Attendu depuis des mois, le remplaçant du Nikon D90 vient enfin de pointer le bout de ses pixels sous la forme d'un D7000D. Attention, ce boîtier ne vient pas directement suppléer le vénérable D90 qui devrait logiquement finir sa vie dans les mois à venir quand les stocks seront épuisés.

Nikon D7000 face
Le Nikon D7000 est enfin là !

Prise en mains

Peu de surprise concernant la prise en mains du D7000. Descendant de la lignée D70, D90, le nouveau boîtier inspire confiance. Une bonne partie du châssis est en alliage de magnésium pour assurer un corps robuste. Le revêtement de la poignée est également amélioré avec un caoutchouc de meilleure qualité sur l'avant, mais également à l'arrière. La préhension est agréable, l'appareil est bien équilibré. Si le D7000 est équipé de quelques joints d'étanchéité (notamment au niveau de la trappe pour les cartes mémoire), Nikon n'indique pas que le boîtier sera capable de résister aux intempéries. Toutefois, le niveau de finition (trappes en caoutchouc pour protéger les accès à la connectique) et les quelques joints devraient assurer une bonne résistance à une petite pluie. 

Nikon D7000 dos
Quelques améliorations au niveau de l'interface avec notamment une gâchette pour passer en visée directe.

L'interface du reflex évolue par petites touches, mais globalement, l'ergonomie du D7000 est assez proche de celle du D90. Vous retrouverez donc les deux molettes pour les réglages des principales options de prise de vue. Sur la gauche, l'alignement des commandes à double entrée (mode lecteur / prise de vue) est toujours là avec l'accès aux menus, la balance des blancs, la sensibilité ISO et la qualité des images. Ces touches sont légèrement plus grandes (et donc plus accessibles) depuis le déport de la touche lecteur au-dessus à côté du viseur. Vous retrouverez également le joypad de sélection (associé à une touche de validation). Le bouton LiveView est remplacé par une gâchette (comme sur le D3100) qui permet de passer rapidement à la visée sur écran et à l'enregistrement vidéo. Le D7000 conserve un écran 7,7 cm (920 000 points, affichage VGA) de bonne qualité.

Nikon D7000 dessus
Une deuxième couronne (droite) pour accéder rapidement aux réglages de motorisation du D7000.

Le dessus du D7000 évolue également avec notamment le barillet sur l'épaule gauche. Ce dernier propose 2 niveaux. Le premier rassemble le choix des modes d'exposition (P,S,A et M), un mode sans flash et un mode scène. Les programmes résultats disparaissent donc (les modes portrait, sport, macro, sont reportés dans le menu du mode scène) et deux choix personnalisables (U1 et U2) font leur apparition. Le second niveau rassemble les options de motorisation : single, rafale, mode Quiet, miroir relevé...Cette roue est verrouillée pour plus de sécurité. 
Sur l'avant de l'appareil, la touche Fn est toujours présente et personnalisable pour un accès rapide à certaines fonctions comme le mode Raw ou la sensibilité ISO.

Nikon D7000 cotés
Une panoplie presque (pas de sortie casque...) complète de connecteurs...

Un coup d'œil dans le viseur donne le sourire. La visée est large (0,94x) et annoncée comme très précise avec une couverture de champ de 100%. Le dégagement oculaire est de 19,5 mm et les porteurs de lunettes seront à l'aise avec le D7000. Les collimateurs sont gravés et il est possible d'afficher à la demande une grille d'alignement. Au niveau de la connectique, le D7000 est plus classique avec une prise USB 2, une sortie vidéo, une sortie mini-HDMI, une prise pour une télécommande et pour le GPS ainsi qu'une entrée micro stéréo. De l'autre côté du boîtier vous trouverez un double emplacement pour cartes SD/SDHC/SDXC avec la possibilité de réaliser un débordement, d'enregistrer séparément les JPeg et les Raw ou de réaliser à la volée un double des clichés. Vous pouvez également choisir une des deux cartes pour l'enregistrement des vidéos. Concernant les fichiers, le D7000 réalise des images en JPeg et en Raw 12 ou 14 bits.

Capteur CMOS 16 Mpx et vidéo

Pièce essentielle du renouvellement du boîtier, le D7000 propose un CMOS de 16 Mpix. Le nouveau reflex devient donc le second boîtier le plus pixelisé après le très professionnel D3x... Ce CMOS n'est pas totalement inconnu, puisqu'il s'agit probablement du capteur qui équipait déjà le Sony Alpha 55. Impossible pour l'instant de juger de la qualité des images et de la gestion du bruit électronique, mais en considérant les bons résultats obtenus par Sony, ce nouveau capteur devrait en toute logique donner entière satisfaction. Nikon annonce une sensibilité de 100 à 6400 ISO avec une extension possible à 12800 et 25600 ISO. Le CMOS est un capteur rapide et associé à la nouvelle électronique Expeed2, le D7000 est capable de "pilonner" à 6 i/s sur 100 vues JPeg.

Nikon D7000 capteur CMOS de 16 Mpix
Un nouvel oeil pour le Nikon D7000 : un capteur CMOS de 16 Mpix.

Ce capteur est naturellement capable de vidéo. Le D7000 propose un mode HDTV 1080p à 24 i/s (.MOV, compression H.264, son stéréo PCM). Si la cadence est celle du cinéma (24 i/s), elle est désormais un peu dépassée et il aurait été préférable de proposer d'autres formats plus adaptés à la vidéo comme le 25p ou le 30p. Pour atteindre ces cadences, il faudra impérativement basculer en HDTV 720p. Le micro intégré est mono, mais il est possible de brancher un micro stéréo (mini-jack 3,5 mm). Comme tous les autres reflex, le D7000 ne propose pas de sortie casque pour vérifier le niveau sonore lors de l'enregistrement et aucun autre dispositif n'est prévu à cet effet. La durée d'enregistrement vidéo est désormais limitée à 20 minutes. L'autofocus en mode vidéo est identique à celui du D3100 : plus rapide que la précédente génération, mais toujours trop lent pour une utilisation fluide et avec des effets de pompage encore trop marqués.

Nouvelle mesure d'exposition, nouvel autofocus

Nikon ne s'est pas contenté de changer le capteur CMOS, les ingénieurs ont également fait évoluer deux éléments importants des reflex : le système d'exposition et l'autofocus. Le D7000 dispose d'une nouvelle cellule d'exposition composée d'un capteur qui atteint la bagatelle de 2016 pixels, soit pratiquement deux fois plus d'informations que la cellule des D3,D3x et 5 fois plus que celle du D90 ! Pour mémoire, ce capteur couleur est utilisé à la fois pour la mesure d'exposition, la balance des blancs et comme assistant pour le suivi autofocus. 

Nikon D7000 nouvelle cellule d'exposition 2016 pixels
Le capteur 2016 pixels pour la mesure d'exposition et diverses assistances.

En effet, ce capteur de 2016 photodiodes est associé à de nouveaux algorithmes et à un réseau de diffraction pour "mieux voir" la scène photographiée et mieux l'analyser. Mieux défini, le capteur est également plus grand et couvre désormais 83% de la scène contre 73% sur les précédents modèles.

capteur RVB 1005 photodiodes
Le réseau de diffraction sépare les différentes couleurs de la lumière pour frapper les photosites correspondants.

L'image analysée (en couleur) est plus précise. Les algorithmes seraient alors capables d'identifier le sujet principal du fond (en déterminant la présence d'un visage par exemple). Des paramètres pris en compte ensuite pour le calcul de la mesure d'exposition matricielle 3DII.

reconnaissance de scène

Côté autofocus, le D7000 embarque un nouveau modèle doté de 39 collimateurs, dont 9 en croix (contre 11 points sur le D90 et 51 sur le D300s). Avec un nombre plus réduit de collimateurs et une électronique plus rapide, le module Multi-CAM 4800DX devrait être plus rapide que celui qui équipe les D300/D700/D3 dont la complexité (51 points à gérer) avait tendance à ralentir le fonctionnement. La sensibilité est toujours de -1 à +19 IL.
 
Le capteur 2016 vient également épauler le module AF pour le suivi de sujet. En effet, lors du passage d'un collimateur à l'autre pour le suivi d'un sujet, le système AF peut perdre la position de la mise au point. Les 2016 points du capteur permettent de dresser un maillage plus dense qui permet d'affiner le suivi AF.
 
Suivi AF avec capteur 1005 photosites

Les petits plus et moins...

Malgré une présence sur le segment dit grand public, le D7000 propose quelques options dignes d'un boîtier expert comme un obturateur mécanique jusqu'au 1/8000 s et garanti 150 000 cycles. Vous apprécierez également le pilotage de flashes distants sans fil. Le reflex propose un intervallomètre et est complètement compatible avec les optiques sans microprocesseur puisqu'il dispose d'une bague de couplage du diaphragme. Il sera également possible désormais de développer un fichier Raw en JPeg directement sur le boîtier. Petite déception concernant les accessoires. Le grip du D90 n'est pas compatible et il faudra également renouveler le stock de batteries avec une nouvelle référence. Dommage pour ceux qui avaient déjà investi...

> La fiche complète du D7000 sur le site de Nikon France

Notre premier avis :

Cette année, Nikon surprend par un renouvellement de gamme "par le bas", la marque proposant prioritairement une refonte des boîtiers d'entrée de gamme.
Après la sortie de l'alléchant  D3100, le D7000 poursuit dans cette logique avec une fiche technique de haute volée pour le marché grand public. En ne remplaçant pas directement le D90, le nouveau boîtier vient créer une nouvelle catégorie haut de gamme sur le segment grand public à l'image du Canon 60D avec lequel, étonnamment, il s'aligne parfaitement au niveau tarifaire. Restons d'ailleurs sur le prix. Le D7000 est proposé à 1159 nu, soit 200 euros plus cher que le D90 à son lancement. Nikon monte donc en gamme et vient plutôt bousculer un D300s que l'on déniche désormais à 1300 euros nu, plutôt qu'un D90 disponible aujourd'hui à 700 euros.
Le D7000 affiche de sérieuses prétentions pour concurrencer la gamme experte actuelle (D300/D300s) avec un nouveau capteur à 16 Mpix mieux défini et capable de monter à 6400 ISO (contre 3200), un nouvel autofocus certes moins complet que les 51 collimateurs du D300, mais disposant de 39 points tout de même et du suivi 3D. N'oublions pas la nouvelle mesure de l'exposition plus large et plus fine, un viseur 100%, une rafale à 6 i/s, une gestion des flashes distants sans fil, un mode vidéo 1080p avec un autofocus par contraste plus rapide et une sortie HDMI. Le Nikon D7000 est donc un boîtier très prometteur qui va sans doute obliger Nikon à renouveler sa gamme sur le segment expert !
Le D7000 n'est toutefois pas exempt de défauts et nous pourrons toujours reprocher un bracketing d'exposition un peu léger (3 vues), un mode vidéo HDTV 1080 à 24 i/s seulement et l'absence de retour son.

Nikon D90
Nikon D90
Nikon D300s
Nikon D300s


Face au Canon 60D, le match s'annonce serré. Sur le papier le modèle de Canon propose 2 millions de pixels supplémentaires. Dans les faits, la différence de taille reste minime et la qualité de la gestion du bruit électronique assez semblable. Avec des rafales à 5,3 i/s pour le 60D et 6 i/s pour le D7000, les différences seront là aussi peu sensibles. Dans les autres domaines, les Canon 60D et Nikon D7000 jouent également les coudes à coudes avec des avantages pour chacun des protagonistes : les deux reflex peuvent piloter des flashes distants sans fil, les viseurs sont larges et lumineux, mais celui du D7000 est précis à 100% alors que le 60D n'atteint que 96%, certains photographes aux cadrages soignés apprécieront. D'un autre côté, l'écran LCD du 60D monté sur rotule est un bel atout pour des cadrages originaux et le mode vidéo. En outre, l'écran du 60D est d'un format 16:9 en adéquation, là aussi, pour le mode vidéo. Le nouveau module autofocus du D7000 prend l'avantage par un nombre plus élevé de collimateurs (39 contre 9) et un suivi 3D impressionnant. Côté mesure d'exposition, le nouveau module 2016 pixels du Nikon se montre plus polyvalent (il vient épauler le module autofocus et la balance des blancs). Le mode vidéo est toutefois nettement en faveur du Canon. L'enregistrement HDTV 1080 se fait à 24, 25 et 30 i/s et il est possible de modifier certains paramètres (ISO, ouverture, vitesse) pendant le filmage. Un vumètre permet également de contrôler le niveau sonore. Sur le plan de l'autofocus par contraste (vidéo, visée directe sur l'écran), le D7000 promet d'être plus rapide, mais dans tous les cas, nous restons très loin des performances d'un GH1 ou d'un Sony NEX. Au final, les différences sont ténues et l'affrontement s'annonce passionnant.


Canon 60D

Source : Nikon France


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