter sur la griffe porte accessoire de l'appareil. Exit donc le VF-2, qui était déjà un excellent viseur et bienvenue au VF-4. Ce nouveau viseur assure un confort de visée exceptionnel. En effet, la définition passe de 1,44 million de points à 2,36 millions de pixels. Il couvre bien entendu 100 % du champ de l'image et propose un grossissement de 1,48 X. Par équivalence à un viseur de reflex 24x36 mm, celui d' Olympus est plus confortable (meilleur grossissement) que celui du Nikon D800 ou D4 et légèrement moins bon que celui de l'EOS 1DX.

Olympus E-P5 prise en mains : le viseur électronique nouvelle génération
Un viseur électronique nouvelle génération et grossissement exceptionnel. Malheureusement en option...

Le viseur est toujours capable de pivoter à 90° pour une utilisation sportive et il intègre désormais deux petits capteurs qui permettent de basculer automatiquement de la visée écran au viseur. La bascule se fait en 0,4 seconde. Par contre, ce viseur est très imposant et gâche le design de l'appareil.

Un appareil taillé pour la photo de sport

L'E-P5 est le premier hybride à disposer d'un obturateur mécanique capable de monter au 1/8000 de seconde. Un temps de pose extrême, généralement réservé aux reflex experts et professionnels, qui permet de figer avec précision des sujets en mouvements ou de pouvoir faire des images avec une faible profondeur de champ en plein jour. Dans cette même logique, l'EP-5 est désormais capable de descendre à 100 ISO.

L'appareil est toujours équipé de la technologie Fast AF, l'un des autofocus les plus réactifs et véloce du marché. Il faut, d'après les données du constructeur, 0,044 seconde au boîtier pour faire la mise au point avec la stabilisation désactivée. La stabilisation mécanique évolue elle aussi avec une nouvelle technologie à 5 axes et une détection automatique des filés qui bloque les mouvements horizontaux. À noter que Olympus annonce pouvoir stabiliser jusqu'à 5 IL, mesure à vérifier en labo bien entendu.

Olympus EP-5
Du peaking enfin chez Olympus.

À noter aussi pour les amateurs de mise au point manuelle qu'une assistance avec peaking est désormais disponible !

Question rafale, l'appareil monte à 9 images par secondes avec une stabilisation désactivée pour une mise au point et une exposition fixe. Avec une mise au point continue et un suivi du sujet, l'appareil monte à 5 images par secondes, ce qui est déjà très honorable.

Qualité d'image de l'OM-D EM-5

L'E-P5 reprend le même bloque image que celui de son grand frère l'OM-D E-M5. Il dispose donc d'un capteur Micro 4/3 Live Mos de 16 millions de pixels associé au processeur TruePic VI, capable de monter à 25 600 ISO. Actuellement, c'est la meilleure combinaison chez Olympus et le nouveau COI devrait en profiter. Un bon point donc, même si nous aurions aimé une petite nouveauté de ce côté.

Un appareil désormais connecté

L'E-P5 intègre enfin une puce Wi-Fi qui permet à l'appareil de se connecter à un smartphone ou une tablette sous iOS ou Android via la nouvelle application OI.Share. La communication peut se faire très simplement, en quelques secondes grâce à un QR code. Au programme des fonctionnalités : transfert d'images, visualisation avec zoom, déclenchement à distance, mise au point à distance, "géotaging" (l'EP-5 est dépourvu en interne de puce GPS), retardateur, visée live déportée, editing (filtres artistiques, medle (Photo Story), dessins) et partage.

Olympus EP-5
Le QR Code pour synchroniser rapidement le Pen E-P5 et un smartphone.

Un appareil créatif

Outre les désormais célèbres filtres artistiques, Olympus introduit de nouvelles fonctions créatives sur son E-P5.
La première est intitulée Photo Story et permet aux photographes de faire 3 photos, présentée en pêle-mêle sur une seule et même image : un bon moyen de faire un mini résumé d'une situation. On retrouve également un nouveau système de time lapse avec génération automatique de la vidéo.

Olympus E-P5 prise en mains, les trois couleurs
La déclinaison colorée du nouveau Olympus Pen E-P5.

Notre premier avis

Avec l'E-P5, Olympus signe une belle évolution de son E-P3 même si tous les défauts de ce dernier ne sont pas corrigés. La prise en mains est très bonne, la nouvelle ergonomie à double mollette est un réel plus pour les photographes experts. L'appareil est bien fini et semble robuste dans l'ensemble, mais il n'est pas tropicalisé comme son grand frère l'OMD-EM-5, dommage. On émet juste quelques doutes sur la longévité de certains boutons ou interrupteurs en plastique. Le nouveau look est très réussit et complètement dans l'air du temps pour les fans de style rétro.

On apprécie le nouvel écran, mieux défini, plus grand et monté sur charnière, mais on déplore la faiblesse toujours aussi flagrante de fonctions tactiles. À l'heure du 100% tactile, un écran non multipoints et aussi pauvre en fonctionnalités est une erreur. L'arrivée du Wi-Fi est par contre un très bon point avec de nombreuses fonctions de prise de vue, de retouche et de partage via la nouvelle application OI.Share. Dommage que l'appareil n'intègre pas de GPS. Quelques nouvelles fonctionnalités comme le time lapse automatique devraient enchanter les utilisateurs les plus novices qui pourront facilement s'essayer à des pratiques expertes.

Nous n'avons pas de doute sur la qualité des images puisque cet appareil hérite du bloc image de l'OM-D EM-5 qui est excellent, même en faibles conditions lumineuses. Enfin l'appareil semble très bien armé pour les sujets en mouvements avec son obturateur au 1/8000 de seconde et sa rafale à 9 images par secondes (sans AF). L'un des points forts est bien sur le nouveau viseur électronique VF-4 qui apporte une définition supérieure et surtout un grossissement digne de ce nom. Il faudra toutefois débourser sans doute l'équivalent de 250 euros (le prix n'est pas encore officialisé) en plus du boîtier pour en profiter.

Au final cet E-P5 va très simplement trouver une place de choix sur le marché des hybrides et la marque propose désormais une belle série cohérente de boîtiers à objectifs interchangeables et un parc d'optiques vraiment intéressant. Ses très nombreuses fonctionnalités, son ergonomie et ses nombreuses options de personnalisations devraient cependant plus attirer les photographes passionnés et experts que les débutants. L'appareil sera commercialisé mi-juin, juste avant le festival en Arles où Olympus tient une place de choix. Les prix et les kits ne sont pas encore dévoilés.

L'E-P5 sera disponible à partir de juin 2013 en boîtier nu à partir de 999 € TTC, et sera proposé en kit avec des objectifs, avec ou sans viseur VF-4. L'E-P5 sera disponible avec l'objectif 14-42mm à partir de 1099€ TTC.

> Fiche technique complète du Pen E-P5 sur le site d'Olympus

> Test Olumpus EP-3
> Test Olympus OM-D
> Tous les tests de compacts

Source : Olympus


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