36,3 Mpx ! C'est la définition record que propose le Nikon D800 sur un capteur plein format. Ce nouveau boîtier qui emprunte beaucoup au tout récent D4, impose un nouveau standard et transforme la gamme des reflex professionnels de Nikon.

Nikon D800 sans objectif
Le Nikon D800 et son nouveau capteur 24x36 à 36, 3 millions de pixels.

Initialement prévu pour le mois d'octobre 2011, le nouveau reflex pro D800 arrivera finalement au mois de mars 2012 (le 22 pour être précis). Alors que le D700 était une sorte de mini D3 (même capteur de 12 Mpx), le D800 vient jouer les trublions avec une définition largement supérieure à son aîné (le D4 ne propose «que» 16 Mpx).

Le D800 remplacera à terme le D700 qui reste encore en gamme (le temps d'épuiser les stocks sans doute après plus de 3 années et demi de bons et loyaux services), mais qui voit son prix baisser à 2250 euros (on le trouve déjà actuellement à moins de 2000 euros en boutique et devrait donc logiquement finir sa vie aux alentours de 1800 euros). Le D3x reste aussi en gamme, mais le D800 semble taillé, en définition tout au moins, pour lui succéder. De fait, le D800 semble remplacer pas un, mais bien deux boîtiers dans la gamme Nikon pro.

Construction et prise en mains

Côté construction, le D800 reprend un châssis en magnésium qui assure robustesse et légèreté. Une construction haut de gamme donc, qui laisse toutefois l'avantage au D4. En effet, ce dernier fait véritablement figure de tank avec une cage reflex renforcée en magnésium, ce qui n'est pas le cas du D800. 

Nikon D800 : châssis en magnésium Nikon D800 joints d'étanchéité
Un châssis en magnésium taillé pour durer et des joints d'étanchéité pour résister aux poussières et à l'eau.

Naturellement, le boîtier est garni de joints d'étanchéité pour assurer une résistance à l'eau et aux poussières. Le nouvel obturateur mécanique revu pour les fonctions vidéo est testé sur 200 000 cycles (150 000 pour le D700 et 400 000 pour le D4).

Nikon d800 obturateur
La cinématique de l'obturateur a été repensée pour assurer la prise de vue vidéo (la position ouverte consomme peu d'énergie). Testé pour 200 000 cycles, est-il réellement deux fois moins fiable que celui du D4 ?

L'ergonomie a été revue, notamment pour prendre en compte l'arrivée de la vidéo. Ainsi, une touche d'enregistrement vidéo vient garnir un peu plus l'épaule droite du reflex. Toujours sur le dessus du boîtier, une touche bracketing vient renforcer la tour de contrôle placée sur l'épaule gauche. Présente sur le D4, elle vient habilement compléter le trio balance de blancs, sensibilité ISO et qualité d'image (le bracketing est pour le moins compliqué à modifier sur un D700...). La couronne de motorisation est également un peu plus souple et plus agréable à utiliser.

Nikon D800 vue de dessus
Logiquement, une touche vidéo fait son apparition sur le D800.

Au dos, c'est le sélecteur de zone AF qui fait les frais de l'arrivée de la vidéo et de la visée directe sur écran. Vous noterez également l'arrivée d'une touche pour accéder directement au Picture Control (gestion du rendu des images : saturation, accentuation...). Bien sûr, le D800 est équipé d'un flash intégré qui permet à la fois de déboucher rapidement un contre-jour, mais également de piloter le système flash à distance sans fil (CLS). 

Nikon D800 vue de dos
Le D800 propose une visée 100%.

Le D800 propose également un nouveau viseur optique 100% (contre 95% seulement sur le D700) qui offre un grossissement de 0,7x (probablement identique à celui du D4). Il est possible, à l'aide d'un masque, de viser selon différents formats : 5:4 (6114x4912 pixels), DX (4800x3200 pixels) ou 1,2x (6144x4080 pixels). Un autre format 16:9 est également disponible pendant la visée directe sur écran : 6720x3776 pixels ou dans un format DX : 4800x2704 pixels). Bon point, le D800 dispose d'un niveau électronique sur 2 axes s'affichant à la fois sur l'écran LCD, mais également dans le viseur (collimateurs AF et correction d'exposition).

L'écran LCD est identique à celui du D4 et offre une excellente lisibilité et un bon contraste (8,1 cm et 921 000 points et capteur de luminosité ambiante). Au passage, on regrette que Nikon n'ait pas adopté pour le rétroéclairage des commandes sur le D800. Une fonctionnalité pourtant bien pratique dans de nombreuses circonstances. Une plaque de protection amovible est toujours livrée sur le D800.

Pour le stockage des fichiers, Nikon n'assume pas totalement le format XQD qui n'est pas présent sur le D800. Toutefois et contrairement au D700, le nouveau boîtier pro embarque deux lecteurs de cartes : SD (USH-I) et CF. Les deux emplacements peuvent fonctionner classiquement par débordement, par duplication ou par enregistrement séparé Raw et JPeg.

Nikon D800 emplacement CF et SD
Pas de XQD sur le D800, mais un slot SD et un slot CF.

Nikon D800 les côtés

Du côté des connexions, le D800 dispose d'une prise micro stéréo, une prise casque, une sortie HDMI (non compressée pour l'enregistrement vidéo) de qualité et d'une sortie USB SuperSpeed...3. Une connexion plus rapide (4,8 Gbps en théorie soit environ 400 Mo/s avec les différentes pertes) que l'Ethernet présent sur le D4. Cette connexion sera la bienvenue pour décharger les images de 74 Mo (Raw 14 bits). 



Le connecteur USB 3 dispose d'une double prise qui permet également de relier des câbles USB 2.

Vous disposez bien sûr d'un connecteur 10 broches pour relier un accessoire (télécommande, GPS...) et une prise synchro flash (1/250 s).

Autonomie

Le D4 a vu son autonomie réduite avec l'adoption d'une nouvelle batterie EN-EL18. Le D800 subit la même baisse de régime. Alors que le D700 affiche une autonomie CIPA de 1000 vues, le D800 et sa nouvelle EN-EL15 donnent 850 vues seulement... Une baisse de 25% tout de même. Pour améliorer l'autonomie, vous pouvez opter pour une poignée d'alimentation MB-D12 (probablement entre 250 et 300 euros) et une batterie de D4 EN-EL18. Cette configuration permet de grimper la cadence rafale de 4 à 6 vps au format DX, la cadence rafale en pleine définition (FX) restant irrémédiablement scotchée à 4 vps quelle que soit la source d'alimentation.

La poignée MB-D12 avec la batterie du D4 pour «booster» la rafale en format DX.

Capteur 24x36 à 36,3 Mpx !

Le nouveau capteur 24x36 de Nikon était presque prévisible : il «suffit» de coller deux capteurs APS-C et notamment le modèle 16,2 Mpx du D7000 pour dépasser la barre des 30 Mpx.
Nikon est plutôt laconique sur l'origine du capteur, mais il s'agit bien du capteur 24x36 le mieux défini du moment. Il dépasse allègrement, de 50%, les 24 Mpx des reflex actuels les plus costauds. 

Nikon D800 capteur 36,3 Mpx
Le capteur du D800 et ses 36,3 millions de pixels. 

Côté sensibilité, le D800 propose une plage de 100 à 6400 ISO étendue à 25600 ISO, soit peu ou pro ce que propose le D700 (qui lui débute à 200 ISO). Nous n'avons pas pu réaliser quelques photos avec l'exemplaire mis à notre disposition, mais Nikon propose quelques images en pleine définition en téléchargement.


Globalement, ces images sont un peu "molles" et mériteraient un peu d'accentuation. Le modèle au flash est même légèrement flou (synchro lente). Il faudra également attendre pour découvrir les images dans les plus hautes sensibilités et notamment 3200 et 6400 ISO.

mise à jour : Nikon Imaging propose un fichier réalisé avec un D800E en téléchargement et deux autres clichés réalisés au D800.

 
Image réalisée avec un D800E

D800E, sans filtre AA (anti-aliasing ou passe-bas)

Le D800 rejoint le petit groupe des appareils sans filtre passe-bas (Leica M9, Fujifilm X-Pro1, certains dos numériques...) dans sa version E. Rappelons qu'un filtre passe-bas permet de limiter les problèmes de moiré lorsque la scène photographiée contient des éléments très fins. Le filtre passe-bas «floute» les plus fins détails et amoindrit au passage l'impression de netteté. La version D800E ne dispose donc pas de filtre passe-bas et permet d'exploiter toute la précision du capteur. Le moiré est un problème qui se corrige facilement sur ordinateur (le D800E est par ailleurs vendu avec capture NX2 qui dispose d'une fonction pour traiter ce problème), il est donc probable que les futurs clients soient davantage séduits par ce modèle. Le risque de moiré est pourtant bien réel. Avec une taille de photodiode d'environ 4,9 µm, le capteur du D800 présente un pas de pixel supérieur à celui du D7000 (4,7 µm) et même avec ce capteur, de nombreuses optiques sont encore parfaitement à l'aise. Il faudra voir si le problème se corrige facilement et s'il est vraiment pénalisant dans la vraie vie.

Étonnamment, le D800E, qui comporte une pièce en moins, sera vendu plus cher : 3200 euros. En outre, il sera disponible uniquement en boutique dans un réseau de 80 revendeurs sélectionnés (la liste est en cours d'édition). 

Rafale : 4 vps...seulement

Le D800 dispose naturellement d'une nouvelle génération de processeur Expeed qui permet d'atteindre une cadence de prise de vue de 4 vps en pleine définition. Il est possible de passer à 6 vps en format DX et avec la poignée d'alimentation MB-D12 équipée de la batterie EN-EL18 (Nikon D4). La cadence en pleine définition, elle, ne change pas.

Mesures et autofocus

Le boîtier dispose de tous les raffinements de son aîné concernant l'autofocus et la mesure d'exposition. Vous retrouverez donc le module AF Multi-CAM 3500 dont la sensibilité s'étend de -2 à +19 IL. Il dispose de 15 collimateurs en croix dont 11 sont sensibles jusqu'à f/8. Le module AF est épaulé par un capter RVB de 91 000 points qui assure la mesure d'exposition (matricielle couleur 3D III), la reconnaissance de scène (exposition, balance des blancs) et la reconnaissance des visages. 

Module AF Nikon D4/D800
À gauche : les 15 collimateurs centraux sont en croix. Au centre : Les 11 collimateurs sont sensibles jusqu'à f/8. À droite : les 15 collimateurs sont sensibles jusqu'à f/5,6, les 9 au centre à f/8.

vidéo HDTV 1080p

Le D800 propose l'enregistrement de fichiers en HDTV 1080p à 30, 25 ou 24 vps. Il est possible de filmer en 720p à 60 ou 50 vps. Comme sur le D4, les cadences réelles d'enregistrement sont de 59,94 ; 50 ; 29,97 ; 25 et 23, 976 vps. Il faudra donc recaler toutes les vidéos en postproduction. Vous pouvez connecter un micro stéréo externe (mini-jack 3,5 mm) ou utiliser le micro mono du boîtier. Le niveau d'enregistrement est ajustable (un vumètre s'affiche en permanence) et vous pouvez contrôler la prise son à l'aide d'un casque. Sur le plan de la vidéo, le D800 rattrape donc facilement son principal concurrent, le Canon 5D Mark II.

Les deux modes d'enregistrement déjà présents sur le  D4 sont reconduits sur le D800 :
- un mode reportage qui enregistre en H.264/MPeg-4 AVC sur les cartes (durée max 30 mins).
- un mode ciné qui utilise la sortie HDMI (non compressée) et un enregistreur externe. Vous obtenez alors des fichiers en ProRes en 4:2:2 (10 bits).

Le D800 dispose d'un autofocus permanent (F-AF : Full Time AF) plus rapide que les autres modèles de la marque, mais qui reste largement en retrait par rapport à la réactivité d'un compact à objectifs interchangeables.
Le reflex propose également un enregistrement HDTV 1080 en différentes largeurs de capteur. Ainsi, vous pouvez filmer en 1920x1080 sur la largeur du capteur (FX) afin de conserver l'angle de champ des optiques.

Disponibilité et prix

Le D800 sera disponible le 22 mars pour 2900 euros. La version E sans filtre passe-bas sera disponible à partir du 12 avril pour 3200 euros avec Capture NX2.

Nikon D800 prise en mains

Notre premier avis :

Pour les accros du détail, le D800 proposé à 2900 euros fait l'effet d'une petite bombe. Nikon propose en effet la définition d'un moyen format classique pour un tarif trois fois moins élevé avec toute la polyvalence qu'offre en reflex sans parler de la vidéo. Phase One, Hasselblad ou Leica doivent surement voir venir ce nouveau concurrent d'un très mauvais œil. Avec un bel écran LCD, une visée directe sur écran, un mode connecté complet, un viseur optique 100%, un mode vidéo complet, le D800 apparaît comme un appareil très polyvalent et rassurant. 

Nous pourrons toujours regretter quelques mesquineries comme l'abandon du marquage IPTC dans l'appareil, la non compatibilité avec le module Wi-Fi WT-5 (vous ne pourrez pas piloter le D800 à distance sans fil) ou l'«oubli» des commandes rétroéclairées, d'un module GPS intégré, ou du mode totalement silencieux du D4 (2 Mpx).

La pièce maîtresse reste bien sûr le capteur 36 Mpx. Ce nouveau venu pose naturellement deux questions :

- quid de la gestion du bruit électronique ? Avec une taille de photodiode de 4,9 µm pour le D800 et 4,7 µm pour le D7000, nous sommes en droit d'attendre une qualité d'image assez proche entre les deux boîtiers. Lorsqu'on connaît la gestion du bruit électronique du D7000 dans les hautes sensibilités, tous les espoirs sont permis. Mais ce n'est sans doute pas aussi simple (ce n'est jamais simple), car les images que nous avons pu voir sur l'écran du boîtier nous ont laissés un peu dubitatifs avec un bruit de chrominance un peu trop présent à notre goût à 3200 ISO. Il faudra donc attendre d'avoir un appareil en test pour se faire une idée définitive.

- quid des optiques ? Là aussi, c'est l'inconnue. Le capteur 36 Mpx sera sans doute très exigeant et il est difficile de savoir si les zooms et les focales fixes passeront le cap. Souhaitons que les futurs acquéreurs de D800 ne soient pas obligés de changer leur parc optique pour les dernières focales fixes f/1,4 !

Mais qui a vraiment besoin de 36 Mpx ? Ceux qui réalisent des reproductions d'oeuvres d'art et qui souhaitent avoir le maximum de détail pour des impressions en grand format et ceux qui rêvent d'un zoom numérique performant et qui pourront recadrer à loisir tout en conservant de la matière. De tels fichiers (74 Mo pour un raw 14 bits non compressé) occuperont également plus de place sur les cartes, les disques durs et nécessiteront des machines plus puissantes.  Sur la gamme pro, le futur client n'aura finalement le choix qu'entre deux boîtiers pro : un D4 orienté reportage et cher et le D800 beaucoup plus abordable et très pixelisé. S'il est possible de photographier en mode M à 20 Mpx (5520x3680 pixels) en JPeg, il n'existe pas d'enregistrement Raw dans ces différents formats (contrairement au sRaw de Canon). 

> Fiche technique complète du Nikon D800 sur leur site Internet

Lire également
> Présentation du Nikon D4

Source : Nikon France


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