Le lancement du nouveau Olympus Pen E-P1 à Berlin fût également l'occasion de rencontrer et d'interviewer Akira Watanabe en charge du lancement des produits du système E (système d'appareils photo à objectif interchangeable et non pas simplement le système 4/3) au Japon.
De quoi étancher, partiellement, notre soif de réponses sur certains aspects techniques et commerciaux du premier boîtier micro 4/3 de la marque.

Akira Watanabe, responsable planning Olympus
Akira Watanabe, responsable du planning chez Olympus Japon.
L'Olympus Pen E-P1 est un produit relativement cher. Pour le premier modèle de votre gamme micro 4/3, n'avez-vous pas peur de déconcerter certains clients ?
Akira Watanabe : Le Pen E-P1 est un tout nouveau produit. Les efforts en recherche est développement ont été important. Pratiquement toutes les pièces de cet appareil sont nouvelles et ont été élaborées et fabriquées pour le E-P1. Les contraintes de la miniaturisation étaient vraiment importantes et nous n'avons pas pu utiliser des parties déjà existantes sur d'autres produits.

Cette miniaturisation explique-t-elle également l'absence d'un flash intégré ?
Akira Watanabe : Effectivement. Avec l'optique 14-42 mm (Ndlr : le zoom, une fois déployé est relativement long), il aurait fallu placer le flash intégré assez haut pour que celui-ci soit efficace et cela aurait impliqué une autre conception du boîtier beaucoup plus haut. Nous avons donc privilégié la compacité et offert la possibilité d'utiliser un flash externe. (Ndlr : un flash externe assez volumineux et peu discret. Le E-P1 équipé du flash externe perd du coup beaucoup en discrétion...)

Le format micro 4/3 est-il, à l'instar de la monture 4/3, un standard ouvert ? D'autres constructeurs se sont-ils déjà manifestés pour rejoindre ce standard ?
Akira Watanabe : Le format micro 4/3 est bien un standard ouvert et nous étudions toutes les propositions de constructeurs tiers qui veulent rejoindre le standard. Je ne peux malheureusement pas plus vous répondre sur des questions qui impliquent d'autres sociétés autre qu'Olympus.

Pour le lancement du micro 4/3 chez Olympus, le E-P1 n'est accompagné de seulement deux optiques. Pouvez-vous nous dire comment la gamme va évoluer ?

Akira Watanabe : Difficile pour l'instant de répondre à cette question. Naturellement, notre gamme va s'étendre et nous prévoyons des zooms, mais il est encore trop tôt pour en parler.

Pourquoi avoir limité le mode vidéo du E-P1 au HDTV (720p) et comment expliquer le choix de la compression Motion JPeg ?

Akira Watanabe : Nous pensons que les utilisateurs du E-P1 vont réaliser que de petits clips vidéo et qu'ils ne souhaitent pas saturer trop rapidement les cartes mémoire. Pour l'instant, nous estimons que le mode 720p est largement suffisant, surtout pour les consommateurs qui viennent de l'univers du compact. Le choix de la compression Motion JPeg était pour nous assez naturel. Les fichiers AVI MJPeg sont plus universels et ils peuvent se lire sur pratiquement sur tous les ordinateurs actuels. Il est également plus facile d'extraire une image de ces fichiers (les images sont compressées individuellement) et de réaliser de petits montages. Pour le son, certaines technologies développées pour l'enregistreur LS10 sont également présentes dans le E-P1 pour assurer une bonne qualité de son stéréo (PCM).

Olympus E-P1 flash externe   Olympus E-P1 flash externe
L'Olympus E-P1 est son "encombrant" flash externe FL14.

En mode vidéo, la stabilisation mécanique par déplacement du capteur est remplacée par une stabilisation numérique. Pourquoi ?
Akira Watanabe : Le problème de la stabilisation mécanique pendant la vidéo est avant tout une adéquation de consommation électrique. Une stabilisation permanente réduirait fortement la durée de vie de la batterie.

Comme le Panasonic G1/GH1, l'Olympus E-P1dispose d'un obturateur mécanique pas vraiment silencieux. Était-il réellement indispensable ? Un obturateur électronique aurait rendu l'appareil beaucoup plus discret.
Akira Watanabe : Il y a de multiples raisons pour que nous ayons conservé un obturateur mécanique dans le E-P1. L'une des principales et le phénomène de smear (Ndlr : le smear est un phénomène d'éblouissement des photosites en cas de forte luminosité. Le smear est facilement visible sur les écrans LCD sur un contrejour ou un coucher de soleil, scènes pour lesquelles on note la présence de bandes lumineuses verticales). Pour éviter les phénomènes de surexposition, il est impératif de masquer le capteur à l'aide d'un obturateur mécanique.

Olympus E-P1 viseur optique

Le viseur optique donne un incomparable look "vintage" au E-P1. Toutefois, il est assez spartiate et il serait intéressant de pouvoir y lire certaines informations comme la vitesse, l'ouverture et la sensibilité ISO. Peut-on espérer ces évolutions pour notamment économiser de la batterie ?
Akira Watanabe : Il serait effectivement possible de transférer des informations dans le viseur optique. Toutefois, nos recherchent s'orientent plus vers la mise au point d'un viseur totalement électronique plutôt qu'un viseur comme vous l'évoquez.

L'écran LCD de 3 pouces est très fluide et très agréable à utiliser, même en plein soleil. Toutefois, la définition est un peu juste. Pourquoi ne pas utiliser un écran 460 000 ou 920 000 points pour faciliter la mise au point manuelle par exemple ?
Akira Watanabe : La raison est assez simple : la luminosité. Les écrans 920 000 points sont certes plus précis, mais moins lumineux. Nous avons privilégié la luminosité pour rendre l'utilisation de l'écran plus confortable dans de multiples conditions et notamment en plein soleil. Naturellement, nos prochains produits bénéficieront d'une amélioration de la définition si les technologies sont prêtes.

Quelle est la latitude d'amélioration de l'autofocus par contraste ? Peut-on espérer des mises à jour logicielles
pour améliorer le processus ? (Ndlr : entre les firmwares 0.9 et 1.0 testés, l'autofocus est devenu plus réactif).
Akira Watanabe : Nous travaillons naturellement à l'amélioration du système autofocus par contraste et nous pouvons vous assurer qu'il sera plus rapide dans les prochaines versions. Toutefois, il est impossible de vous donner des échéances. Le système autofocus implique plusieurs éléments de hardware et de software. Il est probable qu'il faudra plus qu'une mise à jour firmware pour améliorer l'autofocus.

Olympus E-P1 lancement
Olympus E-P1 : un produit pour le moins attendu...
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Olympus E-P1 : interview d'Akira Watanabe



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