Le 10 avril dernier, Nikon annonçait un super zoom de plus, le "petit" AF-S DX NIKKOR 18-300 mm f/3,5-6,3G ED VR, sensiblement plus compact et léger que son aîné ouvrant à f/5,6 en longue focale.

Force est de l'avouer, les aficionados de la marque et leurs revendeurs ont alors davantage déploré l'absence de réactualisations tant espérées (comme celle du 300 mm f/4 par exemple) qu'ils ne se sont enthousiasmés pour la venue de cet énième zoom trans-standard grand public — un type de zoom qui tend à s'accumuler au sein de la gamme DX.

Bien que discutable pour certains, cette "politique" serait néanmoins concevable si Nikon daignait en soigner la cohérence. Suivez-nous, vous allez comprendre !

Nikkor 18-300 mm f/3,5-6,3
Nikkor 18-300 mm f/3,5-6,3

Comme "couteau suisse universel" permettant de voyager léger, le 18-300 mm f/3,5-6,3 demeure digne d'intérêt pour qui connaît et accepte les limites qu'impose un zoom d'une telle amplitude. De plus, contrairement à son concurrent direct du moment, le récent Tamron 16-300 mm f/3,5-6,3 Di II VC PZD, le Nikkor 18-300 mm f/3,5-6,3 présente un avantage non négligeable : la possibilité de corriger la distorsion à la prise de vue en JPG !

Je n'apprendrai rien aux habitués des reflex Nikon : pour ce faire, il suffit d'activer la fonction ad hoc dans les menus de l'appareil, sans omettre de vérifier (dans la librairie Nikon Windows ou Mac) que la dernière version du firmware (micrologiciel) L, contenant les données de contrôle de la distorsion des optiques supportées, est bien celle qui y est installée. Dans le cas contraire, Nikon communique la procédure à suivre pour mettre à jour le firmware L de ses boîtiers.

À l'évidence, la correction de la distorsion ne fait pas tout, mais à qualité optique sensiblement équivalente entre deux objectifs, son appoint est salvateur pour la qualité d'image en JPG. Cet avantage certain en faveur des optiques Nikkor donne toute sa mesure au rayon des trans-standards de plus ou moins vaste amplitude, frappés de niveaux de distorsion variant de très élevés à carabinés, en barillet comme en coussinet, et qui ciblent principalement le grand public, lequel... utilise le plus souvent le format JPG.

En théorie, la boucle est bouclée !

En pratique, pour qu'elle le soit, encore faudrait-il que Nikon publie plus régulièrement des mises à jour du firmware L contenant les données de contrôle de la distorsion des optiques commercialisées dans l'intervalle.

Or la dernière mise à jour (v. 1.009) remonte à juillet 2013.

Pour exemple, à ce jour, le 18-140 mm f/3,5-5,6G ED VR (au format DX) disponible à la vente depuis fin août/début septembre 2013 n'est visiblement toujours pas supporté !

Selon toute logique, une prochaine version du firmware L devrait voir le jour prochainement. Avec un peu de chance, elle devrait prendre en charge — entre autres — le dernier 18-300 mm sorti en mai. L'attente n'en sera pas moins frustrante pour les acquéreurs de la première heure du 18-140 mm, qui continue à être distribué en kits alléchants avec les derniers-nés : D3300, D5300, D7100.

Vous l'aurez compris, cette nonchalance concernant la publication des mises à jour du firmware L ébranle soudainement l'approche marketing de Nikon, qui s'efforce de pêcher la plus infime part de marché avec sa multiplicité de trans-standards, mais en usant d'un filet... percé !
Cette déficience fragilise par ailleurs la mise en avant de la fonction de contrôle automatique de la distorsion (indispensable en JPG avec de tels zooms) interne aux boîtiers. À y perdre son latin, surtout en cette période de crise où il ne fait pas bon négliger un argument aussi bénéfique pour la qualité d'image, a fortiori lorsqu'il s'agit de se démarquer de la concurrence des trans-standards de marques indépendantes.

Sans publier une mise à jour immédiate à chaque sortie d'un nouvel objectif, un effort significatif de la part de la marque nippone s'impose !
Nikkor 18-300 mm f/3,5-5,6 distorsion
En haut, l'image de notre mire réalisée avec le 18-300 mm f/3,5-5,6 au grand-angle.
La distorsion en barillet est bien visible. (Objectif testé)

Quid du contrôle de la distorsion chez les concurrents ?

Bon point pour Nikon, une simple requête sur le sujet à partir d'un moteur de recherche permet de trouver assez rapidement la page relative aux "Données de contrôle de la distorsion", fournissant la liste détaillée des objectifs supportés. Tout consommateur souhaitant vérifier qu'une optique est prise en charge avant d'en faire l'acquisition peut donc aisément trouver l'information.

En revanche, impossible d'affirmer que la transparence soit de mise chez les principaux concurrents. À moins d'y consacrer beaucoup de temps et d'énergie, les recherches laissent l'internaute sur sa faim.

Canon EOS Utility mise à jour des profils de correctionChez Canon, par exemple, pour accéder aux optiques supportées, l'application EOS Utility doit être installée sur ordinateur, mais il faut disposer soit d'une version complète délivrée sur le CD accompagnant tout EOS (celle téléchargeable sur Internet n'étant qu'une mise à jour recherchant la présence de certains logiciels Canon pour autoriser son installation), soit du numéro de série d'un boîtier pour télécharger le "pack" des logiciels dans leur version complète.

Reste l'assistance technique de la marque pour tenter de s'informer. En France, difficile d'obtenir les renseignements immédiatement auprès du conseiller, avouant humblement qu'il doit lui-même effectuer des recherches, moyennant quoi il en profite pour exiger vos coordonnées complètes (pas seulement une adresse de messagerie). Quant au support situé outre-Atlantique, il ne dispose pas non plus d'une liste exhaustive des objectifs pris en charge et oriente vers l'utilisation de EOS Utility (boîtier connecté à l'ordinateur).

En bref, pour vérifier qu'un objectif permettra de bénéficier des corrections des défauts optiques (distorsion, aberrations chromatiques et vignetage), il faut déjà posséder le boîtier Canon ou l'emprunter. Simple, non ?

Enfin, cette méthode d'installation (facilitante pour les utilisateurs) des "modules" de corrections tend à plonger dans le flou la question des délais de prise en charge des nouveaux objectifs.

En conclusion, il est donc équitable de le rappeler : si la société Nikon doit assurément fournir un effort, elle n'est visiblement pas la seule !
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Nikon, une firme aware ?



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