Alors que le Canon G11 s'approprie la part du lion sur le segment des compacts experts loin devant le Panasonic LX3 (qui vient d'être remplacer par un LX5 que nous attendons toujours...) ou le plus récent Samsung EX1, Nikon revient sur le devant de la scène avec un P7000 largement revu qui ressemble...aux boîtiers G de Canon. Le Nikon P7000 dispose-t-il des armes pour contrer les offensives à venir ?

Nikon P7000 face
Au premier coup d'œil, le boîtier du Nikon P7000 présente quelques similitudes avec le...Canon G11


Après un P6000 (test) innovant (GPS, connexion LAN...), mais qui n'a pas su séduire véritablement son public avec une construction trop légère, qualité des images décevante dans les hautes sensibilités, Nikon revient sur le segment compact expert avec un modèle largement revisité. 

Prise en mains

Nous avons la possibilité de prendre en mains rapidement un modèle de présérie. Le premier sentiment est troublant tant ce Nikon P7000 a des airs de Canon G11...L'étonnement passé, le P7000 s'avère un compact séduisant. La finition globale semble un cran en dessous d'un Canon G11 ou d'un Samsung EX1. Le compact conserve un viseur optique, un plus vraiment appréciable, même si celui-ci n'est pas réellement fidèle (il est annoncé à 80%). Vous noterez la forme ronde de l'oculaire qui n'est pas sans rappeler le viseur des reflex professionnel de la marque.

Nikon P7000 dos

Sur un reflex expert, nous attendons beaucoup d'une interface bien étudiée. Le P7000 fait la part belle aux accès directs. Au dos de l'appareil, vous retrouverez une roue codeuse et une molette pour naviguer rapidement dans les menus ou modifier les valeurs pour les modes à priorité ouverture/vitesse/manuel. De notre côté, nous regrettons que la molette ne soit pas située à l'avant de l'appareil (comme sur l'EX1) pour plus de simplicité. 

Le dessus de l'appareil est le royaume des barillets. Outre le traditionnel barillet pour le choix des modes d'exposition (P,S,A,M, vert, scène, vidéo, et 3 modes personnalisables), le P7000 propose une molette pour la correction d'exposition dont l'activité est signalée par un témoin lumineux (bonne idée). Là encore, ce choix est discutable et nous aurions préféré un barillet permettant d'accéder rapidement aux différentes sensibilités ISO. La dernière nouveauté est donc un barillet situé à gauche de l'appareil pour modifier rapidement certaines options : sensibilité ISO, balance des blancs, bracketing (ISO, balance des blancs, exposition), qualité des images, réglages personnalisés et un nouveau mode histogramme. Ce dernier permet d'afficher après la prise de vue un large histogramme accompagné d'une sorte de zone système qui permet de mettre en surbrillance les plages de différentes valeurs de tonalité. Vous trouverez également une griffe accessoire compatible avec les flashes de reportage de la marque.

Toujours dans un souci d'ergonomie, deux commandes (dont la touche Fn à l'avant du boîtier) sont personnalisables. L'écran LCD arrière s'est montré particulièrement intéressant. D'une diagonale de 7,6 cm, il affiche 920 000 points pour un contraste intéressant de 800:1. En pratique, l'écran est effectivement bien lisible, même en pleine lumière. Le gamut de l'écran couvre 100 de l'espace sRVB. Dommage que celui-ci ne soit pas monté sur rotule comme ceux des Canon G11 ou Samsung EX1. Pour le filmage, cette option est grandement appréciable. Un horizon artificiel est désormais disponible (un seul axe) pour corriger rapidement l'inclinaison du boîtier.

Nikon P7000 dessus

Capteur CCD, gros zoom

Côté capteur, Nikon a opté pour un CCD de 10 Mpx assez grand (1/1,7"). Celui-ci n'est pas nouveau (un capteur similaire équipe déjà le Samsung EX1) et Nikon n'a pas choisi pour son fleuron un CMOS rétroéclairé, comme pour le bridge P100. Si l'imageur n'est pas nouveau, le processeur de traitement des images, lui, est totalement revu. L'Expeed c2 devrait offrir un bon traitement du bruit électronique (le P7000 est capable de monter jusqu'à 6400 ISO en mode Hi-1). Il ouvre également les portes à un mode vidéo HDTV 720p. Il est intéressant de noter que le P7000 est capable de délivrer des fichiers Raw au format NRW. Voilà qui vient compliquer encore un peu les choses lorsque les reflex de la marque proposent des fichiers bruts NEF. La nouvelle électronique devrait également assurer une bonne réactivité du P7000. Nikon annonce un temps de mise sous tension en moins d'une seconde et une mise au point très rapide. Lors de nos premières manipulations, le compact s'est effectivement montré réactif. 

Si certaines marques comme Samsung ou Panasonic préfèrent séduire (à juste titre) les photographes avec des optiques lumineuses, Nikon préfère parer son P7000 d'un zoom 7,1x polyvalent, mais nettement moins rapide (f/2,8-5,6). Équivalent à un 28-200 mm, le mode macro du zoom permet de photographier à 2 cm d'un sujet. Naturellement, le zoom est équipé d'un système de stabilisation optique et complété par un mode numérique. Il est possible de caler le zoom sur des focales prédéfinies (28, 35, 50, 85, 105, 135 et 200 mm) et d'enregistrer la focale utilisée dans les trois modes personnalisés. Le P7000 dispose d'un véritable obturateur à iris et d'un filtre de densité neutre de 3 IL pour réaliser des filés ou des obturations lentes.

Vidéo et son

Avec ce CCD et une nouvelle électronique, le P7000 de Nikon est capable de filmer en HDTV 720p (.MOV, H.264 à 24 i/s). Le zoom optique est actif pendant l'enregistrement et le son stéréo. Bon point, le compact est également équipé d'une entrée micro stéréo. Pour autant, le P7000 ne propose pas de sortie casque ou un niveau visuel pour qualifier l'enregistrement sonore. Enfin, dernier petit bémol, la batterie porterait l'autonomie du compact à seulement 350 vues.

Notre premier avis :

Après avoir manipulé quelques minutes le P7000, nous sommes plutôt contents de voir Nikon revenir sur le segment du compact expert où la marque a clairement sa place. La construction est de bon aloi et l'interface largement revue plutôt intéressante. Le retour à un capteur plus modeste en définition (le feu P6000 arborait fièrement 13 millions de pixels...) est une bonne nouvelle et laisse espérer des images plus facilement utilisables aux hautes sensibilités. On pourra toujours s'étonner de la présence de "gros" zoom optique ce compact expert en lieu et place d'une optique plus lumineuse. Mais là encore, Nikon a sans doute choisi de réaliser un G11 killer en copiant certaines spécificités. Nous sommes donc impatients de voir arriver ce P7000 au studio pour réaliser les premiers tests et de pouvoir les comparer aux nouveaux Pansaonic LX5, Samsung EX1 et au probable Canon G12. La fin d'année s'annonce intéressante. On pourra toujours regretter que Sigma et Leica restent seuls sur le terrain du compact à capteur APS-C. Un autre segment sur lequel l'immobilisme (technologique et tarifaire) règne en l'absence de véritable concurrence.

> La fiche technique complète du Nikon P7000
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Source : Nikon France


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