Après la publication de la première partie du test du Sigma 120-300 mm f/2,8, vous avez été nombreux à réagir sur le forum. Prenant en compte vos remarques, nous avons décidé de revenir sur ce test et d'éclaircir certains points.

Dans l'ensemble, vous avez été nombreux à être déçus de la qualité de l'optique à la plus grande ouverture. Pour reprendre vos dires : "ça bave", "la frontale est un peu crade", "y a p'tre un filtre UV a 10e sur ebay chine monté dessus", "mou du genou à souhait à PO (pleine ouverture)", etc.

Sigma 120-300 mm f/2,8 DG OS HSM

Il est vrai que sur certains points, nos résultats visuels sont un peu contradictoires avec ceux de DxOMark (notre partenaire sur les tests optiques). La probabilité que nous ayons passé le même objectif au laboratoire est très faible. Soyons honnêtes, il peut y avoir des différences entre deux modèles d'objectifs. 

DxOMark trouve cet objectif très piqué à la pleine ouverture et ce, quelle que soit la focale. Leurs mesures révèlent un rendu des détails très élevé au centre et une légère abaisse à mesure que l'on se rapproche des bords. Selon eux, ce phénomène s'estompe à mesure que l'on ferme le diaphragme jusqu'à environ f/16, ouverture à laquelle le phénomène de diffraction entre en jeu avec un Nikon 24x36 mm D610 et son capteur de 24 millions de pixels (5,9 micromètres de côté pour chaque pixel).

labo dxo mark
Laboratoire DxOMark

Il est important de préciser que les mesures effectuées par DxOMark sont réalisées à partir de photos de mires en deux dimensions alors que notre scène test est bien en trois dimensions. C'est un choix volontaire de notre part d'avoir inséré des éléments en relief sur notre scène.

Pour nous, même si on reste encore loin des conditions de prise de vue dans la vraie vie, l'ajout d'objets de différentes textures, de différentes couleurs et sur différents plans (assez restreints nous en convenons) permet d'apprécier le comportement d'un objectif et d'un appareil de manière plus fidèle que sur une mire ou une scène en deux dimensions. On parle bien donc de scène test et non de mire.

scène test focus
Le laboratoire de test de Focus Numérique et des Numériques.

La gestion de la profondeur de champ (distance entre le premier plan net et le dernier plan net) et de la mise au point est particulièrement délicate avec de longs téléobjectifs. En effet, plus la focale est longue, plus la profondeur de champ est courte. Et il en va de même avec l'ouverture (plus elle grande, plus la profondeur de champ est courte) ainsi que la distance de mise au point (plus elle est proche, plus la profondeur de champ est courte).

Dans le cas présent et dans les conditions que permet notre installation laboratoire, nous sommes entre 120 et 300 mm à f/2,8 (les caractéristiques de l'objectif de test à la pleine ouverture) ; nous utilisons un Nikon D610 de 24 millions de pixels avec un capteur 24 x 36 mm (les caractéristiques de notre boîtier de test : un choix arbitraire) et nous sommes à environ 3 mètres de notre scène test (dimensions physiques de notre laboratoire). Toutes les conditions sont donc réunies pour avoir une profondeur de champ très réduite. D'après nos calculs dans ces conditions, au 300 mm et à f/2,8, on parle ici d'environ 0,017 m, soit 1,7 cm ! Au 120 mm, c'est environ 8,7 cm, et au 200 mm, 3,9 cm.

Si l'on prend également en compte que le plan de mise au point que nous fournit l'appareil respecte la règle des tiers, cela signifie que pour le 300 mm à f/2,8 le premier plan net se trouve à 2,992 m, le plan de netteté à 2,998 m et le dernier plan net à 3,008 m.

profondeur de champ

Notre scène test ayant pour profondeur environ 20 cm depuis le fond jusqu'au-devant de la voiture, autant vous dire que la mise au point (réalisée toujours au centre sur la carte graphique) doit être précise ! Un décalage de 6 mm en avant ou de 12 mm en arrière, et on se retrouve hors de la zone de netteté.

En d'autres termes, tous les éléments qui se trouvent 6 mm avant le plan de la carte graphique sont hors de la zone de netteté. Il est vrai que nos planches de comparaison qui comportent des crops à 100 % dans différentes zones des images de notre scène test sont à juger en connaissance de cause.

De plus, il faudrait que la planche de fond qui soutient notre scène test soit parfaitement plane et que notre boîtier de test soit positionné de façon à ce que le plan de son capteur soit parfaitement parallèle à celui de la planche. En l'état, il nous est encore très difficile de garantir ces deux points, mais nous y travaillons pour améliorer la précision de nos calages et limiter au maximum les vibrations de manipulation. 

Tous ces paramètres sont donc à prendre en compte et il est vrai qu'il est très difficile d'obtenir deux fois les mêmes images avec deux installations (montage du boîtier sur le banc de test et calage) à deux moments différents.

Bien entendu, dans la majorité des tests que nous réalisons, tous ces paramètres sont négligeables, que se soit en boîtier ou en objectifs. Mais ils deviennent plus sensibles dans des configurations de tests de téléobjectifs lumineux ou en macro.

Nous avons donc repassé notre 120-300 mm f/2,8 au laboratoire et avons obtenus des résultats légèrement différents aux différentes focales (120, 200 et 300 mm) à la pleine ouverture. Quoi qu'il en soit, nous confirmons que les photos, réalisées avec le plus de rigueur possible, ne sont pas, visuellement irréprochables. Le piqué n'est pas extraordinaire au centre et baisse de manière significative sur les bords. Pour éviter toute confusion, nous regardons uniquement les éléments de la scène qui sont positionnés sur le plan de mise au point, ou très proches (exit donc la bouteille, le livre par exemple).

Voici ce que l'on obtient à f/2,8 et à f/5,6 pour la carte graphique (qui a plus de 6 mm de profondeur), le texte à gauche et la carte à droite. Les captures sont à 100 %. Nous ne pouvons avoir le même rapport de grandissement compte tenu de la taille de notre laboratoire. 

Au 300 mm à f/2,8 en haut, et à f/5,6 en bas.

300 MM

300 mm f/2,8300 mm f/2,8300 mm f/2,8

300 mm f/5,6300 mm f/5,6300 mm f/5,6

Au 200 mm à f/2,8 en haut, et à f/5,6 en bas.

200 MM

200 mm f/2,8200 mm f/2,8200 mm f/2,8

200 mm f/5,6200 mm f/5,6200 mm f/5,6

Au 120 mm à f/2,8 en haut, et à f/5,6 en bas.

120 MM

120 mm f/2,8120 mm f/2,8120 mm f/2,8

120 mm f/5,6120 mm f/5,6120 mm f/5,6

N'oublions pas que le capteur de 24 millions de pixels du D610 est assez exigeant, que des crop à 100 % pleine définition sont assez rares dans la vraie vie et que, toujours dans la vraie vie, les choses ont plus de profondeur que notre scène test. Enfin, n'oublions pas non plus qu'il est rare de faire de la reproduction au 300 mm à f/2,8 et que, à f/2,8, avec ce genre de focales, on cherche normalement du bokeh.

> Test Sigma 120-300 mm f/2,8 OS HSM
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