Photokina 2012 : Nikon met fin à plus de 5 mois d'attente et de rumeurs en officialisant le D600. Ce nouveau boîtier reprend l'essentiel du D7000, y greffe un capteur plein format 24,3 Mpix et boucle le tout avec quelques petites améliorations techniques. Le tout débouche sur un boîtier plein format autour des 2000€. Le 24x36 numérique devient plus accessible... moyennant quelques concessions. Si la formule semble simple, elle a le mérite d'être efficace. Le D600 sera disponible dès le 18 septembre, au prix public conseillé de 2099€ pour le boîtier nu, ou de 2 599€ avec un AF-S 24-85mm f3,5-4,5G VR. Petit tour du propriétaire. 

Nikon D600 face sans objectif
Le D600, annoncé à 2100 euros, glissera sans doute  rapidement en dessous de la barre psychologique des 2000 euros...

La grosse nouveauté du D600 c'est bien entendu son capteur, un plein format (24x36mm) de 24,3 Mpix. On appréciera d'autant mieux la chose qu'il n'y a pas si longtemps, avant la famille des D800, le seul boîtier Nikon proposant une telle définition était le D3X vendu près de 8 000$ ! Le capteur du D600 est-il un Sony ou non ? Question intéressante, à laquelle nous n'aurons pas de réponse immédiate. Le seul constat à faire est qu'entre les capteurs du D600 et de l'Alpha 99 les fiches techniques donnent une différence de 0,1mm en longueur et en hauteur... Point un peu décevant, le capteur, contrairement à celui du A99, n'embarque pas d'autofocus par corrélation de phase. Dommage. Pour la vidéo, cela aurait pu être un avantage décisif. 

Nikon  D600 dessus
Vous retrouverez la molette du choix du mode d'exposition du D7000 ainsi que la couronne de motorisation. Un écran LCD de rappel des options est également au programme.

Le capteur du D600 peut opérer en natif de 100 à 6400 ISO. On pourra étendre cette plage de 50 à 25 600 ISO. Les RAW sont traités sur 14 bits, et sous le capot on retrouve le même Expeed 3 que sur les D800 et D4. 
Le D600 sait de plus enregistrer des vidéos en H.264 / MPEG4 (en .MOV) en 1920x1080 à 30p, 25p ou 24p. En passant en 1920x720 on peut pousser à 60p. L'audio est enregistrée en mono... on regrettera de ne pas avoir droit à la stéréo directement dans le boîtier. 

Comme le montre l'image ci-dessus, la vis montée sur la monture indique que le boîtier est bel et bien motorisé, et qu'il saura pleinement supporter les anciennes optiques AF-D Nikkor que l'on trouve facilement à un bon prix. Un très bon point. 

La visée quant à elle, se fait via un prisme en verre couvrant 100% du champ, avec un grossissement de 0,7x. Sur l'arrière on trouvera un écran de 8 cm (3.2 pouces)  d'une définition de 921 000 points, comme sur le D800. 

Nikon D600 côtés
Pas de prise synchro flash (il faudra utiliser des déclencheurs externes en studio), pas d'USB 3 et pas plus de Wi-Fi ou de GPS. Par contre, le D600 embarque bien 2 lecteurs de cartes SD, une prise micro / sortie casque et une connexion HDMI non compressée pour le direct.

Autofocus

Pour accompagner ce capteur Nikon équipe son boîtier d'un module AF à priori proche de celui du D7000. Il s'agit ici du Multi-Cam 4800 (le D7000 utilise le Multi-Cam 4800DX) doté de 39 collimateurs, dont 9 en croix. Comme pour le D7000.

On pourra choisir d'utiliser un seul des 39 collimateurs, ou de les grouper en zones de 9, 21 ou 39 en AF de zone dynamique. Le suivi 3D est également au programme sur les 39 points. Quelles sont les différences exactes entre les deux Multi-Cam... difficile à dire avec exactitude. La réponse est sans doute à aller chercher dans la sensibilité accrue (que Nikon annonce comme héritée du D4), puisque sur le D600, les 33 points centraux sont disponibles à des ouvertures inférieures à f/5,6 et supérieures à f/8, et les 7 centraux sont disponibles à des ouvertures de f/8. Côté vidéo, l'autofocus par détection de contraste pompe toujours un peu, mais l'AF est permanent, souple et plutôt silencieux.

Nikon D600 capteur 2016 pixels reconnaissance scène, visage et mesure lumière
Le capteur 2016 pixels pour la reconnaissance des visages, de scènes et la mesure de lumière matricielle.

La mesure d'exposition est également proche (mais présentée comme toute nouvelle par Nikon) de celle du D7000 puisqu'on retrouve un capteur RGB 2016 pixel affecté à la même tâche, et avec les mêmes méthodes de mesure (matricielle, pondérée centrale et spot).


Nikon D600
Bon point, le boîtier dispose d'une motorisation interne pour piloter l'autofocus des optiques non AF-S.

Côté rafale à présent, avec ses 5,5 vps, le D600 coupe la poire en deux. On est au-dessus des 4 vps des D800, mais loin des 10 fps de l'Alpha 99. Quoi qu'il en soit on retrouve un niveau de performances proche de celui du D7000. 

De même on notera que le circuit d'alimentation du D600 est directement issu du D800 et qu'il est donné pour une autonomie de 900 clichés, ou de 60 minutes de vidéo avec visée écran. Le tout en utilisant les mêmes batteries EN-EL15. 

Nikon D600 dos
Pas d'écran orientable ou tactile, nous restons sur un reflex expert traditionnel. Dommage.

Enfin les images sont enregistrées sur une des deux cartes SD que le boîtier peut accueillir.
Au nombre des "moins" on notera plusieurs petits détails. L'obturateur premièrement, testé pour 150 000 cycles, ne monte qu'à 1/4000s, alors que les D7000 comme les D800 sont à 1/8000. La synchronisation du flash se fait à 1/200s avec un déclenchement à 1/250s ou moins (1/250s avec déclenchement à 1/350s sur les D7000 et D800). Enfin le bracketing d'exposition du D600 se contente de reprendre celui du D7000 avec un maximum de 3 vues. Sans aller jusqu'aux 9 vues du D800 on aurait pu envisager les 7 vues des D700... voire 5 vues. Avec la mode du HDR la fonction aurait pu être plus alléchante. Enfin sur un appareil sortant fin 2012 il est incompréhensible d'avoir fait l'impasse sur une connectique USB 3.0, pourtant si utile lorsqu'on doit gérer des NEF de 24 Mpix. On notera toutefois la disponibilité d'un transmetteur sans fil optionnel, le WU-1b (mais pourquoi n'est-il pas intégré au boîtier !?) pour environ 50 euros. Attention, il s'agit de la version 1b différent du 1a (Nikon D3200) et compatible uniquement avec le nouveau boîtier...

Vidéo

Le D600 hérite de la plupart des fonctionnalités vidéo du D800 : sortie HDMI non compressée (mais toujours 8 bits apparemment), HDTV 1080 à 30/25/24 vps et 720 à 60/50/30 et 25 vps avec une compression H.264 dans un fichier .MOV. Vous pourrez également passer d'un mode 16/9 sur toute la largeur du capteur ou reduire au format APS-C permettant un zoom 1,5x tout en conservant une définition 1080.

Disponibilité et prix

Le D600 sera disponible dès le 18 septembre en 2 configurations :
- nu à 2100 euros
- avec le 24-85 mm f/3,5-4,5 à 2599 euros

> Fiche technique complète du D600 sur le site de Nikon

Notre premier avis

La rumeur avait beaucoup anticipé ce D600... et elle avait vu assez juste. Comme attendu ce D600 reprend le gros du bâtit du D7000, y incorpore un capteur plein format et quelques éléments issus du développement des gammes supérieures (Expeed 3 et visée 100%). La rumeur avait donc raison, à une exception près: celle du prix.

En effet on aurait pu attendre un positionnement tarifaire plus agressif, entre 1500€ (doux rêve) et 1800€. A 2099€ TTC (prix public conseillé), le D600 est très éloigné du D7000 (sorti à1200€ nu, et aujourd'hui autour des 900€).  
Un vide que l'on imagine assez mal rester vacant longtemps. Ce qui ne manquera pas de relancer la machine à rumeur sur une éventuelle sortie de D400. Enfin la (petite) déception sur le prix est alimentée par un autre boîtier. Car ne l'oublions pas, Sony avait déjà sorti un Full Frame à moins de 2000€ il y a de cela 2 ans maintenant: l'Alpha 850. Quoi qu'il en soit, malgré un prix inférieur de 30% à celui du D800, le D600 peine à endosser pleinement le rôle de 24x36abordable qu'on aurait bien voulu lui prêter.

Et si l'on envisage le D600 comme une update possible pour qui voudrait passer de l'APS-C au 24x36, l'écart de prix entre les deux mondes reste encore important. Ce qui rend quelques choix faits par Nikon un peu difficiles à accepter. Il s'agit en effet visiblement de bien positionner le D600 comme "entrée de gamme", et de dessiner une frontière claire entre D800 et D600... Nikon ne souhaitant visiblement pas réitérer l'erreur d'un D700 venant cannibaliser les D3. C'est bien légitime. Mais cela justifie-t-il de limiter la vitesse à 1/4000s, de brider le bracketing d'exposition à 3 vues, etc. Dans les petites déceptions, nous pointerons l'absence d'écran orientable (le D600 est pourtant très orienté vidéo), d'écran tactile, de module Wi-fi intégré, de GPS...

Toujours est-il que nous sommes impatients de voir ce que ce nouveau boîtier a dans le ventre. Car plus que sa fiche technique pure, ce sont les clichés qu'il produira qui feront, ou non, son réel intérêt. Et il n'en reste pas moins le 24x36 Nikon le moins cher du moment ! Il ne reste plus qu'à attendre la réponse de Canon et la Photokina débute la semaine prochaine...

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Source : Nikon France


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