Avec la tourmente d'Olympus et les inondations en Thaïlande qui mettent à mal l'industrie de l'image, c'est LA nouvelle de la semaine dans le monde de la photo : la caméra plénoptique Lytro dont nous vous avions parlé n'était pas un délire d'ingénieur saoul, mais bel et bien un produit industrialisable qui sera disponible dès le début 2012. Mais au fait : de quoi je vous parle?

La fin de l'autofocus?

 
Lytro la fin de l'autofocus ?

Comme nous l'explique Mme Wikipedia, un appareil photographique plénoptique utilise non pas un unique bloc optique comme ceux de nos appareils traditionnels, mais "une matrice de micro-objectifs". Le but de la manœuvre étant de ne pas se soucier de la mise au point pendant, mais APRÈS la prise de vue, la multitude de lentilles enregistrant la même image avec plusieurs distances de mise au point. Cela signifie la fin des photos floues et la possibilité de faire varier la netteté dans une image lors de sa revue. Et comme une image vaut parfois mieux qu'un long discours, le mieux pour se faire une idée est d'aller voir la galerie officielle de Lytro.

Un look de rouge à lèvres

Un bouton on/off, un déclencheur et un bouton de zoom : le premier modèle de Lytro cible clairement le grand public. Et quel drôle d'appareil : de la forme d'un (très) gros bâton de rouge à lèvres, le Lytro dispose d'un écran miniature (33 mm de diagonale) d'une optique doté d'un zoom x8 ouvrant à f/2 constant. À l'instar d'un iPhone, embarque de la mémoire non extensible et d'une batterie non amovible. Le parallèle avec Apple va même un peu plus loin puisque le Lytro n'est pour l'heure que compatible avec les Mac (une version PC est en préparation) et il est cher : 399 dollars en version 8 Go et 499 dollars pour 16 Go.
 

C'est pas net

Pour les non-photographes, Lytro est plein de promesses puisqu'il suffit de cadrer pour obtenir une photo nette - si le capteur se montre à la hauteur - sans temps de latence ni déception de mise au point. Beaucoup de choses doivent être évaluées (la prise en main, la qualité des fichiers, etc.) mais l'appareil est amusant dans l'absolu et répond à certains besoins.
 
Pour les "photographes", amateurs comme professionnels, ce Lytro marque la fin d'un choix : celui du sujet. Décider de ce qui est flou et qui est net, choisir de cultiver une grande ou une faible profondeur de champ est le résultat d'une volonté, d'une vision de l'image au moment de la prise de vue : insérez ici les hurlements des ayatollahs de la mise au point manuelle et autres fondamentalistes de la photo.

En outre, Lytro requiert le développement de l'image et donc le passage par un logiciel. Reste donc à développer des applications simples d'utilisation pour que le grand public ne boude pas trop rapidement le procédé. 
 
Si à titre personnel je perçois cet appareil comme un simple gadget, le Lytro a deux vertus : il innove technologiquement en transformant le fichier JPeg en un objet photographique interactif (une image dont on peut changer à loisir la zone de netteté) et il prouve que l'image fixe n'a pas encore dit son dernier mot.
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